Notre-Dame de Grâce (Cotignac)
Mère de Dieu
Summary
En 1519, la Vierge Marie apparaît à Jean de la Baume sur la colline de Verdale à Cotignac, demandant l'érection d'une chapelle sous le nom de Notre-Dame de Grâce. Ce sanctuaire devint célèbre pour avoir favorisé la naissance de Louis XIV après une vision du Frère Fiacre en 1637. Louis XIV et Anne d'Autriche y manifestèrent leur reconnaissance par de nombreux dons et une visite solennelle en 1660.
Biography
NOTRE-DAME DE GRÂCE, À COTIGNAC,
DIOCÈSE DE FRÉJUS (1519).
Le diocèse de Fréjus possède un très-vénéré sanctuaire de Marie : c'est Notre-Dame de Grâce, à Cotignac (Var, arrondissement de Brignoles). Voici son origine d'après la tradition populaire.
Le 10 août 1519, Jean de la Baume, autrement dit de la Sacco, allant dès le matin vaquer à ses travaux champêtres sur la colline de Verdale, aperçut une grande clarté, et, au milieu de cette clarté, la Mère de Dieu qui lui ordonna de faire savoir à une communauté d'ecclésiastiques, établie à Cotignac, et aux notables de la ville, qu'elle voulait être spécialement honorée sur cette colline, y avoir une chapelle sous le titre de Notre-Dame de Grâce, et qu'elle justifierait ce titre par de nombreux bienfaits.
Jean de la Baume remplit sa mission ; mais il ne fut pas cru sur parole. La Vierge lui apparut donc une seconde fois, et le somma de réitérer au clergé et au peuple l'ordre de lui bâtir une chapelle sur la colline. On obéit à cette nouvelle instance ; et on alla en procession au mont Verdale bénir la première pierre du futur édifice. En peu de temps, la chapelle fut achevée, et bientôt de nombreux pèlerins y affluèrent. Léon X, frappé de ce concours, y accorda d'abondantes indulgences, en les motivant sur l'apparition de la Vierge sainte à Jean de la Baume.
Le curé de Cotignac, chargé du service de ce pèlerinage, se trouva bientôt incapable de suffire à la foule des pèlerins qui réclamaient son ministère ; et il proposa le service de la chapelle à une communauté de prêtres éminents, les uns chanoines, les autres docteurs en théologie ou théologiens de Grasse et de Marseille, à condition qu'ils observeraient la règle de saint Philippe de Néri. Clément VIII approuva ce projet, et aussitôt commença la communauté.
Cette maison reçut de la sainte Vierge un grand honneur. Le Frère Fiacre, Augustin déchaussé, priait avec instance la sainte Vierge d'obtenir à Anne d'Autriche un héritier du trône de France, lorsque, le 3 novembre 1637, Marie lui apparut et lui donna l'assurance qu'Anne d'Autriche aurait un fils, mais à condition que la reine ferait faire trois neuvaines, dont la première serait à Notre-Dame de Grâce, à Cotignac. Ce qu'avait ordonné la sainte Vierge fut exécuté ; la grossesse d'Anne d'Autriche fut assurée, et, le 9 septembre 1638, elle mit au monde un enfant qui fut plus tard Louis XIV.
A dater de ce moment, la chapelle de Notre-Dame de Grâce devint chère et vénérable à la cour de France. Après la mort de Louis XIII, la reine fit représenter son fils à genoux, offrant à la Vierge sa couronne avec son sceptre, et chargea le Frère Fiacre de le porter à Cotignac, accompagné d'un de ses religieux. Le tableau fut placé sur le mur du côté de l'Évangile, presque au milieu de la nef, et y demeura exposé jusqu'en 1793. Louis XIV, devenu grand, saisit toutes les occasions de signaler sa reconnaissance à Notre-Dame de Cotignac ; et lorsque, dans le voyage qu'il fit aux frontières de Catalogne pour épouser l'infante d'Espagne, Marie-Thérèse, il visita, accompagné d'Anne d'Autriche, du duc d'Anjou et d'une suite nombreuse, plusieurs villes de Provence, il n'eut garde d'oublier Notre-Dame de Grâce : il y arriva le 21 février 1660, par un chemin fait à neuf exprès pour lui, et qui s'appelle encore aujourd'hui le chemin de Louis XIV. Il y fit ses prières, et à son départ il attacha son cordon bleu au buste de la Vierge, en même temps qu'Anne d'Autriche fonda six messes pour être dites à perpétuité dans la sainte chapelle.
De retour à Paris, le monarque fit exécuter une statue de l'Enfant Jésus en vermeil, de grandeur ordinaire, pour Notre-Dame de Cotignac ; et si, sur certains conseils qui lui furent donnés, il la détourna de sa destination pour l'envoyer à Notre-Dame de Lorette, en Italie, il en dédommagea Notre-Dame de Grâce, en lui envoyant, par le Frère Fiacre, un volume magnifiquement relié, contenant l'acte de son mariage et le traité des Pyrénées, pour mettre l'un et l'autre sous la protection de la sainte Vierge.
En 1684, Notre-Dame de Grâce devint une maison de retraite pour les religieux infirmes ou avancés en âge ; et le pèlerinage fut plus fréquenté que jamais. Malheureusement 1793 arriva ; les religieux furent chassés, et la chapelle, ainsi que les bâtiments qui s'y rattachaient, furent démolis ; mais le souvenir de tant de grâces obtenues dans ce lieu était trop profond pour que ces ruines restassent à jamais dans la poussière. Le 8 septembre 1810, on inaugura une nouvelle chapelle, relevée par la piété des fidèles, sur les dimensions et le plan de l'ancienne ; et, depuis lors, le pèlerinage reprit son cours.
Extrait de Notre-Dame de France, par M. le card. de Saint-Sulpice.
---
XIe JOUR D'AOÛT
A Rome, entre les deux Lauriers, la naissance au ciel de saint THYRSE, martyr, qui, durant la persécution de Dioclétien, ayant marché nu-pieds sur des charbons ardents, et persévérant plus que jamais dans la confession de Jésus-Christ, fut envoyé par le juge Fabien à trois milles environ de la ville, où on lui trancha la tête. 286. — Encore à Rome, sainte STEANNE, vierge d'une grande naissance, et nièce du pape saint Caius, laquelle mérita la palme du martyre, sous l'empereur Dioclétien, en perdant la tête pour Jésus-Christ. 295. — A Comana, dans le Pont, saint ALEXANDRE, évêque, surnommé LE CHARDONNIER, qui, de philosophe très-éloquent étant devenu habile dans la science sublime de l'humilité chrétienne, fut élevé sur le trône épiscopal de cette Église par saint Grégoire le Thaumaturge, et devint très-illustre, non-seulement par l'éclat de ses prédications, mais aussi par un généreux martyre qu'il endura dans les flammes. 350. — Le même jour, saint Rufin, évêque des Marses, et ses compagnons, martyrisés sous l'empereur Maximien.
IVe s. — A Évreux, saint TAURIN, nouvel évêque de cette ville par saint Clément, pape ; il étendit beaucoup la religion chrétienne par la prédication de l'Évangile pour lequel il accomplit de grands travaux, et s'endormit dans Notre-Seigneur, célèbre par l'éclat de ses miracles. Ve s. — A Cambrai, saint GÉRY, évêque et confesseur. 614. — Dans l'Abruzze Ultérieurs, saint Eupice, abbé, dont la sainteté est attestée par le pape saint Grégoire. Vers 340. — A Todi, ville d'Italie (Spolète), sainte Digne, vierge. Époque incertaine.
Key Events
- Apparition à Jean de la Baume sur la colline de Verdale (10 août 1519)
- Seconde apparition ordonnant la construction d'une chapelle
- Apparition au Frère Fiacre concernant la naissance de Louis XIV (3 novembre 1637)
- Naissance de Louis XIV suite aux neuvaines (5 septembre 1638)
- Visite royale de Louis XIV et Anne d'Autriche (21 février 1660)
- Destruction du sanctuaire pendant la Révolution (1793)
- Inauguration de la nouvelle chapelle (8 septembre 1810)
Miracles
- Apparition lumineuse à Jean de la Baume
- Annonce prophétique de la naissance de Louis XIV
- Guérisons et bienfaits nombreux mentionnés par la tradition
Quotes
Elle voulait être spécialement honorée sur cette colline, y avoir une chapelle sous le titre de Notre-Dame de Grâce, et qu'elle justifierait ce titre par de nombreux bienfaits.