Saint Andoche

Apôtre de Saulieu et Martyr

Feast : September 24th 2nd century • saint

Summary

Prêtre venu d'Orient au IIe siècle, saint Andoche évangélisa l'Autunois et l'Auxois avec saint Thyrse. Reçus par le marchand Félix à Saulieu, ils furent arrêtés sous Marc-Aurèle. Après avoir survécu miraculeusement à plusieurs supplices, ils furent assommés pour leur foi vers 178.

Biography

SAINT ANDOCHE ET SAINT THYRSE,

APÔTRES DE SAULIEU, AU DIOCÈSE DE DIJON

### ET SAINT FÉLIX, LEUR HÔTE, TOUS MARTYRS AU MÊME LIEU

Le culte des faux dieux et les superstitions n'avaient jeté de plus profondes racines dans la corruption du cœur et dans la crédule obstination de l'ignorance. Partout des regards chrétiens y étaient attristés par la vue des édifices païens ; de sorte qu'on pouvait dire de cette ville à cette époque : « Ici tout était Dieu, excepté Dieu même, et la cité semblait être un vaste temple d'idole ». Les saints Apôtres furent reçus très-charitablement dans la maison du noble sénateur Fauste et d'Augusta, son épouse, père et mère de saint Symphorien, qu'ils convertirent à la foi et baptisèrent. Après avoir séjourné quelque temps à Autun, et achevé les premiers travaux de la mission, les saints et zélés missionnaires se préparèrent au départ, afin d'aller porter plus loin le flambeau de la foi. Pleins des consolations religieuses du saint ministère, les seules que savent goûter des cœurs d'apôtres, ils donnèrent, dans une dernière instruction, leurs derniers avis pour affermir les nouveaux chrétiens contre les dangers du scandale, contre les séductions ou les violences du paganisme, confièrent le petit troupeau de Jésus-Christ à la garde de quelques prêtres qu'ils avaient établis, selon la recommandation de saint Paul, pour les remplacer, et appelèrent les bénédictions du ciel sur tous, et en particulier sur leurs nobles hôtes. Puis ils partirent accompagnés des vœux et des larmes de tous les frères, leurs enfants spirituels, et remerciant Dieu qui avait bien voulu bénir leur parole et l'appuyer même par des miracles. Car souvent à leur voix les aveugles avaient recouvré la vue, les boiteux, l'usage de leurs membres, et les démons étaient sortis des corps qu'ils possédaient.

Les saints apôtres Andoche et Thyrse se dirigèrent donc vers l'antique Alise (Alésia) et annoncèrent Jésus-Christ sur différents points du territoire éduen, tels que Saulieu (Sedelocus), Dijon (Divio). Pendant que l'Église fondée par les saints missionnaires grandissait paisible et parée de toutes les vertus qui embellissaient les premiers âges de la foi, voici que tout à coup aux jours de calme pieux succède la lutte jusqu'au sang. Marc-Aurèle, païen zélé, polythéiste philosophe, à la fois superstitieux et rationaliste, regardant comme un devoir public de raffermir dans la conscience des peuples la vieille religion romaine, venait de rallumer l'ardeur assoupie des persécutions, et cette fois le glaive pénétrait jusqu'au cœur de la Gaule.

Les deux messagers de l'Évangile prêchaient toujours la divine parole dans le pays avec un zèle d'apôtre et un courage de héros. Ils avaient pris leur logement dans une maison appartenant à Fauste, d'Autun, située à Beaulieu sur la grande route, et en faisaient le centre de leurs opérations évangéliques. Dieu bénit les travaux de ses ministres et paya leurs peines des plus beaux succès. Après une telle consolation, il ne pouvait pas leur en donner une plus grande, si ce n'est la récompense éternelle. Félix, riche négociant originaire d'Orient, à qui Fauste les avait recommandés, secondait admirablement leurs prédications par sa piété et surtout par sa charité inépuisable ; car il dépensait en aumônes quotidiennes tout le produit de son commerce. Cet homme excellent voulut même, dès que la persécution devint plus menaçante, recevoir chez lui les deux Apôtres. C'était s'associer à leurs dangers : Dieu le récompensa en l'associant à leur triomphe.

L'empereur Marc-Aurèle, au milieu des graves préoccupations du gouvernement et de la guerre, continuait à poursuivre partout les chrétiens, mais spécialement les prédicateurs de l'Évangile. La présence des saints apôtres à Beaulieu, bien connus dans le pays, et la maison qu'ils habitaient furent signalées par la voix publique à l'attention du gouverneur de la province. Aussitôt, pour mieux s'assurer de cette nouvelle proie qu'il convoitait, un de ses gens entra par son ordre chez Félix et trouva Andoche avec Thyrse prêchant la parole de Dieu. Il revint tout empressé et annonça que la maison renfermait précisément les chrétiens à la recherche desquels on était. « Qu'on les amène sur-le-champ », dit le gouverneur. Félix refusa de livrer ses hôtes, et l'on fut obligé d'enfoncer la porte. Quand les satellites parurent : « Je ne veux point », s'écria vivement le généreux chrétien en s'adressant à Andoche, « que mon sort soit séparé du vôtre. Obtenez de Dieu qu'il daigne me faire partager avec vous la couronne du martyre. Ah ! qu'il me soit permis de vous suivre jusqu'à la mort, jusqu'au ciel ! »

Les Saints, après avoir fait une prière fervente, se présentèrent intrépidement aux soldats qui aussitôt leur lièrent les mains et les conduisirent ainsi devant le gouverneur qui leur dit : « Quel est votre pays, comment vous appelez-vous, et quel est le Dieu que vous adorez ? » — « Nous venons des contrées de l'Orient », répondit Andoche. « Nous adorons Jésus-Christ, créateur du ciel et de la terre. Mon nom est Andoche. Mes deux frères que voici s'appellent Thyrse et Félix. » — « Et c'est pour anéantir notre puissance et celle de nos dieux que vous avez fait un si long voyage ? » — « Nous sommes venus sur l'appel de Jésus-Christ dont nous annonçons la sainte parole au peuple. » — « N'avez-vous donc pas appris dans votre pays ou dans celui-ci que les édits des empereurs condamnent quiconque refuse d'adorer les dieux à divers supplices et à la mort ? » — « Oui ; mais nous savons aussi qu'il n'est pas permis de renoncer au culte du seul vrai Dieu, créateur du ciel et de la terre, pour adorer des pierres et du bois, de sourdes et muettes idoles. » — « Quoi ! vous osez appeler sourdes et muettes idoles l'invincible Jupiter, Mercure et Saturne ! » — « Mais ce ne sont que de vains simulacres qui ne peuvent ni voir, ni marcher, ni sentir. » — « Sacrifiez à nos dieux », reprit le tyran en changeant de ton, « et vous serez comblés de richesses et d'honneurs. Pourquoi vous obstiner sottement à mourir pour ce Christ qui a été crucifié par les hommes ? »

A cette proposition, tous les trois s'écrièrent ensemble : « Que tes dons périssent avec toi, puisque tu as pensé qu'on pouvait vendre son Dieu pour de l'argent, ou pour un peu de fumée ! » — « Quant à nous », continua Andoche, « nous sommes prêts à mourir plutôt que de trahir Jésus-Christ et de renoncer aux magnifiques récompenses qu'il nous réserve dans son céleste royaume, où les justes, plongés dans l'océan de l'éternelle lumière et plus brillants que le soleil, jouiront dans une vie sans fin d'un indicible bonheur. Tandis que ceux qui adorent vos prétendues divinités seront jetés dans ces épaisses ténèbres, dans ce feu inextinguible créé pour les démons ; lieu d'horreur où il n'y a que pleurs éternels et grincements de dents ; où l'œil avide de lumière en cherchera vainement un seul rayon. Ah ! croyez vous-même en Jésus-Christ, si vous voulez échapper à cet affreux malheur ». C'est ainsi que le saint martyr prêchait la foi et remplissait son ministère d'apôtre en face même du tyran, en face de la mort. Celui-ci alors les livra aux bourreaux en disant : « Si aujourd'hui même ces chrétiens ne sacrifient pas aux dieux, qu'on leur fasse endurer toutes sortes de supplices ». L'ordre fut exécuté sur-le-champ. On les suspendit par les mains à un arbre et on attacha à leurs pieds de lourdes pierres. Pendant ce supplice qui dura une journée entière, les bienheureux martyrs ne cessèrent de chanter des psaumes, répétant souvent ces paroles : « Ô Dieu, venez à notre aide ! Seigneur, hâtez-vous de nous secourir ! » Leurs prières furent exaucées. Dieu leur accorda un double miracle, celui de la persévérance au milieu d'une si longue et si horrible torture, et celui d'une guérison soudaine. Bien qu'ils

dussent avoir les membres rompus et disloqués, cependant, quand on les détacha, ils ne portaient pas la moindre trace de leurs souffrances. Aussi sains, mais en même temps aussi intrépides qu'auparavant, ils étaient tout prêts pour un nouveau supplice.

Le lendemain, le cruel tyran ordonna qu'on les lui amenât de nouveau et leur dit : « Eh bien ! ce supplice que vous a mérité votre révolte contre mes volontés ne vous a-t-il pas décidés à sacrifier aux dieux ? » — « Malheureux », lui répondirent-ils, « ne vois-tu pas que tes menaces et tes supplices font notre joie ? Et d'ailleurs, regarde : où sont les marques des tourments que tu nous as fait subir ? ne reconnais-tu pas la protection de ce même Jésus-Christ que tu blasphèmes ? » Le gouverneur, voyant l'inutilité de ce premier supplice, fit allumer un bûcher et dit : « Sacrifiez aux dieux, ou vous allez être jetés pieds et mains liés au milieu des flammes ». A ces mots, les trois généreux soldats de Jésus-Christ n'eurent qu'une voix pour s'écrier en s'avançant vers le bûcher : « Nous sommes tout prêts. Voici nos corps ; ils sont pour un moment en ton pouvoir : fais tout ce que te suggérera la malice du démon. Tu peux les frapper, les tuer, les rôtir et les manger si tu le veux ; mais notre âme est au-dessus de tes atteintes ; jamais tu ne nous empêcheras de confesser Jésus-Christ. Au reste, lui aussi aura son jour ». Le tyran furieux voulut épuiser tous les genres de supplices pour arracher au cœur de ses victimes une apostasie qu'elles refusaient avec une si héroïque constance. Il les fit donc jeter, comme il l'avait dit, pieds et mains liés, dans le bûcher ardent. Mais le feu les respecta et ne consuma que leurs liens. De sorte que de plus en plus affermis dans la foi et la charité par ce nouveau miracle, ils chantaient avec l'accent de la reconnaissance ces paroles du Psalmiste : « Ô Dieu, vous nous avez éprouvés par le feu comme l'argent ; vous nous avez fait passer par les flammes, et nous y avons trouvé le rafraîchissement ». Tout à coup, en effet, la nue avait été déchirée par la foudre avec un terrible fracas, et il était tombé sur le bûcher une pluie inopinée et si abondante que personne n'aurait pu croire qu'il y avait eu là, quelques instants auparavant, un immense brasier. Les martyrs ainsi miraculeusement délivrés se présentèrent devant le gouverneur avec un nouveau courage et lui dirent : « Nous reconnais-tu ? En nous voyant une seconde fois sortir intacts du milieu des supplices, paraître en ta présence pleins de vie et de santé, ne confesseras-tu pas enfin la puissance de Jésus-Christ ? Ah ! il en est temps encore : crois en lui, et tu n'auras pas à redouter le jour de ses vengeances ; car sa justice est lente à punir, et sa miséricorde est plus prompte encore à pardonner nos fautes que notre malice ne l'est à les commettre ».

Le gouverneur persista dans son aveuglement : « Quoi ! » répondit-il, « nos dieux viennent de vous sauver la vie, et vous dites que c'est votre Christ qui est venu à votre secours ! » — « En vérité », reprit Andoche avec l'accent d'une profonde pitié, « il faut que tu aies un cœur de pierre pour ne pas croire, à la vue de ces prodiges, au Dieu tout-puissant que nous adorons ». Alors le tyran impie, n'écoutant que son dépit et sa cruauté, ordonna qu'on en fît avec eux. Ils furent assommés le 24 septembre, vers l'an 178 ou 179. Tous les trois reçurent en même temps le coup que les hommes appellent mortel, mais qui en réalité permet à l'âme de prendre son essor vers le ciel ; ensemble aussi ils entrèrent dans l'éternelle ville et allèrent recevoir la couronne qui ne se flétrit jamais. Aux yeux des hommes ils paraissaient succomber ; et cependant leurs persécuteurs, un moment victorieux en apparence, devaient être vaincus, et leur cause triompher.

SAINT ANDOCHE, SAINT THYRSE ET SAINT FÉLIX, MARTYRS.

On les représente : 1° Assommés à coups de bâton ; 2° figurant l'un à côté de l'autre dans un groupe, avec une hache, comme s'ils eussent souffert tout simplement la décollation.

[ANNEXE: CULTE ET RELIQUES.]

Les corps des saints Martyrs furent enlevés et enterrés par les soins du sénateur Fauste et de Symphorien, son fils. Dieu se plut, par de nombreux miracles, à glorifier leur tombeau et à honorer sur la terre la mémoire de ses dignes ministres. Les peuples commencèrent aussitôt et ne cessèrent plus d'entourer d'une vénération et d'une confiance filiale les reliques de leurs pères dans la foi. Leurs précieux ossements furent conservés dans une crypte ou chapelle souterraine appelée Croétine, où s'assemblèrent clandestinement les premiers chrétiens. Aussitôt que les circonstances le permirent, on s'empressa d'élever une basilique sur la tombe qui renfermait leurs restes sacrés. Cette église était déjà célèbre dès la fin du IVe siècle. Ce sanctuaire fut visité par saint Amateur, évêque d'Autun, par sainte Clotilde, par le roi Goutran et par saint Colomban.

À la basilique de Saint-Andoche on joignit un monastère qui fut enrichi, dès le VIIIe siècle, par l'abbé Widrade ou Waré, fondateur de celui de Flavigny. En 843, Charles le Chauve le mit sous la dépendance de l'église Saint-Nazaire d'Autun. Au IXe siècle, les reliques de nos saints Martyrs étaient en grande vénération, non seulement dans le diocèse d'Autun, mais dans toute la France, comme on le voit par la lettre de saint Amulon, évêque de Lyon, à Théobald, évêque de Langres. Au XIIe siècle (1119), Guy, archevêque de Vienne, qui venait d'être élevé sur le siège de saint Pierre sous le nom de Callixte II, se rendit, le 21 décembre, d'Autun à Saulieu. Là, escorté de plusieurs cardinaux et archevêques et des évêques d'Autun, de Langres, d'Auzerre et de Nevers, il présida la cérémonie de l'exaltation solennelle des reliques des saints Martyrs Andoche, Thyrse et Félix, qui furent portées de la crypte, où elles avaient reposé pendant neuf cents ans, dans l'église supérieure. Tous les ans, à Saulieu, la veille de Saint Thomas, on annonçait les indulgences, par la concession desquelles le souverain Pontife avait terminé cette translation. Peu après, les religieux de Saint-Mansuet, mus par un sentiment de piété envers les saints Apôtres d'Autun, voulurent établir une confraternité entre eux et l'abbaye de Saint-Andoche de Saulieu.

À la fin du XIIIe siècle, la messe abbatiale fut annexée à l'évêché et l'abbaye transformée en une collégiale de chanoines séculiers. Au XVe siècle, Ferry de Grancey, évêque d'Autun, voulut aussi payer son tribut de vénération à saint Andoche, en construisant une chapelle dans cette même église de Saulieu. Au XIVe siècle (1349), les Anglais, vainqueurs à Poitiers, se répandirent comme un torrent sur la France et semèrent partout la dévastation et le pillage. La ville de Saulieu fut saccagée et en partie brûlée ; l'église collégiale ne fut pas mieux respectée et n'offrit bientôt que des ruines fumantes. Mais quelques années après, le saint édifice, relevé de ses ruines, put être rendu au culte. Vers le commencement du XVe siècle (1404), il s'établit à Saulieu une confrérie sous le vocable de saint Andoche. Au XVIIIe siècle, le culte de saint Andoche reçut un nouvel éclat ; mais auparavant remarquons que le chef du Martyr avait été mis à part dans un buste d'argent enrichi de pierreries et admirablement bien travaillé. Ce magnifique reliquaire, placé au fond du chœur dans une grande arche que l'on ouvrait aux principales fêtes de l'année pour satisfaire la dévotion des fidèles, était soutenu par huit anges de même métal et reposait sur un piédestal de cuivre doré, où l'on voyait représenté en bas-relief, sur vingt-deux plaques d'argent, l'histoire des saints Apôtres, c'est-à-dire leur mission, leur prédication, leur martyre et l'exaltation de leurs reliques. Le reste des précieux ossements fut placé dans un coffret de bois de chêne, fermé exactement par trois cercles de fer et déposé dans une espèce de tombeau soutenu par quatre piliers de cuivre, derrière le maître-autel. Il n'a été ouvert qu'au milieu du XVIIIe siècle par Mgr d'Attichy, évêque d'Autun, et un peu plus tard par Mgr de Roquette, qui, lui aussi, rendit d'insignes honneurs aux reliques des apôtres de son diocèse et donna à leur culte une impulsion nouvelle. Il fit faire à ses frais une magnifique châsse en bois de cèdre, destinée à remplacer l'ancien ossuaire de chêne, et fit la translation solennelle des reliques, le 24 septembre 1675, avec une pompe extraordinaire, au milieu d'un immense concours de prêtres et de fidèles. Il mit séparément dans cette châsse, qui avait trois compartiments distincts, les corps des trois Martyrs. La nouvelle châsse, soutenue par des colonnes de cuivre, resta exposée dans le chœur de l'église à la vénération publique. Le procès-verbal dressé alors fut reconnu et renouvelé en 1753 par Mgr de Montazet, évêque d'Autun. Ce prélat n'ayant pas trouvé, à ce qu'il paraît, toutes les preuves désirables de l'authenticité des reliques enfermées dans le buste, défendit de les exposer. Mais en 1757, à la prière des chanoines et des habitants de Saulieu, il y fit placer quelques-unes des reliques qui étaient dans le coffre de cèdre et permit l'exposition du reliquaire. L'église de Saulieu conserve encore une partie du précieux trésor qu'elle possède depuis dix-sept siècles. Un tibia avait été donné en 1638 à la princesse de Condé.

La basilique élevée dès le principe sur le tombeau d'Andoche et conservant toujours son nom,

malgré les vicissitudes et les transformations qu'elle a subies, à travers tant d'âges et d'événements divers, est un véritable témoin qui nous parle aujourd'hui même de l'apôtre d'Autun. Il ne reste plus rien du monastère, si ce n'est un débris du cloître, qui paraît antérieur à l'église actuelle et qui devait y conduire après la sécularisation des moines. L'église est bien conservée ; elle est classée au nombre des monuments historiques, et offre un grand intérêt, surtout dans ses chapiteaux. Il existe encore des cryptes où étaient les tombeaux des trois martyrs. Celui de saint Andoche a été retrouvé et restauré par M. Lallemand, curé-doyen de Saulieu.

La révolution de 93 a confisqué et détruit les beaux reliquaires de nos saints Martyrs, et une partie des reliques, déposées dans le cimetière de l'église Saint-Nicolas, ont disparu à leur tour. L'autre partie, c'est-à-dire le chef de saint Andoche et un tibia de saint Symphorien, ont été remis à M. l'abbé Gareau, curé de Saulieu, qui se trouvait encore dans sa paroisse à cette époque. Outre ces deux reliques insignes, un petit reliquaire, contenant un os vertèbre de saint Andoche, deux dents molaires avec trois os, furent sauvés par le sacristain de cette époque, avec les authentiques. Le 27 septembre 1868, ces restes sacrés furent transférés dans deux châsses d'un très-beau travail, et ensuite exposés à la vénération d'une foule immense de pieux fidèles accourus pour assister à cette cérémonie, qui fut splendide et touchante.

Saulieu n'est pas la seule ville qui possède un monument décoré du nom d'Andoche. Dès la fin du VIe siècle, saint Syagre fondait à Autun, près d'un ancien temple de Minerve, un monastère-hospice qui fut mis sous son vocable. Cette maison devint ensuite une abbaye de femmes qui subsista jusqu'à la Révolution. Vers le milieu du IXe siècle, Jonas, évêque d'Autun, y transféra une partie notable des reliques du martyr qui avait tenu Symphorien sur le premier baptistère d'Autun. De Saulieu, le culte de saint Andoche se répandit dans le Beaunois et le Dijonnais, où plusieurs églises furent placées sous l'invocation des apôtres Martyrs qui avaient apporté à ces contrées le bienfait de l'Évangile. Nous citerons celle de Bosjan, de Vignolies-sous-Beaune, de Diancey, de Molfey, de Noidan et d'Echevronne.

Saint Félix, qui avait donné l'hospitalité à saint Andoche et à saint Thyrse, ne fut pas non plus oublié par la piété des peuples. Une chapelle élevée dans un faubourg de Saulieu rappelait son nom et son souvenir. L'église de Saulieu possède encore une de ses reliques renfermée dans un buste.

Extrait de Saint Symphorien et son culte, par M. l'abbé Dinat ; et de Notes fournies par M. Lallemand, ancien curé-doyen de Saulieu, et par M. Thobot, curé de Saulieu. — Cf. Saint Andoche, son culte et translation de ses reliques, extrait de la Chronique religieuse de Dijon, par M. l'abbé F. Merin, curé de Fontaine-lès-Dijon. Dijon, 1868.

Feast Date

September 24th

Death

vers l'an 178 ou 179