Sainte Manne (Menne)

Vierge

Feast : October 3rd 2nd century • sainte

Summary

Princesse originaire de Soulouse au IIe siècle, sainte Manne refusa les mariages prestigieux pour se consacrer à Dieu. Lors de sa consécration par l'évêque Memmie, un voile descendit miraculeusement du ciel porté par des anges. Elle dirigea ensuite la communauté des Filles-Dieu avant que ses reliques ne soient transférées à l'abbaye de Poussay.

Biography

SAINTE MANNE OU MENNE, VIERGE,

AU DIOCÈSE DE CHALONS-SUR-MARNE (IIe siècle).

Cette Sainte naquit à Soulouse, lieu peu éloigné de Neufchâteau. Son père, riche seigneur issu d'une famille princière, se nommait Ilactius ou Roccius, et sa mère Lintrude ou Lientrude. Elle fut présentée de bonne heure à Memmie, évêque de Châlons, pour être baptisée de sa main. Le saint Pontife, après l'avoir instruit de la doctrine de l'Évangile, lui conféra le baptême, et la remit ensuite à ses parents, en attendant qu'elle pût recevoir plus tard des leçons d'une plus haute perfection.

Quand elle fut plus avancée en âge, on la ramena à Châlons, où elle fut placée par Memmie dans un couvent de saintes filles. Il venait souvent la visiter, lui donnait tous ses soins, et faisait germer dans son cœur toutes les vertus. Sa modestie était parfaite. Tout le monde admirait ses belles qualités ; elle seule ne s'en doutait pas. Elle eut bientôt occasion de déployer une vertu fort rare, la constance. Ses parents l'ayant retirée du couvent pour la présenter à la cour, elle y fut recherchée en mariage par plusieurs princes. Son père favorisait leurs desseins ; mais la sainte fille, qui s'était donnée à son époux céleste, ne voulut jamais y consentir. Aussi ferma-t-elle constamment les yeux aux honneurs, aux richesses et aux plaisirs que le monde s'empressait de lui offrir.

Cependant son père persistait à lui faire accepter la main d'un grand seigneur à qui il avait même donné sa parole. Manne, surprise de cette résolution, implora le secours de son Sauveur, et, par son inspiration, sortit secrètement du château de son père et se dirigea vers Châlons. Pendant que Memmie célébrait les saints mystères, Manne va se prosterner à ses pieds, lui expose son désir, déploie le voile qu'elle a apporté et conjure le saint Pontife de la consacrer vierge pour le reste de ses jours. Étonné de cette proposition, il refuse de s'y rendre sans le consentement de ses parents ; mais tout à coup le voile s'élève insensiblement dans l'air par le ministère des anges en présence de toute l'assemblée, comme pour être béni de la main même de Dieu. Puis il se rabaisse insensiblement, et se tient étendu sur la tête de la jeune fille. Memmie connaît par ce prodige la volonté divine ; il ne balance plus, achève la cérémonie commencée par les anges, consacre Manne religieuse et la retient quelque temps à Châlons. Ses parents, instruits de tout ce qui s'est passé, se soumettent aux ordres du ciel.

Manne retourna dans son pays où elle resta jusqu'à la mort de ses parents. Forcée de quitter la maison paternelle pour échapper aux fureurs de la persécution, elle se rendit à Fontenet. Mais elle vint se remettre sous la conduite de sainte Pome, à laquelle elle succéda dans la direction des Filles-Dieu, charge dont elle ne négligea rien pour s'en acquitter dignement et qu'elle exerça près de douze ans.

Dieu l'honora de son vivant du don des miracles. Elle entra dans la gloire céleste le 3 octobre,

jour auquel on célèbre sa fête. Son corps fut inhumé auprès de celui de sainte Pome. Il en fut tiré avec la permission de Roger Ier, quarante-troisième évêque de Châlons, et transféré par Brunon de Dachsbourg, devenu pape sous le nom de Léon IX, dans l'église de l'abbaye de Poussay, autrefois Porsas, par corruption du premier vocable : *Portus-Sinensis*, Port-Youve. Cette translation se lit le 15 mai 1636. Sainte Manne est reconnue comme patronne de cette abbaye. Ces reliques ayant été reconnues et déclarées authentiques, on en a déposé quelques parcelles dans la chapelle champêtre dédiée à cette sainte vierge, et située dans un charmant petit vallon, au milieu des forêts, non loin du bourg de Bléand-les-Toul, dont elle dépend.

*Tiré de l'Histoire du diocèse de Toul et de celui de Nancy*, par M. Labbé Guillaume, et des *Beautés de l'histoire de la Champagne*, par M. Labbé Boitel.

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## SAINT CYPRIEN DE MARSEILLE,

### ÉVÊQUE DE L'ANCIEN SIÈGE DE TOULON, DIOCÈSE DE FRÉJUS (VIe siècle).

Cyprien, issu d'une noble et illustre famille de Marseille, naquit vers la fin du VIe siècle. Il fut élevé dans l'abbaye de Saint-Victor où il apprit les sciences et la vertu, et se rendit ensuite à Arles, auprès de saint Césaire, qui le fit diacre de son église, et le mena avec lui au concile d'Agde (506). Durant l'exil du saint évêque, Cyprien gouverna sagement son église.

A la mort de l'évêque de Toulon, il fut élu pour lui succéder, et sacré par saint Césaire, son métropolitain. Il travailla avec le plus grand zèle à rétablir dans son diocèse la pureté de la foi et des mœurs, tâche difficile à cause de l'hérésie arienne et du trouble des guerres. Toujours étroitement uni à saint Césaire, il eut part aux actes les plus importants de cet illustre prélat, et partagea les dangers et les maux qu'il eut à souffrir pour la vérité et la justice. Il assista avec lui à plusieurs conciles, et le remplaça à celui de Valence, où il combattit admirablement les Semi-Pélagiens. Quand la Provence fut tombée au pouvoir des Francs, Cyprien regarda ce changement de domination comme une faveur du ciel et en profita pour extirper l'hérésie de son diocèse. Il prit part au concile d'Orléans de 541.

Après la mort de saint Césaire, son ami, il écrivit l'histoire de ce saint prélat. Il mourut vers le milieu du VIe siècle, et fut enterré dans son église où, dans la suite des temps, on bâtit une magnifique chapelle en son honneur. Cette chapelle a subsisté jusqu'au temps du roi Henri IV. Saint Cyprien a toujours été vénéré comme le patron et le second titulaire de l'église de Toulon : on y conservait ses reliques avec vénération.

*Propres de Marseille et du Fréjus.*

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## LES DEUX SAINTS EWALD, FRÈRES,

### PRÊTRES ET MARTYRS EN WESTPHALIE (695).

Peu de temps après l'arrivée de saint Willibrord et de ses compagnons dans la Frise, sur la fin du VIIe siècle, deux frères, anglais de naissance, et tous deux prêtres, suivirent leur exemple et résolurent d'aller aussi prêcher l'Évangile aux idolâtres. Ils vinrent dans le pays des anciens Saxons (Westphalie). Avant leur départ pour venir en Germanie, ils avaient voyagé en Irlande pour se perfectionner dans les sciences et dans la vertu. Comme ils portaient le même nom, on les distingua par la couleur de leurs cheveux ; l'un s'appelait Ewald *le Noir*, et l'autre Ewald *le Blanc*. Le premier était plus versé dans la connaissance de l'Écriture, mais ils étaient tous deux également remplis de ferveur et de zèle.

Les anciens Saxons d'Allemagne étaient alors gouvernés par différents petits princes qui, en temps de guerre, réunissaient leurs forces, et se choisissaient un commandement par la voie du sort. Tous devaient ensuite obéir à ce chef. La guerre ôtée, chacun rentrait dans son premier état.

Les deux Saints, en entrant dans le pays des Saxons, rencontrèrent un fermier et le prièrent de les conduire à celui qu'il reconnaissait pour son prince. Ils ne cessèrent, pendant le chemin, de prier, de réciter des psaumes et de chanter des hymnes. Tous les jours ils offraient le saint sacrifice, portaient avec eux des vases sacrés et une table bénite qui leur servait d'autel. Les barbares, qui les observaient, craignirent qu'ils n'engageassent le prince à renoncer au culte des idoles, et ils formèrent le dessein de leur ôter la vie. Ils tuèrent sur-le-champ Ewald le Blanc ; mais ils firent souffrir à son frère des tourments longs et cruels, après quoi ils le mirent en pièces. Le prince du territoire, informé de ce qui venait de se passer, entra dans une grande colère, condamna les coupables à mort, et fit mettre le feu à leur village. Les corps des Martyrs, qu'on avait jetés dans le Rhin, furent miraculeusement découverts, et Tilman fut averti, par une vision, de les retirer. C'était un homme d'une haute naissance, qui, après avoir porté les armes en Angleterre, avait embrassé l'état monastique, et était en Allemagne comme missionnaire. S'étant réuni à d'autres ouvriers évangéliques, il enterra les Saints au lieu de leur martyre. Péjon, duc des Francs, ayant eu connaissance des miracles qui se faisaient à leur tombeau, les fit depuis transporter honorablement à Cologne ; on les y garde encore aujourd'hui dans l'église de Saint-Cunibert.

On met le martyre de nos deux Saints entre les années 690 et 700 ; mais l'opinion la plus probable est qu'ils souffrirent en 695. On les honora d'un culte public immédiatement après leur mort, comme on le voit par le martyrologe de Bède, qui paraît avoir été compilé l'année suivante. En 1674, saint Annon, archevêque de Cologne, fit transférer leurs reliques dans l'église dont nous avons parlé. Il donna leurs chefs à Frédéric de Munster ; mais ils ont disparu depuis les ravages sacrilèges des Anabaptistes en 1534. Les deux saints Ewald sont honorés dans toute la Westphalie comme patrons du pays.

Un livre, un calice et une massue, tels sont les attributs de saint Ewald le Blanc : le livre et le calice indiquent sa dignité de prêtre, et la massue le genre de supplice qu'il endura. — Quant à saint Ewald le Noir, on le peint ordinairement portant un agneau sur un livre : peut-être a-t-on voulu symboliser la mansuétude avec laquelle il accepta la mort. On lui met aussi l'épée à la main, comme ayant péri par le glaive. — Au-dessus des deux frères, réunis en groupe, on représente parfois une lumière céleste, ou parce qu'ils venaient apporter aux Saxons la lumière de l'Évangile, ou à cause de l'éclat qui fit reconnaître leurs corps que les idolâtres avaient jeté dans le Rhin.

*Acta Sanctorum; Propre de Cologne; Godwiesord; Caractéristiques des Saints.*

Feast Date

October 3rd

Death

IIe siècle