Saint Winnoc, Abbé de Wormhoudt

Abbé de Wormhoudt, Patron de Bergues

Feast : November 6th 8th century • saint

Summary

Prince breton du VIIe siècle, Winnoc renonça à son rang pour devenir moine sous la direction de saint Bertin à Sithiu. Il fonda les monastères de Bergues et de Wormhoudt, où il se distingua par son humilité, servant ses frères et travaillant manuellement malgré son âge. Il est célèbre pour le miracle de la meule tournant seule et reste le saint patron de la ville de Bergues.

Biography

SAINT WINNOC, ABBÉ DE WORMHOUDT,

PATRON DE BERGUES, AU DIOCÈSE DE CAMBRAI

*Paupertas voluntaria animam vestit virtutibus.*

*La pauvreté volontaire revêt l'âme de vertus.*

*Saint Antoine de Padoue.*

Winnoc, issu de race royale (on le regarde comme le fils du roi saint Judicaël), naquit dans la Bretagne armoricaine, et donna par la pureté de ses mœurs un nouvel éclat à la noblesse de son origine. Dès sa plus tendre jeunesse, il parut consommé dans les vertus ; il vivait dans le monde sans être du monde, et sous les habits du siècle il cachait le soldat de Jésus-Christ. La Bretagne voyait avec admiration un de ses princes qui se regardait comme un voyageur dans sa patrie, et qui, comme un autre Abraham, ne cherchait qu'à se bannir lui-même pour suivre la voix de Dieu. Il gagna à la milice spirituelle, à laquelle il voulait consacrer sa vie, trois autres sujets, jeunes gens d'une naissance distinguée et d'une vie innocente, Quadonoc, Ingénoc et Madoc, qui entrèrent aisément dans ses projets de retraite. La foi les animait tous également : ils abandonnèrent leurs biens, renoncèrent à toutes les espérances dont le monde aurait pu flatter leur ambition, et se mirent à chercher cette cité permanente qui est notre véritable patrie. Il paraît que saint Winnoc passa d'abord en Angleterre, et qu'il y habita avec son frère Arnoch. Après un certain temps passé dans ce lieu, il rejoignit ses trois amis, et les accompagna dans la recherche qui les occupait, et qui avait sans doute pour but de trouver un monastère d'une régularité parfaite.

Après avoir fait beaucoup de chemin, ils arrivèrent enfin, en 679, dans le diocèse de Thérouanne, où la renommée leur apprit avec quelle édification l'on y voyait fleurir la discipline monastique. En effet, saint Bertin vivait alors et gouvernait le monastère de Sithiu, au diocèse actuel d'Arras, qu'il avait bâti. La bonne odeur que répandait de toutes parts la sainteté de sa vie avait attiré à la pratique des conseils de l'Évangile un grand nombre de disciples. Ces jeunes enfants, car c'est ainsi qu'on doit les appeler, selon les actes de saint Bertin, s'abandonnèrent à la conduite de cet

excellent maître, qui leur apprit à porter le joug de Jésus-Christ sous la Règle de Saint-Benoît, et leur montra par ses actions, encore plus que par ses paroles, de quelle manière il fallait pratiquer les saintes lois de la vie religieuse. Il ne fut pas long temps sans s'apercevoir, avec étonnement, qu'ils avaient atteint une perfection sublime dès le commencement de leur consécration à Dieu. C'est pourquoi, les jugeant capables de mener une vie plus retirée, il leur assigna un lieu particulier où il leur ordonna de se bâtir eux-mêmes un petit monastère, dans lequel ils pussent ensuite s'occuper uniquement de Dieu.

Pour obéir aux ordres de leur père, ils construisirent dans le même pays un petit édifice propre à leur dessein, sur une hauteur appelée alors Grunobergue, et qui a depuis porté le nom de Saint-Winnoc. Il s'appelle encore aujourd'hui Bergues-Saint-Winnoc (département du Nord, diocèse de Cambrai). Ces quatre serviteurs de Dieu demeurèrent là quelque temps et y vécurent comme des hommes crucifiés au monde, et pour qui le monde était crucifié.

Il y avait dans la même contrée un homme à qui on donne le titre d'illustre, appelé Hérémar, distingué par ses richesses et estimable pour ses bonnes mœurs. Il offrit à saint Winnoc une terre de sa dépendance, nommée Wormhoudt (Nord), située sur le bord de la petite rivière appelée La Peene. Saint Winnoc, détaché des biens de ce monde, envoya Hérémar à son abbé saint Bertin, qui accepta sa donation. On dressa l'acte dans le monastère même de Sithiu, le 4 novembre 693. On peut voir par cette fondation que Wormhoudt fut d'abord une dépendance de l'abbaye de Saint-Bertin. Le monastère que saint Winnoc y bâtit, comme nous l'allons voir, fut depuis détruit par les Normands, en 880, et a été ensuite une prévôté de l'église de Bergues-Saint-Winnoc. Saint Bertin, après avoir accepté la fondation faite par Hérémar, envoya à Wormhoudt saint Winnoc et ses compagnons auxquels il donna ordre de construire une maison pour les pauvres, avec un monastère et une église en l'honneur de saint Martin. Ces quatre saints amis travaillèrent sans relâche à bâtir les appartements où Jésus-Christ devait être reçu et servi dans la personne des pauvres, et les lieux réguliers où les religieux dévoués à la perfection pussent pratiquer leurs exercices avec ferveur et sans importunité. La maison de Dieu fut achevée en peu de temps par les mains de ces saints ouvriers, dont l'ardente charité bâtissait en même temps dans leurs cœurs un temple au Saint-Esprit, où brûla jusqu'au dernier soupir de leur vie le divin amour.

Les trois compagnons de saint Winnoc, un peu plus âgés que lui, finirent leur sainte carrière dans ce lieu, et l'abbé saint Bertin, connaissant tout le mérite de saint Winnoc, le mit à la tête de la communauté qui s'y était formée. Il la gouverna avec une douceur et une humilité qui firent voir en lui un parfait disciple de Celui qui a dit : « Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur ». Il estimait qu'il n'y avait rien de plus noble que de servir ses frères, puisque Jésus-Christ lui-même avait protesté qu'il était venu pour servir et non pour être servi. Comme sa charité n'était pas feinte, il exerçait l'hospitalité avec une promptitude et un épanchement de cœur, qui faisaient bien voir qu'il estimait heureux le jour où il pouvait mériter de recevoir Jésus-Christ, en recevant un hôte pour l'amour de lui. Il se chargeait volontiers de tous les travaux qui paraissaient trop pénibles à ses frères ; et ce qui surpassait leurs forces était léger à sa ferveur et à son humilité. Aussi Dieu lui accorda-t-il le don des miracles, afin de rendre illustre aux yeux des autres celui qui était si petit à ses propres yeux.

Parvenu à la vieillesse, il ne se plaignit point que l'âge l'appesantissait, et, tout accablé qu'il était du nombre de ses années, il marchait d'un pas plus ferme dans la voie de la perfection, et ne diminuait rien des travaux de son état. Il en pratiquait même encore à cet âge les plus pénibles et les plus humiliants. On rapporte de lui que, dans les derniers temps de sa vie, un secours invisible venait à son aide, et que la meule qu'il avait coutume de faire tourner allait sans qu'il y mît les mains. Il bénit Dieu de la faveur qu'il lui faisait, et ne cessait plus de lever au ciel, en actions de grâces, les mains pures et innocentes que Dieu avait délivrées de ce travail. Les religieux étaient surpris, et avec raison, de voir qu'un homme aussi faible et aussi cassé par les austérités, les travaux et les années, pût supporter une fatigue pareille à celle dont il avait bien voulu se charger. On dit que l'un d'entre eux, poussé par la curiosité, alla regarder secrètement ce qui se faisait dans le lieu où le saint abbé travaillait. Il n'eut que pendant un moment la satisfaction de voir le mouvement merveilleux de la meule, car il fut sur-le-champ frappé d'aveuglement. Le saint abbé le guérit par ses prières et par le signe de la croix, après lui avoir pardonné sa curiosité téméraire.

Il ne manifestait jamais de ressentiment, non plus que de malignité. Son grand soin était de se rendre aimable plutôt que redoutable, et c'était pour cela qu'il se croyait destiné à rendre des services plutôt qu'à recevoir ceux des autres. Sa naissance royale ne le portait pas à se préférer à ceux de la plus vile condition, qu'il plut à Dieu d'appeler à la même profession que lui. La sérénité de son esprit était marquée par la gaieté de son visage. Il était ferme et inébranlable dans sa foi, d'une espérance que rien ne pouvait décourager, et d'une charité sans bornes. Les heureux succès ne le portaient pas à s'élever, et les événements fâcheux ne l'abattaient pas. Dans le conseil, ses vues allaient loin, et, dans l'exécution, il était diligent et infatigable. Enfin, armé de toutes les armes spirituelles, il fit avec succès une guerre continuelle aux puissances ennemies de notre salut. Mais, quoique vainqueur, il gémissait sans cesse, et, soupirant après le séjour heureux où l'on n'a plus à combattre, il disait à Dieu : « Délivrez, Seigneur, délivrez mon âme de cette prison, afin qu'elle ne s'occupe éternellement que de vos louanges ». Dieu l'exauça et l'appela à lui le 6 novembre de l'année 717.

Disons un mot de sa gloire posthume. Le Légendaire de Morinie rapporte les détails d'une guérison extraordinaire et qui mérite bien d'être signalée. « Un homme boiteux, privé depuis longtemps de l'usage de ses pieds et fatigué d'un tremblement incessant de la tête et des mains, au point qu'il pouvait à peine prononcer une parole d'une voix saccadée, et que ses mains laissaient échapper ce qu'elles croyaient tenir, voulut aller au tombeau vénérable de saint Winnoc. Et, pendant que les frères qui habitaient ce lieu célébraient les Vigiles de la fête de Pâques, conduit par des mains étrangères, il vint dans l'église implorer avec larmes la clémence du tout-puissant Seigneur, lui demandant par les mérites de son glorieux confesseur Winnoc, de rendre l'usage de leurs fonctions à ses membres fatigués par une maladie devenue intolérable. Le Seigneur miséricordieux, qui n'oublie pas la prière des pauvres et qui vient nous aider dans nos tribulations au moment opportun, entendit l'infortuné qui le priait par les mérites du bienheureux Winnoc. En effet, quand fut terminée la lecture de l'Évangile, qui, selon la coutume, se fit pendant la nuit dans cette église, après le chant de l'office, l'homme infirme fut entouré d'une immense lumière, puis il vit deux flèches de feu venir à lui de chaque côté et se diriger vers ses oreilles.

L'une étant entrée par son oreille droite et l'autre ayant pénétré dans son oreille gauche, tout à coup une grande abondance de sang jaillit par les ouvertures que ces flèches avaient faites. Débarrassé désormais de la fatigue insupportable que lui causait son infirmité, cet homme reçut à l'instant même de la bonté divine une santé parfaite. Dans les transports de sa joie, il se mit à marcher dans l'église sans la moindre apparence de son mal, et en rendant grâces au Seigneur tout-puissant et à saint Winnoc ; puis il raconta aux frères qui l'entourèrent toute la suite de sa vision, et comment, après le choc des deux flèches et l'arrivée de cette lumière, son infirmité s'était subitement éloignée de lui. Alors il sortit de l'église, plein de santé et de bonheur, escorté par la foule du peuple qui louait avec lui le Seigneur, et contemplait avec admiration les témoignages glorieux de la puissance de saint Winnoc, confesseur du Christ ».

On le représente : 1° avec la couronne à ses pieds : c'est la caractéristique ordinaire des souverains ou seigneurs qui ont abandonné le monde pour vivre solitaires ou religieux ; 2° tournant, comme nous l'avons rapporté, la meule du moulin de son abbaye de Wormhoudt.

## CULTE ET RELIQUES.

Saint Winnoc fut enterré dans le monastère de Wormhoudt qu'il avait bâti lui-même en l'honneur de saint Martin, et où sa mémoire fut honorée de plusieurs miracles. On raconte, entre autres, que, peu de temps après sa mort, comme les frères se reposaient après midi, le feu, sorti d'une maison voisine, se communiqua à une partie des édifices du monastère, qui furent consumés. L'église, où l'on conservait le corps de saint Winnoc, fut aussi entièrement brûlée ; mais on trouva, après l'incendie, que le feu avait épargné le tombeau du Saint et tous les ornements dont il était environné.

Quand il plut à Dieu de punir les péchés du monde par les ravages qu'exercent, pendant le XIe siècle, en France et dans les pays environnants, les barbares sortis du Nord, on trouva à propos d'enlever de Wormhoudt les reliques du saint abbé, et de les porter dans l'église de Saint-Omer, à Sithiu. Quelques années après, Baudoin, comte de Flandre, surnommé le Chauve, voulant fortifier ses États et les mettre à couvert des incursions de ces barbares, fit construire plusieurs forteresses, et une, entre autres, à Bergues. Le comte, après avoir mis cette place en sûreté, y fit bâtir une église qui fut dédiée à saint Martin et à saint Winnoc, et où il avait le dessein de transférer les reliques du dernier. Il alla demander l'agrément du roi Charles le Simple, qui lui accorda volontiers tous les privilèges qu'il désirait obtenir pour sa nouvelle église. Le comte, muni de ces pouvoirs, enleva le corps de saint Winnoc, malgré l'opposition des habitants de Saint-Omer, et le fit mettre à Bergues, l'an 900.

Cent ans après cette seconde translation (1090), Baudoin, surnommé le Barbu, ayant rendu la ville de Bergues encore plus forte par une ceinture de murailles et bâti un monastère au haut de la ville, y fit transférer les reliques du Saint, le 18 septembre. Il appela des religieux de Saint-Bertin, vers l'an 1030, pour habiter ce nouveau monastère, qui eut pour premier abbé Roderic. Après sa mort, la discipline s'étant un peu relâchée fut rétablie dans sa vigueur, en 1106, par l'abbé Hermès. L'abbaye a subsisté jusqu'à la Révolution, et a fourni plusieurs sujets recommandables par leur sainteté et leur doctrine.

On célébrait, à Bergues-Saint-Winnoc, trois fêtes en l'honneur de ce saint abbé : la première, au jour anniversaire de sa mort, le 6 novembre ; la seconde, en mémoire de l'élévation de son corps, appelée l'Exaltation de saint Winnoc, le 20 février ; et la troisième, celle de la translation qui fut faite du corps du Saint à l'abbaye de Bergues, le 18 septembre. La première de ces fêtes était autrefois de précepte dans toute la ville, et, pendant l'octave entière, les fidèles se faisaient un devoir et un honneur de venir rendre leurs hommages à leur illustre patron.

On conserve encore très-religieusement, à Bergues, le corps de saint Winnoc. Il était autrefois porté tous les ans en procession le jour de la Trinité, et trempé dans la rivière appelée La Calme, qui passe au pied de la ville ; ce qui se faisait en mémoire d'un enfant noyé dans cette rivière et qui fut ressuscité par les mérites du Saint. On ignore en quel temps ce miracle fut opéré ; mais il a donné lieu tant à cette cérémonie qu'à une Confrérie érigée en l'honneur du saint abbé. Son chef était dans un buste très-riche, et le reste de ses ossements dans une chasse d'argent. Lors de la spoliation des églises, en 1792, on déposa ces saintes reliques dans deux boîtes qui furent scellées et placées dans une armoire du presbytère, où elles restèrent jusqu'en 1820. À cette époque,

M. l'abbé Ferdinand-Joseph Vandeputte, curé-doyen de la paroisse, désirant augmenter le culte du saint patron, fit appeler plusieurs notables de la ville, qui avaient été présents à l'extraction des reliques en 1792. Ils reconnurent les boîtes dans lesquelles on les avait alors renfermées, et déclarèrent qu'elles n'avaient subi aucun changement. Ces reliques furent d'abord présentées à Mgr Belmas, qui les examina dans son palais épiscopal de Cambrai. Sa Grandeur a reconnu que cette tête était la même qui, pendant un long espace de temps, avait été exposée à la vénération des fidèles de la ville de Bergues, et qui, dans les derniers temps de calamités, avait été retirée de la chasse en argent, comme l'ont attesté des hommes dignes de foi, les uns prêtres, les autres laïques, lesquels tous en avaient vu autrefois cette tête exposée, ou l'avaient retirée eux-mêmes de la chasse en argent sus-mentionnée ».

« Nous donc », continue le prélat, « nous avons replacé avec respect cette tête dans un reliquaire de cuivre jaune plaqué d'une couche d'étain à l'intérieur, après l'avoir liée avec une bande de soie noire et munie de notre sceau, puis nous avons permis, et, par les présentes, permettons qu'elle soit exposée à la vénération des fidèles dans l'église de Saint-Martin de Bergues. Mais, afin que les fidèles vénèrent plus facilement cette tête auguste, nous en avons renfermé une parcelle dans une boîte dont le fond est en cuivre et la partie antérieure, que ferme une glace, en argent. Nous avons muni de notre sceau le fil de soie verte qui l'entoure ».

Cette lettre est du 27 mai 1820. Une autre circulaire du même prélat publiait une indulgence de quarante jours pour les personnes qui assisteraient à la translation qui devait avoir lieu peu de temps après. Elle était conçue en ces termes : « Ne désirant rien tant que d'augmenter la dévotion des fidèles et de les aider dans la voie du salut, en leur fournissant les moyens de participer aux trésors spirituels de l'Église, nous avons accordé de notre autorité ordinaire, comme par ces présentes nous accordons quarante jours de pardon et indulgence dans la forme et de la manière accoutumée de l'Église, à tous les fidèles de l'un et de l'autre sexe qui, dûment disposés, assisteront à la translation solennelle des reliques de saint Winnoc, qui doit se faire du presbytère de Bergues à l'église de Saint-Martin de cette même ville, et y prieront aux fins ordinaires ». La cérémonie eut lieu le 8 juin de la même année, en présence d'un peuple immense accouru de tous les pays voisins, et le reliquaire, enchâssé dans une statue en bois, qui avait été bénite auparavant, fut placé dans le chœur. Le procès-verbal de cette cérémonie est signé par trois anciens religieux de l'abbaye de Saint-Winnoc, par plusieurs prêtres ou laïques des environs, par les vicaires de la paroisse, et enfin par M. l'abbé Vandeputte, qui avait présidé.

Le 7 février de l'année suivante (1821), Mgr Belmas, sur la demande du pasteur et des fidèles de la paroisse de Bergues, accordait la permission d'ériger une Confrérie en l'honneur de saint Winnoc. Le prélat encourageait beaucoup cette œuvre sainte et accordait lui-même quarante jours d'indulgence pour tous les fidèles qui visiteraient l'église de Saint-Martin à Bergues et y prieraient quelque temps selon les intentions de l'Église, les jours de la fête de saint Winnoc et de la Trinité.

Le 4 mars 1823, le pape Pie VII accordait aussi une indulgence plénière à tous les fidèles qui, le 6 novembre, jour de la fête de saint Winnoc, et le lendemain de la Pentecôte, visiteraient l'église de Saint-Martin à Bergues, se confesseraient, communieraient et prieraient pour la concorde entre les princes chrétiens, l'extirpation des hérésies et l'exaltation de la sainte Église. Cette nouvelle faveur spirituelle du Saint-Siège fut publiée avec l'autorisation accordée à l'évêché de Cambrai, le 16 juillet 1823. Le 18 mai de la même année, on avait transporté solennellement les reliques de saint Winnoc dans un buste et une chasse en argent, dont la piété généreuse des habitants de Bergues avait fait l'acquisition. Cette chasse, d'un travail magnifique, a coûté, dit-on, dix-huit mille francs.

Acta Sanctorum Belgii, traduction de M. l'abbé Destombes. — Cf. Sainte de Bretagne, par Dom Lubineau et l'abbé Trévaux ; et les Bollandistes, au tome II de septembre, dans la vie de saint Bertin de Sithiu.

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## SAINT ILTUT, ABBÉ DANS LE PAYS DE GALLES (VIe siècle).

Iltut (Elchut, Heltute), issu d'une famille noble, naquit dans le comté de Glamorgan. Il servit quelque temps dans les armées du roi Arthur, dont il était parent, et s'y acquit une grande réputation par sa valeur. Saint Cadoc, abbé de Llan-Carvan (à trois milles de Cowbridge, dans le comté de Glamorgan), qui avait été successivement disciple de saint Germain et de saint Dubrice, et qui était alors évêque de Llandaff, lui inspira le mépris du monde et l'amour de la vraie religion. Ayant reçu la tonsure, il passa plusieurs années sous la conduite de celui qui l'avait fait entrer dans la voie de la perfection, et il se rendit fort habile dans les sciences ecclésiastiques. Il fonda depuis, dans le voisinage de Llan-Carvan, du côté de la mer, un monastère qui devint célèbre par son école et qui prit le nom de Llan-Iltut ou Llantwit. On compta, parmi ses disciples, saint David,

saint Samson, saint Magloire, saint Gildas, et plusieurs autres Saints, dont quelques-uns furent élevés à l'épiscopat. Iltut joignit le travail des mains aux veilles, au jeûne et à la prière. Il remit à la fin la conduite de son école à Isham, un de ses disciples, afin de suivre plus librement l'attrait qu'il se sentait pour la retraite. Il passa trois ans dans une entière solitude et y pratiqua des austérités extraordinaires. Le désir de visiter ses disciples et ses amis le fit passer dans la Bretagne quelque temps avant sa mort. Il était à Dol lorsque le Seigneur l'appela à lui, dans le VIe siècle.

L'église de Landebaëron, dans l'ancien diocèse de Tréguier, en Basse-Bretagne, croit posséder le chef de ce saint abbé, qu'elle conserve depuis un temps immémorial. Saint Iltut est encore patron titulaire d'une église du comté de Glamorgan, qu'il avait originairement fondée. Bale et Pits font mention de deux lettres doctrinales qu'il avait écrites; mais nous n'avons plus la plupart des ouvrages des anciens docteurs bretons; ils ont péri par l'injure des temps.

Godescard, Ussérius.

Feast Date

November 6th

Death

6 novembre 717