Saint Gurie

Martyr à Édesse

Feast : November 15th 3rd century • saint

Summary

Saint Gurie était un chrétien d'Édesse qui menait une vie de piété retirée avec son compagnon Samonas. Sous la persécution de Dioclétien, ils furent arrêtés pour avoir soutenu les fidèles et refusé de sacrifier aux idoles. Après de longs mois de prison et d'atroces supplices, ils furent décapités en 299.

Biography

LES SAINTS GURIE ET SAMONAS, MARTYRS À ÉDESSE,

EN SYRIE (299).

Gurie et Samonas, natifs d'Édesse, en Syrie, s'étaient retirés ensemble à la campagne et y avaient établi leur demeure pour être moins interrompus dans les exercices de la piété chrétienne. Ils y menaient une vie si pure et si dégagée des affections de la terre, qu'ils devinrent en peu de temps des hommes tout célestes. Les exemples de vertus qu'ils se donnaient l'un à l'autre augmentaient de jour en jour leur ferveur et les faisaient sans cesse aspirer, d'un commun concert, à une plus haute perfection. Toutefois, comme ils avaient beaucoup de zèle pour étendre la gloire de Dieu et l'honneur de Jésus-Christ, ils quittaient souvent leur solitude pour venir dans la ville fortifier les fidèles persécutés par les ordres de Dioclétien et pour travailler à la conversion des idolâtres.

Cela fit qu'Antoine, président d'Édesse, qui était un des plus passionnés ministres de la cruauté de cet empereur, les fit arrêter et jeter dans une prison obscure. Les ayant rappelés ensuite à son tribunal, il employa toutes sortes d'artifices pour leur persuader d'obéir aux édits du prince, mais ils repartirent courageusement : « À Dieu ne plaise que nous quittions jamais la vraie foi qui nous procurera une vie éternelle, pour adorer les ouvrages des hommes ! » Le juge les menaça des plus cruels supplices et de la mort même s'ils ne changeaient de résolution ; mais ils lui dirent : « Vous vous trompez, seigneur, et vous voulez nous tromper ; nous mourrions véritablement si nous vous obéissions ; mais, en faisant la volonté de Dieu, nous ne mourrons pas : au contraire, nous obtiendrons une vie qui ne finira jamais ». Sur cette réponse, Antoine les renvoya en prison et manda à Dioclétien tout ce qui s'était passé.

Ce prince, acharné contre les chrétiens, donna ordre à Musonius, préfet d'Antioche, de se transporter au plus tôt à Édesse et d'y faire le procès de ces glorieux Confesseurs de la foi de Jésus-Christ. Musonius y vint, appela devant lui Gurie et Samonas, et les sollicita longtemps de sacrifier à Jupiter. Mais tous ses efforts furent inutiles, et nos généreux athlètes lui répondirent hardiment qu'ils n'en feraient rien. Alors le juge commanda qu'on les suspendit par une main, et qu'on leur attachât à un pied une pierre extrêmement pesante. Ils furent cinq heures en cet état, endurant des douleurs incroyables ; mais ils ne jetèrent pas un seul cri et ne dirent pas même un seul mot pour se plaindre ; de sorte qu'on eût dit qu'ils souffraient des peines si courtes dans un corps emprunté, et qu'ils étaient plutôt spectateurs que patients. Le juge les fit ensuite jeter dans une basse-fosse, que sa puanteur et son obscurité rendaient insupportable, avec ordre de ne leur rien donner à manger pendant les trois premiers jours, et, le reste du temps, de ne leur donner que très-peu de chose, afin de les affliger par une faim continuelle. Ils y demeurèrent fort contents depuis le commencement du mois d'août jusqu'à la fin de leur martyre. Le 10 novembre, ils furent interrogés de nouveau, et, comme ils parurent plus fermes et plus inébranlables que jamais, le préfet, déchargeant sa fureur sur Samonas, qui était d'une constitution beaucoup plus forte que Gurie, lui fit replier un pied avec une horrible violence, et l'attacher au genou avec un cercle de fer ; puis, l'ayant fait suspendre en l'air par ce même pied, il fit attacher à l'autre un poids de fer qui lui disloquait tous les membres. Ce tourment sembla si cruel aux bourreaux mêmes, qu'ils en furent touchés de compassion, et qu'ils conjurèrent avec larmes le saint Confesseur de s'en délivrer en sacrifiant aux dieux ; mais le généreux Martyr, méprisant leur fausse compassion, ne daigna pas leur répondre. Il s'adressa à Dieu, et lui demanda la force de souffrir jusqu'à la fin pour son amour. Pour Gurie, il n'eut point de part à ce supplice ; non pas que le préfet eût pitié de lui, mais, comme il était fort délicat, et que la faim et les tourments précédents l'avaient mis dans un état pitoyable, ce barbare craignait qu'il ne succombât entre les mains des exécuteurs. Enfin, le 15 novembre, il les fit comparaître pour la dernière fois devant son tribunal, et, voyant que leur

constance augmentait au lieu de s'affaiblir, il les condamna à perdre la tête : ce qui fut exécuté le même jour, l'an de grâce 299, selon le cardinal Baronius. Leurs corps furent ensevelis par les chrétiens, dans Édesse, et Dieu les rendit illustres par de grands miracles.

Ce récit est du Père Giry.

Feast Date

November 15th

Death

15 novembre 299