Saint Eubert de Séclin

Patron de Lille

Feast : February 1st 3rd century • saint

Summary

Noble missionnaire du IIIe siècle, Eubert évangélisa les Nerviens et défricha la région de Lille. Compagnon de saint Piat et saint Chryseuil, il mourut à Séclin avant que ses reliques ne soient transférées à Lille en 1067. Son culte, un temps oublié, fut restauré au XIXe siècle après l'épidémie de choléra.

Biography

SAINT EUBERT DE SÉCLIN, PATRON DE LILLE (IIIe siècle).

Eubert ou Eugène était d'une race noble. Il s'adjoignit comme compagnon à saint Chryseuil, à saint Piat et à d'autres, qui vinrent, sous les empereurs Maximien et Dioclétien, prêcher la foi évangélique en Gaule. Il annonça le Christ aux Nerviens du pays de Tournay et à d'autres populations encore. La tradition veut qu'il ait été marqué du caractère épiscopal. Il entreprit en premier lieu le défrichement du canton qu'on a appelé plus tard la Châtellenie de Lille : c'est pour cette partie du champ du Seigneur que coulèrent ses sueurs les plus abondantes. Lorsque saint Chryseuil et saint Piat eurent subi le martyre, il eut soin de confirmer leurs néophytes dans la vraie religion. Enfin, après avoir combattu le bon combat et consommé sa course, il décéda vers la fin du IIIe siècle, à Séclin, où il fut enseveli.

C'est pourquoi les saintes reliques d'Eubert furent d'abord honorées à Séclin. Mais ayant été apportées à Lille en 1067, pour la dédicace solennelle de l'église collégiale de Saint-Pierre, qui relevait immédiatement du Saint-Siège, elles y furent conservées avec beaucoup d'honneur. Elles furent peu après transférées pour un temps au monastère d'Hannon, à l'occasion de la dédicace de cette abbaye. Les chanoines cédèrent un de ses os à l'abbaye de Liessies. L'an 1229, Walter ou Gantier, évêque de Tournay, reconnut pieusement ces précieuses reliques dans la ville de Lille.

Elles étaient exposées à la vénération des fidèles le jour de la fête du Saint, honoré le 1er février comme patron de Lille, et on les portait dévotement dans les rues de la ville, dans la célèbre procession qui avait lieu tous les ans pour la fête de Sainte-Marie-des-Grilles. Le saint confesseur figurait à la série des bienheureux évêques, dans les litanies que l'on chantait d'habitude par les rues de la cité. Mais depuis la destruction malheureuse et criminelle de l'église du prince des Apôtres, la mémoire de saint Hubert disparaissait insensiblement. Elle a revécu à l'occasion du Sée terrible du choléra-morbus. Enfin, saint Hubert a recouvré son culte antique, lorsqu'en 1848, à la demande de son Éminence le cardinal Pierre Giraud, archevêque de Cambrai, le Saint-Siège a permis avec bonté que dans tout le diocèse on célébrait la fête du bienheureux Hubert.

Propre de Cambrai.

--SAINT TORQUAT, ÉVÊQUE DE SAINT-PAUL-TROIS-CHÂTEAUX, ET SAINT JOSSERAND, MOINE DE CRUAS (321).

Saint Torquat, évêque de Saint-Paul-Trois-Châteaux, mourut en 321. Sa fête se trouve dans l'ancien Bréviaire de l'église Tricastine, dans le propre des Saints de ce diocèse, imprimé en 1758, et dans les livres liturgiques de l'église de Viviers. Sa vie nous est inconnue. Son corps était conservé autrefois dans le monastère de Cruas, en Vivarais, où il fut brûlé par les calvinistes. Il existe encore une autre chapelle qui porte son nom, près de Suze-la-Rousse, sur les bords du Leg, dans l'ancien diocèse de Saint-Paul.

Les Hollandistes rapportent que l'herbe cessa de croître sur le lieu où les calvinistes brûlèrent le corps de saint Torquat et de saint Josserand. Ayant demandé à M. le curé de Cruas si ce miracle avait jamais existé, voici ce qui nous a été répondu le 18 janvier 1872 :

« Je regrette beaucoup de n'avoir trouvé dans ma paroisse aucune tradition sur la personne de saint Josserand, ni sur son genre de mort, ni sur le miracle qui aurait eu lieu sur sa tombe. Durant les jours de la Terreur, on brûla sur la place, qui est devant mon église, les livres et les manuscrits de l'abbaye, archives où on eût pu trouver quelques renseignements sur le Saint dont vous parlez. Tout ce que j'ai à ce sujet, c'est une note laissée par un ancien président de fabrique, où il est dit que l'église de Cruas était dédiée à la sainte Vierge et à saint Josserand ».

Sévère, citoyen de la ville de Ravenne, en Italie, avait pour métier de travailler la laine ; métier qu'il exerçait avec Vincence, sa femme, et sa fille Innocence. L'évêque, onzième successeur d'Apollinaire, qui fut disciple des Apôtres, étant venu à mourir, le peuple entier, après un jeûne de trois jours, s'assomba à l'église pour l'élection d'un nouveau prélat : alors une colombe toute blanche vint se poser sur la tête de Sévère, à la vue de tout le monde. Les uns conclurent aussitôt, par ce signe, que cet homme était digne du sacerdoce ; mais les autres, choqués de ses haillons, le chassèrent de l'église. Le même prodige s'étant renouvelé le lendemain et le surlendemain, tout le peuple, se conformant au jugement de Dieu, l'élut pour évêque, et il fut consacré suivant le rite ecclésiastique. Son épouse et sa fille prirent le voile et se firent les servantes de Dieu. Sévère, en qui la doctrine était infuse divinement, plutôt qu'humanement acquise, possédait une puissance de sagesse et de vertu rare. Lorsqu'il eut gouverné très-saintement le troupeau confié à ses soins, sentant approcher la fin de sa vie, un peu après avoir achevé l'office de la sainte messe, il se mit en route pour le tombeau de sa femme et de sa fille, mortes avant lui ; arrivé là, il se fait ouvrir le tombeau et commande qu'on lui fasse une place ; à sa voix le sarcophage se meut de lui-même et se déplace miraculeusement. Le saint évêque, descendu vivant dans ce tombeau, s'y endormit dans le Seigneur tout en priant.

Après un certain laps de temps, il arriva qu'Otger, archevêque de Mayence, partit en Italie pour rétablir la paix entre l'empereur Louis et son fils Lothaire. Ayant appris que les reliques de saint Sévère se gardaient à Pavie, il les fit enlever du lieu où elles avaient été déposées d'abord, les apporta avec lui à Mayence, et les mit dans l'église de Saint-Alban. Elles en furent tirées dans la suite pour être transportées, au milieu d'un immense concours, au monastère d'Erford, dédié alors à saint Paul ; elles y ont eu l'honneur d'une splendide basilique du nom de Saint-Sévère, dans laquelle se sont opérés de grands miracles.

La colombe qui vint se poser sur la tête de saint Sévère au moment de son élection est son attribut et l'attribut d'un grand nombre d'autres évêques de Ravenne, car les habitants de cette ville prétendent que longtemps, chez eux, le ciel voulut bien se charger de désigner de cette façon leur premier pasteur. Quoi qu'il en soit de la prétention des Ravennais, il est permis de voir, dans la colombe que les artistes placent sur la tête de saint Sévère, une signification morale, à savoir que, quoique ignorant et longtemps habitué au travail des mains, il montra dans ses discours une assistance habituelle du Saint-Esprit. Le diocèse de Ravenne a obtenu la permission de fêter en un même office ses douze évêques qualifiés de Colombini.

La légende a donné un tour très-piétonnique à l'élection de saint Sévère : « Tisserand de son métier et vivant dans la continence avec sa femme, il lui prit envie d'aller assister à l'élection d'un nouvel évêque. Sa femme lui fit observer qu'on élirait bien un évêque sans lui, et qu'il ferait beaucoup mieux d'avancer la recette du ménage. Mais comme il insistait pour s'y rendre, la femme lui dit en se moquant : Ne vois-tu pas qu'on va te faire évêque, si tu te montres là ? Il se trouva qu'elle avait dit plus vrai qu'elle ne pensait elle-même, car il fut acclamé par le peuple entier. En mémoire de cette élection inattendue, on le trouve peint en costume d'ouvrier, avec une navette qui sort de sa poche ou avec un rouleau d'étoffe sous le bras, comme s'il allait servir ses clients. En ce cas, une lettre près de lui indique l'aventure qui répondit à la plaisanterie de sa femme. C'est en raison de son ancienne profession que dans certains pays les tisserands, les drapiers, les fièrers, les tisseurs en soie, etc., l'ont pris pour patron.

Key Events

  • Arrivée en Gaule sous Maximien et Dioclétien
  • Prédication aux Nerviens du pays de Tournay
  • Défrichement de la Châtellenie de Lille
  • Confirmation des néophytes après le martyre de ses compagnons
  • Décès et ensevelissement à Séclin