Saint Jean de Vandières

Abbé de Gorze

Feast : February 27th 10th century • saint

Summary

Religieux lorrain du Xe siècle, Jean de Vandières se distingua par son érudition et son ascétisme à l'abbaye de Gorze. Envoyé en ambassade auprès du calife Abdérame III par l'empereur Othon Ier, il devint ensuite abbé de son monastère, y rétablissant la ferveur jusqu'à sa mort en 973.

Biography

SAINT JEAN DE VANDIÈRES,

ABBÉ DE GORZE EN LORRAINE

temps, traîne une vie non-seulement stérile, mais perdue ! Comment ! moi, un homme, il faut que ce sexe fragile me devance dans la vertu ! mais, ce qui est le comble de l'opprobre, non-seulement je ne l'atteins pas dans sa marche, je n'ai pas même le courage de me lever de terre et de faire un pas ! »

Dès ce moment, il commença sérieusement une vie plus parfaite : il lut et apprit par cœur tout l'Ancien et le Nouveau Testament, les livres des offices divins, les décrets des Conciles, les règles de la pénitence, les cérémonies et le chant de l'Église, la jurisprudence ecclésiastique, les lois civiles, les homélies des Pères et la vie des Saints, à tel point qu'il en parlait avec autant de facilité que s'il lisait dans le livre ; à ces travaux, il joignait le jeûne, les veilles, les prières fréquentes et les macérations, en aspirant de tout son cœur à quitter le monde et tous ses biens.

Pour débarrasser son âme de tout ce qu'elle aurait pu retenir encore du long séjour qu'elle y avait fait, il confessa tous les péchés de sa vie à un saint ermite de Verdun, nommé Humbert, qui ne contribua pas peu à augmenter son amour pour la mortification. C'est à partir de cette époque qu'il s'interdit l'usage de la viande et se mit à jeûner très-rigoureusement ; il fit ensuite le voyage de Rome, pour honorer le tombeau des saints Apôtres, visita le mont Gargan, le mont Cassin, le mont Vésuve ; il y trouva des serviteurs de Dieu, dont les entretiens et les exemples servirent beaucoup à son avancement spirituel.

De retour en Lorraine, il se fit religieux à l'abbaye de Gorze, située à quatorze lieues de Metz ; et son entrée dans cette maison contribua beaucoup à y ranimer la discipline et la ferveur : cependant il voulut toujours être considéré comme le dernier de la maison et comme le serviteur de tous. Il poussait si loin ses austérités, que son abbé se vit souvent obligé de les modérer.

L'empereur Othon Ier ayant demandé deux religieux de Gorze, pour les renvoyer à Abdérame III, roi des Maures d'Espagne, notre Saint fut nommé chef de cette ambassade ; il remplit cette mission avec tant de sagesse et de courage, qu'il excita l'admiration du roi infidèle. À son retour, il fut nommé abbé de Gorze, vers l'an 960.

Nous regrettons de n'avoir pu trouver d'autres détails sur une vie si sainte, qui cessa sur la terre pour se continuer glorieuse dans le ciel, l'an 973.

Cf. Histoire du diocèse de Toul, par M. l'abbé Guillaume, t. 1er, p. 168.

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## SAINT BALDOMER OU SAINT GALMIER,

## SERRURIER ET SOCS-DIACRE A LYON (vers 660).

Baldemer ou Galmier, né en France, dans le pays de Forez, se retira à Lyon en sa jeunesse, et y servit Dieu avec beaucoup de zèle et de fidélité. Il vivait pauvrement et dans une grande simplicité, toujours occupé de la prière et des autres bonnes œuvres, exerçant le métier de serrurier, nourrissant toujours quelques pauvres avec lui de ce que lui produisait le travail de ses mains, et leur donnant quelquefois jusqu'à ses outils, quand il n'avait pas autre chose.

Le mot favori qu'il avait continuellement à la bouche était : Toujours grâces à Dieu, excitant tous ceux à qui il avait affaire à le répéter souvent avec lui pour demeurer dans une perpétuelle reconnaissance à l'égard de Dieu. Il était droit, sincère, obligeant, affable, prompt à faire tout le bien qui dépendait de lui d'une pureté d'âme et de corps inviolable. Il était fort appliqué à la lecture, surtout à celle de l'Écriture sainte, et il vivait dans une mortification générale des sens. Ce qui n'empêchait pas qu'il ne fût fort gai en conversation, mais toujours fort édifiant, fécond en tours ingénieux pour porter chacun à bénir Dieu continuellement, adroit à blâmer le vice sans blesser le vicieux, savant même et agréable dans ses entretiens: ce qui parut principalement depuis qu'il se fut retiré dans un monastère.

L'abbé Vivence, qui gouvernait alors le monastère de Saint-Just de Lyon, et qui fut depuis évêque de cette ville, étant allé un jour au village d'Ouvac ou Auditiac, faire sa prière dans une église où il y avait quelque dévotion publique, y vit notre Saint sous un extérieur si pauvre, mais en même temps si grave et si recueilli, qu'il ne voulut pas revenir sans le connaître et l'entretenir. Il n'eut aucune peine à juger que c'était un grand serviteur de Dieu; et, sans lui permettre de retourner à la forge, il l'emmena avec lui et le logea dans son monastère de Saint-Just, afin qu'il pût vaquer avec moins de distraction à la prière et à la méditation des vérités divines.

Saint Galmier n'y fut point à charge à la maison; mais il y vécut des aumônes des personnes de piété qui avaient connu sa sainteté dans le monde, et il se contenta de si peu de chose, qu'il semblait ne recevoir ces charités que pour les distribuer aux pauvres.

L'évêque Gaudry, prédécesseur de Vivence, fut si touché de l'éminence de sa vertu, que, pour procurer un nouvel ornement à son clergé, il le fit sous-diacre, et voulut qu'il eût part au ministère des autels. L'humilité de notre Saint n'avait point encore eu de si rude épreuve qu'en cette occasion. Il eut recours aux larmes et aux supplications les plus pressantes, pour obliger son évêque à le laisser au rang des laïques dont il se croyait le dernier devant Dieu, comme il avait toujours affecté de l'être aux yeux des hommes. Il ne fut écouté de personne; mais il prit de si justes mesures pour empêcher qu'on ne le fît monter plus haut, qu'on fut obligé de le laisser le reste de ses jours dans son sous-diaconat, où Dieu fit connaître combien il lui était agréable par la vertu des miracles qu'il lui communiqua, et qu'il daigna lui continuer après sa mort, pour confirmer l'opinion qu'on avait eue de sa sainteté pendant sa vie.

On croit communément qu'il mourut le 27 de février, jour auquel son nom est marqué dans presque tous les martyrologes qui font mention de lui. Mais on ne convient pas précisément de l'année, puisqu'en général on soit persuadé que ce fut vers le milieu du VIIe siècle, entre 642 et 660. Son corps fut enterré dans l'église de Saint-Just, par les soins de l'abbé Vivence; et ses reliques y furent toujours en très-grande vénération au peuple, jusqu'à ce que, au XVIe siècle, elles furent enlevées et dissipées avec celles de quelques autres Saints par les Huguenots. De sorte qu'il ne reste plus qu'un bras que l'on avait détaché du corps, et que l'on gardait déjà à Saint-Galmier en Lyonnais, ville qui porte son nom, et qui est à une journée de Lyon, du côté de la Loire.

Baillet.

Feast Date

February 27th

Death

973