Saints Héméthère et Célédoine
Martyrs en Espagne
Summary
Soldats romains et fils du centurion Marcel, Héméthère et Célédoine quittèrent l'armée pour confesser leur foi chrétienne en Espagne. Après avoir subi divers supplices secrets, ils furent décapités à Calahorra vers l'an 300. Un miracle marqua leur exécution lorsque leurs gages de foi s'envolèrent vers le ciel.
Biography
LES SAINTS HÉMÉTHÈRE ET CÉLÉDOINE, MARTYRS EN ESPAGNE.
Héméthère et Célédoine, appelés aussi Madir et Chélidoine, nés à Léon, en Espagne, étaient fils du centurion Marcel, qui mourut pour la foi, et parents de plusieurs autres martyrs distingués, dont le sang fut versé en divers temps et en divers lieux.
Après avoir longtemps servi comme de vaillants soldats sous les aigles romaines, dans une cruelle persécution qui s'éleva contre les chrétiens, ils s'animèrent mutuellement, et prirent ensemble la généreuse résolution d'abandonner la milice séculière pour s'enrôler sous les étendards de Jésus-Christ. Enflammés par l'ardeur de leur foi, tandis que d'autres chrétiens succombaient sous l'épreuve, ils coururent courageusement au martyre, sachant bien que perdre son âme c'est la sauver, que répandre son sang c'est le sanctifier, et que le chrétien triomphe en recevant, et non en faisant des blessures.
Ils confessèrent donc publiquement le Christ, maudirent les idoles, et prêchèrent en toute liberté le vrai Dieu. C'est pourquoi on les conduisit au tribunal militaire, et ensuite on les plongea, chargés de chaînes pesantes, dans un cachot fétide et ténébreux. Là, malgré l'accablement où ils étaient, ni les menaces, ni les chaînes, ni les promesses, ni les tortures multipliées auxquelles on les soumit, ne purent les ébranler dans leur sainte résolution.
Le tyran les fit tourmenter par divers genres de supplices, dont il ne voulut même pas que le peuple eût connaissance ; car il défendit sous des peines sévères que l'on publiât leurs actes, le récit de leurs épreuves et des miracles qu'ils accomplirent. Mais, quoique la malice des païens ait tenté d'abolir la mémoire de ce glorieux combat, néanmoins la piété des fidèles a pris à tâche d'en conserver le souvenir.
Ce qu'il y eut de plus mémorable, c'est que, un moment après le prononcé de la sentence capitale, lorsque les Saints furent parvenus au lieu du supplice, avant de recevoir le coup de la mort, ils envoyèrent devant eux des gages de leur foi, là où ils devaient bientôt eux-mêmes parvenir. Héméthère lança dans les airs son anneau, Célédoine son orarium (mouchoir dont on se servait pour s'essuyer le visage) ; et, à la faveur d'un doux zéphyr, ces objets s'élevèrent vers le ciel, à la vue des spectateurs, qui distinguaient l'éclat de l'or et la blancheur du linge. Le bourreau, admirant ce prodige, retint quelques instants son bras hésitant et interdit. Mais enfin il consomma le triomphe des martyrs.
Ils furent frappés de la hache près de Calahorra, le 3 mars : ils furent ensevelis non loin de cette ville. Dans la suite on les transféra à l'église cathédrale, le 31 du mois d'août, jour où ces saints Patrons de la cité, illustres par leurs miracles, reçoivent chaque année les éclatants témoignages de la vénération publique.
Ce que l'on vient de lire est tiré du *Propre d'Espagne*. Voici le résumé des Commentaires dont les Bollandistes font précéder les actes de saint Héméthère et de saint Célédoine :
Prudence a chanté leur gloire et Grégoire de Tours a célébré leur éloge. Saint Isidore de Séville a fait leur panégyrique, et la liturgie mozarabe a longtemps redit leurs combats. Leurs actes primitifs ont péri par la main des bourreaux, qui ne voulaient pas laisser passer à la postérité le souvenir de leurs cruautés ; en sorte qu'on ne connaît pas l'époque précise de leur martyre.
Prudence, qui écrivait son *Psychomachia* vers 400, aurait pu nous en apprendre la date, mais les chiffres trouvent rarement place dans les poèmes. Beda fixe la date de leur martyre à l'année 300 ; mais les Bollandistes n'adoptent point ce dire. D'après la tradition, ils auraient commencé leur martyre à Léon, mais n'en étaient ni originaires ni habitants. Leurs corps reposent aujourd'hui dans la cathédrale de Calahorra, dont ils sont les patrons. Leurs chefs vénérables, retrouvés en port Saint-André, auraient fait appeler ce lieu le port de Saint-Héméthère. Cf. *Acta Sanctorum*, die III martii.