Saint Rupert (Robert) de Salzbourg

Évêque de Salzbourg et Apôtre de la Bavière

8th century • saint

Summary

Issu de la noblesse franque et évêque de Worms, Rupert fut appelé par le duc Théodon pour évangéliser la Bavière. Il fonda le siège de Salzbourg, y bâtit l'église Saint-Pierre et convertit une immense multitude, ce qui lui valut le titre d'Apôtre de la Bavière. Il mourut un jour de Pâques après avoir célébré le saint Sacrifice.

Biography

SAINT RUPERT OU ROBERT, ÉVÊQUE DE SALZBOURG (718).

Rupert ou Robert, qui gouverna l'église épiscopale de Worms, sous le règne de Childebert II, descendait de la famille royale des Francs. L'humilité, la mansuétude, la charité, la prudence, la perfection de la foi et de la piété, toutes les vertus brillaient en lui d'un éclat qui rehaussait encore l'illustration de sa naissance. Rempli de l'Esprit-Saint, il présenta à son troupeau dans sa personne un modèle achevé de sainteté, confirmant par sa vie et par tous ses actes ce qu'il avait enseigné par la parole. Sa piété parut d'une manière admirable dans l'assiduité avec laquelle il s'adonnait à l'oraison; sa prudence, dans la sagesse de ses conseils; sa justice, dans l'équité de ses décisions; son abstinence, dans le soin qu'il prenait de mortifier son corps par des jeûnes continents. Il était si généreux et si bienfaisant à l'égard des pauvres, qu'il ne regardait comme à lui que ce qu'il avait donné aux malheureux et aux indigents.

Une vie si sainte produisit les fruits les plus abondants : c'est ce qu'attesta la conversion de tant de peuples que ses efforts firent entrer dans la voie du salut. Non-seulement les pays voisins, mais les contrées étrangères lui furent redevables de l'Évangile. Sur la réputation de sa sainteté et de ses miracles, Théodon, duc de Bavière, lui envoya une ambassade composée des premiers personnages de ses États, et le pria de vouloir bien visiter ses domaines, afin de l'éclairer, lui et ses peuples, des vérités de la foi. Rupert, quoique fatigué par de nombreuses persécutions, ne refusa point ce pieux et saint fardeau; et peu à peu il baptisa Théodon avec un grand nombre de principaux seigneurs et une immense multitude d'autres personnes. Il commença par fixer son siège

épiscopal dans un lieu appelé maintenant Salzbourg ; et le premier il construisit en cet endroit, en l'honneur de saint Pierre, prince des Apôtres, une église pourvue de tous les ministres que réclame l'exercice du culte divin. Alors il tourna toutes ses pensées vers la conversion du reste de la Bavière à la sainte religion de Jésus-Christ. Il s'associa donc douze compagnons de son zèle et de ses travaux ; et enfin, Dieu secondant ses pieux efforts, il amena ce pays à la foi, et mérita d'être appelé l'Apôtre de la Bavière. Après avoir fondé en divers lieux un grand nombre d'églises, et rempli parfaitement pendant plusieurs années les fonctions de l'épiscopat, il venait d'achever le saint Sacrifice, quand, le même jour de Pâques, il sentit sa fin approcher. Il fortifia le cœur de ses disciples par une dernière exhortation toute paternelle ; puis il passa au Seigneur pour aller jouir éternellement de la béatitude céleste.

Il y a une de ses reliques aux Louvencourt d'Amiens.

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## SAINT MATHIEU, MARTYR DE BEAUVAIS (fin du XIe siècle).

Parmi ceux qui, dans la guerre contre les Sarrasins, dit le vénérable Guibert, abbé, aimèrent mieux exposer leurs têtes aux épées, que de trahir leur foi, j'en ai choisi un dont je rapporterai la vie de préférence. Il suivait la profession des armes, s'appelait Mathieu, et était noble ; mais, de tous les hommes de sa parenté et de son rang, c'est celui que j'ai connu de mœurs le plus irréprochable. Je l'ai connu dès son enfance : je l'ai vu croître dans ces saintes dispositions. Il était originaire de la même paroisse que moi, d'Agnetz, près de Clermont en Beauvaisis ; il a, ainsi que ses parents, tenu un bénéfice dépendant de ma famille ; nous avons grandi ensemble, c'est dire assez que sa vie et son caractère me sont entièrement connus. Ayant été armé chevalier, il se fit remarquer entre tous par son habileté au métier des armes, tout en restant toujours étranger aux habitudes de désordre et de pétulance ordinaires à cette condition.

Cependant, comme un grand nombre de nobles prenaient la croix, il partit lui-même en Orient avec l'évêque Roger, avec Payen et d'autres Beauvaisis. Il était fort estimé à la cour d'Alexis, empereur de Constantinople. Ses aumônes étaient si abondantes et ses prières si fréquentes, que sa vie paraissait être d'un évêque plus que d'un soldat. Lorsque je repasse dans ma mémoire son assiduité à l'oraison, la piété de ses discours, et sa charité, j'admire extrêmement sa persévérance dans la pratique du bien, mais je ne gémis pas moins sur mon insuffisance. Telle a été sa vie, qu'elle méritait de n'être couronnée que par le martyre. Je me glorifie, et tous ceux qui ont pu obtenir son amitié peuvent se glorifier, parce que quiconque l'a vu, reconnaîtra qu'il a connu un martyr.

Ayant été fait prisonnier par les Sarrasins, il fut sommé de renoncer à sa foi : alors il leur demanda un délai jusqu'au vendredi suivant. On le lui accorda volontiers, dans la pensée qu'une réflexion prolongée ébranlerait sa résolution. Le jour venu, les infidèles le pressèrent de nouveau ; mais il leur dit : Si vous avez pensé qu'en détournant pour un peu de temps le glaive suspendu sur ma tête, je n'ai voulu que prolonger ma vie de quelques jours, et non me ménager le bonheur et l'honneur de mourir le même jour que mon Seigneur Jésus-Christ ; si vous vous êtes trompés à ce point sur les sentiments d'un chrétien, il est temps que vous appreniez quels ils sont. Faites donc ! et tuez-moi selon votre désir ; pourvu que je donne ma vie à Celui qui donna la sienne pour le salut du genre humain, peu m'importe le reste. En disant cela, il tendit sa gorge au bourreau, et, décapité, il est envoyé vers le Seigneur, dont il avait voulu imiter la mort. Dans cette même croisade, un autre noble enfant de Beauvais, nommé Albéric, fut pareillement couronné du martyre.

Propre de Beauvais.

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## SAINT GUILLAUME TEMPIER, ÉVÊQUE DE POITIERS (1197).

Le bienheureux Guillaume, surnommé Tempier, dont la mémoire arrive aujourd'hui, est le troisième évêque de Poitiers de ce nom. Il fut d'abord chanoine régulier au monastère de Saint-Hilaire de la Celle. Il brilla tellement par sa piété et l'intégrité de ses mœurs, que, après avoir

passé par toutes les dignités de son monastère, il fut appelé à la chaire épiscopale par le commun et unanime suffrage du clergé et du peuple. Il s'opposa vigoureusement à la puissance laïque, qui envahissait alors presque partout les affaires ecclésiastiques. Pour la défense des droits de l'Église, il souffrit avec une invincible fermeté la calomnie et la persécution. Il s'envola dans le sein de la béatitude éternelle le 29 mars, l'an 1197.

Il fut enterré dans la chapelle de la bienheureuse Vierge Marie, derrière le principal autel de la basilique de saint Cyprien de Poitiers : il opéra de grands miracles. Son sépulcre fut fréquenté par un grand concours de peuple, venant demander la guérison de leurs infirmes à cause des nombreux témoignages que Dieu donnait de sa sainteté, son culte s'établit publiquement, et s'étendit même hors du diocèse de Poitiers. Sa fête se célèbre dans tout l'Ordre des Chanoines réguliers. Son corps fut levé de terre et solennellement reconnu sur la fin du XVIe siècle. Plus tard il périt au milieu de nos dissensions civiles, dans la destruction du monastère et de la basilique. Une seule portion des reliques, l'os fémoral, donné autrefois à l'église de Saint-Hilaire de la Celle, a été sauvée par des mains pieuses. Mgr Pic en a confié la garde aux Carmélites de Poitiers, qui habitent l'ancienne maison conventuelle des Chanoines réguliers. Le même prélat, digne successeur de saint Guillaume Tempier, a fait replacer dans le trésor de la cathédrale la crosse de notre Saint. — On invoquait saint Guillaume spécialement contre le flux de sang.

Propre de Poitiers.

Death

718 (le jour de Pâques)