Saint Maxime (Même)

Abbé de Limours et Martyr

Feast : January 27th 7th century • saint

Summary

Né près de Cahors, Maxime fuit un mariage forcé pour se consacrer à Dieu. Devenu abbé de Limours, il se distingue par sa sainteté et ses miracles, notamment avec une laie sauvage. Il meurt martyr en 625 après avoir été frappé d'un coup de lance par un serviteur d'un intendant royal.

Biography

SAINT MAXIME OU MÊME, ABBÉ DE LIMOURS,

### MARTYR

583-625. — Papes : Pélage II ; Honoré Ier. — Rois : Gontran, Chilpéric Ier, Childebert II ; Clotaire II.

Le monde ne trouve de charmes que dans les romans, les chansons, les théâtres, les intrigues. Il est bon de lui montrer l'exemple d'un homme qui, s'élevant au-dessus de la sphère des jouissances grossières, a trouvé un bonheur parfait en s'éloignant de la beauté terrestre, en la regardant même comme un obstacle à la paix de l'âme.

Saint Maxime, ou Même, naquit au territoire de Caturcum (Cahors), dans un bourg appelé Margarita. Dès l'âge de sept ans, il fuyait la maison paternelle pour aller s'instruire près de l'évêque Didier qui le garda dix ans.

Il se distingua tellement par ses connaissances et ses bonnes mœurs que, quoique très-jeune encore, il fut élu conseiller de sa ville natale. Or, un jour

SAINT MAXIME OU MÊME, ABBÉ DE LIMOURS.

un homme très-distingué, du nom de Béraldus, alla trouver le père de Maxime et lui dit : « J'ai appris que vous avez un fils qui est très-beau, je voudrais bien le voir ». Il y a de cela 1200 ans : dans ce temps-là, comme longtemps avant et après saint Maxime, quand un jeune homme ou une jeune personne devait se marier, le choix était fait par les parents. Cette coutume a un bon côté, en ce que généralement le choix des parents est beaucoup plus calme et plus impartial que celui des jeunes amants ; tandis que ceux-ci, oubliant qu'il s'agit de s'unir pour la vie, quelquefois pour une très-longue vie, ne sont mus trop souvent dans un choix si important que par une passion éphémère, dont la flamme et l'entraînement ne durent d'ordinaire que peu de jours. Béraldus, après avoir vu Maxime, dit à son père : Votre fils est vraiment un très-beau et très-aimable jeune homme. Si vous le voulez, je lui donnerai ma fille Hébrilde en mariage, avec une riche dot. Là-dessus la mère de Maxime reprit : J'espère que notre fils ne se mariera pas. Alors le père de Maxime donna à sa femme un soufflet en s'écriant : Cela n'est pas vrai ! — Maxime, en voyant que son père voulait le forcer à se marier, eut une grande peur, et pendant la nuit il se réfugia auprès de l'évêque qui l'avait élevé. Celui-ci l'accueillit avec bonté, et lui promit aide et protection.

Mais Maxime ne se crut pas assez en sûreté. De grand matin, il alla trouver un ami chrétien, et lui demanda conseil, en lui déclarant qu'il préférerait au joug du mariage et aux servitudes du monde la solitude et la compagnie des animaux sauvages. Son ami se décida aussitôt à partager avec lui ce genre de vie, et ils s'enfuirent sans délai dans un désert où se trouvaient déjà d'autres solitaires. Maxime se bâtit une cellule pour y consacrer sa vie à Dieu ; l'autre retourna chez lui. Maxime passa sa vie dans les jeûnes, les prières et les veilles ; il chantait fréquemment des psaumes et des cantiques. Alors le démon, voyant qu'il n'en pouvait pas venir à bout avec Maxime, se tourna vers son père, et voici comment il s'y prit. Une nuit il lui apparut sous la forme d'un ange et lui dit : Écoutez sans crainte ce que je vais vous dire : Votre fils Maxime est près de la rivière de l'Olt, en un lieu appelé Roches-Creuses, au désert. Levez-vous dès la pointe du jour et allez le chercher.

Le père monta donc à cheval de grand matin et se mit en route avec ses chasseurs, comme s'il se fût agi d'aller chasser l'ours. Ils trouvèrent en effet Maxime au lieu indiqué ; ils lui lièrent les pieds et les mains et l'emmenèrent prisonnier comme un malfaiteur. Arrivés à la maison paternelle, ils le jetèrent dans un cachot improvisé, et l'y tinrent enfermé, « pour lui apprendre », disait le père, « à s'apprivoiser ».

Cependant Béraldus, qui n'avait pas encore renoncé à l'espoir de devenir le beau-père de Maxime, et qui y tenait beaucoup, se réjouissait fort, et pour faire éclater sa joie, il donna un grand festin. Maxime fut tiré de sa prison, vêtu magnifiquement et amené dans la salle du festin. Là son père lui dit : Prends l'anneau des fiançailles des mains de Béraldus, et mets-le à la main de sa fille, comme un gage de votre future union. Maxime s'y refusa. Alors son père s'écria en colère : Vite, dépêche-toi ! — Maxime fut inébranlable. Son père le frappa avec un bâton. Maxime prit enfin l'anneau et le mit au doigt d'Hébrilde, en disant : Je me donne à vous, et je vous accepte comme ma fiancée en Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Huit jours après, Béraldus convoqua ses parents et ses amis à la noce. Maxime était plongé dans la tristesse ; il rencontra un pieux pèlerin, auquel il demanda conseil, en lui disant qu'on voulait le forcer au mariage, tandis

qu'il eût préféré consacrer sa vie au Seigneur, dans la solitude. Le pèlerin l'engagea à venir avec lui : aussitôt Maxime quitta son père, sa mère, ses biens et sa fiancée, et partit pour consacrer toute son existence à Dieu, seul objet de son amour.

Les deux voyageurs se dirigèrent vers Limoges pour implorer la protection de saint Martial. La nuit même de ce jour, Maxime eut en son sommeil une vision. Un ange lui apparut, et lui dit d'aller à Vienne où il apprendrait ce qu'il aurait à faire. Les deux pèlerins se remirent donc en route. Chemin faisant, ils rencontrèrent un religieux de la juridiction de l'évêque Paschase ; ce moine, voyant leur extérieur modeste et pieux, les interrogea avec bonté et promit qu'il ferait part de leurs intentions au prélat. Le lendemain Paschase les fit appeler : « D'où êtes-vous, mes frères », leur demanda-t-il, « où voulez-vous aller, que cherchez-vous ? » Maxime lui dit qu'il était né aux environs de Caturcum (Cahors), et lui raconta pour quelle cause il avait abandonné sa patrie et sa famille, dans l'espoir de trouver une retraite où il pût servir Dieu dans la paix. L'évêque lui dit alors de se rendre au monastère avec ses religieux ; mais aussitôt Maxime, par affection pour son compagnon de voyage, lui répondit : « Que ferai-je de mon frère Magnence ? — Puisqu'il en est ainsi », repartit l'évêque, « allez en paix, je ne vous connais pas ».

Après ce refus, ils sortirent de la ville et Maxime eut une seconde vision ; l'ange lui dit : « Maxime, levez-vous et allez au monastère de Saint-Jean de Limours, où l'abbé Sabas commande, sous la juridiction du roi Clotaire, et là, accomplissez ce que le Seigneur vous ordonne ». Il alla donc trouver l'abbé et lui donna sur sa vie les détails que nous connaissons. Sabas l'envoya alors travailler avec ses religieux ainsi que Magnence, et leur donna le lendemain la tonsure monacale en présence de la communauté. Le jour suivant, pendant que Maxime était au travail avec les autres religieux, une laie, prête à mettre bas, sortit d'un épais fourré et, venant aux pieds du Saint, les lui lécha avec respect. Celui-ci lui donna une partie du pain qu'il avait près de lui, et dit à cette bête : « Puisque tu manges notre nourriture, va porter ton fruit au monastère », et le jour suivant la laie vint retrouver le serviteur de Dieu accompagnée de sept petits ; l'abbé en confia la garde à un frère.

L'évêque Paschase, ayant entendu raconter ce fait prodigieux, vint au monastère et demanda le religieux qui avait opéré ce miracle ; on lui présenta Maxime qu'il ordonna prêtre peu de temps après ; les religieux en conçurent une grande joie et lui confièrent aussitôt une part dans l'administration du monastère. Bientôt, l'abbé étant mort, Maxime fut élu en sa place.

L'intendant de Clotaire, Eldebode, l'ayant appris, le manda près de lui pour l'interroger. « Mon frère », dit le Saint à l'envoyé, « allez dire à votre maître qu'il vienne ici, qu'il reçoive notre bénédiction, et nous répondrons à ses demandes ; car il ne nous convient pas de sortir de notre monastère. L'intendant irrité envoya un second messager, mais en vain. Enfin il arriva lui-même et accabla l'abbé de reproches violents et injustes ; il le menaça de mort, et déjà il s'apprêtait à le frapper avec un bâton, lorsque sa main fut aussitôt paralysée et ses yeux frappés d'aveuglement. Honteux et n'osant prier Maxime lui-même de le guérir, il alla, avec son conseiller Elduin, supplier Magnence d'intercéder pour lui. Le serviteur de Dieu ne voulut point l'entendre.

Eldebode retourna chez lui plein de fureur contre Maxime et Magnence ; mais il ne put si tôt réaliser ses menaces, ni cacher sa confusion, suite de son

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châtiment. Les gens de sa maison vinrent insulter les moines et leur reprocher le malheur de leur maître, leur assurant qu'ils en tireraient une vengeance éclatante. On engagea alors Maxime à se mettre en sûreté; mais il répondit qu'il irait sur la place publique faire connaître à ces furieux les ordres de Dieu. Quand il parut, tous lui demandèrent pourquoi il avait ainsi traité leur maître; Maxime répondit qu'il avait été frappé d'aveuglement parce qu'il persécutait les serviteurs de Dieu. Aussitôt l'un des plus proches s'avance pour le saisir, disant: « Cherche maintenant où est celui qui t'enlèvera de mes mains. — Celui-là est ici présent », dit Maxime, « qui peut m'arracher de tes mains ». Et comme le scélérat tirait son glaive pour en frapper le saint abbé, le glaive s'échappe de ses mains et une force invincible le renverse; une nuée lumineuse descend des cieux sur Maxime, et tous ceux qui le menacent de mort deviennent aveugles. Le Saint leur prêche alors la pénitence et leur donne des avis salutaires, et priant pour eux, il obtient leur guérison; tous recouvrèrent la vue, excepté celui qui avait voulu attenter à sa vie. Mais le démon, jaloux de cette victoire, inspire à l'un d'eux de lui donner un coup de lance, et Maxime, frappé au côté, s'affaisse sur lui-même en disant: « Gontran, vous avez mal fait, pourquoi me percer de votre lance ? » Le corps de Gontran fut à l'instant même tout couvert de blessures, et il mourut trois jours après rongé par les vers.

Les religieux, après avoir relevé saint Maxime, le portèrent en pleurant au monastère. L'ange du Seigneur lui apparut et lui dit que le lendemain, saint Michel, accompagné d'une multitude d'esprits bienheureux, viendrait le chercher pour le conduire au ciel et lui donner la récompense due à ses bonnes œuvres et à son martyre. Ceux qui assistaient le malade entendirent les paroles de l'archange qui prédit encore que Magnence serait abbé après le saint moribond. Le jour suivant, Maxime appela ses religieux et fit mettre du vin dans une coupe, puis il le bénit et, rendant grâces à Dieu, il en but et le donna à boire à tous ses religieux en signe de charité; il demanda humblement pardon à ceux qu'il avait offensés, et leur fit ses adieux en les embrassant. L'évêque de la province d'Auvergne, Augustin, et l'archevêque de Vienne, Paschase, étaient présents au trépas du bienheureux. Parmi ceux qui entouraient le lit de mort, cinq malades furent guéris miraculeusement. Le saint abbé, ayant entendu les chants des anges qui venaient pour l'introduire au ciel, dit aux assistants: « Je vous prie, mes pères et mes frères, de me recevoir en votre charité et de m'accompagner du secours de vos prières ». Puis, ayant fait le signe de la croix, il s'endormit dans le Seigneur, le 27 janvier de l'an 625.

C1. Acta Sanctorum, 2 janvier.

Key Events

  • Éducation auprès de l'évêque Didier de Cahors
  • Refus du mariage forcé avec Hébrilde
  • Fuite au désert avec son ami Magnence
  • Entrée au monastère de Saint-Jean de Limours
  • Élection comme abbé après la mort de Sabas
  • Conflit avec l'intendant Eldebode
  • Blessure mortelle par un coup de lance de Gontran

Miracles

  • Apprivoisement d'une laie sauvage et de ses sept petits
  • Paralysie et aveuglement de l'intendant Eldebode
  • Guérison miraculeuse d'aveugles par la prière
  • Guérison de cinq malades à son lit de mort

Quotes

Je me donne à vous, et je vous accepte comme ma fiancée en Notre-Seigneur Jésus-Christ.

— Paroles de Maxime lors des fiançailles forcées

Gontran, vous avez mal fait, pourquoi me percer de votre lance ?

— Dernières paroles adressées à son meurtrier