Sainte Savine (Sabine) de Troyes

Vierge

Feast : January 29th 4th century • sainte

Summary

Sœur de saint Savinien, Savine quitte sa famille païenne pour chercher son frère après une vision angélique. Baptisée à Rome par le pape Eusèbe, elle mène une vie de piété et de miracles avant de rejoindre Troyes. Elle y meurt d'épuisement et de ferveur en apprenant le martyre de son frère, à l'endroit même où s'élève aujourd'hui la commune de Sainte-Savine.

Biography

SAINTE-SABINE OU SAVINE, DE TROYES, VIERGE (313).

Sainte Savine était sœur de saint Savinien, mais Savin leur père l'avait eue d'une seconde épouse. Comme elle pleurait l'absence de son frère, un ange vint l'avertir en songe, bien qu'elle fût encore païenne, que si elle voulait chercher son frère, elle le trouverait jouissant des plus grands honneurs. Alors prenant avec elle Maximiniole, sa sœur de lait, et, quittant les idoles, son père et la maison paternelle, elle entreprit un voyage bien long à la vérité, mais que le ciel avait ordonné. Elle vint d'abord à Rome, fut recueillie par une femme pieuse nommée Justine, qui l'instruisit dans la religion chrétienne et la présenta au pape saint Eusèbe (346) pour être baptisée. En même temps elle voua sa virginité au Christ. Elle demeura environ cinq ans dans la ville éternelle : elle y guérit deux malades perclus des jambes. Un second avertissement du ciel lui fit entreprendre le voyage de Troyes pour voir son frère. En passant à Ravenne, ayant reçu l'hospitalité chez un citoyen noble de cette ville, elle guérit sa fille qui était à l'extrémité, et donna cette vierge à Jésus-Christ.

Enfin, elle arriva à la distance d'un mille de la ville de Troyes, et, fatiguée de son long voyage, elle se reposa ; ayant vu passer un homme du pays, nommé Lucérius, elle lui demanda où elle pourrait trouver Savinien, son frère, absent depuis si longtemps. Cet homme lui apprend qu'il a souffert le martyre dans la persécution d'Aurélien, puis il lui indique du doigt l'endroit de sa sépulture. Sainte Savine se rendit en ce lieu, et là, épuisée par la fatigue de la route et désireuse d'aller rejoindre son frère bien-aimé dans le sein de Dieu, elle se mit à prier et rendit son âme à Dieu au milieu des ardeurs de son oraison, âgée de quarante-huit ans, le 29 janvier. Lucérius étant revenu sur ses pas, la trouva sans vie ; il convoqua le clergé et la fit ensevelir dans un faubourg de la ville, situé à l'ouest. Peu d'années après, Maximiniole fut ensevelie à côté d'elle.

Une croix de fer placée sur le bord de la route de Sens indique, d'après la tradition, l'endroit précis où expira Savine. On l'appelle la Croix-la-Motte.

Le culte de sainte Savine s'accrut chaque jour dans de nouvelles proportions. Vers le milieu du VIIe siècle, Ragnégisile, dix-septième évêque de Troyes, fit bâtir une église en son honneur, au faubourg occidental de la ville, sur un terrain qui lui appartenait. Cette église n'existe plus ; celle qu'on admire aujourd'hui appartient à la dernière époque des constructions ogivales. Il voulut même reposer après sa mort à l'ombre de la protection de Savine, et l'on y voit encore son tombeau auprès du pilier de la chaire. Saint Frobert, fondateur de Montier-la-Celle, obtint pour ce monastère le corps de la vierge, et l'église, bâtie par Ragnégisile, fut privée de sa patronne, jusqu'à ce que, en 1655 et 1657, les religieux de Montier-la-Celle et les Chartreux du faubourg Croncels donnèrent une partie de ses reliques à l'église paroissiale de Sainte-Savine, qui en célèbre encore la translation le 29 août de chaque année.

L'église de Troyes fait l'office de sainte Savine le 28 janvier, mais le martyrologe romain en fait mention le jour suivant.

La piété des fidèles a multiplié, dans l'église paroissiale de Sainte-Savine, à Troyes, les images de la sainte patronne. Tantôt, sur un médaillon, autrefois ornement de clef de voûte, aujourd'hui fixé à la muraille du côté droit de l'autel de la Sainte-Vierge, on voit la Sainte debout au milieu d'une gloire, et tenant l'enfant Jésus sur ses bras ; tantôt, sur un autre médaillon placé à gauche du même autel, on la voit en voyage, cherchant son frère Savinien. Elle tient de la main droite un long bâton de pèlerin, et de l'autre un livre fermé, probablement l'Évangile. Sa tête est recouverte d'une espèce de capuchon, dont le bord inférieur descend sur les épaules, par-dessus le manteau. Maximiniole est près d'elle et semble la suivre ; mais elle est d'une plus petite taille et porte un tablier pour marquer la différence des conditions. Maximiniole porte aussi un long bâton de voyage et sa main gauche est appuyée sur une large escarcelle suspendue à sa ceinture.

L'église cathédrale aussi a voulu conserver aux générations à venir la mémoire de la sœur de saint Savinien, et dans la troisième fenêtre, près du chœur, on peut voir sainte Savine, le bâton dans une main, l'Évangile dans l'autre. Son manteau est rouge, et elle porte sur sa robe blanche une tunique flottante, couleur orange.

Dans la troisième chapelle qui se trouve au nord de l'église Sainte-Savine, un vitrail raconte la conversion de Sabinus, père de la Sainte. D'après la légende, le païen, privé de ses deux enfants par le Dieu des chrétiens, lui aurait adressé cette prière :

« Si c'est vous, Dieu tout-puissant, qui régnez au ciel et sur la terre ; s'il n'y a point d'autre Dieu que vous ; si vous avez seul la puissance de nous sauver, détruisez ces idoles que mes mains ont fabriquées, que jusqu'ici j'ai adorées, et qui n'ont pu me sauver, ni moi ni mes enfants ».

Tout à coup, un bruit semblable à celui du tonnerre se fait entendre du ciel, et les idoles sont réduites en poussière. Sabinus revint alors de son erreur, et plusieurs témoins de ce prodige furent détrompés et crurent au vrai Dieu.

Tiré d'un ancien Propre de Troyes, imprimé en 1649 et de l'Hagiologie de M. Defer.

VIES DES SAINTS. — TOME II.

Key Events

  • Avertissement d'un ange en songe pour chercher son frère
  • Voyage de la maison paternelle vers Rome
  • Baptême à Rome par le pape saint Eusèbe
  • Séjour de cinq ans à Rome et guérisons miraculeuses
  • Voyage vers Troyes en passant par Ravenne
  • Apprend le martyre de son frère Savinien par Lucérius
  • Mort en oraison à l'âge de quarante-huit ans

Miracles

  • Guérison de deux perclus des jambes à Rome
  • Guérison d'une jeune fille mourante à Ravenne
  • Destruction miraculeuse des idoles de son père Sabinus par le tonnerre

Quotes

Si c'est vous, Dieu tout-puissant, qui régnez au ciel et sur la terre... détruisez ces idoles que mes mains ont fabriquées

— Prière de Sabinus citée dans la légende