Saint Rioc
Ermite en Bretagne
Summary
Fils du roi d'Eloro, Rioc se retire du monde après sa conversion pour vivre quarante et un ans en ermite sur un rocher isolé en Cornouaille. Couvert d'une mousse miraculeuse en guise de vêtement, il finit ses jours au monastère de Landevenec sous la direction de saint Guénolé. La tradition lui attribue également la victoire sur un dragon, symbole de la lutte contre le druidisme.
Biography
SAINT RIOC, ERMITE EN BRETAGNE (VIe siècle).
Il était fils du roi d'Eloro, qui demeurait dans le pays de Léon, au lieu appelé maintenant Trzon-Eloro. En reconnaissance d'un service reçu, le roi permit à saint Dorien et à saint Noventer d'instruire dans la religion chrétienne les membres de sa famille qui y consentiraient. La reine et son fils Rioc furent de ce nombre. Mais Eloro, loin de leur bâtir une église, comme il l'avait promis, les persécuta, et ils se retirèrent au château de Joyeuse-Garde. Sa mère y passa le reste de ses jours, mourut fort pieusement et fut ensevelie par son fils. Il était alors âgé d'environ seize ans. Ayant vendu tout ce dont il pouvait disposer, il en donna l'argent aux pauvres. Il choisit pour sa retraite un rocher dans la mer, à la côte de Cornouaille, vers l'embouchure de la baie de Brest, au rivage de la paroisse de Kamlet, lieu entièrement désert et écarté, ceint de la mer de toute part, hormis aux marées basses.
Il entra en cette solitude environ l'an 552, et y demeura quarante et un ans, tout le temps que Conan Mérisdec conquit et subjugua l'Armorique, jusqu'au règne du roi Gralion, qui donna le gouvernement du comté de Léon à Fragon. Celui-ci étant venu résider en son gouvernement, amena avec lui son fils Guénolé, abbé de Landevenec. Ayant oui parler de l'ermite Rioc, l'abbé l'alla visiter dans sa grotte, et, l'ayant salué, il apprit de lui qu'il y avait quarante et un ans qu'il faisait pénitence en ce lieu, vivant d'herbes et de petits poissons qu'il prenait sur le sable, au pied de son rocher ; son origine et son extraction, et toutes les autres particularités de sa vie ; que, quand il était monté sur ce rocher, il était vêtu d'une simple soutane, et que ce vêtement s'étant usé à force de temps, Dieu lui avait couvert le corps d'une certaine mousse roussâtre qui le garantissait de l'injure du temps.
Saint Guénolé, ayant oui le récit de ces merveilles, fut étonné et en rendit grâce à Dieu ; et voyant saint Rioc vieux et cassé d'austérités et de macérations, il le pria de venir avec lui en son monastère de Landevenec, à quoi l'ermite consentit. Saint Guénolé lui donna l'habit des moines de son monastère. Il vécut encore quelques années ; après sa mort, il se fit de nombreux miracles à son tombeau, et saint Budoc, troisième archevêque de Dol, en ayant été dûment informé, le déclara Saint, environ l'an 630. Comme un grand nombre d'autres saints bretons, saint Rioc est censé avoir tué un dragon : image des efforts qu'a dû faire le christianisme pour déblayer le sol de la Bretagne de toutes les superstitions druidiques.
Tire d'Albert le Grand et de M. de Garaby.
Key Events
- Conversion au christianisme par saint Dorien et saint Noventer
- Retraite au château de Joyeuse-Garde avec sa mère
- Vente de ses biens pour les pauvres à l'âge de seize ans
- Entrée en solitude sur un rocher en Cornouaille en 552
- Vie érémitique de quarante et un ans
- Rencontre avec saint Guénolé et entrée au monastère de Landevenec
- Canonisation par saint Budoc vers 630
Miracles
- Couverture du corps par une mousse roussâtre miraculeuse pour remplacer ses vêtements usés
- Victoire sur un dragon
- Nombreux miracles posthumes à son tombeau