Saint Gébuin (Jubin)

Archevêque de Lyon

11th century • saint

Summary

Fils du comte de Dijon et archidiacre de Langres, Gébuin fut élu archevêque de Lyon en 1077 lors du concile d'Autun. Reconnu pour sa piété et son zèle, il obtint du pape Grégoire VII la primatie pour son siège et installa les chanoines de Saint-Ruf. Mort en 1082, son corps resta intact malgré les profanations calvinistes de 1562.

Biography

SAINT GÉBUIN, VULGAIREMENT APPELÉ SAINT JUBIN,

## ARCHEVÊQUE DE LYON (1082).

Ce saint Pontife, fils de Hugues III, comte de Dijon, naquit dans le XIe siècle. Il se consacra, dès sa jeunesse, au service de Dieu, en embrassant l'état ecclésiastique. Devenu grand archidiacre de Langres, il montra, dans cet important emploi, un zèle et une capacité qui le rendirent cher à son premier pasteur. Hugues, archevêque de Lyon, ayant été accusé de simonie et n'ayant pu se justifier, fut obligé d'abdiquer en 1076 et prit l'habit religieux au monastère de Saint-Claude. Le siège de Lyon se trouvant ainsi vacant, l'évêque de Die, qui était légat apostolique, convoqua en 1077 un concile à Autun, afin de pourvoir au remplacement de Hugues. L'évêque de Langres, Raynard de Bar, qui devait assister à cette assemblée, y mena avec lui son archidiacre. Le mérite et la vertu de Jubin firent sans doute une grande impression sur l'esprit des Pères du concile, car, cinq jours après l'ouverture, ils le choisirent pour remplir le siège de Lyon, suivant le désir des clercs de cette église, qui se trouvaient présents. Lui seul s'opposa à son élection et se réfugia près de l'autel, comme dans un lieu d'asile ; mais il fut gardé à vue. Il lui fallut enfin obéir ; et, dès le lendemain, qui était le 17 septembre, il reçut du légat la congrégation épiscopale, à la satisfaction de tout le monde, et au milieu des démonstrations de la joie publique. Les membres du clergé de Langres, qui assistaient au concile, ne purent s'empêcher de manifester leur douleur, au sujet de la perte que faisait ce diocèse ; et l'évêque, encore plus affligé qu'eux, dit en pleurant qu'on lui arrachait l'œil droit, en lui ôtant son archidiacre, qu'il lui était très-nécessaire, tant pour les affaires ecclésiastiques que pour les séculières, que c'était son conseiller et la consolation de son peuple : éloge flatteur et qui prouve combien le nouveau prélat était digne d'estime !

Jubin, placé à la tête d'une illustre église, regarda comme un de ses devoirs d'en conserver les privilèges. Il s'adressa donc à saint Grégoire VII, qui occupait alors le Saint-Siège, et lui demanda la confirmation de son droit de primatie. Le Pape le lui accorda sur les provinces de Sens, de Tours et de Rouen. Ce fut peut-être à Rome même qu'il obtint cette faveur ; car il fit un voyage

dans cette capitale du monde chrétien avec plusieurs chanoines de son église qui avaient été excommuniés, pour avoir quitté la vie commune, et partagé entre eux les biens qui appartenaient à leur chapitre. Jubin reçut en 1079 cette bulle confirmative. Son épiscopat n'eut pas une longue durée ; il eut cependant le temps d'appeler et d'établir à Lyon, dans un lieu nommé alors Sainte-Marie-aux-Bois et depuis la Platière, les chanoines réguliers de Saint-Ruf, qui, jusqu'à l'époque de leur destruction, ont conservé cette église devenue depuis prieuré. Bientôt après, il fut atteint d'une infirmité grave, qu'il supporta avec une patience invincible, et qui finit par causer sa mort. Suivant l'opinion la plus probable, il termina sa carrière en l'année 1082, laissant après lui à son peuple une haute idée de sa piété et de sa charité pour les pauvres. Son corps fut inhumé dans l'église de Saint-Irénée, à Lyon, et l'on éleva sur son sépulcre un autel qui lui fut dédié. Le diocèse qu'il gouverna l'honore d'un culte public ; et jusqu'à la Révolution, son tombeau était constamment visité par un grand nombre de fidèles, qui réclamaient son secours dans leurs infirmités, et surtout dans la triste maladie de la pierre à laquelle saint Jubin avait été sujet.

Les Calvinistes s'étant emparés de Lyon, en 1562, mirent un soin extrême à détruire tous les monuments du catholicisme, et l'église de Saint-Irénée ne fut pas épargnée. Ils y brisèrent plusieurs tombeaux et profanèrent les reliques des saints martyrs qui y étaient conservées. Mais ils ne touchèrent pas au tombeau de saint Jubin, parce qu'il se trouvait placé au fond d'une chapelle très-étroite et engagé tellement dans le mur qu'il aurait fallu démolir une partie de celui-ci pour pouvoir l'ouvrir. Le corps du Saint fut donc laissé intact ; et il est resté tel jusqu'en 1824, époque à laquelle des travaux assez importants pour l'agrandissement de l'église ayant été projetés, M. Durand, curé de la paroisse, obtint de l'autorité ecclésiastique la permission de transférer ailleurs ces précieuses reliques. Le 24 octobre de la même année, le tombeau fut ouvert en présence d'un vicaire général de Lyon. Le ciment qui liait les pierres était entier : on y trouva tous les ossements et même des morceaux d'une étoffe noire qui sans doute avait servi à envelopper les restes du serviteur de Dieu. Un os d'un bras fut mis à part pour la communauté de refuge de Saint-Michel de Lyon, et un autre d'une jambe pour l'église métropolitaine. On trouva, parmi la poussière, au fond du monument, la croix pectorale et l'anneau du saint Pontife. Ses reliques, ayant été placées dans une châsse, furent, le 9 mai 1826, portées en procession avec beaucoup de solennité à l'église de Saint-Jean de Lyon, puis rapportées à celle de Saint-Irénée, et replacées dans l'ancien tombeau qui est aujourd'hui entièrement revêtu de marbre blanc. Depuis cette époque, plusieurs guérisons miraculeuses ont été obtenues par l'intercession de saint Jubin. Il est le patron du chapitre de Langres.

Tiré du Gallia christiana nova, t. IV ; du Bréviaire de Lyon, édition de 1769 et de 1865 ; de l'ouvrage qui a pour titre : le Clergé de France, par M. l'abbé Hugues Butkens, t. IV, et de la notice sur saint Jubin, par M. Durand, curé de Saint-Irénée à Lyon, publiée dans cette ville en 1827, 1 vol. in-12.

Key Events

  • Grand archidiacre de Langres
  • Élection au siège de Lyon lors du concile d'Autun (1077)
  • Consécration épiscopale le 17 septembre 1077
  • Obtention du droit de primatie auprès de Grégoire VII (1079)
  • Établissement des chanoines réguliers de Saint-Ruf à Lyon
  • Mort des suites d'une grave infirmité (maladie de la pierre)

Miracles

  • Préservation intacte du tombeau et du corps lors du sac de Lyon par les Calvinistes en 1562
  • Guérisons miraculeuses obtenues par son intercession après 1826

Quotes

On lui arrachait l'œil droit, en lui ôtant son archidiacre.

— Raynard de Bar, évêque de Langres

Death

1082 (naturelle)

Invoked for

maladie de la pierre, infirmités

Other name forms

  • Jubin (fr)
  • Gebuinus (la)

Derived names

Gébuin, Jubin

Family

  • Hugues III, comte de Dijon (père)