Saint Siméon de Trèves

Reclus à Trèves

Feast : June 1st 11th century • saint

Summary

Moine originaire de Syracuse formé à Constantinople et au Mont-Sinaï, Siméon voyagea à travers l'Europe pour recueillir des aumônes. Après de nombreuses péripéties, il finit ses jours comme reclus dans une tour de la porte Noire à Trèves. Malgré les calomnies initiales du peuple, il mourut en odeur de sainteté en 1035.

Biography

SAINT SIMÉON, RECLUS À TRÈVES (1035).

Né à Syracuse, il fit ses études à Constantinople, visita en pèlerin les lieux sanctifiés par les traces du Sauveur et se fixa chez des moines qui habitaient au pied du Mont-Sinaï. Richard II, duc de Normandie, faisait tous les ans de grosses aumônes à ce monastère. Les moines qui étaient allés en France les recevoir, étant morts en chemin, Siméon fut chargé par ses supérieurs de faire ce voyage. Il s'embarqua ; mais le vaisseau sur lequel il était embarqué fut pris par des pirates, qui mirent à mort les matelots et les passagers. Siméon s'échappa à la nage, et se rendit à Antioche, où il se joignit à l'abbé Richard, de Verdun, qui revenait du pèlerinage de Jérusalem. Il continua sa route avec lui jusqu'à Belgrade, où le seigneur de la ville l'arrêta prisonnier et ne voulut pas qu'il suivît les pèlerins français.

Richard arriva heureusement à Verdun. Pour Siméon, quand il eut été mis en liberté, il se rendit à Rome, d'où il passa en France avec un saint moine, nommé Cosme, qu'il avait amené d'Antioche. Étant arrivés en Aquitaine, ils furent bien reçus par le duc Guillaume ; et comme les esprits étaient alors fort échauffés sur la question de l'apostolat de saint Martial, on ne manqua pas de les interroger là-dessus. Ils rendirent témoignage que l'Église d'Orient mettait ce saint évêque au nombre des soixante-douze disciples de Jésus-Christ. Le moine Cosme mourut en Aquitaine : ainsi Siméon prit seul la route de Normandie, où il arriva l'an 1027. Il trouva que le duc Richard, dont il venait de si loin recueillir les aumônes, était mort l'année précédente. Il les demanda au successeur, mais on ne l'écouta point. Il fit quelque séjour à Rouen ; et il engagea le comte Josselin et Emmeline, sa femme, à bâtir un monastère, en l'honneur de la sainte Trinité, sur la montagne proche de Rouen, qui porte aujourd'hui le nom de Sainte-Catherine, à cause des reliques de cette Sainte, que Siméon y donna, et qu'il avait apportées du Mont-Sinaï.

Siméon, n'ayant pu obtenir d'aumônes du duc de Normandie, et ne voulant pas retourner les mains vides à son lointain monastère, prit le parti d'aller trouver l'abbé Richard, de Verdun. Il passa ensuite à Trèves, où Popon, qui en était archevêque, fut si charmé de sa vertu, qu'ayant eu la dévotion d'aller à la Terre-Sainte, il voulut qu'il l'accompagnât. Siméon, étant revenu de ce pèlerinage à Trèves, souhaita d'y vivre reclus. L'archevêque, à la tête du clergé et en présence du peuple, fit la cérémonie de la réclusion le jour de saint André, l'an 1028, c'est-à-dire qu'il l'enferma dans une tour proche de la porte de la ville, nommée alors la porte Noire, en murant la porte, ou du moins, en y apposant son sceau. Le saint homme y vécut comme dans un tombeau ; mais le genre de vie qu'il menait, paraissant au-dessus des forces humaines, étonna plus la populace qu'il ne l'édifia. Elle s'imagina que ce moine étranger était un magicien, qui se privait de la compagnie des hommes pour avoir commerce avec les démons ; et l'on s'en prit au saint reclus de toutes les calamités qui arrivaient à la ville. Une inondation ayant fait de grands ravages à Trèves, sur ces entrefaites, on crut que Siméon l'avait procurée par ses prestiges, et le peuple s'ameuta contre lui pour le lapider ; cependant il ne put forcer la tour du saint reclus, et toute sa fureur aboutit à en casser les fenêtres à coups de pierres. Le Seigneur achevait de purifier son serviteur par ces épreuves. Le peuple, qui passe aisément d'une extrémité à l'autre, montra autant de vénération pour le saint homme qu'il avait fait paraître de prévention contre lui.

Siméon mourut saintement le premier jour de juin, l'an 1035. L'abbé Eberwin, qui a écrit sa vie, l'assista dans sa dernière maladie et lui fit la recommandation de l'âme. Dès que le bruit de sa mort se fut répandu, la malignité et la médisance se turent, et l'on s'empressa de témoigner d'autant plus de vénération pour sa vertu que l'on savait qu'elle avait été plus cruellement calomniée. Le clergé de Trèves, les moines, le peuple et même les religieuses, se rendirent à sa cellule pour honorer ses funérailles ; et toute la ville ne retentit plus que des éloges du saint homme, que la calomnie avait rendu, quelque temps auparavant, un objet d'exécution. C'est ainsi que Dieu justifie ses Saints. Popon, archevêque de Trèves, écrivit aussitôt au Pape Benoît II pour lui demander la canonisation de Siméon. Elle fut prononcée l'an 1042, et promulguée à Trèves, avec beaucoup de solennité, le 27 novembre. Cependant l'Église honore la mémoire de saint Siméon le jour de sa mort.

C'est la seconde canonisation suivant les règles actuelles, si l'on admet que celle de saint Udalric, évêque d'Augsbourg, faite quarante-sept ans auparavant, a été la première.

Il existe à Deville, canton de Maromme, diocèse de Rouen, une eau merveilleuse connue sous le nom de fontaine Saint-Siméon, qui est l'occasion d'un pèlerinage très-fréquenté ; on suppose que ce nom lui vient du célèbre solitaire du XIe siècle.

AA. SS.; Balliet; Seine-Inférieure, par l'abbé Cochet ; Rohrbacher.

Key Events

  • Études à Constantinople
  • Vie monastique au Mont-Sinaï
  • Capture par des pirates lors d'un voyage vers la France
  • Arrivée en Normandie en 1027
  • Fondation du monastère de la Sainte-Trinité à Rouen
  • Réclusion dans une tour à Trèves le jour de la Saint-André 1028
  • Accusations de magie et lapidation par la foule lors d'une inondation
  • Canonisation par le Pape Benoît II en 1042

Miracles

  • Eau merveilleuse de la fontaine Saint-Siméon à Deville