Saint Clair d'Aquitaine
Apôtre et Martyr
Summary
Saint Clair, considéré comme l'un des premiers apôtres de l'Aquitaine et premier évêque d'Albi, aurait été envoyé de Rome aux temps apostoliques. Après avoir évangélisé plusieurs diocèses du sud-ouest de la France, il subit le martyre à Lectoure près d'un temple de Diane. Ses reliques furent plus tard transférées à Bordeaux par Charlemagne.
Biography
LES APÔTRES DE L'AQUITAINE
Bien des ténèbres ont été amassées sur les origines des Églises des Gaules et par les siècles et par la critique. En attendant l'apparition d'un ouvrage destiné à les dissiper, du moins en partie, ouvrage qui serait accueilli avec faveur par le public, nous allons fournir sur les apôtres de l'Aquitaine les quelques données dont nous sommes en possession.
Le véritable et premier Apôtre de toutes les Aquitaines est saint Martial. Son empire spirituel s'étend, comme on sait, du Rhône à l'Océan, et de la Loire aux Pyrénées. Bien que des traditions vénérables appuyées sur des monuments ne permettent pas de douter qu'il ait franchi ces limites, il demeure établi par les témoignages authentiques de dix-sept siècles et par la critique de nos jours qu'il mérite surtout le titre d'Apôtre de l'Aquitaine. Saint Martial est bien le disciple du Seigneur et l'envoyé immédiat de saint Pierre. C'est lui qui a défriché, le premier, le sol béni que pressent encore les pas de nos évêques et que fécondent leurs mains laborieuses. C'est par lui que notre pays a été réduit en province chrétienne entre les années 46 et 74 de notre ère.
Tout ce qui touche à ce souvenir originel, tout ce qui rappelle, établit ou confirme ce premier bienfait du Siège apostolique, est pour nos Églises
d'un intérêt capital. Les limites assignées plus haut nous permettent donc d'appeler saint Martial l'Apôtre de l'Aquitaine. Son histoire a paru en son lieu.
Il importe de consacrer quelques lignes aux Apôtres de seconde mission qui sont venus après lui et qui ont laissé une empreinte ineffaçable sur le vieux sol de la Novempopulanie.
Contemporain de saint Martial et survivant à son illustre maître, nous trouvons saint Saturnin ou Sernin qui projette sa gloire immortelle sur le berceau apostolique de l'Église de Toulouse. Son histoire détaillée et les monuments liturgiques de son apostolat viendront en leur lieu. (29 novembre.)
## I. — SAINT CLAIR, APÔTRE ET MARTYR.
« Sa mémoire est célèbre et vénérée dans toutes les Aquitaines », disent les Bollandistes. « La plupart des auteurs le placent à la fondation des églises des Gaules et en font un martyr des premiers temps ».
On a souvent donné l'Afrique pour patrie à saint Clair et à ses compagnons. Mais la leçon est mauvaise. Le manuscrit de Saint-Sever, où la science bénédictine résume tout ce qu'elle a pu recueillir et sauver des antiques traditions sur l'évangélisation de la Novempopulanie, affirme que le mot *Ampligonia*, qu'on lit avec grand'peine sur les vieux manuscrits, a été improprement rendu pour le mot *Africana*. L'auteur aime mieux suivre une antique tradition qui ferait venir saint Clair et ses compagnons *des régions de l'orient et du pays de saint Saturnin*. Ces mêmes traditions font arriver ces apôtres dès les temps évangéliques et sur la fin du IVe siècle, ce que confirmerait encore une légende de sainte Quitterie qu'on lit dans le Propre d'Agen publié au XVIIe siècle, sous Mgr Barthélemy d'Elbène, et qui fait mourir la Sainte dans la ville des Tarusates, l'an 130 de l'ère chrétienne.
Du Saussay, dans son martyrologe, fait venir saint Clair à Rome au temps où les premières lueurs de la foi illuminaient le monde. Ce serait au temps du pape Anaclet. Le même auteur fait prêcher saint Clair à Cologne. Il s'agit, selon quelques hagiographes, de la ville d'Albi, qu'ils désignent sous le nom de *Colonia Albia*. Selon d'autres, ce serait Cologne du Gers, « où la dévotion à saint Clair », nous écrit de Toulouse le très-révérend Père Carles, « est depuis longtemps très-florissante. C'est comme un pèlerinage, et beaucoup d'enfants portent en son honneur le nom de Cléry. On l'invoque pour le mal d'yeux. Son nom lui a valu cette réputation, comme il arrive si souvent dans l'histoire des Saints. Il y a encore à Cologne une petite pierre blanche, qu'on garde comme une de ses reliques, et qu'on croit lui avoir servi pour l'anneau de son doigt. On la fait toucher aux yeux des malades, et le curé m'a assuré avoir été témoin de guérisons vraiment merveilleuses ».
Les monuments liturgiques des Églises de Périgueux, de Tulle et de Sarlat font prêcher successivement saint Clair dans ces diocèses. On ne saurait affirmer avec preuves que les reliques honorées en divers lieux sous le nom de saint Clair appartiennent réellement à cet illustre Martyr des temps apostoliques. Tous les hagiographes s'accordent à faire de saint Clair le premier évêque d'Albi; le second est saint Anthime, disciple de saint Clair.
Notre saint évêque régionnaire, envoyé par le Pontife romain pour veiller en Aquitaine la foi déjà fondée par saint Martial et saint Saturnin, arrive dans la ville de Lectoure qui devait être le théâtre de sa passion glorieuse. Il prêche dans cette antique cité. À sa voix les idoles tombent en poussière, les miracles évangéliques sont renouvelés. Les satellites de Satan se ruent sur l'homme de Dieu. On le charge de chaînes, on le somme de sacrifier aux faux dieux; sur son refus le Saint est traîné à travers les ronces et les buissons. Il est jeté tout pantelant devant un autel de Diane. La ville entière se rend chaque année en procession au lieu du martyre, sur l'emplacement de l'ancien temple de Diane où coule aujourd'hui une fontaine abondante et sacrée, sur le flanc de la colline que couronne l'antique Lacora.
On peut raisonnablement supposer que la ville de Lectoure conserva religieusement et entoura des honneurs accoutumés pendant sept siècles, les reliques de son apôtre Martyr. Le grand empereur-missionnaire Charlemagne, toujours soucieux de la gloire de Dieu et de ses Saints, les aurait transportées avec plusieurs autres recueillies en divers lieux et déposées à Bordeaux en l'église Sainte-Eulalie pour les soustraire à la profanation des Sarrasins. On lisait en effet autrefois, sur les murs de l'église Sainte-Eulalie de cette ville, l'inscription suivante : « Charles le Grand a fondé cette chapelle et a fait placer derrière l'autel les corps de sept Saints qui ont souffert pour le Christ : Clair, Justin, Géronce, Sever, Polycarpe, Jean ou Jonas et Babyle ».
Il est constant, en effet, que les six martyrs mentionnés après saint Clair, et qui sont regardés comme ses compagnons, ont souffert le martyre comme lui, mais en divers endroits. *Passi sunt cum eo, sed alii aliis in locis*, dit le Propre Agenais de Mgr Barthélemy d'Elbène, déjà cité.
Quant à la prétention du Père Papebrock de confondre saint Clair d'Albi et de Lectoure avec saint Clair de Nantes, elle ne saurait tenir en présence des monuments traditionnels et liturgiques de l'Église de Nantes. Tandis que Lectoure montre encore le lieu traditionnel du martyre de son Apôtre, Nantes nomme le lieu où mourut saint Clair, son premier évêque confesseur, à Réguiny, paroisse du diocèse actuel de Vannes. L'histoire particulière des reliques des deux Saints achève de détruire l'affirmation du Père Papebrock.
## II. — LES COMPAGNONS DE SAINT CLAIR D'AQUITAINE,
## APÔTRES ET MARTYRS.
4. Saint SEVER. — Le manuscrit de Saint-Sever assigne aux compagnons de saint Clair la même patrie qu'à saint Clair lui-même, cette fameuse et illisible *Ampligonia* d'où l'on a fait, bien à tort, *Africana*. Il incline pour la tradition qui les fait venir d'Orient et du pays de saint Saturnin.
Pour un esprit attentif et accoutumé à débrouiller le chaos des origines chrétiennes, les traditions consignées par le moine de Saint-Sever, renferment encore toutes les indications nécessaires pour faire remonter ce Saint aux temps apostoliques. Il est contemporain de saint Clair et comme lui du pays de saint Saturnin. Il est par conséquent difficile de le reculer jusqu'au temps des Vandales sous le règne d'Honorius. *Ampligonia* étant devenu *Africana*, il fallait bien chercher dans l'histoire des compatriotes venus des mêmes régions. Les seuls faits constants dans les débris de l'
Key Events
- Venu des régions de l'Orient et du pays de saint Saturnin
- Passage à Rome sous le pape Anaclet
- Prédication à Cologne (Albi ou Cologne du Gers)
- Évangélisation des diocèses de Périgueux, Tulle et Sarlat
- Premier évêque d'Albi
- Martyre à Lectoure après avoir refusé de sacrifier à Diane
Miracles
- Guérisons merveilleuses des yeux par l'attouchement d'une pierre blanche
- Destruction des idoles par sa parole
Quotes
Sa mémoire est célèbre et vénérée dans toutes les Aquitaines
Passi sunt cum eo, sed alii aliis in locis