Saint Gal Ier
Moine à Cournon, Évêque de Clermont en Auvergne
Summary
Moine à Cournon puis évêque de Clermont au VIe siècle, Saint Gal se distingua par son humilité et son zèle apostolique, notamment à la cour du roi Thierri. Il participa à plusieurs conciles majeurs pour la discipline de l'Église et protégea sa ville des fléaux par ses prières. Il mourut vers 553 après avoir institué les Rogations vers Brioude.
Biography
SAINT GAL Ier, MOINE A COURNON,
## ÉVÊQUE DE CLERMONT EN AUVERGNE
de la ville de Clermont, de le recevoir parmi ses religieux ; ce qui lui fut accordé, lorsqu'il eut obtenu le consentement de son père. Il vit arriver avec joie le jour où il renonça à toutes les vanités mondaines pour embrasser la pauvreté monastique.
On le remarqua bientôt, entre tous les autres, à son zèle pour la mortification et à sa ferveur dans tous les exercices de la communauté. Sa piété et la douceur de sa voix dans le chant des psaumes charmaient tous ceux qui le voyaient et l'entendaient au chœur. Saint Quintien, évêque de Clermont, voulut se l'attacher et l'ordonna diacre. Il lui enseigna lui-même la théologie et fut son directeur dans la vie spirituelle.
Quelque temps après, Thierri, roi d'Austrasie, obligea Quintien à le lui céder. Il le fit venir à sa cour, et l'y retint jusqu'à l'an 527. Ayant un jour accompagné le roi à Cologne, notre Saint vit avec douleur les superstitions du peuple, et les abominations qui se commettaient dans un temple consacré aux divinités païennes. Le zèle qu'il avait pour la gloire de Dieu ne put souffrir ces impuretés, de sorte que la nuit suivante, n'étant accompagné que d'un clerc, il alla mettre le feu au temple alors désert. Les païens en voyant la fumée s'élever jusqu'au ciel, accoururent en toute hâte éteindre l'incendie. Saint Gal se réfugia dans le palais du roi ; mais les idolâtres l'y poursuivirent, se plaignirent au roi et lui demandèrent justice pour le tort qu'on leur avait fait. Le roi, ayant su ce qui s'était passé, apaisa les mécontents par des paroles pleines de douceur. Cependant saint Gal ne fut satisfait qu'à demi de ce qu'il avait fait, et il se reprocha bien des fois depuis, et toujours les larmes aux yeux, la timidité qui l'avait fait fuir devant ceux qui le poursuivaient, et qui l'avait empêché de répandre son sang pour Jésus-Christ en cette occasion. Le saint évêque d'Auvergne étant mort, le peuple lui demanda saint Gal pour pasteur, et il eut enfin la satisfaction de l'obtenir. L'humilité, la douceur, la charité et le zèle du nouvel évêque brillèrent du plus vif éclat.
On admirait surtout sa patience à supporter les injures. Un homme brutal lui ayant déchargé un coup sur la tête, il souffrit en silence l'affront qu'on lui faisait, et désarma, par sa douceur, celui qui l'avait insulté. Evode, qui de sénateur était devenu prêtre, s'oublia un jour au point de lui parler de la manière la plus indigne : le Saint se leva tranquillement sans rien lui répondre ; il traita son ennemi avec bonté, et s'en alla visiter les églises de la ville. Evode fut si touché d'une telle conduite, qu'il se jeta aux pieds du Saint, au milieu de la rue, et lui demanda pardon. Depuis ce temps-là, ils vurent toujours dans une parfaite intelligence.
Saint Gal travailla au salut de ses peuples avec beaucoup de zèle et de vigilance dans tout le cours de son épiscopat. Il se trouva, autant qu'il lui fut possible, à toutes les assemblées que tinrent les évêques du royaume pour maintenir la pureté de la foi, et rétablir la bonne discipline dans l'Église. Il s'en tint une dans sa ville en 535, que l'on appelle communément le concile d'Auvergne, où on lui donne le premier rang après le métropolitain qui était Honorat, évêque de Bourges. Ne pouvant assister au troisième d'Orléans, que l'on assembla trois ans après, il y députa en son nom, comme il avait fait au second de cette même ville l'an 532. Mais il se trouva en personne au quatrième et au cinquième tenus dans la même ville : l'un en 541 et l'autre en 549, où il eut part à tout ce qui se fit pour la réformation des mœurs dans les Églises de France.
Saint Gal fut favorisé du don des miracles. Il arrêta par ses prières les flammes d'un incendie, qui naturellement devait réduire toute la ville en
cendres. Une autre fois, il délivra, par le même moyen, son troupeau d'une maladie épidémique qui causait de grands ravages dans les provinces voisines. Ce fut à cette occasion qu'il institua des Rogations à la mi-carême, pour aller en procession à pied, en chantant des psaumes, jusqu'à Saint-Julien de Brioude.
La dernière maladie qu'il eut, fut si violente, qu'elle lui fit tomber entièrement la barbe et les cheveux ; mais elle ne servit qu'à faire éclater encore en ces derniers moments la patience qu'on avait admirée en lui dans tout le cours de sa maladie. Trois jours avant sa mort il fit assembler les fidèles dans sa chambre ; et par un effort où Dieu l'assista visiblement, il rompit encore à tous le pain de la communion. Le troisième jour, qui était un dimanche, étant venu, il voulut encore achever son office, qu'il termina par le psaume Miserere, et un autre de louanges et d'actions de grâces. Il rendit ensuite son esprit à Dieu, plein de bonnes œuvres et de mérites, vers l'an 553. Quatre jours après sa mort les évêques provinciaux firent ses funérailles, qui furent accompagnées d'une foule incroyable de peuple ; ils enterrèrent son corps dans l'église de Saint-Laurent. Il y demeura jusqu'en 1285, époque à laquelle Guy, évêque de Clermont, en fit la translation dans l'église cathédrale appelée Notre-Dame du Port.
Un grand nombre de miracles illustrèrent son tombeau ; on l'invoque principalement contre la fièvre.
On représente saint Gal : 1° avec un ange qui lui présente une aube ou une chasuble blanche comme signe de la grâce divine que sa sainte vie lui avait méritée ; 2° faisant cesser un incendie en y jetant le livre des Évangiles, peut-être pour rappeler son zèle contre les païens de Cologne dont il brûla le temple ; 3° priant Dieu pour la cessation de la peste : un ange dans le ciel remet l'épée dans le fourreau.
Tiré de Godoncard, de saint Grégoire de Tours, *Vit. Patr. c. 6, et Hist. Franc. liv. IV, c. 5*. Voir les remarques de Habilton, *suc. I, Ben.* ; la *Gallia christ. nova*, t. II, p. 287, et Sollier, un des continuateurs de Bullandus, t. I, *julii*, p. 109.
Key Events
- Entrée au monastère de Cournon
- Ordination comme diacre par Saint Quintien
- Séjour à la cour de Thierri, roi d'Austrasie (jusqu'en 527)
- Incendie d'un temple païen à Cologne
- Élection comme évêque de Clermont
- Participation au concile d'Auvergne (535) et aux conciles d'Orléans (541, 549)
- Institution des Rogations à la mi-carême vers Saint-Julien de Brioude
Miracles
- Extinction miraculeuse d'un incendie menaçant la ville
- Cessation d'une épidémie (peste) par la prière
- Guérisons de la fièvre sur son tombeau