Sainte Triaise

Vierge et Recluse

Feast : August 16th 4th century • sainte

Summary

Originaire de Troade, sainte Triaise rejoignit saint Hilaire à Poitiers au IVe siècle pour se consacrer à la vie de recluse. Elle vécut dans une austère solitude, confectionnant des hosties pour l'évêque sans jamais se laisser voir par un homme. Elle mourut à l'âge de vingt-cinq ans vers 375.

Biography

SAINTE TRIAISE, VIERGE,

### RECLUSE PRÈS DE POITIERS (vers 375).

On croit que la patrie de notre Sainte fut la Troade, petite contrée de l'Asie-Mineure. Pendant que saint Hilaire de Poitiers était exilé dans ces contrées, elle entendit parler de lui. Triaise, jeune encore, quitta alors sa famille, qui était riche et noble, et, à l'exemple de sainte Florence, elle vint à Poitiers trouver saint Hilaire, peu de temps avant la mort du grand évêque, et le pria de la consacrer à Dieu, pour qu'elle menât l'austère vie de recluse. Le Saint y consentit, après l'avoir soumise à une épreuve.

Il y avait alors, en dehors des murs de Poitiers et au midi de la ville, une église que saint Hilaire venait de construire en l'honneur des nouveaux martyrs saint Jean et saint Paul, décapités à Rome en 363, et qu'il avait enrichie de leurs reliques. Ce fut près de ce lieu vénéré, remplacé ensuite par la basilique de Saint-Hilaire, que le grand évêque fit disposer une humble demeure à Triaise : une petite cabane, un fort petit jardin, devinrent le volontaire exil de la jeune vierge. Elle s'y enferma avec joie et y vécut dans la pratique d'une rigoureuse pénitence jusqu'à sa mort. Elle avait ajouté à cette obligation volontaire le vœu formel de ne jamais se laisser apercevoir aux hommes, non plus que de chercher à en voir un seul. Cette règle ne souffrit jamais d'exception, même pour son père spirituel ; et quand saint Hilaire se transportait près d'elle pour l'entretenir des choses de Dieu, il lui parlait, sans que ni l'un ni l'autre se vissent, par l'étroite fenêtre de la cellule. Ces visites, au reste, étaient aussi fréquentes que la charité les inspirait à saint Hilaire. De son côté, Triaise était pleine de reconnaissance pour ses soins paternels, et elle s'efforçait de le lui témoigner en confectionnant à son intention les hosties du saint Sacrifice et des calices pour le Corps du Seigneur.

Sainte Triaise s'endormit dans le Seigneur le 16 août, vers l'an 375, à peine âgée de vingt-cinq ans. Son corps fut inhumé par l'évêque Pascentius, deuxième du nom, successeur immédiat de saint Hilaire. Placé d'abord avec de grands honneurs, que justifièrent d'éclatants miracles, dans l'église de Saint-Jean et de Saint-Paul, il en fut retiré peu de temps après et transféré dans une église nouvelle, bâtie sous son nom, sur le lieu même où la cellule avait été posée. Cette église, dépouillée de son titre par la Révolution de 93, et aujourd'hui abandonnée, existait comme paroisse dès le Xe siècle ; elle paraît avoir été reconstruite au Xe. C'était un bénéfice paroissial dépendant du Chapitre de Saint-Hilaire qui en conférait les pouvoirs.

L'abbé Auber : Vies des Saints de l'Église de Poitiers.

Key Events

  • Départ de la Troade pour rejoindre saint Hilaire à Poitiers
  • Consécration à Dieu comme recluse après une épreuve
  • Installation dans une cellule près de l'église Saint-Jean et Saint-Paul
  • Vœu de clôture absolue (ne jamais voir d'homme)
  • Confection d'hosties et de calices pour saint Hilaire

Miracles

  • Éclatants miracles justifiant le transfert de ses reliques