Saint Frodulfe (Frou)
Moine à Autun, Solitaire au diocèse de Dijon
Summary
Moine à l'abbaye de Saint-Martin d'Autun et disciple de saint Merry, Frodulfe accompagna son maître en pèlerinage à Paris avant de revenir en Bourgogne. Après avoir possiblement dirigé son monastère, il s'enfuit lors de l'invasion sarrasine de 825 pour finir ses jours en ermite à Barjon. Il est fêté le 16 septembre.
Biography
SAINT FRODULFE OU FROU, MOINE À AUTUN,
## SOLITAIRE AU DIOCÈSE DE DIJON (VIIe siècle).
Né dans l'Autunois, vers la fin du VIIIe siècle, et filleul de saint Merry, Frodulfe avait été offert à l'abbaye de Saint-Martin d'Autun, dès sa plus tendre enfance. Un jour, après l'évangile de la messe conventuelle, convenu de fleurs et portant dans ses mains une hostie et un calice, il s'approcha de l'autel, conduit par son père; les religieux déployèrent sur sa tête la mappe du sacrifice, en signe d'adoption par l'Église, et quand le prêtre célébrant eut reçu l'hostie et le calice, comme des arches au Seigneur, son père agenouillé dit à haute voix: « Je vous offre mon fils dont j'ai enveloppé moi-même l'oblation et les mains dans la mappe de l'autel. Je l'offre au nom des Saints dont les reliques sont ici, je le présente devant témoins, afin qu'il vive selon la Règle et qu'il réside en ce monastère ». L'abbé et les anciens religieux ratifièrent cet engagement, et l'oblat ainsi affilié fut introduit dans l'abbaye et vêtu de l'habit monastique.
Sous la conduite de son père spirituel, il s'éleva à une haute perfection et puisa dans son intimité, avec l'amour de la pénitence et de l'oraison, le besoin de la solitude. Médéric, désireux de faire un pèlerinage au tombeau de saint Germain, s'achemina avec Frodulfe vers la cité de Paris. Libres des devoirs de la vie commune, le maître et le disciple s'abandonnèrent à toutes les inspirations de leur ferveur: ils priaient en silence, récitaient les heures du saint office, s'encourageaient à la conquête du ciel, puis se taisaient pour converser avec Dieu. Arrivés à Paris, ils allèrent s'agenouiller au tombeau de saint Germain, et ils cherchèrent ensuite un lieu de refuge pour y vivre inconnus. Il y avait alors, près de l'église Saint-Pierre, hors de la cité, une espèce d'oratoire ouvert jour et nuit aux prières des passants; ils en firent leur demeure, et saint Merry, après y avoir servi le Seigneur pendant deux ans et neuf mois, y laissa son corps vaincu par la mort. Frodulfe lui ferma les yeux et revint à Autun raconter à ses frères les vertus, le trépas et la gloire de leur maître.
Les moines l'accueillirent avec joie et lui conférèrent le gouvernement de Saint-Martin, s'il faut en croire les insignes de la dignité abbatiale dont fut ornée la statue mise sur son tombeau. Lorsque les Sarrasins saccagèrent Autun, le 22 août 825, Frodulfe s'échappa de leurs mains, comme un oiseau des filets du chasseur, s'enfuit du côté de Langres et s'arrêta dans la solitude de Barjon (Côte-d'Or), où il termina ses jours.
On l'ensevelit dans son ermitage et on disposa un oratoire ou crypte sur son tombeau. Une partie de ses reliques a été donnée à l'église Saint-Merry, à Paris, et son chef, à Grancey-le-Château (Côte-d'Or); l'autre partie enrichit l'église de Barjon, élevée sous son vocable.
Extrait des Saints de Dijon, par M. Labbé Dupius.
Key Events
- Offert comme oblat à l'abbaye de Saint-Martin d'Autun dès son enfance
- Pèlerinage à Paris avec saint Merry au tombeau de saint Germain
- Séjour de deux ans et neuf mois dans un oratoire à Paris
- Retour à Autun et possible élection comme abbé de Saint-Martin
- Fuite d'Autun lors du sac des Sarrasins le 22 août 825
- Retraite et mort dans la solitude de Barjon
Quotes
Je vous offre mon fils dont j'ai enveloppé moi-même l'oblation et les mains dans la mappe de l'autel.