Saint Bertrand de Comminges
Archidiacre de Toulouse et Évêque de Comminges
Summary
Ancien militaire devenu archidiacre de Toulouse puis évêque de Comminges au XIIe siècle, Bertrand reconstruisit sa cathédrale et gouverna son diocèse pendant cinquante ans. Reconnu pour sa charité et ses nombreux miracles, il fut canonisé par Alexandre III. Son culte est marqué par le privilège du 'Grand Pardon' institué par Clément V.
Biography
SAINT BERTRAND, ARCHIDIACRE DE TOULOUSE,
## DIX-NEUVIÈME ÉVÊQUE DE L'ANCIEN SIÈGE DE COMMINGES
SAINT BERTRAND, ARCHIDIACRE DE TOULOUSE.
au prochain, fermant l'oreille aux propos qu'on tenait contre lui, ne fâchant et ne méprisant qui que ce fût, prompt à écouter, lent à parler et à se fâcher, il se fit aimer de tous, riches et pauvres, grands et petits, et il fit aimer le Dieu qui avait mis ces vertus en lui et dont il conservait si précieusement les dons.
Guidé par cette lumière que Dieu fait briller aux yeux de toute âme qu'il envoie sur la terre, Bertrand put traverser sans naufrage les années périlleuses de la jeunesse. Fidèle à la grâce qui le conduisait, il nous prouva que si Dieu nous trace quelquefois une route pénible, il nous donne aussi le fil qui doit nous conduire à travers les épreuves, et nous mène au port en dépit des difficultés du chemin. Bertrand fut doué de tous les biens que le monde estime : biens trompeurs, dont la possession fait si souvent oublier à ceux qui en jouissent qu'ils ne sont ordinairement que des écueils : biens fragiles, qui ont endormi sur le bord de la route tant d'âmes qui, à leur réveil, s'en sont vues dépouillées : biens misérables, qui ont endurci tant de cœurs et attaché tant d'intelligences à la terre comme à leur patrie, tandis qu'elle n'en était que le marche-pied.
Bertrand fut riche de ces biens du monde ; et ce furent pour lui de véritables richesses, car il s'en servit pour s'élever à la source de tout bien qui est Dieu. Loin de céder à la douceur de leurs amorces, il s'en fit des vertus, car la vertu c'est la force ; c'est au combat que Dieu connaît ses serviteurs. Notre Saint justifia ainsi le nom qu'il avait reçu de ses parents, car Bertchram signifie illustre au combat. Mais les agitations du monde ne convenaient point à cette âme fidèle. Soldat de Jésus-Christ, il se sentait appelé à d'autres combats que ceux où il voyait couler le sang de ses frères. Il voulut, comme le soldat chrétien qu'il s'était donné pour modèle, s'attacher indissolublement au Seigneur ; et, se vouant au service des autels, il s'enrôla sous la bannière du Chef suprême des nations, du Conquérant pacifique des âmes. Bertrand apporta, dans ce nouvel état, les vertus qui l'avaient distingué sous l'habit militaire. Il devint chanoine et bientôt après archidiacre de l'église de Toulouse. Et ce fut dans cette église, illustrée par des martyrs et des confesseurs, que Dieu fut le chercher pour le placer sur le siège de Comminges.
Lorsque les députés de l'église de Comminges vinrent le demander à l'évêque Izarn et au chapitre de Saint-Étienne, tous se réjouirent de l'élévation du saint homme ; mais leur joie fut mêlée de douleur, car ils voyaient s'éloigner un frère chéri. Bertrand reçut la consécration épiscopale à Auch, des mains de l'archevêque Bernard de Montaut, dont l'église était métropole de dix villes épiscopales. Et les députés ramenèrent vers la cité de Comminges leur nouvel évêque, « cet homme connu par toute sorte de bonnes œuvres, qui ne devait sa dignité ni aux présents, ni aux prières, cet homme remarquable par le lis de la chasteté, agréable par son humilité, plein d'œuvres de miséricorde ». Bertrand commença par relever les murs de sa cathédrale. Il bâtit aussi un cloître où il réunit ses chanoines, sous la Règle de Saint-Augustin.
L'église de Comminges posséda environ cinquante ans son pasteur vénéré ; et, pendant ce demi siècle, il dirigea dans les voies de Dieu le peuple qui lui avait été confié, l'instruisant, priant pour lui, l'édifiant par ses exemples, guérissant les malades par la vertu de ses miracles. Saint Bertrand assista, en 1093, au Concile de Bordeaux ; en 1100, au célèbre concile de Poitiers, où le roi Philippe fut excommunié, ce qui excita une telle fureur parmi le peuple, que des pierres furent lancées sur les évêques qui,
VIES DES SAINTS. — TOME XII.
ôtant leurs mitres, demeurèrent inébranlables sur leurs sièges; en 1119, à la consécration du cimetière de Sainte-Marie d'Auch, pendant laquelle les moines de Saint-Orens, furieux de se voir déboutés de leurs prétentions par le pape Calixte II, et dépouillant l'habit monastique, envahirent en armes l'église, cherchant à l'incendier et à massacrer les évêques; et en 1122, à la consécration d'une église, dédiée à Saint-Orens, dans le diocèse de Toulouse.
Il visitait encore les paroisses de son diocèse quand il sentit approcher la fin de son pèlerinage. Il fut saisi d'une fièvre violente, et voyant ses forces l'abandonner il se fit porter vers sa cathédrale. Il voulait revoir avant de mourir ce temple que ses mains avaient relevé, ce peuple qui s'était rassemblé autour de lui comme les poussins sous l'aile de leur mère. Sa maladie étant devenue plus grave, il voulut être porté par ses chanoines devant l'autel de la Vierge Marie, l'auguste patronne de son église. Et, plein d'une douce joie, et comme certain de la récompense, car il avait bien combattu, il consolait ceux qui l'entouraient et les instruisait encore. Enfin, leur ayant donné sa dernière bénédiction, il termina glorieusement sa dernière journée; et les anges, qui attendaient en silence ce moment suprême, s'envolèrent, emportant avec eux cette âme fidèle, devant Celui qui devait la couronner. Ainsi mourut, le 16 octobre 1130, le saint patron de Comminges, laissant, dans sa longue carrière, l'exemple de toutes les vertus, mais principalement d'une chasteté dont l'éclat ne fut jamais terni, d'une humilité profonde et sincère, et d'une charité sans bornes.
La vie de saint Bertrand avait été remplie de charité et d'humilité, et Dieu avait couronné du don des miracles ces vertus qui sont le fondement de la vie chrétienne. Nous allons en rapporter quelques-uns auxquels la mort même ne mit point un terme :
Une femme avait un enfant dont le père, pour se dispenser de l'entretenir, disait partout qu'il n'était point à lui. Cette mère malheureuse se présenta un jour tout éplorée à l'évêque et lui dit : Charitable père, l'enfant que vous voyez entre mes bras se meurt de faim, parce que je n'ai pas de quoi le nourrir et que celui de qui je l'ai eu refuse de le reconnaître pour son fils et de lui donner des aliments. Ordonnez-lui, par l'autorité que Dieu vous a donnée, de nourrir cette pauvre créature. Le saint évêque, ayant fait venir l'homme, lui reprocha sa cruauté contre nature, lui disant que puisqu'il avait donné la vie à cet enfant, il devait la lui conserver, et ne point ajouter, ainsi qu'il le faisait, un second crime au premier. Cet homme nia qu'il fût le père de l'enfant et soutint que la plainte de cette femme était une calomnie. Alors Bertrand fit apporter un vase d'eau froide, la bénit, y mit une pierre, et dit à l'homme : Au nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ, retirez cette pierre de l'eau; si vous êtes innocent Dieu nous le montrera. L'homme plongea la main dans l'eau froide, en retira la pierre, et sa main parut brûlée comme si elle avait cuit dans l'eau bouillante. Alors il confessa son crime, reconnut son enfant et se chargea de le nourrir; et tous furent saisis de crainte en voyant ainsi confondre l'imposture.
Un jour, le saint évêque voyageait avec quelqu'un, qui s'était mis en sa compagnie se croyant plus en sûreté. Un soldat, qui voulait du mal à cet homme, courut à lui, et l'arracha de dessus son cheval et des côtés du Saint. Bertrand pria le soldat de lui rendre son compagnon qu'il lui enlevait d'une main sacrilège; mais le ravisseur méprisa sa prière. Alors l'évêque gémit et le frappa d'excommunication, et, sur-le-champ, le soldat se sentit frappé aux yeux d'une plaie qui lui venait du ciel. Comme l'impie Caïn il fut saisi
SAINT BERTRAND, ARCHIDIACRE DE TOULOUSE.
d'un tremblement continuel des paupières, ce qui le força à rendre son prisonnier sans l'avoir maltraité.
Des femmes occupées à enlever les mauvaises herbes des champs virent passer le saint évêque qui, selon l'usage, leur donna sa bénédiction. Seigneur, lui dirent-elles, écoutez la prière de vos servantes; une mauvaise plante, qu'on nomme ivraie, croît d'ordinaire dans ces lieux en si grande quantité, qu'elle étouffe les moissons et empêche les champs de produire du bon grain, et même de rendre la semence qu'ils ont reçue. Veuillez, saint père, bénir ces champs et maudire cette herbe nuisible, afin que la stérilité en disparaisse et que par vos mérites l'abondance y règne désormais. Le Saint lança sa malédiction sur l'ivraie, et cette plante ne parut plus dans cette terre.
Notre Saint était un jour dans un petit bourg au bord de la Neste, y trouva un pêcheur auquel il commanda d'aller prendre une certaine quantité de poisson qu'il lui fixa. Le pêcheur obéit et eut bientôt pris le nombre qui lui avait été indiqué sans pouvoir le dépasser, bien qu'il prolongeât sa pêche. L'homme de Dieu renouvela ce prodige trois fois dans la même maison. Enfin, une dernière fois il ordonna au pêcheur d'aller en prendre en grande quantité; cet homme, confiant en la vertu du Saint dont il avait éprouvé la puissance, courut jeter ses filets, et il revint après quelques instants, courbé sous le poids d'une pêche abondante, au logis où était encore le saint prélat plein de bonnes œuvres et de libéralité: ce dont les assistants furent grandement émerveillés.
La tradition nous dit que l'endroit où s'est opéré le miracle de la pêche est celui où s'élève aujourd'hui le château de Boucoulan, dans le territoire de Tibiran, au confluent de la Neste et de la Garonne, et que saint Bertrand résidait quelquefois dans ce lieu, pour se reposer des fatigues de son glorieux apostolat.
Les comtes de Comminges et de Bigorre étaient en guerre. Sancius-Parra de Olcia, qui commandait pour le comte de Bigorre, vint avec son armée dans le pays de Comminges, qu'il ravagea jusqu'à sous les murs de Lugdunum. Bertrand, voyant ses enfants dans la désolation de ce qu'on leur enlevait les animaux destinés à l'agriculture, vint prier Sancius de les leur rendre. Celui-ci refusa à moins qu'on ne lui en payât la valeur. Le pontife redoublant d'instances lui dit: Rendez-les-moi, je vous paierai avant que vous ne mouriez. Sancius les lui rendit et ils se séparèrent. Bertrand mourut, et Sancius s'en alla plus tard combattre les Sarrasins en Espagne. Il fut fait prisonnier, chargé de chaînes et jeté dans un cachot obscur, d'où on devait le transporter au-delà de la mer, avec d'autres compagnons d'infortune. Une nuit qu'il gémissait sur son sort, il vit sa prison s'illuminer d'une grande lumière, et il entendit une voix lui dire: « Sancius, levez-vous et venez». — « Qui êtes-vous, seigneur», répondit-il? et la voix continua: « Je suis l'évêque Bertrand, auquel vous avez rendu les bœufs de son peuple, je viens accomplir ma promesse». — Alors les chaînes du captif se brisèrent, il se leva, ils sortirent tous deux et se trouvèrent au lever de l'aurore sur la montagne d'Esquito, près d'Olcie, dans la vallée d'Aspe. Là, saint Bertrand recommanda à Sancius de visiter, chaque année, avec dévotion, l'église où reposait son corps, et l'ayant salué il disparut. Sancius ayant rassemblé les gens du pays se fit connaître d'eux, et leur raconta comment il avait été délivré de la prison: tout le monde en rendit gloire à Dieu et à saint Bertrand, et lui-même il fut fidèle à venir, chaque année, remercier son libérateur. C'est ce miracle qui a donné lieu à l'institution du Jubilé
[ANNEXE: CULTE ET RELIQUES.]
Bertrand fut enseveli, suivant sa recommandation expresse, au pied de l'autel de Notre-Dame, et bientôt « le parfum de ses vertus s'exhalant de son tombeau, proclama la gloire du souverain Roi dans l'humilité de son serviteur ».
La renommée des miracles qui s'opérèrent par l'intercession du bienheureux pontife se répandit au loin ; le pape Alexandre III, qui se trouvait à Toulouse, fit procéder à la canonisation.
Le culte de saint Bertrand se répandit dès l'origine dans plusieurs diocèses de France, dans les congrégations de chanoines réguliers dont il avait fait partie, et qu'il institua à Lugdunum et jusqu'à Gratz et Voraw, en Styrie.
Il existait aux environs d'Auch une église qui lui était dédiée ; l'église a disparu, mais son souvenir est rappelé par une croix qui porte le nom de Croix de saint Bertrand.
Les reliques de saint Bertrand avaient pu être soustraites à la fureur des hérétiques et transportées à Lectoure. Elles furent rendues par le chapitre de cette ville, et cette restitution fut longtemps fêtée le 31 mars. Le bâton pastoral du Saint, vulgairement appelé l'adicorne, et que l'on conservait avec soin, fut pris dans l'invasion de 1393. Le chapitre, qui tenait beaucoup à cette relique, fit des réclamations au roi afin d'en obtenir la restitution ; cette démarche obtint le succès désiré.
En 1733, sous l'épiscopat de Mgr du Bouchel, notre Saint reçut un hommage touchant de ses compatriotes. Depuis longtemps l'Île-Jourdain, cette fille des ancêtres de saint Bertrand, désirait posséder une de ses reliques ; elle lui fut accordée ; et, le 5 septembre, le son de toutes les cloches de la collégiale et du couvent de Valcabrère annonça l'arrivée des députés de l'Île, chanoines, consuls, nobles et bourgeois qui venaient recevoir une part de ce trésor.
L'Île conserve encore aujourd'hui une grande dévotion envers notre Saint ; sa fête s'y célèbre avec pompe ; ses reliques, sauvées à la Révolution par une main pieuse, et reconnues authentiques par le cardinal d'Issard, en 1836, sont encore portées en procession à travers les rues de la ville, dans le riche pavillon qui vint les chercher en 1753 ; son antienne est chantée tous les dimanches devant sa chapelle. La tradition y a conservé le souvenir du lieu où naquit notre Saint. Le château de son père a disparu, mais la maison bâtie sur son emplacement porte le nom de maison de saint Bertrand. Il y a aussi, à une petite distance de la ville, une fontaine à laquelle le peuple a donné son nom, parce qu'il croit que saint Bertrand, allant dire la messe dans une église contiguë, y puisait l'eau nécessaire au saint sacrifice. Lorsqu'ils sont atteints par la maladie, les compatriotes de notre Saint ont recours à l'eau de cette fontaine à demi cachée dans les ronces qui bordent le chemin ; ils la font bénir et elle les guérit. Arrens, dans la vallée d'Azun ; Barcelone et les chanoines réguliers de Sainte-Geneviève, à Paris, obtinrent également de ses reliques.
A l'époque de la Révolution, l'église fut pillée et la châsse du Saint dépouillée de ses ornements d'argent. Quant aux reliques, elles furent soustraites par des mains pieuses, et la châsse abandonnée fut cachée entre les piliers extérieurs au-dessus de la sacristie. L'église de Saint-Bertrand de Comminges célèbre chaque année trois fêtes en l'honneur de son glorieux patron, au milieu d'une grande affluence de pèlerins. Le 16 octobre, jour anniversaire de sa mort, ses reliques sont exposées sur l'autel à la vénération des fidèles. Le 2 mai, fête de l'Apparition du Saint. Le pape Clément V, qui avait été évêque de Comminges, plein de vénération pour son glorieux prédécesseur, voulut enrichir l'église de Comminges d'une grâce insigne, la première de ce genre qu'une église particulière eût encore reçue des vicaires de Jésus-Christ. Il institua, en mémoire de l'Apparition de saint Bertrand et de la Passion de Notre-Seigneur, un Jubilé, désigné dans la dévotion des peuples sous le nom de Grand Pardon, pour être célébré à perpétuité dans l'église cathédrale de Comminges, toutes les années où l'Invention de la Sainte-Croix se rencontrait un vendredi, et qui durerait depuis les premières Vêpres de l'Apparition, mercredi soir 1er mai, jusqu'aux secondes Vêpres de l'Invention de la Sainte-Croix, vendredi soir 3 mai.
Il fallait dans l'origine, pour gagner le Jubilé, se confesser et communier dans l'intérieur de la ville, et dans les trois jours de sa durée. Le pape Pie VI, par une bulle qui le confirmait, le prolongea de sept jours. Grégoire XVI, par un indult du 17 septembre 1839, étendit cette grâce à tous ceux qui visiteraient l'église dans les trois jours, pourvu qu'ils se fassent confessés et eussent communié dans les huit jours qui précèdent l'ouverture ou pendant sa durée, en quel lieu que ce fût. Enfin le Jubilé se termine par une procession générale dans laquelle on porte autour de la ville la grande châsse où est renfermé le corps de saint Bertrand et qui ne sort que dans cette circonstance. On évalue le nombre des pèlerins qui, en 1850, ont visité l'église, à 50,000.
Le 16 janvier, fête de la Translation des reliques, est l'anniversaire du jour où le pape Clément V vint prendre, de ses mains consacrées, le corps de saint Bertrand de la tombe où il reposait au pied de l'autel de Notre-Dame, pour l'exposer à la vénération des peuples.
Jusqu'à la Révolution on a observé quelques autres fêtes ou usages particuliers, souvenirs de quelque bienfait ou de quelque heureux événement comme toutes les fêtes catholiques. Ainsi, le 31 mars, anniversaire de la restitution des reliques qui avaient été enlevées au temps des Huguenots, messe solennelle, procession autour de l'église et du cloître, avec un reliquaire en forme de bras. Le 8 juin, jour de la délivrance de la ville ravagée par les Protestants, offices solennels, procession après Vêpres autour de la ville, fête instituée par Urbain de Saint-Gelais. Le 22 juillet, procession après la messe pour mémoire d'une autre délivrance ; fêtes d'actions de grâces dans lesquelles se confondaient deux sentiments qui firent si longtemps le bonheur et la gloire de la France : Religion et Patrie.
Quelquefois on voyait neuf jeunes filles ou neuf jeunes garçons, tenant des cierges allumés, s'avancer à genoux depuis l'entrée de l'église jusqu'au tombeau de saint Bertrand, où le prieur de la chapelle disait la messe. C'était la santé d'un malade chéri que venaient demander ces pieux et innocents pèlerins ; et les nombreux ex-voto suspendus au tombeau prouvaient qu'on ne recourait pas en vain à ce glorieux confesseur. Cette touchante manière de l'invoquer est encore en usage.
L'église de Saint-Bertrand possédait autrefois une Confrérie de Saint-Bertrand, érigée, le 1er mai 1531, par Jean de Mauléon qui, pour encourager la dévotion envers la glorieuse vierge Marie et envers notre Saint, avait concédé à ses membres de nombreuses grâces spirituelles. Cette confrérie comptait sous sa bannière les évêques, le chapitre et un nombre infini de personnes de tout rang et de toute condition, dans la ville, le diocèse et les pays voisins.
Clément V avait enrichi l'église de Comminges de nombreuses indulgences par une bulle datée de cette ville, du 16 janvier 1309, pour les jours des trois fêtes de saint Bertrand et les quatre fêtes de la vierge Marie : la Purification, l'Annonciation, l'Assomption et la Nativité. Aux fêtes de la sainte Vierge, dix ans et autant de quarantaines ; et à chacun des jours de leurs octaves, trois ans et autant de quarantaines. Aux fêtes de saint Bertrand, quinze ans et autant de quarantaines, et à chacun des jours de leurs octaves, sept ans et autant de quarantaines. Ces indulgences ont été confirmées par les papes Jean XXII, Benoît XII et Léon X.
La châsse qui renferme aujourd'hui le corps de saint Bertrand est en bois d'ébène, surmontée d'une statue d'évêque, avec quelques ornements. On possède encore de lui une mitre et son anneau pastoral, d'or, surmonté d'une pierre précieuse.
*Vie et miracles de saint Bertrand*, par Louis de Fiancette d'Agos. Saint-Gaudens, 1854.
Key Events
- Chanoine puis archidiacre de l'église de Toulouse
- Élection au siège épiscopal de Comminges
- Consécration épiscopale à Auch par Bernard de Montaut
- Reconstruction de la cathédrale de Comminges et fondation d'un cloître
- Participation au Concile de Bordeaux (1093) et de Poitiers (1100)
- Délivrance miraculeuse de Sancius-Parra de Olcia en Espagne
Miracles
- Épreuve de l'eau bénite brûlant la main d'un imposteur
- Cécité et tremblement frappant un soldat ravisseur
- Malédiction de l'ivraie rendant les champs fertiles
- Pêche miraculeuse au confluent de la Neste et de la Garonne
- Apparition et libération d'un prisonnier en Espagne
Quotes
Rendez-les-moi, je vous paierai avant que vous ne mouriez.