Saint Girard de Loiselière

Moine de Saint-Aubin d'Angers

Feast : November 4th 12th century • saint

Summary

Prêtre à Bazouges puis moine à Saint-Aubin d'Angers au XIe siècle, Girard se distingua par ses fondations monastiques et une vie d'austérité extrême, portant de lourdes chaînes de fer. Mort en 1123, son tombeau devint un lieu de pèlerinage majeur en Anjou avant que ses restes ne soient cachés à la Révolution.

Biography

SAINT GIRARD DE LOISELIÈRE,

L'ancien manoir de Loiselière est aujourd'hui une ferme, à une demi-lieue environ du bourg de Bazouges (Mayenne), à gauche de la route qui conduit de Château-Gontier à Segré. C'est là que naquit saint Girard. Son enfance se passa dans les exercices de la dévotion la plus tendre : un de ses plus grands plaisirs était d'orner de fleurs les autels du village qu'il habitait et d'en balayer même le sanctuaire ; comme David, il aimait la beauté de la maison du Seigneur. Dieu lui tint compte de ces actes précoces d'une piété si affectueuse ; Girard se sentit appelé à l'état ecclésiastique, et, quand il fut prêtre, on le chargea du ministère pastoral à Bazouges même, où ses instructions simples et familières, mais pleines d'une doctrine solide et d'une onction qui touchait les cœurs, opérèrent des résultats merveilleux.

Cependant notre serviteur de Dieu se sentait appelé à un genre de vie plus parfait : il se fit moine (1085) dans l'abbaye de Saint-Aubin d'Angers (fondée en 551 par le roi Childebert). Ses hautes vertus lui valurent d'être chargé de former presque tous les établissements importants que fondait, à cette époque, l'abbaye de Saint-Aubin. Brossay fut sa première création ; près du prieuré il éleva une cabane de branchages où il mena la vie solitaire. Plus tard, il fut rappelé par son supérieur dans l'abbaye de Saint-Aubin, et commença ce genre de vie extraordinaire et miraculeux dans lequel il persévéra jusqu'à son dernier soupir. Enfermé dans une modeste cellule qu'on lui bâtit près de l'église abbatiale, il se livra sans réserve aux larmes, aux veilles et à une oraison continuelle. À son cou était suspendu un lourd collier de fer, à l'extrémité duquel était attachée une pierre encore plus pesante. Sous son cilice armé de pointes de fer, il portait autour des reins une ceinture de fer large de près de trois doigts. À chaque bras, sous les aisselles, un anneau de fer, et, au-dessus des mains, deux autres anneaux aussi de fer le tourmentaient jour et nuit. Les jambes et les cuisses avaient aussi leurs cercles de fer. Saint Girard aggravait encore ces tourments volontaires par la rudesse de la couche sur laquelle il prenait le peu de repos qu'il accordait à ses membres fatigués : la terre nue sur laquelle il plaçait un paquet de jonc, avec une pierre brute en guise d'oreiller, tel était le lit de cet intrépide athlète de Jésus-Christ.

En récompense de tant de vertus, Dieu avait accordé à saint Girard le don de prophétie et de miracles ; mais aussi tant d'austérités avaient épuisé son corps. Notre généreux serviteur de Dieu rendit sa belle âme à son Créateur le 4 novembre 1123. On l'enterra dans l'une des chapelles de la nef latérale de droite de la riche basilique de Saint-Aubin. Son tombeau devint aussitôt l'un des lieux de pèlerinage les plus fréquentés de l'Anjou. En présence de la multitude des prodiges éclatants qui s'y opérèrent, les moines de Saint-Aubin se crurent obligés de décerner presque aussitôt les honneurs du culte public à leur vénérable confrère. On dressa donc près du tombeau du Bienheureux un autel consacré sous son vocable, et l'on fixa sa fête au 4 novembre, jour de son entrée au ciel. Son corps demeura exposé sur cet autel jusqu'en 1623. À cette époque, quelques réparations ayant été faites dans cette partie de la basilique, on le déposa dans un autre lieu où il resta pendant quarante ans. En 1693 il fut transféré dans une nouvelle chapelle élevée en son honneur, auprès du grand autel, du côté de l'Évangile. C'est là qu'il reçut les hommages du culte public jusqu'à la Révolution. À cette époque, ses ossements furent secrètement cachés dans le cimetière de Saint-Laud : il a été impossible jusqu'alors de les retrouver.

On l'a représenté avec des cheveux négligés, une longue barbe, et portant suspendues autour de son cou, de ses bras et de ses reins, de longues chaînes de fer, instruments de sa pénitence.

Nous avons analysé très-soigneusement le beau travail du R. P. Chamard, dans les Saints d'Anjou.

Key Events

  • Naissance au manoir de Loiselière
  • Ministère pastoral à Bazouges
  • Entrée au monastère de Saint-Aubin d'Angers en 1085
  • Fondation de l'établissement de Brossay
  • Retrait en cellule près de l'église abbatiale avec des instruments de pénitence en fer
  • Mort le 4 novembre 1123

Miracles

  • Don de prophétie
  • Multiplicité de prodiges éclatants au tombeau