Saint Pierre II de Poitiers
Évêque de Poitiers
Summary
Élu évêque de Poitiers en 1087, Pierre II se distingua par sa fermeté contre les désordres moraux des puissants, notamment le roi Philippe Ier et le comte Guillaume VII. Protecteur de Robert d'Arbrisselle et de l'ordre de Fontevrault, il finit ses jours en exil à Chauvigny après avoir courageusement excommunié le comte de Poitou au péril de sa vie.
Biography
SAINT PIERRE II, ÉVÊQUE DE POITIERS (1115).
Pierre, le deuxième de ce nom qui ait occupé le siège de Poitiers, tenait par les liens du sang aux illustres familles des Senebaud et des Châtelain, éteintes depuis longtemps, et dont plusieurs membres l'avaient précédé dans la même dignité. Il était chanoine et archidiacre de la cathédrale, lorsque Dieu appela à lui, en 1087, son frère, l'évêque Isembert II, qui gouvernait le diocèse depuis quarante ans. La sainteté de sa vie le désignait au choix du chapitre à qui appartenait alors le droit d'élection. Il fut élu d'une commune voix, et justifia aussitôt ce choix honorable en s'appliquant à retracer en lui le plus digne modèle des vertus pastorales.
En ce temps-là, le roi de France, Philippe Ier, portait le scandale sur le trône par la licence de ses mœurs. Au mépris des lois sacrées des mariages chrétiens, il avait quitté Berthe de Hollande, son épouse, pour prendre Bertrade de Montfort, femme de Foulques-Rechin, comte d'Anjou. En vain saint Yves, évêque de Chartres, avait combattu dans le prince un si détestable désordre, celui-ci s'en était vengé par des persécutions qui allèrent jusqu'à la violence, mais ne purent forcer la conscience du courageux prélat. Pierre fut un de ceux que le sentiment de la justice et l'amour du devoir rangèrent de son côté. Sa parole, ses démarches secondèrent l'action énergique du nouveau Jean-Baptiste. Il soutint cette noble constance au concile de Poitiers, assemblé à ce sujet l'an 1100 par ordre du pape Pascal II. Les soins qu'il s'y donna, les témoignages qu'il rendit de l'effet produit sur les peuples par la conduite du roi, ne contribuèrent pas peu à faire prononcer la sentence d'excommunication qui frappa le prince. Guillaume le Jeune, comte de Poitou, que des motifs trop peu honorables portaient à une grande indulgence pour les désordres du roi, était parvenu à introduire le désordre dans l'auguste enceinte qu'envahirent ses satellites ; mais, aidé de la fermeté et de l'éloquence qu'y déployèrent le bienheureux Robert d'Arbrisselle et saint Bernard, alors abbé de Saint-Cyprien, et plus tard de Tiron, Pierre résista jusqu'au péril de sa vie à ces violences sacrilèges, et l'adultère fut solennellement condamné.
Ce Robert d'Arbrisselle, dont nous parlons ici, est le célèbre fondateur de Fontevrault, dont l'établissement date des premiers jours du XIXe siècle. Le zèle de la sainte discipline que Pierre lui avait vu dans le concile l'avait rendu digne de son amitié. Il lui en donna de nombreuses preuves en favorisant de son autorité et de ses aumônes les développements du nouvel Institut, en encourageant les prédications de l'illustre Apôtre, en bénissant les nombreuses vocations qui firent passer dans le cloître des âmes généreusement pénitentes. C'était d'ailleurs sur le territoire de Poitiers que l'illustre cénobite avait élevé son monastère. Il appartenait donc à Pierre de l'approuver. Mais, non content de cette coopération à l'œuvre de son ami, il voulut montrer combien il s'intéressait à ses succès, en faisant, en 1106, le voyage, alors si difficile, de Rome pour obtenir du pape Pascal II la confirmation de l'Ordre qu'il aimait. Enfin, il favorisa l'extension de cet arbre déjà si vigoureux en multipliant ses rameaux, et il participa à cinq des premières fondations de l'institut, parmi lesquelles il faut surtout remarquer le prieuré de La Puy, où fleurit maintenant la maison-mère des pieuses filles de la Croix.
Ce zèle du saint Prélat ne se borna point aux couvents de son diocèse. Sa charitable munificence en dépassait les limites, et plus d'une maison religieuse sur laquelle il n'avait aucune juridiction eut à le bénir de ses affectueuses largesses.
Mais de tels soins qu'inspire et que favorise la religion ne sont pas les seuls devoirs d'un évêque. Pierre n'oublia pas dans ces préoccupations de son cœur ce que sa conscience lui imposait : on le vit également ferme contre les scandales publics, source de tant de maux dans l'Église, prudent au milieu des plus difficiles conjonctures, indulgent envers les pécheurs, lorsqu'il les croyait repentants. Le comte de Poitiers, Guillaume VII, put se convaincre de l'énergie de ce caractère élevé, et il vit son Évêque persécuté par lui, cédant aux injustes fureurs de la force matérielle, rester plus grand par sa constance inaltérable que l'aveugle persécuteur qui le frappait.
Ce prince, plus spirituel que vertueux, se livrait sans retenue à une vie de dissolution et aux débauches les plus criminelles. Il ne savait rougir de rien et ne se mettait même pas en peine de cacher ses liaisons adultères avec la vicomtesse de Châtellerault. L'Évêque avait employé tour à tour la douceur des remontrances paternelles et les sévères avertissements de la religion outragée. Le coupable n'en tenait pas compte ; il avait méprisé déjà l'excommunication lancée contre lui par Gérard, évêque d'Angoulême ; il avait ajouté à l'impétu de ce mépris affecté d'indignes sarcasmes. Pierre n'hésita plus : il prévint le comte qu'il procéderait avec la même rigueur s'il ne se repentait, et, après ce dernier avis resté inutile, il se décida à fulminer solennellement la terrible sentence en présence du peuple et des seigneurs assemblés dans l'église cathédrale. Guillaume se tenait prêt à tout risquer pour éviter cette humiliation méritée. Au jour de la cérémonie il envahit le saint lieu avec ses gardes, il se porte vers la tribune où le Pontife va prononcer les paroles redoutables, s'efforce de les retenir sur ses lèvres en le menaçant de son épée. La crainte ne peut rien sur l'intrépide Pasteur, qui, fort du sentiment de son devoir et de son droit, déclare le prince coupable séparé de l'Église, et ajoute en se tournant vers lui : « Frappe maintenant, je suis prêt ». Ce courage digne d'un martyr étonna l'impie : il ne frappa point. Mais il se vengea, par un abus tyrannique de la force brutale dont il disposait, et après d'inutiles tentatives pour faire rétracter sa condamnation ; après s'être oublié, sans y réussir, jusqu'à porter le désordre dans la demeure épiscopale, il força l'Évêque à se retirer au château de Chauvigny. C'était en 1113.
Cette seigneurie appartenait depuis quelque temps à l'évêché de Poitiers, sans doute du chef de la famille de Pierre. Heureux de souffrir pour la justice, le digne prélat s'y rendit en homme que l'exil ne peut décourager, puisqu'il trouve partout Jésus-Christ. Ses vassaux l'y reçurent avec toutes les marques d'honneur que méritaient son rang et sa réputation de sainteté. Dès ce jour, il s'appliqua à l'instruction de cette petite portion de son peuple, à l'édification de son clergé, et surtout à la conduite des jeunes élèves du sanctuaire qu'il y réunit autour de sa personne. La prédication, l'administration des sacrements, la prière, le soin des pauvres et des malades auxquels il portait ses consolations, et en faveur desquels il seconda plus d'une fois ses aumônes par des miracles, lui firent aisément oublier la ruine de ses biens qu'avait fait dévaster son impudique persécuteur.
Mais sa vie, usée par tant de travaux et de sollicitudes, et à laquelle il n'épargnait néanmoins dans un âge avancé ni les mortifications de veilles prolongées dans la prière, ni les austérités d'une pénitence continuelle, ne devait pas suffire longtemps à de tels assauts. Ceux que sa douceur avait édifiés, que sa charité avait soutenus, que son zèle avait évangélisés dans sa retraite, le virent succomber, après moins de deux ans, à une suite de maladie. Il mourut, de la mort des Saints, dans son château de Chauvigny, le 4 avril 1115, et confirma par de nombreux miracles ceux qui, pendant sa vie, avaient donné une si haute opinion de sa sainteté.
Ses cendres ne restèrent point à Chauvigny : la mort, qui finissait son exil, semblait devoir en effet le rapprocher de ceux dont le souvenir devait rester plus fidèle aux vifs témoignages de son affection. Fondateur de Fontevrault, protecteur de Saint-Cyprien de Poitiers, il semblait se devoir à chacun des deux monastères ; ils se partagèrent sa chère dépouille, par suite d'une disposition expresse de leur digne ami, et rendirent à sa tombe, ornée par une commune piété, les honneurs que l'Église s'est plu à lui continuer jusqu'à ce jour.
M. Auber, *Vie des Saints de l'église de Poitiers*.
(XIIe siècle).
Heureux l'homme qui, dès son bas âge, s'épanouit sous le regard d'une mère tendre et vertueuse !
Saint Bernard eut cet inappréciable avantage. Sa mère, la bienheureuse Aleth, fille du comte Bernard de Monthar, avait épousé fort jeune le sire Tecelin, seigneur de Fontaine, près de Dijon.
Ce mariage ne s'était pas conclu sans difficulté. Aleth n'avait que quinze ans ; et, déjà son âme, prévenue de grâces, s'était vouée à Dieu. Elle aspirait à vivre dans la paix du cloître et se préparait à gravir les degrés de la perfection monastique. Mais la Providence lui avait réservé une autre destinée. Elle fut appelée, contre son gré, à devenir épouse et mère, et à propager, dans sa famille nombreuse, les bénédictions dont elle avait été comblée dès son enfance.
Tecelin, son mari, appréciait une vertu si pure, et il l'honorait. C'était un noble chevalier, de mœurs douces, et craignant Dieu. Bien que ses charges éminentes le retiennent presque continuellement auprès du duc de Bourgogne, il conservait la dignité de la vie chrétienne à la cour comme dans les camps ; et, en toutes rencontres, il se signalait par sa valeur, sa droiture et sa loyauté.
La Providence, qui avait assorti cette union, la rendit féconde. Aleth donna le jour à six fils et à une fille : Guido était l'aîné de tous ; ensuite venaient Gérard, Bernard, André, Barthélemy, Nivard et Hombeline.
Cette mère chrétienne regardait les devoirs de la maternité comme une délégation d'en haut. Elle considérait ses enfants comme des dépôts précieux confiés à sa vigilance et dont elle était responsable devant Dieu. Aussi, quoique d'une complexion délicate, Aleth ne voulut point abandonner à une étrangère le soin de nourrir ses enfants : attachée par le fond de son âme à la source de tout amour, elle leur communiquait, avec le lait maternel, la vertu céleste qui la vivifiait.
Tecelin menait une existence trop chevaleresque pour pouvoir présider lui-même à l'éducation de ses fils. Il laissait avec confiance ce soin à la sollicitude consciencieuse de sa femme, dont il approuvait les vues, quoiqu'il n'en comprît pas toujours la portée. Élevé dans la profession des armes et joignant, selon l'esprit de ce temps, les habitudes militaires aux pratiques de la dévotion, il ne voyait aucun inconvénient à former tous ses fils pour la carrière qu'il n'avait pas parcourue lui-même sans gloire.
Aleth, plus clairvoyante, redoutait les dangers auxquels la vie des camps expose l'intégrité chrétienne ; et elle pressentait trop les ineffables délices de la vie religieuse pour pouvoir souhaiter une autre gloire et un autre bonheur à ceux qu'elle avait enfantés et consacrés à Dieu. Elle éleva ses enfants pour le ciel bien plus que pour la terre, et leur apprit, dès leur âge le plus tendre, à discerner le bien et le mal, à choisir la meilleure part ; à aimer par-dessus toutes choses Celui qui est l'amour même, le principe et la fin de l'homme.
C'est pourquoi elle établit dans l'intérieur de sa maison l'ordre parfait et la discipline que commandent les saintes lois de l'Église. « Je ne puis oublier », dit un de ses contemporains, « combien cette femme éminente cherchait à servir d'exemple et de modèle à ses enfants. Dans sa maison, dans l'état du mariage et au milieu du monde, elle imitait en quelque sorte la vie monastique et religieuse, par ses abstinences, par la simplicité de ses vêtements, par son éloignement des plaisirs et des vanités du siècle. Elle se retirait, autant que possible, des agitations du monde, persévérant dans les jeûnes, dans les veilles, dans la prière, et rachetant par des œuvres de charité ce qui pouvait manquer à la perfection d'une personne engagée dans le mariage et dans le siècle ».
Six mois s'étaient à peine écoulés depuis le retour de saint Bernard à Fontaine, quand sa mère, comme un fruit mûr pour le ciel, lui fut enlevée. Aleth se voyait environnée, à cette heure suprême, de toute sa famille. Cependant, ni les infirmités, ni le nombre des années n'avaient annoncé l'approche de son dernier jour ; au contraire, encore pleine de fraîcheur, et forte de la santé de l'âme et du corps, elle se livrait plus que jamais aux exercices de la piété et d'une infatigable charité. On la remarquait souvent, dit un ancien auteur, seule et à pied sur la route de Dijon, entrant dans les cabanes des pauvres, visitant les malades, distribuant des remèdes et des aliments, prodiguant des secours et des consolations aux personnes affligées. Et ce qui rendait sa bienfaisance plus admirable, c'est qu'elle la pratiquait de telle sorte, que l'éclat de ses œuvres ne trahissait point sa modestie ; elle faisait tout par elle-même, sans l'assistance de ses domestiques ; et l'on pouvait dire avec vérité que sa main gauche ignorait les largesses de la droite.
C'est au milieu de ces nobles exercices que la pieuse Aleth fut rappelée presque subitement de ce monde. Sa mort a des circonstances trop touchantes pour que nous n'en rapportions pas ici quelques détails ; nous laisserons parler celui de ses contemporains qui lui-même fut présent à cette scène de douleur et d'édification :
« La très-excellente mère de notre vénérable Abbé avait coutume de célébrer magnifiquement tous les ans la fête de saint Ambroisien, patron de l'église de Fontaine ; elle donnait chaque fois, en cette occasion, un repas solennel auquel était convié le clergé. Dieu, voulant donc récompenser la dévotion particulière qui attachait cette sainte femme au glorieux Ambroisien, lui fit connaître par une révélation qu'elle mourrait au jour même de la fête. Et certes, il ne faut pas s'étonner de voir une si digne chrétienne participer à l'esprit de prophétie. En conséquence, elle annonça tranquillement et avec une grande assurance à son mari, à ses enfants, à sa famille assemblée, que le moment de sa mort était proche.
« Tous demeurèrent frappés de surprise, et refusèrent de croire à cette prédiction ; mais bientôt ils éprouvèrent de justes anxiétés ; dès la vigile de saint Ambroisien, Aleth fut prise d'une fièvre violente qui la retint couchée. Le lendemain, jour de la fête, elle demanda humblement qu'on lui apportât le corps de Notre-Seigneur ; et, après avoir reçu ce très-saint Viatique avec les onctions saintes, elle se sentit fortifiée, et elle insista pour que les ecclésiastiques invités se rendissent au repas qu'elle avait préparé.
« Or, pendant qu'ils étaient à table, Aleth fit appeler auprès d'elle Guido, son fils aîné, pour lui commander et lui recommander d'introduire dans sa chambre, aussitôt après le repas, tous les membres du clergé qui s'y trouvaient. Guido fit pieusement ce que sa pieuse mère avait désiré. Nous voilà donc réunis autour de son lit ! Alors la servante de Dieu annonça d'un air serein que le moment de sa dissolution était venu. Les clercs se mettent en prières ; on commence les litanies. Aleth elle-même psalmodiait doucement avec eux, tant qu'elle avait du souffle. Mais, à l'instant où le chœur vint à chanter cette parole des litanies : *Per passionem et crucem tuam libera eam, Domine*, — par votre croix et votre Passion, délivrez-la, Seigneur, — la mourante, se recommandant à Dieu, éleva sa main pour faire le signe de la croix ; et, demeurant dans cette attitude, elle rendit sa belle âme, que les anges reçurent et portèrent dans le séjour des Bienheureux. C'est là qu'elle attend, dans la paix et le repos, le réveil de son corps au grand jour de la résurrection, quand viendra notre Juge et notre Avocat, Jésus-Christ, pour juger les vivants et les morts, et le siècle par le feu.
« C'est ainsi que cette âme sainte quitta le saint temple de son corps : sa main droite resta élevée en haut, dans la position où elle était lorsqu'elle fit son dernier signe de croix ; chose qui parut un grand sujet d'admiration aux assistants ».
Le vieux Tecclin, vers la fin de sa vie, rejoignit ses fils dans le cloître, et mourut plein de jours dans les bras de saint Bernard.
Extrait de la vie de saint Bernard, par le P. Ratisbonne. — Cf. *Œuvres complètes de saint Bernard*, traduction de M. A. Ravalet, 5 beaux vol. gr. in-8e, Bar-le-Duc, Imprimerie des Célestins.
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## V° JOUR D'AVRIL
A Vannes, en Bretagne, saint VINCENT FERRIER, confesseur, de l'Ordre des Frères Prêcheurs, qui, puissant en œuvres et en paroles, convertit des milliers d'infidèles à la foi de Jésus-Christ. 1419. — À Thessalonique, sainte Irène, vierge, qui, pour avoir caché les saints livres, contre la défense de Dioclétien, fut mise en prison, puis percée d'une flèche et brûlée, par sentence du président Bulcétius, qui avait, peu auparavant, fait mourir Agapè et Chionie, ses sœurs. 304. — À Lesbos, la passion de cinq bienheureux Martyrs. — Le même jour, saint Zénon, martyr, qui fut écorché vif, enduit de poix et jeté dans le feu. — En Afrique, la passion des saints Martyrs, qui, dans la persécution de Genséric, roi vandale, furent tués dans l'église le jour de Pâques. L'un d'eux, qui était lecteur, eut la gorge percée d'une flèche, tandis qu'il chantait l'Alleluia au pupitre. 559 ou 570.
Key Events
- Chanoine et archidiacre de la cathédrale de Poitiers
- Élection au siège épiscopal de Poitiers en 1087
- Opposition au roi Philippe Ier lors du concile de Poitiers en 1100
- Voyage à Rome en 1106 pour la confirmation de l'Ordre de Fontevrault
- Excommunication du comte Guillaume VII de Poitiers
- Exil au château de Chauvigny en 1113
Miracles
- Miracles en faveur des pauvres et des malades durant son exil
- Nombreux miracles posthumes confirmant sa sainteté
Quotes
Frappe maintenant, je suis prêt