Marguerite Bourgeoys
Née à Troyes en 1620, Marguerite Bourgeoys partit en 1653 pour Ville-Marie (Montréal), où elle fonda la Congrégation de Notre-Dame, première communauté religieuse féminine non cloîtrée d'Amérique du Nord, vouée à l'éducation ; elle y mourut en 1700 et fut canonisée en 1982.
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Biographie
Née à Troyes en 1620 dans une famille de la bonne bourgeoisie, Marguerite Bourgeoys reçut un appel décisif à dix-neuf ans avant de s'embarquer pour la Nouvelle-France.
Marguerite Bourgeoys naquit le 17 avril 1620 à Troyes, en Champagne, sixième des douze enfants d'Abraham Bourgeoys, marchand-cirier et officier à la monnaie de la ville, et de Guillemette Garnier ; elle grandit dans un milieu chrétien et de bonne bourgeoisie. Le 7 octobre 1640, lors d'une procession en l'honneur de Notre-Dame du Rosaire, elle fut, en regardant une statue de la Vierge, intérieurement transformée et résolut de se consacrer à Dieu. Elle s'agrégea alors à la congrégation externe de Troyes, dévouée à l'enseignement des enfants pauvres, sans toutefois trouver sa voie dans la vie cloîtrée. En 1652, sa rencontre avec Paul de Chomedey de Maisonneuve, gouverneur de la petite colonie de Ville-Marie, fixa sa vocation missionnaire : il l'invita à venir y instruire les enfants. Elle quitta la France en février 1653 et aborda à Montréal le 16 novembre de la même année. Elle consacra ensuite près d'un demi-siècle à l'éducation et au service de la jeune colonie, et mourut à Montréal le 12 janvier 1700, à l'âge de soixante-dix-neuf ans, en réputation de sainteté.
Vie et oeuvre
À Ville-Marie, Marguerite Bourgeoys ouvrit la première école de la colonie et fonda la Congrégation de Notre-Dame, première communauté féminine non cloîtrée d'Amérique du Nord.
L'oeuvre de Marguerite Bourgeoys se confond avec les débuts de Montréal. En 1657, elle entreprit la construction de la chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours, premier lieu de pèlerinage marial de la ville. En 1658, le gouverneur de Maisonneuve lui concéda une étable de pierre où elle ouvrit la première école de Ville-Marie, destinée aux enfants français comme à ceux des familles autochtones. À partir de 1659, elle accueillit et forma les « filles du roi », ces jeunes femmes envoyées de France pour fonder des foyers, leur enseignant la tenue d'une maison et la vie chrétienne. Autour d'elle se constitua peu à peu une communauté d'enseignantes vivant hors clôture pour aller au-devant des besoins, modèle alors inédit : la Congrégation de Notre-Dame. Cet institut reçut sa charte civile par lettres patentes de Louis XIV en 1671, sa reconnaissance canonique par l'évêque de Québec, Mgr de Laval, en 1676, puis l'approbation de ses constitutions et l'émission des premiers voeux en 1698. Pionnière de l'enseignement et des oeuvres sociales en Nouvelle-France, elle étendit ses écoles à plusieurs points de la colonie, de Montréal à l'île d'Orléans.
Cheminement vers la saintete
Sa spiritualité, profondément mariale et apostolique, unissait une grande pauvreté à un dévouement inlassable au service de la colonie.
La spiritualité de Marguerite Bourgeoys s'enracine dans une dévotion mariale qui orienta toute sa vie : elle voulut que ses compagnes mènent, à l'imitation de la « vie voyagère » de la Vierge auprès des hommes, une existence apostolique non cloîtrée, libre d'aller instruire et secourir là où le besoin se faisait sentir. La tradition rapporte qu'au moment décisif de sa vocation missionnaire, elle reçut intérieurement l'assurance « Va, je ne t'abandonnerai pas », parole qu'elle attribua à la Vierge. Elle voulait que ses soeurs se distinguent par un esprit d'humilité, de simplicité, de docilité, de pauvreté et d'abandon à la divine Providence. Les témoins de sa vie soulignèrent sa pauvreté héroïque, son inlassable dévouement et sa fidélité constante à la volonté de Dieu, à travers les épreuves d'une colonie naissante, les incendies, les deuils et les difficultés matérielles. Sa réputation de sainteté, déjà vive de son vivant, se manifesta avec éclat à sa mort, survenue, selon les récits, après qu'elle eut offert sa vie en prière pour la guérison d'une jeune soeur malade.
Beatification et canonisation
Béatifiée en 1950 par Pie XII et canonisée en 1982 par Jean-Paul II, Marguerite Bourgeoys devint la première sainte canadienne ; elle est fêtée le 12 janvier.
La cause de Marguerite Bourgeoys fut introduite à Montréal en 1869 par Mgr Ignace Bourget, puis présentée à Rome en 1878. Après l'examen de sa vie et de sa réputation de sainteté, elle fut béatifiée le 12 novembre 1950 par le pape Pie XII, à la suite de guérisons attribuées à son intercession et tenues pour inexplicables. Le vote du consistoire en faveur de la canonisation eut lieu le 24 mai 1982, et Jean-Paul II proclama sainte Marguerite Bourgeoys le 31 octobre 1982 à Rome, faisant d'elle la première sainte née ou ayant vécu au Canada. Une grande célébration eucharistique réunit ensuite, le 26 novembre 1982, environ vingt mille personnes au Forum de Montréal. Sa fête liturgique est fixée au 12 janvier, jour anniversaire de sa mort. Reconnue par l'Église comme « mère de la colonie » et première éducatrice de Ville-Marie, elle est honorée comme fondatrice de la première congrégation féminine non cloîtrée de l'Église catholique.
Spiritualite et heritage
Son héritage se perpétue dans la Congrégation de Notre-Dame, présente sur plusieurs continents, et dans la mémoire vivante du Vieux-Montréal.
L'héritage de sainte Marguerite Bourgeoys demeure indissociable de la Congrégation de Notre-Dame, qu'elle a fondée et qui poursuit aujourd'hui encore sa mission éducative et pastorale dans plusieurs pays d'Amérique, d'Europe, d'Asie et d'Afrique. À Montréal, la chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours, qu'elle avait fait édifier, conserve son tombeau et abrite le musée Marguerite-Bourgeoys, dans le Vieux-Montréal, lieux de mémoire et de pèlerinage. De nombreux établissements scolaires, paroisses et institutions portent son nom au Québec et au-delà, perpétuant son intuition d'une éducation chrétienne accessible aux familles modestes comme aux plus démunies. Figure tutélaire de l'histoire de Montréal et de l'éducation au Canada, première sainte canadienne, elle est honorée comme une pionnière dont l'oeuvre éducative et le sens de l'accueil continuent d'inspirer les communautés religieuses et les enseignants qui se réclament d'elle.
Annexes & related entities
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Key Events
- Époque / mort : 1700
- Canonisation en 1982 par Jean-Paul II
Quotes
-
Va, je ne t'abandonnerai pas.
https://margueritebourgeoys.org/en/marguerite-bourgeoys/