Katharine Drexel
Héritière de Philadelphie devenue religieuse, Katharine Drexel (1858-1955) fonda les Sœurs du Saint-Sacrement et consacra sa fortune à l'éducation des Amérindiens et des Afro-Américains. Canonisée en 2000 par Jean-Paul II.
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Biographie
Née en 1858 dans une riche famille de banquiers de Philadelphie, Katharine Drexel renonça à une vie de fortune pour embrasser la vie religieuse au service des plus pauvres.
Katharine Mary Drexel naquit le 26 novembre 1858 à Philadelphie, en Pennsylvanie, deuxième fille de Francis Anthony Drexel, banquier et philanthrope réputé, et de Hannah Langstroth, qui mourut quelques semaines après sa naissance. Élevée d'abord par un oncle, elle grandit après le remariage de son père dans un milieu profondément chrétien, où ses parents enseignaient à leurs filles que leur richesse leur était seulement confiée et devait être partagée avec les autres. Héritière d'une part considérable de la fortune familiale à la mort de son père, Katharine fut bouleversée par la misère des Amérindiens et des Afro-Américains, qu'elle découvrit lors de voyages à travers le pays et par sa correspondance avec des missionnaires. Lors d'une audience accordée par le pape Léon XIII, alors qu'elle demandait des missionnaires pour ces populations, le pontife l'invita à se faire elle-même missionnaire. Sous la direction spirituelle de l'évêque James O'Connor, elle entra en 1889 chez les Sœurs de la Miséricorde de Pittsburgh, puis prononça ses vœux le 12 février 1891. Après une vie entière de service, elle mourut le 3 mars 1955 en Pennsylvanie, à l'âge de quatre-vingt-seize ans.
Vie et oeuvre
Elle fonda la Congrégation des Sœurs du Saint-Sacrement et consacra sa fortune à l'éducation des Amérindiens et des Afro-Américains.
En prononçant ses vœux en 1891, Katharine Drexel fonda la Congrégation des Sœurs du Saint-Sacrement pour les Indiens et les gens de couleur (Sisters of the Blessed Sacrament for Indians and Colored People), vouée à l'évangélisation et à la promotion humaine des Amérindiens et des Afro-Américains. Dans un pays où l'abolition de l'esclavage de 1865 n'avait pas effacé de profondes discriminations, elle mit sa fortune au service de l'éducation et de la dignité de ces populations privées d'écoles et de soins. Au fil des décennies, elle ouvrit, dota et fit fonctionner près de soixante missions et écoles à travers les États-Unis, du Sud-Ouest amérindien aux régions du Sud profond. Son œuvre la plus marquante fut la fondation, en 1925, de l'université Xavier de Louisiane, à La Nouvelle-Orléans, demeurée la seule université catholique historiquement afro-américaine des États-Unis. À sa mort, la congrégation comptait environ cinq cents religieuses réparties dans une cinquantaine de couvents, ayant établi de nombreuses écoles élémentaires et secondaires. Son engagement, fondé sur une vie eucharistique intense, fit d'elle une pionnière de la justice raciale et de l'éducation au sein de l'Église catholique américaine.
Cheminement vers la saintete
Sa sainteté reposa sur une spiritualité eucharistique profonde, un détachement radical des richesses et une charité persévérante malgré la maladie.
La spiritualité de Katharine Drexel s'enracinait dans l'adoration du Saint-Sacrement, qui donna son nom à sa congrégation et inspira toute son action. Le détachement à l'égard de la richesse fut au cœur de son cheminement : héritière d'une immense fortune, elle choisit la pauvreté religieuse et orienta ses revenus, durant toute sa vie, vers les missions et les écoles qu'elle soutenait, jusqu'à ce que le capital revînt, selon les dispositions testamentaires de son père, à des œuvres charitables. Sa charité s'exerça avec persévérance dans un contexte de préjugés raciaux tenaces, qu'elle affronta avec douceur et fermeté. Durant les dix-huit dernières années de sa vie, une grave maladie cardiaque la contraignit à une quasi-immobilité ; elle vécut alors une longue période de retrait et de prière contemplative, consacrant ce temps à l'intercession pour son œuvre. Cette union de l'action missionnaire et de la vie intérieure, ainsi que sa réputation de sainteté grandissante, conduisirent l'Église à ouvrir sa cause de béatification.
Beatification et canonisation
Béatifiée en 1988 puis canonisée en 2000 par Jean-Paul II, sa cause fut soutenue par deux guérisons de surdité reconnues comme miraculeuses.
La cause de béatification de Katharine Drexel fut introduite en 1966. Le pape Jean-Paul II la béatifia le 20 novembre 1988, après la reconnaissance d'une première guérison miraculeuse, celle de Robert Gutherman, jeune garçon guéri d'une grave affection de l'oreille en 1974, attribuée à son intercession. Un second miracle, la guérison d'Amy Wall, fillette atteinte de surdité, ayant été reconnu, le même pape Jean-Paul II la canonisa le 1er octobre 2000, lors du grand Jubilé. Katharine Drexel devint ainsi la deuxième personne née aux États-Unis à être proclamée sainte, après sainte Élisabeth Ann Seton. Sa mémoire liturgique est fixée au 3 mars, jour anniversaire de sa mort. Sa canonisation, célébrée à Rome en présence de nombreux pèlerins américains, dont des fidèles amérindiens et afro-américains, fut perçue comme une reconnaissance de son engagement en faveur de la justice raciale et de l'éducation.
Spiritualite et heritage
Son héritage perdure à travers les Sœurs du Saint-Sacrement, l'université Xavier de Louisiane et sa figure de patronne de la justice raciale.
L'héritage de sainte Katharine Drexel demeure vivant à travers la Congrégation des Sœurs du Saint-Sacrement, qu'elle fonda, et l'université Xavier de Louisiane, institution qui continue de former de nombreux étudiants afro-américains, notamment dans les domaines de la santé. Figure de référence du catholicisme américain, elle est honorée comme patronne de la justice raciale et invoquée par les philanthropes, en raison de l'usage qu'elle fit de sa fortune au service des plus défavorisés. Sa dépouille fut d'abord conservée au couvent-mère de Bensalem, en Pennsylvanie, puis ses reliques furent transférées à la cathédrale-basilique des Saints-Pierre-et-Paul de Philadelphie, devenue un lieu de pèlerinage. De nombreuses paroisses, écoles et missions portent aujourd'hui son nom aux États-Unis. Son exemple d'un usage évangélique de la richesse et de son combat contre les discriminations raciales continue d'inspirer l'Église, en particulier les communautés catholiques noires et amérindiennes.
Annexes & related entities
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Key Events
- Époque / mort : 1955
- Canonisation en 2000 par Jean-Paul II
Miracles
- Guérison de Robert Gutherman d'une grave affection de l'oreille (1974), reconnue pour la béatification de 1988.
- Guérison d'Amy Wall, atteinte de surdité, reconnue pour la canonisation de 2000.