Léonie Aviat
Religieuse française (1844-1914), en religion Françoise de Sales, cofondatrice avec le père Louis Brisson des Oblates de Saint-François-de-Sales, vouées à l'éducation des jeunes ouvrières.
Guided reading
5 reading sections
Biographie
Née à Sézanne en 1844, Léonie Aviat reçut sa formation chez les Visitandines de Troyes, où elle découvrit la spiritualité salésienne avant de consacrer sa vie à Dieu.
Léonie Aviat naît le 16 septembre 1844 à Sézanne, en Champagne, dans une famille de commerçants aisés qui lui permet de recevoir une bonne éducation. En octobre 1855, elle entre comme pensionnaire au monastère de la Visitation de Troyes, où elle demeure plusieurs années. C'est là qu'elle rencontre deux figures décisives de sa vie spirituelle : la mère Marie de Sales Chappuis, supérieure de la Visitation, et l'abbé Louis Brisson, aumônier du monastère, qui l'enracinent dans la spiritualité de saint François de Sales. Marquée par cette formation, la jeune femme renonce à un projet de mariage pour se consacrer au service de Dieu et du prochain. En 1866, elle rejoint avec sa condisciple Lucie Canuet l'Œuvre Saint-François-de-Sales fondée par l'abbé Brisson pour venir en aide aux jeunes ouvrières des usines de Troyes. Cet engagement marque le point de départ de sa vocation religieuse. Elle prend l'habit le 30 octobre 1868, recevant le nom de sœur Françoise de Sales, puis prononce ses vœux perpétuels le 11 octobre 1871. Toute sa vie sera dès lors liée à la congrégation naissante des Oblates de Saint-François-de-Sales. Elle meurt à Pérouse, en Italie, le 10 janvier 1914.
Vie et oeuvre
Avec le père Louis Brisson, Léonie Aviat est cofondatrice des Oblates de Saint-François-de-Sales, congrégation vouée à l'éducation et à la protection des jeunes ouvrières.
L'œuvre de Léonie Aviat est inséparable de la fondation des Oblates de Saint-François-de-Sales. Touchée par la condition des jeunes filles employées dans les filatures et les usines de Troyes, exposées à la misère morale et matérielle, elle s'associe au projet de l'abbé Louis Brisson, qui souhaite leur offrir foyers, patronages et instruction. La congrégation est canoniquement érigée à partir de la prise d'habit du 30 octobre 1868. Les Oblates ouvrent des foyers pour ouvrières, des patronages, des écoles et des pensionnats, formant les jeunes femmes à devenir, selon l'esprit salésien, des apôtres de la charité dans leur milieu de travail et leur famille. Élue supérieure générale en 1872, puis de nouveau en 1893, mère Françoise de Sales dirige l'expansion de l'institut bien au-delà de la France : la congrégation s'établit en Suisse, en Italie, en Autriche, en Angleterre, en Amérique et jusque dans les missions d'Afrique australe. Femme d'action autant que de prière, elle veille à la fidélité des sœurs à l'idéal de saint François de Sales, fondé sur la douceur, l'humilité et l'oubli de soi au service des plus pauvres.
Cheminement vers la saintete
Sa spiritualité, profondément salésienne, repose sur l'abandon à la volonté de Dieu, l'humilité et l'oubli de soi au service des autres.
La sainteté de Léonie Aviat se nourrit de la spiritualité de saint François de Sales, reçue à la Visitation de Troyes auprès de la mère Marie de Sales Chappuis et de l'abbé Brisson. Son chemin spirituel se résume dans une devise qu'elle s'était donnée : « Tout oublier de soi », expression d'un renoncement radical à elle-même pour ne chercher que la volonté divine et le bien du prochain. Ses contemporains soulignent sa douceur, sa charité et une humilité constante, vécues au milieu des responsabilités lourdes de supérieure générale et des épreuves de la persécution. Elle reçut de la mère Chappuis le conseil de remettre tous ses désirs en Dieu et de faire en tout sa divine volonté, principe qui orienta toute son existence. Loin de toute mise en avant, elle s'efforça de demeurer cachée, attentive à la formation intérieure de ses sœurs et au service concret des jeunes ouvrières. Cette réputation de sainteté, fondée sur la fidélité quotidienne et l'esprit de service, se diffusa dès après sa mort dans la congrégation et conduisit à l'ouverture de son procès.
Beatification et canonisation
Béatifiée en 1992 puis canonisée en 2001 par Jean-Paul II, sainte Léonie Aviat est fêtée le 10 janvier.
Le procès en vue de la béatification de Léonie Aviat fut ouvert à Pérouse en 1929. Le pape Jean-Paul II la béatifia le 27 septembre 1992, puis la canonisa solennellement à Rome le 25 novembre 2001. Le miracle retenu pour sa cause concerne la guérison de Bernadette McKenzie, jeune Américaine de Drexel Hill, en Pennsylvanie, atteinte d'une grave affection de la colonne vertébrale qui l'avait laissée alitée après plusieurs interventions chirurgicales infructueuses : sa famille, son école et sa paroisse, rejointes par des milliers de personnes, entreprirent une neuvaine à mère Léonie Françoise de Sales, à l'issue de laquelle la jeune fille recouvra la santé. Selon les sources de l'Église, cette guérison fut reconnue comme inexplicable et attribuée à l'intercession de la fondatrice. La fête liturgique de sainte Léonie Françoise de Sales Aviat est fixée au 10 janvier, jour anniversaire de sa mort à Pérouse en 1914. Elle est honorée plus particulièrement par la congrégation des Oblates de Saint-François-de-Sales et au sein de la famille spirituelle salésienne.
Spiritualite et heritage
Son héritage perdure à travers les Oblates de Saint-François-de-Sales, encore actives dans l'éducation et la protection des jeunes sur plusieurs continents.
L'héritage de sainte Léonie Aviat se prolonge d'abord dans la congrégation qu'elle a cofondée et gouvernée, les Oblates de Saint-François-de-Sales, dont la mission reste centrée sur l'éducation, la protection de l'enfance et de la jeunesse, et la diffusion de la spiritualité salésienne. Au tournant du XXe siècle, les lois anticléricales de la Troisième République en France contraignent les religieuses à l'exil ; mère Françoise de Sales transfère la maison-mère à Pérouse, en Italie, vers 1903, où la congrégation poursuit son développement et obtient en 1911 l'approbation définitive de ses constitutions par le pape Pie X. C'est à Pérouse qu'elle meurt en 1914 et que reposent ses restes, vénérés par les Oblates. Aujourd'hui présente dans plusieurs pays d'Europe, d'Amérique et d'Afrique, la congrégation continue d'incarner son idéal d'humilité et d'oubli de soi au service des plus humbles. Sa figure demeure étroitement associée à celle du père Louis Brisson, lui-même béatifié en 2012 par Benoît XVI, dont elle fut la première et plus proche collaboratrice dans la fondation de l'institut féminin salésien.
Annexes & related entities
Structured data for exploration: events, miracles, quotes, places, attributes, patronages, and important entities cited in the text.
Key Events
- Époque / mort : 1914
- Canonisation en 2001 par Jean-Paul II
Miracles
- {'description': "Guérison inexpliquée de Bernadette McKenzie, jeune Américaine de Drexel Hill (Pennsylvanie), atteinte d'une grave affection de la colonne vertébrale, après une neuvaine à mère Léonie Françoise de Sales ; miracle reconnu pour sa cause.", 'source': 'https://en.wikipedia.org/wiki/Leonie_Aviat'}
Quotes
-
Tout oublier de soi.
https://www.oblates.org/st-leonie-aviat-osfs