July 1st 17th century

Petrus Kibe Kasui et compagnons

188

Pierre Kibe Kasui et ses 187 compagnons sont des martyrs catholiques japonais mis à mort pour leur foi entre 1603 et 1639 sous le shogunat Tokugawa.

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Biographie

La vie de Pierre Kibe Kasui, de sa naissance au Japon à son martyre à Edo en 1639, après un voyage extraordinaire à Rome.

Le bienheureux Pierre Kibe Kasui (Petrus Kibe Kasui), qui figure en tête de cette cause de 188 martyrs, est né vers 1587 à Kibe (dans la province de Bungo, actuelle préfecture d'Oita, au Japon). Issu d'une famille chrétienne, il étudie au petit séminaire d'Arima dirigé par les jésuites. En 1606, il fait le vœu privé d'entrer dans la Compagnie de Jésus et sert fidèlement comme catéchiste (dojuku). En 1614, l'édit d'expulsion générale promulgué par le shogun Tokugawa Ieyasu force les missionnaires et de nombreux chrétiens à s'exiler à Macao.\n\nFace au refus des supérieurs jésuites locaux d'ordonner des prêtres japonais, Pierre Kibe décide de se rendre à Rome pour y recevoir l'ordination. Il entreprend alors un voyage extraordinaire de près de 6 000 kilomètres à pied et par mer le long de la Route de la Soie, traversant Malacca, Goa, la Perse, Bagdad et Jérusalem, devenant ainsi le premier pèlerin japonais connu à visiter la Terre sainte. Arrivé à Rome en mai 1620, il y étudie la théologie et est ordonné prêtre le 15 novembre 1620. Il est admis au noviciat des jésuites à Rome, qu'il poursuit au Portugal.\n\nEn 1630, après un voyage de retour de six ans marqué par des naufrages et des maladies, il parvient à rentrer clandestinement au Japon, juste avant la fermeture totale du pays (sakoku). Il exerce son ministère pastoral en secret, d'abord à Nagasaki, puis dans les régions du nord (Oshu et Dewa). Arrêté en 1639 dans le royaume de Sendai, il est transféré à Edo (Tokyo). Interrogé par le shogun Tokugawa Iemitsu en personne, il refuse d'abjurer sa foi. Soumis au terrible supplice de la fosse (tsurushi), suspendu la tête en bas, il continue d'encourager ses compagnons de cellule avant d'être exécuté le 4 juillet 1639.

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Vie et oeuvre

Présentation du groupe des 188 martyrs du Japon, composé majoritairement de laïcs, et de leurs différents groupes de martyre.

Le groupe des 188 martyrs du Japon comprend des fidèles catholiques mis à mort en haine de la foi entre 1603 et 1639, sous le shogunat Tokugawa. Ce groupe est composé en grande majorité de laïcs (183 personnes), dont 60 femmes, 33 jeunes de moins de 20 ans et 18 enfants de moins de 5 ans. On y compte seulement 5 religieux : 4 jésuites (les pères Pierre Kibe Kasui, Julien Nakaura, Diogo Yuki Ryosetsu et le frère Nicolas Keian Fukunaga) et 1 prêtre augustin (le père Thomas de Saint-Augustin Jihyōe Kintsuba).\n\nCes martyrs témoignent de la vitalité de l'Église japonaise naissante, implantée depuis l'arrivée de saint François Xavier en 1549. Face à la persécution systématique visant à éradiquer le christianisme, des communautés entières choisissent le martyre plutôt que l'apostasie. Parmi les groupes notables de cette cause figurent :\n\n* Les martyrs de Yatsushiro (1603-1609) : 11 martyrs, dont les familles de samouraïs de Jean Minami (avec son épouse Magdalena et leur fils adoptif Luis, âgé de 7 ans) et de Simon Takeda (avec son épouse Inès et leur fille Agnès).\n* Les martyrs de Kyoto (6 octobre 1619) : 52 chrétiens brûlés vifs, parmi lesquels se distingue la famille Hashimoto, comprenant le père Jean, la mère Tecla et leurs cinq enfants âgés de 3 à 13 ans.\n* Les martyrs d'Edo (Tokyo) : John Hara Mondo (Jean Hara Mondo), un noble samouraï et ancien page du shogun, mutilé puis brûlé vif le 4 décembre 1623 à Shinagawa, Tokyo.\n* Les martyrs de Hiroshima : Francesco Tōyama Jintarō (noble samurai, Tiers-Ordre franciscain, tué le 16 février 1624), Matteo Shōbara Ichizaemon (crucifié le 17 février 1624) et Gioacchino Kurōemon (catechiste, crucifié le 17 février 1624).\n* Les martyrs du mont Unzen (1627) : chrétiens torturés et ébouillantés dans les sources de soufre du mont Unzen, dont le samouraï Paul Uchibori Sakuemon et ses trois fils.\n* Les martyrs de Yonezawa (12 janvier 1629) : 53 chrétiens décapités sur ordre du daimyo Uesugi Sadakatsu, dont Louis Amagasu Uyemon et le jeune Candido Bozo (14 ans).

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Cheminement vers la sainteté

Le processus historique de recherche et de reconnaissance du martyre de Pierre Kibe Kasui et de ses compagnons.

La cause de béatification de Pierre Kibe Kasui et de ses 187 compagnons a été introduite par la Conférence des évêques catholiques du Japon. Ce processus historique a nécessité de longues recherches pour surmonter l'absence de documents locaux, confisqués ou détruits durant la période d'isolement du Japon (sakoku). Les chercheurs se sont appuyés sur les archives des procès apostoliques menés au XVIIe siècle à Macao et Manille, ainsi que sur les rapports annuels de la Compagnie de Jésus.\n\nLe décret de validité de l'enquête diocésaine a été émis le 2 mai 1997. Après l'examen de la Positio par les consulteurs historiques et théologiens, le pape Benoît XVI a officiellement signé le décret reconnaissant leur martyre le 1er juin 2007.

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Béatification et canonisation

La célébration solennelle de la béatification des 188 martyrs à Nagasaki en 2008 et leurs dates de fête.

La célébration solennelle de la béatification a eu lieu le 24 novembre 2008 à Nagasaki, au Japon, au sein du Big N Stadium (Nagasaki Prefectural Baseball Park). La cérémonie était présidée par le cardinal José Saraiva Martins, préfet émérite de la Congrégation pour les causes des saints et envoyé spécial du pape Benoît XVI, en présence du cardinal Seiichi Peter Shirayanagi, archevêque émérite de Tokyo, et de plus de 30 000 fidèles rassemblés sous une pluie battante. Il s'agit de la plus grande assemblée de prière chrétienne de l'histoire du Japon.\n\nLe leur mémoire liturgique est fixée collectivement au 1er juillet. Pierre Kibe Kasui est également fêté individuellement le 4 juillet, jour anniversaire de sa mort.

Legacy 05 / 05

Spiritualité et héritage

La foi radicale des martyrs face aux tortures et leur héritage durable pour l'Église du Japon à travers les chrétiens cachés.

La spiritualité de ces 188 martyrs repose sur une foi baptismale vécue avec une intensité radicale, nourrie par la prière mariale (le chapelet) et la lecture d'ouvrages spirituels traduits en japonais, comme L'Imitation de Jésus-Christ. Face à la torture de la fosse (tsurushi), conçue spécifiquement par les persécuteurs pour briser la volonté et obtenir des apostasies plutôt que des morts héroïques, ces hommes, femmes et enfants ont manifesté une force surnaturelle.\n\nLeur héritage est immense pour l'Église du Japon. Après l'élimination ou l'exil de tous les prêtres, ce sont les laïcs qui ont assuré la transmission clandestine de la foi pendant plus de deux siècles. Ces "chrétiens cachés" (kakure kirishitan) ont maintenu les rites du baptême et la prière jusqu'à la réouverture du pays au XIXe siècle. En juillet 2022, une icône solennelle du bienheureux Pierre Kibe Kasui a été inaugurée à Tokyo, rappelant son courage de "pèlerin de la foi" et de pasteur infatigable.

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