Saint Pierre Urséole (Pietro Orseolo)

Doge de Venise et Moine

Feast : January 14th 10th century • saint

Summary

Doge de Venise élu en 976, Pierre Urséole gouverna avec sagesse avant de renoncer au pouvoir pour embrasser la vie monastique sous l'influence de l'abbé Guérin. Il s'enfuit secrètement en France au monastère de Saint-Michel de Cusan, où il finit ses jours dans une extrême pénitence et solitude. Ses reliques sont aujourd'hui honorées à Venise et à Prades.

Biography

SAINT PIERRE URSEOLE, DOGE DE VENISE (997).

Pierre, surnommé Urseole, de l'ancienne famille des Ursins de Rivo-Alto, né à Venise, brilla de tout l'éclat des vertus chrétiennes ; à la recommandation de ces vertus il fut choisi par le suffrage unanime de ses concitoyens pour succéder comme doge, quoique malgré lui, à Pierre Candien, l'an 976.

Élevé au faîte du pouvoir, il voulut inaugurer son administration publique par des bonnes œuvres. Il restaura donc l'église de Saint-Marc l'Évangéliste, qui, avec le palais des doges de Venise, avait été dévorée par un incendie sous son prédécesseur. Il gouverna la république avec gloire et avec sagesse, rapportant tout au bien commun de la patrie. Après un premier enfant que son épouse lui donna, il fit vœu, de concert avec elle, de chasteté perpétuelle.

La divine Providence mit bientôt le comble à cette résolution pieuse, par le moyen de Guérin, abbé du monastère de Saint-Michel, de l'ordre de Saint-Benoît de Cusan, dans le comté de Reussillon. Ayant relâché à Venise pour vénérer les reliques de saint Marc, ce saint religieux eut l'occasion de remarquer et d'admirer la piété du doge et son assiduité à ses devoirs religieux. Il s'entretint avec lui de la gloire éternelle, et le détermina à embrasser un genre de vie plus parfait et à servir Dieu loin du monde, dans un monastère.

Le doge demanda quelque temps pour mettre ordre à ses affaires ; Guérin s'éloigna pour continuer son voyage, et après l'avoir terminé, revint près de celui qui l'appelait déjà le sauveur de son âme. Il resta encore une année doge de Venise, après quoi, laissant patrie et famille, il partit non-seulement avec Guérin, mais encore avec Romuald et Marin, Jean Manrocène son gendre et Jean Grandonic. Pour n'être pas reconnu des espions, il se déguisa en conducteur de voiture, et c'est ainsi que lui et ses compagnons traversèrent Vérone et toute la Lombardie et parvinrent en France. En approchant du monastère de Cusan, il ôta sa chaussure et fit le reste du chemin pieds-nus. Son arrivée excita l'admiration universelle ; il entra chez les novices avec Grandonic et Manrocène ; les occupations les plus humbles étaient celles qu'il recherchait de préférence. Après deux ans révolus, il fut nommé sacristain. Mais, poussé par le désir d'une solitude plus étroite, il demanda et obtint la permission de bâtir, non loin du monastère, une cellule à peine assez large pour s'asseoir et se coucher ; les jeûnes, l'oraison et le travail des mains étaient ses occupations habituelles.

Son fils Pierre étant venu le voir, il lui prédit qu'il deviendrait doge, et l'événement justifia sa prédiction de son vivant même. Il l'avertit en outre de ne jamais se départir de la justice, et de conserver aux églises du Seigneur tous leurs droits intacts. Enfin, après dix-neuf ans de vie monastique, je veux dire d'exquise piété et de continuelle pénitence, à la soixante-neuvième année de son âge, averti par révélation divine qu'il ne tarderait pas à s'endormir du sommeil de la mort, couché sur la cendre et le cilice, le 10 janvier de l'an de notre salut 997, il rendit son âme à Dieu. Divers prodiges attestèrent sa sainteté ; son corps, conservé dans l'église sous un autel dédié en son honneur, était visité et honoré par les pieux fidèles. Clément XII le canonisa et permit de faire sa fête le 14 janvier. Peu de temps après eut lieu la translation solennelle d'une partie de ses reliques à Venise, dans l'église de Saint-Marc. Toute la cité vénéra son prince avec une dévotion extraordinaire.

Sur la fin du XVIIIe s., après que la révolution eut éclaté en France et que le monastère de Cusan eut été détruit de fond en comble, les autres reliques de Pierre Urséole furent transportées dans l'église paroissiale de Prade, où elles sont encore très-religieusement conservées aujourd'hui.

Bréviaire de Perpignan.

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## SAINT GONZALVE D'AMARANTHE (1259).

Gonzalve ou Gonzalo d'Amaranthe, le miroir brillant des pèlerins, des anachorètes et des prédicateurs, naquit à Athanagilde, en Portugal, de parents nobles et pieux. Aussitôt après son baptême, et étant encore tout petit enfant, il donna des marques de sa dévotion envers les images de Notre-Seigneur, de sa sainte Mère et des Saints. Il apprit les rudiments des lettres et des vertus à l'école d'un prêtre pieux, et passa son adolescence sous la discipline domestique de l'archevêque de Braga, qui lui conféra le sacerdoce et lui confia l'église de Sainte-Pélagie-sur-Viselle. Il donna dans cette fonction des exemples de toutes les vertus d'un excellent pasteur. Avec la permission de son évêque, il quitta sa charge et employa quatorze ans à visiter les sanctuaires de Jérusalem et de Rome. À son retour dans son église, son vicaire, repris sévèrement par lui d'avoir employé les aumônes des pauvres à alimenter son luxe personnel, l'ayant reçu avec des menaces et des coups de bâton, il embrassa la vie érémitique. Il se retira à Amaranthe et vécut solitaire près d'une chapelle qu'il fit construire en l'honneur de la Vierge et se consacra à l'instruction du peuple du voisinage.

Aspirant au genre de vie qui plaisait le plus à la Mère de Dieu, il passa tout un Carême à jeûner au pain et à l'eau, la suppliant de ses plus ardentes prières de lui marquer sa volonté par un signe non équivoque. Il obtint ce qu'il demandait, et entra dans l'Ordre des Frères-Prêcheurs. Son noviciat achevé, il reçut la mission d'aller publier la parole de Dieu ; et, pour le plus grand profit des âmes, il fut renvoyé à Amaranthe avec un compagnon. Entre toutes les autres merveilles par lesquelles il ravit toute la province, il entreprit une œuvre extraordinaire : il jeta, avec des ressources recueillies par lui seul, un pont de pierre de plusieurs arches sur le Tamaga, fleuve rapide et dangereux. Un ange lui avait désigné l'endroit où il devait l'établir. Il désaltéra plus d'une fois les ouvriers avec du vin qu'il faisait couler par ruisseaux abondants du sein d'un rocher ; plus d'une fois, il fit venir sur le bord et à portée de la main, des poissons en quantité suffisante pour les nourrir. Longtemps après sa mort, il préserva ce pont fameux d'une ruine inévitable.

Des impies tournant en dérision les foudres de l'anathème ecclésiastique en sa présence, il les confondit par un miracle éclatant et public. Enfin, brisé par la vieillesse et par ses travaux évangéliques, ce saint homme connut, par révélation divine, le moment de sa mort. Muni des sacrements de l'Église, il la vit venir avec joie, et fut soutenu à ce dernier passage par une vision de la sainte Vierge et des gloires célestes (10 janvier 1259).

Son corps n'a pas cessé jusqu'à ce jour d'opérer des miracles, et il est continuellement entouré d'un concours immense de peuple. Jules III et Pie IV ont permis au clergé de Portugal de célébrer la fête de saint Gonzalve, après avoir fait vérifier par des juges apostoliques la renommée de sa sainteté. Enfin Clément X, par le conseil de la Sacrée Congrégation des Rites, a étendu cette concession à tout l'Ordre des Frères-Prêcheurs.

Le B. Gonzalve est patron de la paroisse et de la ville d'Amaranthe qui s'est formée, du vivant même du saint homme, autour de sa cellule et qui a pris le nom du désert où il s'était retiré. On l'a encore appelé l'apôtre d'entre Douro-et-Minho.

autorisés, appelle Urséole œuvre clarum, fide et moribus circumspectum ; et plus loin, en parlant de son élévation : « FERRILZ MYATS uû alimi quam Deo placere studens, oû tantæ dignitatis prosectum scandere consequnabat, timone ne sacularis honoris ambitious propositem amitteret sanctitatis... Sancto (Vie des duchi di Venezia) dit la même chose. Pietro Marcello (De vitâ, moribus et rebus gestis omnibus ducum Veneterum) appelle saint Urséole vitæ probitate et innocenti clarus..., qui aliquando MAGISTRATUM ASCENDERE NOLUIT ; serum populi precibus fatigatus, ne Rempublicam ea temporum necessitate duceret, charitate patriæ motus, manu administrationem assumpsit, et quamprimum omnes juramento adstringit, non futurum passurum res novas aut seditionem aliquam adserens supremum dignitatem, nec aliquid quod non ex Republicâ esset, malè facere... » Vellâ qui explevit et justifie le passage du Propre de notre diocèse (... Gallus tamen, sufflatus est).

MARTYROLOGES. 267

Feast Date

January 14th

Death

10 janvier 997