Saints Aché et Achéul

Martyrs

Feast : May 1st • saints

Summary

Le diacre Aché et le sous-diacre Achéul sont deux martyrs de l'Amiénois dont la tradition rapporte peu de détails, hormis leur courage face aux persécuteurs. Leurs reliques, d'abord enterrées à Abdalène, furent transférées à Amiens au VIIIe siècle et sont aujourd'hui réparties entre la cathédrale et la maison des Jésuites.

Biography

SAINTS ACHÉ ET ACHÉUL (Époque inconnue).

Le diacre saint Aché et le sous-diacre saint Achéul, tous deux originaires de l'Amiénois, reçurent un jour de 1er mai la palme du martyre. Au milieu des tourments, ils se bornaient à dire à leurs persécuteurs : « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? » Voilà tout ce que nous apprend la tradition au sujet de ces glorieux martyrs.

Saint Aché et saint Achéul furent inhumés dans un lieu alors nommé Abdalène, là où devait s'élever plus tard une église qui prendrait leur nom après avoir quitté celui de Notre-Dame et de Saint-Firmin. C'est de là que leurs corps furent transférés par saint Salve, évêque d'Amiens au commencement du VIIIe siècle, dans la nouvelle église érigée par cet évêque dans l'enceinte de la ville, sous le vocable des Princes des Apôtres, et qui, plus tard, prit le nom de Saint-Firmin le confesseur.

Une partie des reliques des deux Saints est actuellement conservée à Notre-Dame, dans la chasse de saint Honoré. La tête de saint Achéul se trouve à la maison des Jésuites de Saint-Achéul ; le reliquaire est placé sous l'autel de la chapelle domestique. Autant qu'on peut en juger, les os sont à peu près réduits en poussière. Une famille pieuse avait sauvé le crâne de saint Achéul pendant la Révolution et en fit don aux Jésuites en 1827.

Saint Firmin le confesseur fit ériger une église à Abdalène sur les tombeaux où reposaient les corps vénérés de saint Firmin le martyr, de saint Aché et de saint Achéul, à côté des ruines d'un temple romain. Ce sanctuaire fut d'abord dédié à Notre-Dame et à saint Firmin, martyr. Dans le cours du moyen âge, on le désigna simultanément tantôt sous le nom de Saint-Aché et Saint-Achéul, tantôt sous le nom de Notre-Dame-des-Martyrs. Depuis longtemps il n'est guère connu que sous celui de Saint-Achéul.

Un prieuré de clercs réguliers fut institué dans cette église en 1055. Ce prieuré embrassa la Règle de Saint-Augustin en 1109, et fut érigé en abbaye en 1145. En 1291, le pape Nicolas IV accorda un an et quarante jours d'indulgences aux personnes qui visiteraient l'église de Saint-Achéul, le jour de la fête de ce saint martyr.

Au dernier siècle, l'abbaye de Saint-Achéul était possédée par des chanoines réguliers de la Congrégation de Sainte-Geneviève : elle existait encore au moment de la Révolution de 1793. Saint-Achéul-lez-Amiens est aujourd'hui un petit village, le même que l'ancien Abdalène. Ce dernier nom était celui d'un héritage appartenant au fameux Faustin, et dans lequel ce pieux personnage avait fait enterrer honorablement le corps de saint Firmin, apôtre de la contrée.

Les bâtiments de l'abbaye Saint-Achéul n'ont point été détruits pendant la Révolution. Les Jésuites y avaient formé, en 1814, un vaste établissement justement célèbre, où près de deux mille jeunes gens recevaient le bienfait d'une éducation chrétienne : l'établissement d'éducation fut supprimé en 1828, et cette célèbre maison n'est plus aujourd'hui qu'un noviciat de l'Ordre.

L'église Saint-Achéul est la première et la plus ancienne église d'Amiens : elle servit de cathédrale jusqu'au VIIIe siècle, époque à laquelle saint Salve transféra le siège épiscopal et la métropole dans l'intérieur même d'Amiens. Il paraît que cette église est aujourd'hui dans un état de délabrement dont souffrent beaucoup les amis de l'antiquité chrétienne et des saines traditions de

l'architecture religieuse. Ils font des vœux pour rendre Notre-Dame de Saint-Achéul digne de protéger et de conserver les souvenirs les plus antiques et les plus saints de la foi dans la Picardie.

Une côte de saint Achéul est conservée à la cathédrale d'Amiens, dans un petit reliquaire.

Les noms de saint Aché et de saint Achéul sont inscrits dans des Litanies d'Amiens qui datent du XIIIe siècle, dans le martyrologe attribué à saint Jérôme et dans tous ceux de l'église de France. Le second de ces martyrs est patron de Saint-Achéul, dans le canton de Bernaville, et d'Écouen (Seine-et-Oise). La rue actuelle d'Amiens à Noyon portait au XIIIe siècle le nom de Saint-Achéul. La fête qui tombe le 1er mai est renvoyée au 11, à cause de l'occurrence de saint Philippe et de saint Jacques. Elle a toujours figuré dans les Bréviaires amiénois sous le rit simple ou semi-double.

Consulter l'Hagiographie d'Amiens, par M. Corblot, dont nous avons analysé le savant travail.

---

## SAINT BLANDIN (VIIe siècle).

Blandin, époux de sainte Salaberge et père de saint Baudoin, ainsi que de sainte Austrode, était digne d'être le chef d'une telle famille. Il consentit à ce que son épouse entrât en religion, et lui-même ne pensa plus qu'à travailler à sa propre sanctification. Il mourut après le milieu du VIIIe siècle. On conservait, dans le monastère que sainte Salaberge avait fondé à Laon, une partie de ses reliques avec celles de sa sainte famille. Saint Blandin est surtout honoré dans un village du diocèse de Meaux qui porte son nom.

---

## SAINT ÉVERMAR, MARTYR (vers 700).

Évermar naquit en Frise d'une des plus nobles familles de ce pays, et florissait du temps de Pépin, fils d'Anségine et de sainte Beggue. Dès sa plus tendre jeunesse il fut un modèle de toutes les vertus. Il désirait avec ardeur de s'élever à la véritable perfection, et d'offrir même au Seigneur le sacrifice de son sang. On rapporte qu'il fit d'abord un pèlerinage à Saint-Jacques en Galice, et qu'il revint ensuite dans la Gaule-Belgique, où il visita les tombeaux de quelques Saints morts depuis peu et célèbres par leurs miracles, tels que saint Foillan, saint Ultan, saint Furey, saint Remacle, sainte Gertrude de Nivelles et saint Tron.

Évermar, ayant satisfait à ses vœux près des tombeaux de ces Saints, alla à Maestricht pour visiter celui de saint Seryais. Arrivé à l'entrée d'une forêt, nommée Ruthe, il ne la traversa pas, de crainte de s'égarer pendant l'obscurité de la nuit qui commençait à tomber. Il s'arrêta dans le village d'Herstapel, situé dans le voisinage. Ce village était alors occupé par un certain Hacco et sa bande qui dépouillaient et assassinaient tous ceux qui passaient par les bois et sur les voies publiques. Afin que personne ne lui échappât, Hacco avait bâti, sur le bord de la Meuse, une maison, que, d'après lui, on nomma Hactelet. Évermar, qui ignorait tout cela, alla droit à cette maison pour passer la nuit. La femme de Hacco, qui craignait Dieu et qui aimait à servir les étrangers, reçut notre Saint et ses compagnons avec beaucoup d'amitié, et, après les avoir bien traités, leur conseilla de partir le lendemain avant le lever de l'aurore, afin d'échapper aux mains de son mari. Ils suivirent le conseil de cette pieuse femme, et, étant partis le lendemain matin de bonne heure, ils entrèrent dans la forêt de Ruthe. Cependant Hacco, ayant appris que des étrangers avaient passé la nuit dans sa maison, en devint furieux, car il pensait qu'il allait passer pour un lâche, si ces étrangers traversaient le pays sans obstacle. Il courut au bois avec sa troupe pour les chercher, et arriva à l'improviste à un endroit où il les trouva endormis. Hacco se jette sur eux et les accuse de fourberie, pour être venus dans ses domaines sans payer le droit de passage : et puisque maintenant ils se sauvent comme des voleurs, il décerna contre eux la peine de mort. À ces mots, il tomba sur Évermar et lui ôta la vie ; après cela il fait subir le même sort à ses compagnons. Les assassins, après avoir dépouillé les corps, les laissèrent sans sépulture. Ils furent trouvés par

quelques personnes de la suite de Pépin, qui se livrait de ce côté au plaisir de la chasse. Ces personnes les enterrèrent, et, ayant remarqué dans le corps d'Évermar un éclat et une beauté qui le distinguaient des autres, ils lui donnèrent une sépulture plus honorable.

Le bois ayant été essarté dans la suite, il s'éleva à cet endroit un village appelé Ruthe ou Rotthem, aujourd'hui Rüsson, et une église sous l'invocation de saint Martin, desservie par un prêtre nommé Ruzelin, qui menait une vie très-sainte. Ce prêtre découvrit d'une manière extraordinaire la sépulture d'Évermar, et en fit son rapport à Euracle, évêque de Liège, qui ordonna de déterrer le corps, qu'il transféra dans l'église de Saint-Martin à Rüsson, où il se fit beaucoup de miracles qui confirmèrent la sainteté d'Évermar. La cérémonie de cette translation se fit vers l'an 908. Une autre translation de ces reliques eut lieu sous l'épiscopat de Théoduin, qui gouverna l'église de Liège depuis 1646 jusqu'en 1675.

Les Bellandistes ont publié (t. : malf.), la vie de saint Évermar et l'histoire de ses translations et de ses miracles. Voyez A.A. SS. Belgii selecta, t. v, p. 275-287.

Feast Date

May 1st

Death

1er mai (époque inconnue)