Saint Aigulfe (Aout)

Évêque de Bourges

Feast : May 22nd 9th century • saint

Summary

Évêque de Bourges au IXe siècle, Aigulfe (ou Aout) se distingua par sa piété solitaire avant d'être élu contre son gré en 811. Fidèle à Louis le Débonnaire, il participa aux conciles de Toulouse et de Thionville. Il mourut en 835 après un épiscopat de vingt-quatre ans marqué par la sagesse et la rigueur.

Biography

S. AIGULFE, VULGAIREMENT S. AOUT, ÉV. DE BOURGES (835).

Ce Saint commença dès l'enfance à donner, par sa piété et par ses vertueuses inclinations, l'espoir qu'il parviendrait à une sainteté éminente. Élevé avec soin dans les lettres humaines et divines, il conserva, grâce, en partie du moins, à ces connaissances, la pureté des mœurs, et se consacra particulièrement au service de Dieu. Lorsqu'il se vit en état de choisir un genre de vie, il quitta le monde pour suivre Jésus-Christ. Il se retira dans une solitude, où il se donna tout entier aux exercices de la pénitence et de la prière, et à la méditation des saintes Écritures. Il s'étudiait à imiter, autant qu'il lui était possible, la conduite du prophète Élie et celle de saint Jean-Baptiste, par ses grandes abstinences et son éloignement du commerce des hommes. Mais Dieu, qui en devait faire un exemple pour son peuple, ne voulut pas qu'une vertu si rare demeurât toujours cachée. L'éclat de son mérite le fit connaître et attira vers lui beaucoup de personnes qui venaient se recommander à ses prières ou recevoir ses instructions. Le siège archiépiscopal de Bourges étant venu à vaquer, vers l'an 811, par la mort d'Ébroin, que d'autres appellent Elban ou Elboin, Aigulfe fut élu à l'unanimité des suffrages. Il refusa longtemps de quitter la douceur et l'obscurité de sa solitude; enfin, après de longues instances, il se laissa traîner plutôt qu'il n'alla où on l'appelait. Lorsqu'il fut sacré, il s'appliqua à remplir tous les devoirs de ce sublime ministère, avec la même ardeur et la même fidélité qu'il apportait au service de Dieu dans les exercices de la solitude.

Nous ne connaissons rien sur le commencement de cet épiscopat, que par l'éloge qu'en fit Théodule, évêque d'Orléans, dans sa prison d'Angers. Le Saint continua de conduire son peuple dans le vrai chemin du ciel, et par ses exemples, et par ses instructions, veillant sans cesse sur lui-même et sur le troupeau qui lui était confié. Ces soins s'étendirent aussi sur les villes soumises à sa métropole, dont la primatie était qualifiée du titre de patriarcat. Il assista, l'an 829, au concile de Toulouse, l'un des quatre qui se tinrent cette année dans les principales villes du royaume, pour remédier aux désordres qui avaient attiré la colère de Dieu sur la France, alors désolée par les fléaux de la famine, de la peste et d'autres malheurs. Lorsque plusieurs prélats du royaume, oubliant ce qu'ils devaient à leur prince légitime, Louis le Débonnaire, embrassèrent inconsidérément la révolte de ses fils, Aigulfe ne se laissa point entraîner par ce mauvais exemple. Ebbes, évêque de Reims, qui, abusant de sa débonnaireté et de sa soumission à l'Église, avait osé dégrader ce prince, fut enfin obligé de se déclarer coupable. Il choisit le saint évêque de Bourges pour l'un de ses juges dans le concile de Thionville, où les prélats se trouvèrent, au commencement du Carême de l'an 835, pour son affaire et celle des autres rebelles, après avoir remis solennellement la couronne sur la tête de l'empereur, à Metz, le dimanche qui précédait le jeûne des quarante jours.

Aigulfe ne put s'empêcher de condamner la conduite de ce confrère et de travailler à sa déposition avec les autres. Il revint à son église avant Pâques, mais la consolation qu'elle eut de le revoir ne fut pas de longue durée, car il mourut le 22 mai suivant, le samedi qui précédait les litanies des Rogations, après vingt-quatre ans d'épiscopat. Le lieu de sa mort fut une solitude de son diocèse, où il s'était retiré pour se recueillir. Il y fut enterré, et l'on a depuis bâti sur son tombeau une église de son nom, siège d'une paroisse dans l'archiprêtré de Châteauroux. On transporta quelques-unes de ses reliques dans la Champagne et dans les Pays-Bas. Jean de Suilli, archevêque de Bourges, fit une translation solennelle de son corps dans l'église même de sa sépulture, le dimanche 16e jour d'avril, de l'an 1279, et il en fit dresser un procès-verbal qu'il enferma dans la chasse. L'archevêque Roland Hébert, voulant visiter ces reliques, l'an 1623, fit ouvrir la chasse en sa présence, le 22 de mai, jour de sa fête, et y trouva le titre de sa translation, où il était qualifié de Martyr, sans qu'on en sache la raison.

Cf. Acta Sanctorum, Balllet, etc.

Key Events

  • Retraite dans la solitude pour imiter Élie et Jean-Baptiste
  • Élection à l'unanimité au siège de Bourges vers 811
  • Participation au concile de Toulouse en 829
  • Juge au concile de Thionville en 835 pour l'affaire d'Ebbes de Reims
  • Mort après vingt-quatre ans d'épiscopat