Notre-Dame de Lorette (Lille)

Vierge Marie

Feast : July 2nd 16th century • sainte

Summary

Le culte de Notre-Dame de Lorette à Lille s'articule autour de deux chapelles, dont la plus célèbre fut reconstruite en 1708 par l'électeur de Cologne comme copie de la Santa Casa. Ce sanctuaire devint un centre de dévotion majeur, célèbre pour ses guérisons miraculeuses et ses résurrections d'enfants. L'image sacrée survécut à la Révolution et est aujourd'hui conservée à l'hôpital Saint-Sauveur.

Biography

NOTRE-DAME DE LORETTE, À LILLE

AU DIOCÈSE DE CAMBRAI

Il y avait à Lille deux chapelles de Lorette : la première, près de l'ancienne église Saint-Étienne, fondée, en 1537, par l'intendant général des finances, était d'une construction élégante et gracieuse, riche de tableaux et de sculptures ; et la statue de la Vierge placée au-dessus de l'autel passait pour un chef-d'œuvre. Depuis 1651, elle possédait la statue du sanctuaire de Notre-Dame des Ardents, lequel, après avoir été, pendant quatre siècles, visité avec fruit par les malades atteints du feu Saint-Antoine, fut alors démoli ; et l'on continuait de venir prier devant cette image pour obtenir la guérison de la fièvre et du charbon.

La seconde chapelle de Lorette, bien plus célèbre que la première, fut fondée par l'électeur de Cologne, Joseph-Clément, chez les dames de l'Abbiette. Ce prince, trouvant peu digne de la sainte Vierge l'humble chapelle où elle était honorée depuis deux siècles, conçut le projet de la remplacer par une plus décente dont il posa la première pierre le 9 février 1708. Dans cette construction, il ne négligea rien pour faire de sa nouvelle chapelle une copie fidèle de la Santa Casa, vénérée à Lorette en Italie ; et, à la fin du mois de juin, l'édifice étant terminé, il alla, en grande solennité, chercher au couvent des dames dominicaines la statue de l'ancienne chapelle qu'il y avait fait déposer. Le 1er juillet, il fit la consécration de ce nouveau sanctuaire ; le 2 du même mois, il y célébra la messe, et Fénelon y vint, l'après-midi, faire ses prières. Les jours suivants, on célébra très-solennellement l'octave de la consécration de la chapelle. Tous ces jours, il y eut grand'messe, le premier jour par les dominicains, le second, par le clergé de Saint-Étienne, qu'accompagnaient les magistrats en corps et en robe, offrant un cœur d'or avec cette inscription : *Votum populorum*, le vœu des peuples, et au-dessus, les armes de la ville ; les jours suivants, par le chapitre de Saint-Pierre, par les paroisses de Saint-Sauveur et de Saint-Maurice et par les ordres mendiants. Tant que l'électeur resta à Lille, il fit dire le chapelet chaque jour dans la chapelle de Lorette, et y assista ; et depuis lors, cette sainte pratique s'y est toujours conservée.

Quelque temps après, la ville ayant été prise par les hérétiques, les habitants osèrent, en leur présence, manifester, comme auparavant, leur dévotion à Notre-Dame de Lorette. Tous les matins, on y venait entendre la messe ou y faire ses prières, en si grand nombre qu'on avait peine à y trouver place ; tous les soirs, on y revenait chanter les litanies de Notre-Dame de Lorette ; et des cœurs d'or et d'argent, des tableaux, des cierges offerts à l'autel, attestaient la piété des fidèles pour la Mère de Dieu.

Dès l'année qui suivit la construction du nouveau sanctuaire, des guérisons inespérées s'y opérèrent ; et le bruit s'en répandant au loin, les grands vicaires de Tournai jugèrent opportun de faire procéder à une enquête sur ce sujet. L'enquête, commencée le 6 février 1710, constata plusieurs guérisons miraculeuses, ainsi que deux résurrections, qui permirent d'administrer le baptême à deux enfants morts en naissant ; et les dépositions des témoins, les certificats délivrés par les hommes de l'art, aussi bien que les registres où étaient consignés ces faits miraculeux, se conservèrent, jusqu'à la Révolution, dans le monastère des religieuses de l'Abbiette.

La précieuse image, heureusement échappée à l'esprit de destruction de 93, se vénère maintenant chez les religieuses de l'hôpital Saint-Sauveur.

*Notre-Dame de France*, par M. le curé de Saint-Sulpice.

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## SAINT DOMITIEN, ABBÉ,

## FONDATEUR DE SAINT-RAMBERT DE JOUX, AU DIOCÈSE DE BELLEY (440).

Domitien naquit à Rome d'une famille distinguée, vers l'an 347, sous l'empire de Constance. Philippe, son père, et Marcianille, sa mère, cultivèrent soigneusement les heureuses dispositions qu'il manifesta dès son bas âge ; ils veillèrent surtout à le préserver des erreurs de l'arianisme et mirent tous leurs soins à le fortifier dans la foi catholique.

À l'âge de douze ans, il fut envoyé dans une école chrétienne pour y apprendre les lettres sacrées et profanes. Sur ces entrefaites, il perdit son père qui fut mis à mort par les Ariens, en haine de la religion ; sa mère en mourut de chagrin peu de temps après. Domitien prit dès lors la résolution de quitter le monde : il se défit de son patrimoine, partagea toute sa fortune entre les indigents de Rome, et se retira tout jeune encore dans une maison religieuse pour embrasser l'état monastique dans sa ville natale. Plus tard (426), les factions qui agitaient l'État troublèrent la solitude des cloîtres : Domitien prit alors le parti de se retirer dans les Gaules. Il aborda à Marseille où il fit la rencontre d'un ecclésiastique pieux, nommé Salvien, qui le fit entrer dans l'abbaye de Saint-Honorat de Lérins, au diocèse de Fréjus. Saint Bitaire l'en retira pour lui conférer la prêtrise (428), mais il rentra à Lérins et n'en sortit que quelques années après pour fonder, dans l'endroit appelé alors Axance, aujourd'hui Bourg-Saint-Christophe (Ain), un petit oratoire qu'il dédia à saint Christophe.

Il s'y livrait au jeûne, à la prière, aux veilles et à la célébration des saints mystères. Le nombre de ses disciples croissant de jour en jour, il abandonna l'oratoire d'Axance qu'il confia à un prêtre avec les jardins qu'il y avait formés et la vigne qu'il y avait plantée, et bâtit, sur un plateau qui domine la fontaine de Bebron, un monastère et deux oratoires, l'un en l'honneur de la sainte Vierge, l'autre en l'honneur de saint Christophe, martyr. Quelque temps après, ayant converti de l'arianisme à la foi catholique un riche seigneur des environs, nommé Lations, celui-ci donna à Domitien des terres et de l'argent, ce qui lui permit d'agrandir son monastère de Bebron. Saint Rambert ayant été percé d'une lance dans les environs, par les ordres du cruel Ebroïn, y fut enseveli, et depuis lors le monastère de Domitien prit le nom de Saint-Rambert de Joux.

Après de si beaux travaux, affaibli par l'âge et les austérités, Domitien rendit son âme à Dieu. Sa dépouille mortelle fut déposée dans un beau sarcophage que ses religieux placèrent près de l'autel dédié à saint Genès, martyr. Une partie des reliques de ce saint solitaire fut transportée au prieuré de Saint-André-en-Forez vers l'an 1878, sous l'épiscopat de saint Gébuin, évêque de Lyon. Il n'existe plus aujourd'hui de ces précieux restes que quelques fragments qui sont dans l'église de Saint-Rambert (Loire).

Abrégé de la vie qu'en donnent Mgr Depéry, dans son Histoire hagiologique de Belley, et les Acta Sanctorum, au tome Ier de juillet.

Feast Date

July 2nd