Saint Raven

Prêtre et Martyre

5ᵉ siècle • saint

Résumé

Prêtre originaire de Grande-Bretagne, Saint Raven s'exila avec le diacre Rasiphe près de Séez pour fuir les persécutions. Menant une vie d'ermites, ils furent finalement mis à mort vers 470 par les envoyés du gouverneur de Némétrie. Leurs reliques, longtemps honorées à Bayeux, furent en grande partie détruites par les Calvinistes au XVIe siècle.

Biographie

SAINT RAVEN, PRÊTRE, ET SAINT RASIPHE, DIACRE,

MARTYRISÉS PRÈS DE SÉEZ (vers 470).

Raven et Rasiphe, nés dans la Grande-Bretagne, furent chassés de leur patrie par le gouverneur de la province, à cause du zèle qu'ils mettaient à instruire les habitants de la contrée. Ils traversèrent la mer et vinrent se réfugier dans un lieu désert nommé aujourd'hui Macé (Orne), près de la ville de Séez. Ils vécurent là, couverts de peaux de bêtes et ne se nourrissant que de racines ; mais, par une disposition de Dieu, leur sainteté se manifesta aux yeux des hommes, et un grand concours de peuple eut lieu à leur ermitage. À cette nouvelle, le gouverneur de Némétrie envoya des satellites pour tuer les deux Saints.

Ensevelis dans ce lieu désert par les chrétiens, leurs corps restèrent longtemps cachés ; enfin, ils furent découverts miraculeusement et une église fut bâtie sur le lieu de leur sépulture. Ces saintes reliques, après avoir longtemps reposé dans l'église de Macé, furent transportées à Saint-Vaust, près de Bayeux, et mises à l'abri des dévastations sacrilèges que les Normands avaient coutume d'exercer sur les églises. Plus tard, sous l'épiscopat de Hagnès II, évêque de Bayeux, une religieuse ayant su, par une révélation, l'endroit où reposaient les corps des deux Saints, en fit part à ce prélat.

Il se rendit processionnellement, avec son clergé et son peuple, marchant les pieds nus, comme tout le monde, malgré son grand âge, à l'église de Saint-Vaust ; on trouva, à vingt pieds de profondeur en terre, un sarcophage de pierre qui, lorsqu'on l'ouvrit, laissa échapper une odeur agréable ; il contenait les ossements des Martyrs, enveloppés dans un sac de cuir de cerf. Ces précieuses reliques furent portées à Bayeux. Le Seigneur fit de nombreux miracles pour glorifier ses serviteurs. Endes, successeur de Hagnès, les fit mettre dans une nouvelle chasse plus belle que celle où elles étaient ; elles y restèrent jusqu'en 1562, époque à laquelle elles furent brûlées par les Calvinistes. Quelques ossements furent recueillis, et ils sont aujourd'hui dans la chapelle du château de Grancey en Champagne. Mais comme on fut obligé de les cacher à l'époque de la Révolution, on perdit l'authentique, et ces reliques ne purent dès lors être exposées à la vénération des fidèles.

Propre de Bayeux ; Vies des Saints du diocèse de Séez, par M. l'abbé Blin.

Époque

5ᵉ siècle

Décès

vers 470