Sainte Rusticule (Rusticle)

Abbesse de Saint-Césaire d'Arles

Fête : 11 aout 7ᵉ siècle • sainte

Résumé

Élue abbesse d'Arles à seulement dix-huit ans, Rusticule dirigea une communauté de trois cents religieuses avec une grande austérité. Accusée à tort par le roi Clotaire III d'abriter un prince fugitif, elle fut innocentée grâce à l'intervention de l'évêque de Vienne et à ses propres vertus. Elle mourut en 632, laissant derrière elle une réputation de sainteté marquée par le don des larmes.

Biographie

SAINTE RUSTICULE OU RUSTICLE,

ABBESSE DE SAINT-CÉSAIRE D'ARLES

passer le reste de ses jours dans le monastère où elle était. Inutilement sa mère fit des efforts pour la rengager dans le monde.

Devenue religieuse, elle ne s'occupa que de l'accomplissement de sa règle. Elle apprit par cœur tous les livres de l'Écriture. Elle s'étudiait à oublier les belles qualités du corps et de l'esprit qu'elle avait reçues de la nature, et ne se distinguait que par sa modestie et son humilité. Elle était si estimée de sa communauté qu'on l'élut abbesse après la mort de la vénérable Liliole, quoiqu'elle n'eût guère plus de dix-huit ans. Elle répondit à l'espérance qu'on avait conçue d'elle. Son zèle pour les austérités était étonnant; souvent elle ne faisait qu'un repas en trois jours. Elle veillait sur chacune de ses religieuses, quoiqu'elles fussent au nombre de trois cents.

Clotaire III, roi de Soissons, après avoir fait mourir Brunehaut, reine d'Austrasie, cherchait partout, pour lui faire subir le même sort, le petit-fils de la défunte, Childebert, qui s'était échappé de ses mains. Il se répandit un bruit que ce prince était caché à Arles, dans le monastère de Saint-Césaire. Clotaire alarmé fit aussitôt arrêter l'abbesse Rusticule. Elle fut conduite à la cour. Ses calomniateurs regardaient déjà sa perte comme certaine. Mais Dieu confondit ses ennemis et fit éclater son innocence. Domnole, évêque de Vienne, se déclara ouvertement le défenseur de l'abbesse d'Arles contre ses accusateurs, et prédit au roi qu'en punition des mauvais traitements qu'il avait fait souffrir à la servante du Seigneur, il perdrait son fils. Le jeune prince mourut en effet. La sainte abbesse confondit encore mieux la calomnie par l'éclat de ses miracles et de ses vertus, qui édifièrent toute la cour. Clotaire, persuadé que le ciel prenait en main la cause de cette sainte religieuse, lui rendit la liberté. Rusticule souffrit cette épreuve avec beaucoup de résignation, et pardonna à tous ceux que la malignité ou la prévention avaient armés contre elle.

De retour dans sa communauté, elle continua de gouverner avec la même édification. Elle s'appliquait à ne point exiger de ses religieuses des travaux qui fussent au-dessus de leurs forces; mais en même temps elle les tenait toujours occupées, pour les garantir du danger de l'oisiveté. Elle mourut en 632, et fut enterrée dans son monastère par Théodose, évêque d'Arles. On transporta depuis son corps dans la cathédrale dédiée sous l'invocation de saint Trophime. Mais on laissa son chef dans l'abbaye de Saint-Césaire, qui, à l'époque de la Révolution, était depuis longtemps sous la règle de Saint-Benoît, et qu'on appelait communément le Grand-Couvent.

On la représente souvent versant des pleurs, soit à cause du don des larmes qu'elle avait reçu de Dieu dans ses oraisons, soit à cause des persécutions qu'elle eut à essuyer.

Florent, prêtre de Saint-Paul-Trois-Châteaux, nous a laissé sa vie qui est fort dégramment écrite.

---

SAINT DONOALD OU DINAULT ET SAINT ARNULPHE OU ARNOUL,

MARTYRS À REAUVAIS (Ve siècle).

Le jeune Donoald florissait dans le Ve siècle. C'était l'époque de l'invasion des Huns dans les Gaules. Une bande de ces barbares, parcourant le Beauvaïsis, rencontra dans les prairies de Milly

(Oise, arrondissement de Beauvais, canton de Marseille), vers le nord, sur le bord d'une fontaine, un enfant candide et innocent. Ils l'interrogèrent sur sa religion. Dinault (car c'était lui), plein de ferveur, confesse intrépidement la vraie foi, prie Dieu et, inclinant sa petite tête, s'offre à lui comme une hostie volontaire. Un coup d'épée lui procura le triomphe du martyre, le 11 août. Il devint bientôt en ce lieu l'objet de la vénération des fidèles : au XIIIe siècle on établit, pour la garde de son corps, dans l'église de la Bienheureuse Vierge Marie de Milly, un collège composé de huit chanoines et de six chapelains. En 1442, les Bourguignons ayant renversé les murs de Milly, on transféra les reliques du jeune Martyr dans le monastère de Saint-Lucien, où l'on fit désormais sa fête chaque année. Mais la fontaine de Milly ne cessa pas pour cela d'être visitée par les malades, qui y venaient chercher leur guérison. Le Saint est invoqué surtout contre l'épilepsie.

Arnoul naquit en Lorraine, dans le Xe siècle. Lorsqu'il fut adolescent, il quitta sa patrie pour visiter des Saints et jouir de leurs instructions. Ayant rencontré près de Beauvais, dans la forêt de Froidmont, de pieux personnages, qui, après avoir renoncé à tout, menaient la vie des anciens ermites, le désir des choses célestes le retint parmi eux. Sans cesse dans la solitude, il semblait n'avoir de relation qu'avec les Anges, d'autre pensée que celle du salut. Surpris un jour par une troupe de brigands, il fut blessé mortellement. Ses compagnons accourent à ses cris : « Venez à mon secours », leur dit-il, « procurez-moi par la main d'un prêtre le corps de Notre-Seigneur, et conveillez-moi dans mon oratoire ». Dieu honora par des miracles ce Martyr de la vie érémitique.

Les fidèles allaient autrefois y implorer le Bienheureux pour se préserver de la fièvre ou pour en obtenir la guérison. Quelque cette chapelle soit aujourd'hui affectée à des usages profanes, quelques pèlerins ne laissent pas de la visiter encore. Ils ont conservé l'habitude fort ancienne de passer sous une pierre tumulaire que l'on voit dans cette chapelle et sur laquelle on lit ces mots : *Hic jacet sanctus Arnulphus, martyr et eremita, fundator hujus capella* : « Ici repose saint Arnoul, ermite et martyr, fondateur de cette chapelle ». Cette pierre est élevée de trois pieds et soutenue de quatre piliers. La structure de cet édifice et l'inscription de la pierre semblent remonter au Xe siècle.

Les religieux de l'abbaye de Froidmont célébraient la fête de saint Arnoul le 24 octobre. Dans cette solennité, ils portaient religieusement sa statue à une fontaine éloignée de la chapelle d'environ cinq cents pas.

Ancien Propre de Beauvais. — Cf. Vie des Saints du diocèse de Beauvais, par M. Yabbé Sabatier.

---

Date de fête

11 aout

Époque

7ᵉ siècle

Décès

632