Le Bienheureux Thierry Ier
Évêque de Metz et Confesseur
Résumé
Thierry Ier, fils du comte Évrard de Saxe et parent de l'empereur Othon le Grand, fut évêque de Metz au Xe siècle. Grand fondateur de monastères et conseiller impérial, il enrichit son diocèse de nombreuses reliques et mourut en 984 après une vie de zèle et de pénitence.
Biographie
LE BIENHEUREUX THIERRY Ier,
ÉVÊQUE DE METZ ET CONFESSEUR (984).
Thierry naquit en Saxe ; il était fils du comte Évrard et d'Amalrude, sœur de sainte Mathilde, épouse de Henri l'Oiseleur, roi de Germanie. Par sa mère, il se trouvait cousin germain de l'empereur Othon le Grand et de saint Brunon, archevêque de Cologne. Thierry apporta en naissant toutes les excellentes dispositions qu'on pouvait souhaiter dans un enfant de sa qualité. Après avoir reçu de sa mère les premières leçons de la sagesse et de la piété, il fut envoyé à Saint-Gall, où il étudia dix ans sous le célèbre Kérold, moine de cette abbaye. De Saint-Gall, Thierry alla continuer ses études à la cathédrale d'Halberstadt, dont il devint chanoine. Brunon, archevêque de Cologne, son parent, l'appela auprès de lui pour le perfectionner dans les sciences et la vertu. Les progrès qu'il y fit engagèrent le saint prélat à le faire nommer à l'évêché de Metz, en 901. Le pieux évêque fit beaucoup de bien pendant son long épiscopat. Une des premières choses qu'il crut devoir faire, fut de former une association entre sa cathédrale et celle d'Halberstadt, en reconnaissance de ce qu'il avait reçu dans cette dernière une partie de son éducation et y avait possédé une prébende. Ayant accompagné, en 905, Brunon, son cousin, à la cour de Lothaire, roi de France, il reçut le dernier soupir du saint prélat, qui mourut à Reims, et ramena son corps à Cologne. Après la mort de Brunon, l'empereur Othon Ier, qui appréciait les talents et la vertu de Thierry, le choisit pour un de ses principaux conseillers, et voulut l'avoir toujours auprès de lui, même pendant ses voyages. L'évêque de Metz accompagna plusieurs fois le monarque en Italie.
Ce fut en ces voyages que le bienheureux Thierry recueillit ce grand nombre de reliques dont il enrichit son église, et en particulier l'abbaye de Saint-Vincent, qu'il avait fondée en 908, dans une île de la Souelle, tout près de sa ville épiscopale. En 970, il reçut de Corfou le corps de sainte Lucie, qu'il plaça dans un oratoire particulier de l'église abbatiale de Saint-Vincent. Il y transféra aussi les reliques de saint Livier, martyr messin. Ce fut encore lui qui transféra à Épinal, dans les Vosges, le corps de saint Goëric, l'un de ses prédécesseurs, et qui donna par là occasion à la formation de cette ville. Mais l'objet qui l'occupa toujours le plus, fut son abbaye de Saint-Vincent. Il la dota richement et la peupla de religieux tirés de Gorze et de Saint-Arnould. Le goût des études régnait dans ces deux maisons, et son école devint une des plus fameuses du pays, sous l'habile direction d'Adalbert et de Sigebert de Gemblours. Thierry fit du bien aux autres monastères de son diocèse, et concourut aussi à la fondation de plusieurs, en particulier de Vergaville, de Bouxières et de Chaligny. Il travailla avec zèle à la réforme des célèbres abbayes de Saint-Gall et de Senones.
En 980, Thierry accompagna Othon II en Italie et le suivit dans toutes ses expéditions. Il lui fut surtout d'un grand secours dans la malheureuse campagne de Calabre, où l'empereur, emporté par son courage, alla tomber imprudemment au milieu des Grecs et des Sarrasins. Le saint évêque de Metz fut chargé par l'impératrice Théophanie de le délivrer des mains des ennemis. En 983, Othon étant tombé malade à Rome, Thierry l'assista à la mort et lui rendit les derniers devoirs. Il mourut lui-même l'année suivante, dans les exercices de la plus rigoureuse pénitence, et fut enterré dans l'église de l'abbaye Saint-Vincent.
Lorsqu'on leva de terre son corps, plus de trois cents ans après sa mort, on trouva intactes la chape et la chasuble violettes dans lesquelles il avait été enveloppé. On les possédait encore à la fin du siècle dernier. Pendant longtemps on s'est servi de la chasuble le jour de la fête du bienheureux Thierry, qui se faisait à l'abbaye de Saint-Vincent le 7 septembre.
Notice due à l'obligeance de M. l'abbé Noël, curé-archiprêtre de Rény.
---
SAINT JEAN DE LODI, ÉVÊQUE DE GUBBIO, EN ITALIE,
DE L'ORDRE DES CAMALDULES (1106).
Le bienheureux Jean de Lodi, ainsi surnommé parce qu'il naquit en cette ville d'Italie, fut élevé par ses parents dans la pratique de la vertu, méprisa le monde de bonne heure, se dévoua au service des pauvres et des malades et s'exerça dès lors à la mortification. Il vécut pendant quelque temps dans une cabane qu'il s'était construite près d'une église et s'y livra à de grandes austérités. Le désir d'une plus grande perfection le conduisit au monastère de Font-Aveliane, dont le célèbre saint Pierre Damien était alors supérieur. Sous la direction de ce maître habile, Jean fit de si grands progrès dans la voie du saint, que saint Pierre crut devoir le faire élever aux ordres sacrés. Sa vertu jetait un tel éclat, qu'à la mort du pieux abbé, les religieux de Font-Aveliane crurent devoir, malgré sa résistance, le choisir pour remplacer le bienheureux docteur en qualité de prieur. Il montra dans cet emploi une si grande prudence jointe à une charité si parfaite, que le clergé et le peuple de la ville de Gubbio, dont le siège épiscopal était vacant, eurent l'idée de le demander pour évêque au légat du Pape. Celui-ci y consentit volontiers et ordonna à Jean d'accepter ce fardeau qui alarmait son humilité. Devenu pasteur des âmes, le serviteur de Dieu se dévoua tout entier à leur sanctification, en même temps qu'il conservait toutes les pratiques de la vie religieuse. Le temps de son épiscopat ne fut pas de longue durée; car il mourut l'année qui suivit celle de son sacre, c'est-à-dire le 7 septembre 1106, à l'âge de quatre-vingts ans. Le pape Pascal II le mit au nombre des Saints; et l'on en fait la fête dans l'Ordre des Camaldues le jour de sa mort. Son corps est conservé sans corruption dans la cathédrale de Gubbio.
Acta Sanctorum.