Saint Colombin d'Irlande
Abbé du monastère de Lure
Résumé
Moine irlandais et disciple de saint Desle, Colombin devint abbé de Lure au VIIe siècle après avoir participé à la fondation de Luxeuil. Reconnu pour sa piété et sa science, il dirigea une communauté florissante. Son tombeau fut le siège de miracles, notamment lors d'une tentative de vol de reliques par la comtesse Hildegarde.
Biographie
SAINT COLOMBIN D'IRLANDE,
ABRÉ DU MONASTÈRE DE LURE, DIOCÈSE DE BESANÇON (époque incertaine).
Saint Colombin faisait partie de cette fervente communauté qui, sous la conduite de saint Colomban, fonda (590) l'illustre abbaye de Luxeuil (Luxovium, Ordre de Saint-Benoît). Il était Irlandais. Élevé par saint Deale ou Déicole, son parrain, il répondit si bien à ses soins, que lorsque cet illustre fondateur (610) de l'abbaye bénédictine de Lure (Luthra, au diocèse de Besançon),
renonça au gouvernement de sa communauté pour se préparer à la mort, il n'hésita pas à le désigner pour être son successeur. Desle semble revivre dans Colombin. La réputation de Lure s'étendit de plus en plus. Un grand nombre d'hommes distingués par leur naissance et par leurs richesses quittèrent le siècle pour venir embrasser, sous sa direction, une vie plus parfaite. On y vit bientôt, revêtues de tout leur éclat, les deux fleurs qui avaient coutume d'orner, à cette époque, la solitude des cloîtres : la piété et la science.
Tels sont les traits généraux sous lesquels l'histoire nous représente le gouvernement de saint Colombin. Sa mort fut précieuse aux yeux de Dieu, et, comme celui de saint Desle, son tombeau fut glorieux. Un des prodiges les plus éclatants par lesquels il plut au ciel de révéler le crédit du saint abbé, arriva vers l'an 936. Hildegarde, épouse du comte Hagues, qui possédait alors la terre de Lure, eut la téméraire pensée de s'approprier une partie des reliques dont le monastère était enrichi. Comme elle ne put détacher la moindre parcelle du corps de saint Desle, elle ouvrit le tombeau de saint Colombin et en prit une dent ; mais le peu de résistance qu'elle éprouva lui inspirant des doutes sur la vertu de ce corps, soit par dédain, soit pour soumettre la relique à une sorte d'épreuve, elle jeta la dent au feu. À l'instant même elle fut saisie d'une violente douleur, et ni la ferveur de ses prières, ni son empressement à réparer le sacrilège, ne purent y apporter de remède.
Près de quatre cents ans après, le récit de ce prodige excitait encore la piété et la foi de Rodolphe, duc d'Autriche, qui était venu à Lure pour réprimer l'audace des Bourguignons et assurer l'indépendance du monastère. C'est lui-même qui nous raconte ce qui se passa dans cette circonstance, comment il eut le bonheur d'obtenir une relique de saint Colombin, et quel usage il en fit : « Nous, Rodolphe IV, par la grâce de Dieu, duc d'Autriche, sommes venus en personne à Lure, le 15 des calendes d'avril 1361. Nous sommes entré dévotement à l'oratoire et chapelle de saint Desle ; puis, nous étant humblement agenouillé devant le tombeau de saint Colombin, nous lui avons demandé quelques parcelles de ses reliques : ce qu'il a daigné nous accorder. Sans éprouver la moindre résistance, et avec la permission de l'abbé, nous avons détaché plusieurs parties de ses ossements, dans le dessein de les porter à l'église collégiale que nous voulons faire construire à Vienne, et de les y renfermer et conserver avec le respect qui leur est dû ».
Quelques reliques du saint abbé sont même arrivées jusqu'à nous, comme un gage de sa protection et un titre à nos hommages. Religieusement recueillies dans les jours mauvais de notre Révolution, elles furent déposées, après l'orage, dans l'église de Lure, où Mgr Gousset, alors professeur de théologie au séminaire de Besançon, vint en faire la reconnaissance, en 1825. Le 25 janvier 1838, M. Bergier, vicaire-général de Besançon, la renouvela, dans une cérémonie où la piété des peuples rivalisa avec le zèle du pasteur, pour orner et bénir les restes des saints fondateurs de Lure. On déposa ces précieuses dépouilles dans une chasse élégante qui fut offerte par la libéralité des fidèles et qui restera comme un témoignage de leur reconnaissance.
Extrait de la Vie des Saints de Franche-Comté, par les professeurs du collège de Saint-François-Xavier de Besançon.
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## SAINT FRÉDÉRIC OU FLÉDÉRIC, CONFESSEUR,
## CURÉ ET PATRON DE VLIEDERZÈLE, DANS LA FLANDRE ORIENTALE (époque incertaine).
Saint Frédéric ou Flédéric, comme l'écrivent plusieurs hagiographes, naquit dans les environs de la ville de Paris : c'est du moins l'opinion la plus généralement adoptée. Dès ses premières années, il fut appliqué à l'étude des lettres dans lesquelles il fit de rapides progrès. Son avancement dans la vertu ne s'était pas moins admirable, et à voir l'ardeur avec laquelle il se portait aux œuvres de piété et de religion, on pouvait juger qu'il serait un jour un grand serviteur de Dieu.
Des circonstances inconnues amenèrent plus tard le vertueux Frédéric dans les contrées du nord de la France, où on le voit desservir la paroisse de Vlierzèle ou Vliederzèle, à deux lieues d'Alost (Flandre orientale), dans l'ancien diocèse de Cambrai. Il déploya, dans l'accomplissement des devoirs de sa charge toutes les qualités d'un bon et saint pasteur. Attentif à instruire son troupeau des importantes vérités de la religion et des obligations qu'elle impose, il ne l'était pas
moins à retracer dans sa conduite toutes les vertus de Jésus-Christ, le pasteur des pasteurs. Comme lui, il travaillait à répandre partout l'esprit de charité, de concorde et de bienveillance mutuelle. Il ne pouvait, sans une vive douleur, apprendre que des haines et des divisions avaient éclaté entre quelques-uns de ses enfants spirituels, et il faisait pour les réconcilier tout ce qu'on peut attendre d'un digne ministre de Jésus-Christ. Toute la vie de ce saint prêtre se consuma dans les obscures et pénibles fonctions de son ministère pastoral, que Dieu daigna combler de ses bénédictions. Frédéric était parvenu à une extrême vieillesse, lorsque, déjà illustre par ses vertus et ses miracles, il rendit, plein de joie, à son Dieu, une vie qu'il avait consumée au service de l'Église et de son troupeau.
Un grand nombre de malades, des sourds principalement, ont recouvré leur guérison par son intercession. Des prodiges multipliés ont attiré de tout temps les populations voisines auprès de son tombeau, particulièrement le 3 septembre, jour où l'on honore sa mémoire.
L'an 1545, Martin Cuper, évêque suffragant de Cambrai, sous l'administration de Monseigneur Robert de Croy, fut prié de consacrer un autel dédié à saint Frédéric, et de lui assigner un jour de fête et une procession annuelle le dimanche qui suit la solennité des Apôtres saint Pierre et saint Paul. Quant à l'autel, il fut consacré la veille de l'Exaltation de la Sainte-Croix, 13 septembre, et ce jour fut désigné pour la célébration de la fête du Saint dans la paroisse.
Saint Frédéric est représenté partout, sur l'autel, sur la chasse qui renferme son corps, et sur les petits étendards ou images des pèlerins, avec le costume sacerdotal, et tenant en main un calice et une hostie.
Extrait de la Vie des Saints de Cambrai et d'Arras, par l'abbé Destombes.