Saint Colombin d'Irlande

Abbé du monastère de Lure

Fête : 13 septembre 7ᵉ siècle • saint

Résumé

Moine irlandais et disciple de saint Desle, Colombin devint abbé de Lure au VIIe siècle après avoir participé à la fondation de Luxeuil. Reconnu pour sa piété et sa science, il dirigea une communauté florissante. Son tombeau fut le siège de miracles, notamment lors d'une tentative de vol de reliques par la comtesse Hildegarde.

Biographie

SAINT COLOMBIN D'IRLANDE,

ABRÉ DU MONASTÈRE DE LURE, DIOCÈSE DE BESANÇON (époque incertaine).

Saint Colombin faisait partie de cette fervente communauté qui, sous la conduite de saint Colomban, fonda (590) l'illustre abbaye de Luxeuil (Luxovium, Ordre de Saint-Benoît). Il était Irlandais. Élevé par saint Deale ou Déicole, son parrain, il répondit si bien à ses soins, que lorsque cet illustre fondateur (610) de l'abbaye bénédictine de Lure (Luthra, au diocèse de Besançon), renonça au gouvernement de sa communauté pour se préparer à la mort, il n'hésita pas à le désigner pour être son successeur. Desle semble revivre dans Colombin. La réputation de Lure s'étendit de plus en plus. Un grand nombre d'hommes distingués par leur naissance et par leurs richesses quittèrent le siècle pour venir embrasser, sous sa direction, une vie plus parfaite. On y vit bientôt, revêtues de tout leur éclat, les deux fleurs qui avaient coutume d'orner, à cette époque, la solitude des cloîtres : la piété et la science.

Tels sont les traits généraux sous lesquels l'histoire nous représente le gouvernement de saint Colombin. Sa mort fut précieuse aux yeux de Dieu, et, comme celui de saint Desle, son tombeau fut glorieux. Un des prodiges les plus éclatants par lesquels il plut au ciel de révéler le crédit du saint abbé, arriva vers l'an 936. Hildegarde, épouse du comte Hagues, qui possédait alors la terre de Lure, eut la téméraire pensée de s'approprier une partie des reliques dont le monastère était enrichi. Comme elle ne put détacher la moindre parcelle du corps de saint Desle, elle ouvrit le tombeau de saint Colombin et en prit une dent ; mais le peu de résistance qu'elle éprouva lui inspirant des doutes sur la vertu de ce corps, soit par dédain, soit pour soumettre la relique à une sorte d'épreuve, elle jeta la dent au feu. À l'instant même elle fut saisie d'une violente douleur, et ni la ferveur de ses prières, ni son empressement à réparer le sacrilège, ne purent y apporter de remède.

Près de quatre cents ans après, le récit de ce prodige excitait encore la piété et la foi de Rodolphe, duc d'Autriche, qui était venu à Lure pour réprimer l'audace des Bourguignons et assurer l'indépendance du monastère. C'est lui-même qui nous raconte ce qui se passa dans cette circonstance, comment il eut le bonheur d'obtenir une relique de saint Colombin, et quel usage il en fit : « Nous, Rodolphe IV, par la grâce de Dieu, duc d'Autriche, sommes venus en personne à Lure, le 15 des calendes d'avril 1361. Nous sommes entré dévotement à l'oratoire et chapelle de saint Desle ; puis, nous étant humblement agenouillé devant le tombeau de saint Colombin, nous lui avons demandé quelques parcelles de ses reliques : ce qu'il a daigné nous accorder. Sans éprouver la moindre résistance, et avec la permission de l'abbé, nous avons détaché plusieurs parties de ses ossements, dans le dessein de les porter à l'église collégiale que nous voulons faire construire à Vienne, et de les y renfermer et conserver avec le respect qui leur est dû ».

Quelques reliques du saint abbé sont même arrivées jusqu'à nous, comme un gage de sa protection et un titre à nos hommages. Religieusement recueillies dans les jours mauvais de notre Révolution, elles furent déposées, après l'orage, dans l'église de Lure, où Mgr Gousset, alors professeur de théologie au séminaire de Besançon, vint en faire la reconnaissance, en 1825. Le 25 janvier 1838, M. Bergier, vicaire-général de Besançon, la renouvela, dans une cérémonie où la piété des peuples rivalisa avec le zèle du pasteur, pour orner et bénir les restes des saints fondateurs de Lure. On déposa ces précieuses dépouilles dans une chasse élégante qui fut offerte par la libéralité des fidèles et qui restera comme un témoignage de leur reconnaissance.

Extrait de la Vie des Saints de Franche-Comté, par les professeurs du collège de Saint-François-Xavier de Besançon.

Date de fête

13 septembre

Époque

7ᵉ siècle

Décès

Époque incertaine (successeur en 610)