Saint Principe du Mans
Évêque du Mans et Confesseur
Résumé
Élu évêque du Mans en 497, Saint Principe était un parent de saint Remi de Reims. Il se distingua par sa grande charité envers les pauvres, ses austérités et la reconstruction de trente églises après les ravages des guerres. Il mourut en 511, célèbre pour ses miracles, notamment la guérison d'un aveugle.
Biographie
SAINT PRINCIPE, ÉVÊQUE DU MANS ET CONFESSEUR (541).
Après la mort de Thuribe II (497), le clergé et le peuple du Mans élurent pour lui succéder, saint Principe. Ce personnage était né d'une famille gauloise, puissante et riche ; il était étroitement uni par les liens du sang et de l'amitié avec saint Remi, évêque de Reims, et depuis si célèbre comme apôtre des Francs. Il est vraisemblable que notre saint prélat naquit dans la seconde Belgique, comme son illustre parent, vers le temps où Valentinien III gouvernait l'empire (435-455) ; il fut élevé avec saint Remi et un frère de celui-ci qui se nommait aussi Principe, et qui fut dans la suite évêque de Soissons. Ils partagèrent tous les trois cette éducation chrétienne et savante que les hommes les plus lettrés du VIIIe siècle ont comblée d'éloges. Ce fut par ce moyen que Dieu disposa Principe au gouvernement difficile de l'Église du Mans. En effet, un épiscopat qui commençait au milieu des troubles, et qui devait s'achever avant que la paix fût entièrement rétablie, était une rude épreuve. Principe la soutint dignement.
SAINT FRODULFE OU FROU, MOINE À AUTUN.
Pour attirer les bénédictions du ciel sur ses travaux, il ne cessait de joindre à une prière continue de très-grandes austérités. Toute sa vie il jeûnait la quatrième et la sixième férie de chaque semaine; dans l'hiver, il ne prenait aucune précaution contre le froid, et dans l'été il ne faisait rien pour éviter les incommodités de la chaleur; il visitait souvent les hôpitaux, servait lui-même les malades, et secouait les pauvres dans toutes leurs nécessités. Tous les jours il célébrait la messe, et quand la vieillesse et les infirmités ne lui permirent plus de se tenir debout, il se faisait aider par deux diacres, pour ne pas cesser cette pieuse pratique.
Dieu récompensa la sainteté de Principe par le don des miracles. Il rendit la vue à un aveugle, et ce prodige consola la douleur très-grande que ressentait la mère de cet infortuné. Il guérit encore un grand nombre d'autres infirmités de différente nature, et ces prodiges joints aux œuvres de sa charité lui attirèrent la vénération et l'amour de tout son troupeau. Zélé pour les fonctions saintes et pour le culte divin, il répara beaucoup d'églises que la vétusté et plus encore les ravages des guerres avaient renversées. On porte jusqu'à trente le nombre des églises nouvelles qu'il construisit.
Saint Principe mourut le seize des calendes d'octobre 511. Les funérailles se firent avec la pompe convenable: les évêques comprovinciaux accoururent rendre à ses dépouilles mortelles les derniers devoirs, et accompagnés de tout le clergé et des disciples que lui-même avait formés dans son école épiscopale, ils ensevelirent son corps près de ses prédécesseurs, dans la basilique des saints Apôtres, au-delà de la Sarthe. De nombreux miracles s'opérèrent à son tombeau, et y attirèrent les fidèles pendant tout le temps que la cité des Cénomans eut le bonheur de conserver ses précieuses reliques.
Extrait de l'Histoire de l'Église du Mans, par Dom Paul Piello.
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## SAINT FRODULFE OU FROU, MOINE À AUTUN,
## SOLITAIRE AU DIOCÈSE DE DIJON (VIIe siècle).
Né dans l'Autunois, vers la fin du VIIIe siècle, et filleul de saint Merry, Frodulfe avait été offert à l'abbaye de Saint-Martin d'Autun, dès sa plus tendre enfance. Un jour, après l'évangile de la messe conventuelle, convenu de fleurs et portant dans ses mains une hostie et un calice, il s'approcha de l'autel, conduit par son père; les religieux déployèrent sur sa tête la mappe du sacrifice, en signe d'adoption par l'Église, et quand le prêtre célébrant eut reçu l'hostie et le calice, comme des arches au Seigneur, son père agenouillé dit à haute voix: « Je vous offre mon fils dont j'ai enveloppé moi-même l'oblation et les mains dans la mappe de l'autel. Je l'offre au nom des Saints dont les reliques sont ici, je le présente devant témoins, afin qu'il vive selon la Règle et qu'il réside en ce monastère ». L'abbé et les anciens religieux ratifièrent cet engagement, et l'oblat ainsi affilié fut introduit dans l'abbaye et vêtu de l'habit monastique.
Sous la conduite de son père spirituel, il s'éleva à une haute perfection et puisa dans son intimité, avec l'amour de la pénitence et de l'oraison, le besoin de la solitude. Médéric, désireux de faire un pèlerinage au tombeau de saint Germain, s'achemina avec Frodulfe vers la cité de Paris. Libres des devoirs de la vie commune, le maître et le disciple s'abandonnèrent à toutes les inspirations de leur ferveur: ils priaient en silence, récitaient les heures du saint office, s'encourageaient à la conquête du ciel, puis se taisaient pour converser avec Dieu. Arrivés à Paris, ils allèrent s'agenouiller au tombeau de saint Germain, et ils cherchèrent ensuite un lieu de refuge pour y vivre inconnus. Il y avait alors, près de l'église Saint-Pierre, hors de la cité, une espèce d'oratoire ouvert jour et nuit aux prières des passants; ils en firent leur demeure, et saint Merry, après y avoir servi le Seigneur pendant deux ans et neuf mois, y laissa son corps vaincu par la mort. Frodulfe lui ferma les yeux et revint à Autun raconter à ses frères les vertus, le trépas et la gloire de leur maître.
Les moines l'accueillirent avec joie et lui conférèrent le gouvernement de Saint-Martin, s'il faut en croire les insignes de la dignité abbatiale dont fut ornée la statue mise sur son tombeau. Lorsque les Sarrasins saccagèrent Autun, le 22 août 825, Frodulfe s'échappa de leurs mains, comme un oiseau des filets du chasseur, s'enfuit du côté de Langres et s'arrêta dans la solitude de Barjon (Côte-d'Or), où il termina ses jours.
On l'ensevelit dans son ermitage et on disposa un oratoire ou crypte sur son tombeau. Une partie de ses reliques a été donnée à l'église Saint-Merry, à Paris, et son chef, à Grancey-le-Château (Côte-d'Or); l'autre partie enrichit l'église de Barjon, élevée sous son vocable.
Extrait des Saints de Dijon, par M. Labbé Dupius.