Saint Annemond (Chamond)
Archevêque de Lyon, Martyr
Résumé
Archevêque de Lyon au VIIe siècle et ancien conseiller de Clovis II, saint Annemond fut un pasteur zélé et le mentor de saint Wilfrid. Victime de la tyrannie et des calomnies du maire du palais Ebroïn, il fut assassiné près de Chalon-sur-Saône en 657. Son nom reste attaché à la ville de Saint-Chamond.
Biographie
SAINT ANNEMOND OU CHAMOND,
ARCHEVÊQUE DE LYON, MARTYR PRÈS DE CHALON-SUR-SAÔNE (657).
Saint Annemond était issu d'une des plus illustres familles de la Gaule. Son père, Sigenius, originaire de Rome, fut préfet de Lyon sous les règnes de Dagobert et de Clovis II ; sa mère se nommait Pétronie. Élevé à la cour avec Delphin, son frère, qui fut gouverneur de Lyon, Annemond se fit estimer de Clovis II à cause de ses vertus, et ce prince le choisit pour un de ses conseillers. Son zèle et sa piété le firent élire, vers 650, pour succéder à Vivence sur le siège de Lyon, et quelques historiens remarquent que ce choix fut si universellement approuvé, qu'on vit plusieurs villes envoyer pour son sacre des présents de la plus grande richesse.
Devenu primat des Gaules, Annemond remplit avec la plus scrupuleuse exactitude tous les devoirs d'un saint et fidèle pasteur. Il souscrivit au privilège d'exemption accordé le 22 juin 653, à l'abbaye de Saint-Denys en France, acheva les bâtiments de Saint-Pierre et y établit une communauté de religieuses où ses deux sœurs, Pétrouille et Lucie, prirent le voile, et se consacrèrent tout particulièrement avec leurs compagnes aux œuvres de charité. Il reçut avec de grandes marques d'affection et de respect saint Benoît Biscop, qui, accompagné du jeune Wilfrid, depuis évêque d'York, passait à Lyon, en allant d'Angleterre à Rome. Lorsqu'à son retour Wilfrid séjourna à Lyon, Annemond se l'attacha et le retint auprès de lui. Les bontés du saint prélat lui avaient fait oublier sa patrie pour demeurer dans les Gaules, et l'évêque de Lyon, charmé de la vertu et des autres brillantes qualités de son disciple, lui donna la tenure cléricale et voulut le faire son héritier. Mais Wilfrid, après avoir demeuré trois ans à Lyon, eut la douleur de voir verser le sang de celui qu'il regardait comme son père, et la générosité de le suivre jusqu'à la mort.
Après le décès de Clovis II, Ebroïn, maire du palais, craignit qu'Annemond n'élevât la voix pour faire connaître les vexations dont il accablait le peuple de Lyon. Il résolut donc de lui ôter la vie. À cet effet, il eut recours à la calomnie et l'accusa du crime de lèse-majesté et d'intelligence avec quelques princes étrangers pour enlever le sceptre au jeune Clotaire III. Le farouche Ebroïn n'eut pas plus tôt appris qu'Annemond s'était dérobé par la fuite à ses poursuites, qu'il dépêcha après lui des satellites, sous le prétexte de l'amener au roi. Toutefois, comme il appréhendait que le vénérable prélat prouvât trop clairement son innocence, il donna ordre à ses soldats de le massacrer avant qu'il arrivât à la cour. C'est ce qui eut lieu dans un chemin écarté, près de Châton-sur-Saône, le 28 septembre 657. Saint Wilfrid, et les autres ecclésiastiques qui accompagnaient l'évêque, ramenèrent son corps à Lyon et l'inhumèrent dans l'église Saint-Pierre, où ses reliques ont été conservées jusqu'à l'époque de la Révolution.
Le nom de saint Chamond a été donné à une ville de l'ancienne province de Forez, aujourd'hui chef-lieu de canton de l'arrondissement de Saint-Étienne (Loire). Il y avait autrefois, à Paris, un hôtel appelé l'hôtel Saint-Chamond, que les filles de l'Union chrétienne acquirent, en 1683, et où elles firent bâtir une église qui devint la principale communauté de leur congrégation, et qui était dédiée sous le vocable du saint évêque de Lyon. On invoque saint Annemond ou Chamond contre l'épilepsie.
Extrait du *Gallia Christiana nova*, par Flaquet. — Cf. *Acta Sanctorum*, sous le 28 septembre.