Bienheureux Jean Massias
Religieux Dominicain
Résumé
Originaire d'Espagne, Jean Massias émigra au Pérou où il devint frère lai dominicain au couvent de Lima. Portier charitable et mystique, il était célèbre pour sa dévotion aux âmes du purgatoire et ses miracles de multiplication de nourriture pour les pauvres.
Biographie
LE B. JEAN MASSIAS D'ESPAGNE, RELIGIEUX DOMINICAIN
AU MONASTÈRE DE SAINTE-MADELEINE DE LIMA (1643).
Jean Massias naquit dans l'Estramadure, le 2 mars 1585 : Philippe II régnait en Espagne et Grégoire XIII occupait le trône pontifical. Le Bienheureux perdit ses parents de bonne heure, et il resta avec sa sœur sous la protection de ses oncles. Aussitôt qu'il eut atteint l'âge de raison, on lui confia la garde des troupeaux, et au milieu des champs où il les menait paître, il occupait son temps à prier et à méditer. Il vit un jour paraître près de lui un enfant d'une beauté remarquable, qui lui dit : « Je suis saint Jean l'Évangéliste ; Dieu t'a confié à ma garde à cause de ta piété, n'aie donc aucune crainte ». Il expliqua à l'enfant, qui l'ignorait, ce qu'il était, et, lui apparaissant de nouveau quelques jours après, il le mena en esprit au ciel, sa patrie. Ces apparitions se renouvelèrent souvent, et la protection de son gardien se manifesta dans de nombreuses circonstances d'une façon visible et miraculeuse.
Plus tard, le Bienheureux voyagea ; il vit Xérès, Séville, et partit pour l'Amérique avec un marchand qui le prit à son service. Quand il fut arrivé, ce marchand le remercia sous prétexte qu'il n'était pas assez instruit pour remplir l'office dont il l'avait chargé. Jean Massias erra longtemps à travers l'Amérique, puis, enfin, arriva à Lima, où Dieu voulait le sacrifier. Il avait fait neuf cents lieues à travers les solitudes et il avait subi des privations incroyables. À Lima, il reprit son premier métier ; pendant deux ans Dieu bénit et multiplia les troupeaux du maître qui l'avait pris à son service. Ces deux années écoulées, le ciel inspira au Bienheureux le désir d'entrer chez les Dominicains : il avait trente-six ans quand il fut reçu au couvent de Sainte-Madeleine de Lima. Au mois de janvier 1623 il prononçait ses vœux en qualité de frère lai, et la charge de portier lui était confiée.
Dès lors, frère Jean Massias entra franchement dans la voie des mortifications et des austérités. Il n'accorda plus à son corps que ce qui lui était absolument nécessaire pour ne pas mourir. Il se donnait fréquemment la discipline, passait ses nuits en prières et portait de rudes cilices et des chaînes de fer. Ces austérités le réduisirent bientôt à l'extrémité; on le vit marcher tout courbé et tout boiteux. Sur la fin de sa vie, ses supérieurs l'ayant obligé de se traiter moins durement et de laisser ses cilices, il parvint à dérober une chaîne qu'il continua de porter.
Autant il était dur pour lui-même, autant il était doux et charitable envers les autres. Comme portier, il était chargé de la distribution des aumônes du couvent, et c'était plaisir de voir avec quelle amabilité et quelle affabilité il traitait ses chers pauvres. Pour les personnes d'une condition plus élevée, que le malheur avait fait tomber dans l'indigence, afin de leur éviter l'humiliation de recevoir l'aumône à la porte du couvent, il les faisait entrer dans une salle à part où leur repas était préparé. Il les servait à genoux, comme il eût servi Jésus-Christ. Le couvent n'était pas riche, et bien souvent le ciel fit des miracles en faveur de Jean Massias. Le pain se multiplia entre ses mains. D'autres fois il s'adressait à la sainte Vierge qui lui indiquait dans la ville les personnes auxquelles il pouvait demander. Il s'y rendait et recevait toujours ce dont il avait besoin. Quand il éprouvait quelque refus, le ciel vengeait ce refus comme il arriva pour un marchand qui ne lui avait pas donné ce qu'il avait demandé et dont la maison resta complètement vide d'acheteurs jusqu'à ce qu'il eut réparé sa faute.
Souvent dans une chapelle de la sainte Vierge où il passait la nuit en prières, les âmes du purgatoire lui apparaissaient et le suppliaient d'intercéder pour elles, d'offrir pour elles à Dieu ses austérités. Alors le Bienheureux redoublait ses mortifications et ses prières, tant la charité embrasait son cœur. Quand l'une de ces âmes avait obtenu sa délivrance, elle venait le remercier, et la joie de ses âmes parvenues au bonheur du ciel était sa plus douce et sa meilleure récompense. Nous ne parlerons pas des miracles que le Bienheureux opéra pendant sa vie; ils furent très-nombreux et éclatants.
Enfin l'heure de sa mort arriva. Ce fut le 16 septembre 1645 que, muni des sacrements de l'Église, il rendit son âme à Dieu. Il avait soixante ans, six mois et quinze jours. En 1836, Grégoire XVI le béatilla. L'Ordre de Saint-Dominique célèbre sa fête le 3 octobre.
Cf. Bibadencira, *Vies des Saints* ; et l'abbé Daras, *Petites fleurs du Cloître*.
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## IV JOUR D'OCTOBRE
Événements marquants
- Naissance en Estramadure le 2 mars 1585
- Apparition de saint Jean l'Évangéliste durant son enfance
- Voyage en Amérique au service d'un marchand
- Arrivée à Lima après une marche de neuf cents lieues
- Entrée chez les Dominicains au couvent de Sainte-Madeleine de Lima à 36 ans
- Profession des vœux en tant que frère lai en janvier 1623
- Béatification par Grégoire XVI en 1836
Miracles
- Multiplication du pain lors de la distribution des aumônes
- Visions et délivrances des âmes du purgatoire
- Punition divine d'un marchand ayant refusé l'aumône
- Apparitions fréquentes de saint Jean l'Évangéliste
Citations
Je suis saint Jean l'Évangéliste ; Dieu t'a confié à ma garde à cause de ta piété, n'aie donc aucune crainte