Sainte Céline de Meaux

Vierge

Fête : 21 octobre 6ᵉ siècle • sainte

Résumé

Née à Meaux dans une famille aisée, Céline renonça à un mariage noble après avoir rencontré sainte Geneviève. Protégée miraculeusement de la vengeance de son fiancé par l'ouverture spontanée d'une chapelle, elle se consacra à Dieu. Elle vécut une vie d'austérité sous la direction de Geneviève jusqu'à sa mort vers 530.

Biographie

SAINTE CÉLINE DE MEAUX, VIERGE (vers 530).

La ville de Meaux vit naître la vierge Céline, dont le nom exprime la vie, qui fut toute céleste. Ses parents étaient distingués par leur naissance et par leur fortune, et plus encore par leur attachement à la religion ; aussi leur fille fut élevée dans la pratique des vertus chrétiennes. Céline, prévenue des grâces du ciel, mit à profit les leçons et les exemples de ses parents, et on la vit grandir en sagesse et en piété, autant qu'en âge et en grâce extérieure. Elle devint une jeune personne accomplie selon Dieu et même aux yeux du monde.

Mais ces belles qualités, unies à la richesse et à la naissance, trop souvent sont un piège. Céline faillit elle-même y être surprise. Elle fut recherchée en mariage par un jeune homme de noble famille, et les choses allèrent jusqu'aux fiançailles. La jeune vierge sentait en elle une répugnance, elle entendait une voix intérieure qui l'appelait à d'autres noces que celles de la terre ; mais sans expérience et sans guide, elle cédait à la volonté de ses parents, dont elle n'avait jamais su contredire les sentiments et les vues.

Dieu vient toujours en aide aux âmes simples et pures ; il arriva que sainte Geneviève fit un voyage à Meaux, où sa réputation de sainteté l'avait mise en grande vénération. Céline fut poussée vers elle par l'Esprit du Seigneur ; elle lui ouvrit son cœur ; elle lui montra ses répugnances pour l'état de vie qu'on voulait lui faire embrasser ; elle lui témoigna le désir de la suivre comme une compagne. Geneviève consulta le Seigneur dans la prière, et engagea la jeune vierge à faire de même. Leur prière fut exaucée : la Sainte connut qu'elle devait accepter cette nouvelle compagne, et celle-ci se trouva déterminée à renoncer à son fiancé, pour donner à Dieu son cœur sans partage, et consacrer à Jésus-Christ sa virginité.

Cependant le jeune seigneur à qui elle avait été promise n'eut pas plus tôt eu l'annonce de cette détermination, qu'il résolut de se venger. Nos deux vierges, averties à temps, prirent le parti de se retirer à l'église. Mais l'église pouvait être envahie, et on pouvait les en arracher. Dieu, qui était l'auteur du changement opéré dans le cœur de Céline, vint à leur secours. La porte de la chapelle du baptistère s'ouvrit d'elle-même, les deux fugitives purent y entrer, et se trouvèrent ainsi à l'abri de tout péril.

Se regardant comme sauvée d'un naufrage, Céline, pleine de reconnaissance, ne songea plus qu'à se vouer tout entière au Seigneur, qui l'avait si visiblement protégée. Elle demanda d'imiter Geneviève, de prendre l'habit et le voile des vierges, et de vivre sous sa conduite, en marchant dans les voies de la perfection. Geneviève lui accorda tout ce qu'elle voulut. À dater de ce moment, Céline vécut d'une vie austère et pénitente, jusqu'au jour où le ciel voulut l'appeler aux jouissances réservées aux âmes chastes et pures : ce qui arriva le 2 octobre, vers l'an 530.

Elle mourut à Meaux, qui l'a prise pour patronne, et fut ensevelie dans le faubourg qui portait autrefois son nom et s'appelle aujourd'hui faubourg Saint-Nicolas. Sur son tombeau s'élevait jadis une église, d'abord abbatiale, ensuite priorale et paroissiale, qui fut détruite à la Révolution. Les reliques de sainte Céline se conservent aujourd'hui partie dans la cathédrale, partie dans l'église Saint-Nicolas et Sainte-Céline où, chaque année, le peuple vient les vénérer.

Vie de sainte Céline, par M. l'abbé Chapin ; Propre de Meaux ; Acta Sanctorum.

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## SAINT ASTIER, ERMITE EN PÉRIGORD (vers 640).

Saint Astier naquit à trois lieues de Périgueux (Dordogne), au château de Puy-de-Pont, d'une famille noble et illustre, mais païenne. C'était vers l'an 560, sur la fin du règne de Childchert. Ses parents lui donnèrent un précepteur chrétien, qui l'instruisit, non-seulement dans les sciences et les lettres, mais principalement dans la piété. Il avait à peine quinze ans, lorsque sous l'influence de son religieux instituteur, il alla à Angoulême se mettre sous la direction de saint Cybard, qui était périgourdin comme lui et même son parent, dit un vieil historien. Celui-ci le reçut avec une grande bienveillance. À l'école d'un maître si parfait, le jeune Astier fit des progrès étonnants ; il reçut bientôt le baptême et ne tarda pas à revêtir l'habit noir des religieux du monastère, dont saint Cybard avait la conduite.

Dans cette condition nouvelle, il était heureux et il n'aurait jamais songé à quitter son nouveau maître, si un ange du ciel n'était venu l'avertir de retourner sur la terre du Périgord pour convertir à la foi ses parents idolâtres. Il obéit aussitôt à cette voix céleste et, après avoir versé d'abondantes larmes, il embrassa son saint directeur et revint aux lieux qui l'ont vu naître. Il n'avait encore que vingt ans. Son habit de pénitence, ses austérités, et mieux encore, ses paroles pleines de charité changèrent le cœur de ses parents ; il eut le bonheur de baptiser toute sa famille, et après un pareil succès, il se retira dans un lieu écarté, où une grotte lui servit de demeure ; c'est là qu'il passa le reste de ses jours dans les exercices de l'oraison et de la pénitence.

L'amour de la solitude était son attrait et sa vocation : éloigné du commerce des hommes, séparé des influences mondaines, recherchant le silence et le recueillement, il se livrait à la mortification ; les herbes et les racines sauvages étaient sa nourriture ; il buvait l'eau d'une fontaine voisine et vivait, comme les anges, dans la contemplation. Sa vie n'était pas oisive : il travaillait de ses mains et faisait des corbeilles, que son disciple, saint Aquilin, allait vendre dans les foires du voisinage. Cependant l'éclat de son admirable sainteté et le bruit de ses miracles se répandirent au loin, et les foules vinrent le visiter pour lui demander des conseils, ou pour obtenir la guérison de leurs maux.

Un jour, une princesse, affligée d'une maladie incurable, se fit conduire devant le saint thaumaturge ; elle ne pouvait se tenir sur ses pieds, il fallut la transporter sur son lit. Le serviteur de Dieu lui dit : « Madame, levez-vous, et soyez guérie au nom de Jésus-Christ ». La princesse fut aussitôt rétablie ; il fit mieux encore, il la convertit à la foi et lui donna le saint baptême. Pour témoigner sa reconnaissance, celle-ci fit construire en cet endroit une belle église en l'honneur de saint Pierre, qu'elle dota de revenus suffisants pour son entretien et son service.

Saint Astier vécut de longs jours ; à sa quatre-vingtième année, Dieu lui fit connaître que sa dernière heure était venue ; il reçut les sacrements de l'Église, fit le signe de la croix sur son corps, et rendit son esprit à son créateur, en prononçant les dernières paroles de Jésus-Christ sur la croix : « Seigneur, je remets mon âme entre vos mains ». C'était le 4 octobre. Il voulut être inhumé dans l'église que la princesse avait fait construire, devant l'autel de saint Front, premier évêque de Périgueux, qui était le grand Saint de sa dévotion. Au moment de la mort du Saint, toutes les cloches des ermitages et des chapelles du voisinage sonnèrent toutes seules ; ce miracle donna lieu aux armoiries de la ville de Saint-Astier (Dordogne), et à celles de la famille de ce nom. Les armoiries de la ville de Saint-Astier sont : De gueules à la cloche d'or bataillée d'argent.

Nous devons cette notice à l'obligeance du très-révérend Père Carles, du Calvaire de Toulouse. — L'ancien office, qu'on chantait autrefois en l'honneur du Saint, dans la collégiale de Saint-Astier, se trouve à la bibliothèque de la ville de Périgueux. C'est un volume in-12, relié, imprimé à Paris, chez Muguet, en 1684, avec l'approbation de Mgr Le Doux, évêque de Périgueux. — La Vie de saint Astier a été publiée sur un vieux manuscrit par le Père Aubertin, prieur de l'abbaye d'Estival, de l'Ordre de Prémontré (Nancy, chez Charlot, 1656).

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## SAINT CONDÈDE, ANACHORÈTE ET MOINE DE FONTENELLE (685).

Saint Condède était un prêtre anglais, qui, dans le but d'une plus grande perfection, traversa l'Océan et vint se livrer, pendant plusieurs années, à la vie contemplative, dans la solitude qui portait le nom de Fontaine de Saint-Valery, située entre Gouy et Cambron, au bas du bois de La Motte, là où subsista un ermitage jusqu'aux premiers jours de la Révolution.

La réputation de ferveur dont jouissait l'abbaye de Fontenelle (plus tard Saint-Vandrille) parvint jusque dans la solitude de Condède, qui résolut d'aller chercher dans ce monastère des voies de plus haute perfection. Après s'être embarqué sur l'Océan, il entra dans la Seine et aborda heureusement au port d'Arélanne (Arelannum), résidence mérovingienne, située près de la station romaine, désignée sous le nom de Latum. La forêt d'Arélanne, située près de Vatteville, dans l'arrondissement d'Yvetot, prit le nom de Brotonne à l'époque normande, et l'a conservé jusqu'à nos jours.

Les sauvages habitants d'Arélanne refusèrent l'hospitalité à saint Condède, qui finit toutefois par trouver un asile chez une pieuse femme dont la compatissante charité fut bientôt récompensée. Une vision lui apprit que son hôte était un élu du Seigneur. Réveillée par la tempête, au milieu de la nuit, elle ouvrit la fenêtre de sa chambre, et aperçut au-dessus du logis de Condède une immense colonne de lumière qui s'élevait jusqu'aux cieux.

En 673, saint Condède arriva à l'abbaye de Fontenelle, où il prit l'habit monastique. Mais, peu de jours après, il manifesta le désir de se livrer à la prédication, et l'abbé saint Lambert lui assigna pour résidence l'île de Belcinac ou Darcinac, située à une lieue de là, entre Candèbec et Vatteville. Cette île fut dans la suite ensevelie sous les eaux. Le roi, Thierry III, ayant eu un songe la nuit qui suivit l'arrivée de Condède à Belcinac, se rendit le lendemain dans l'île, et, appréciant les éminentes vertus du Saint, il lui concéda à perpétuité, pour lui et les moines qui lui succéderaient, non-seulement l'île de Belcinac, mais encore, sur les rives voisines de la Seine, le lieu nommé Lotum.

L'île de Belcinac était un séjour délicieux où les fidèles se réunissaient pour écouter la parole de Dieu. Saint Condède y construisit une église qu'il dédia à la sainte Vierge, et une autre sous le vocable des apôtres saint Pierre et saint Paul, dans laquelle il érigea un autel commémoratif à saint Valery.

En 675, Condède légua, par testament, à l'abbaye de Fontenelle, toutes les possessions qu'il tenait de la munificence royale, et, en outre, des prairies situées à l'occident de l'île, vers l'endroit où se voit aujourd'hui Bliquetoit.

Après une longue vie, profondément mortifiée et remplie de bonnes œuvres, saint Condède rendit son âme à Dieu, dans son île de Belcinac, le 21 octobre 685. Il y fut inhumé dans l'église des Saints-Apôtres. Quand elle menaça de disparaître sous les eaux de la Seine, les moines de Fontenelle transportèrent son corps dans leur église de Saint-Pierre. Il ne reste rien de saint Condède, aucune relique, aucune fondation, pas même la solitude normande qu'il habita durant quinze ans, et qui est aujourd'hui ensevelie sous les eaux. On célébrait sa fête à l'abbaye de Fontenelle (Saint-Vandrille) le 21 octobre.

Tiré de l'Hagiographie du diocèse d'Amiens, par M. l'abbé Corbitet.

Date de fête

21 octobre

Époque

6ᵉ siècle

Décès

2 octobre, vers l'an 530