Saint Galation

Martyr à Émèse

Fête : 5 novembre 3ᵉ siècle • saint

Résumé

Fils de parents convertis par l'ermite Onuphre à Émèse, Galation vécut une vie de chasteté avec son épouse Épistème avant de se retirer dans le désert. Durant la persécution, ils furent arrêtés et subirent d'atroces supplices, incluant la mutilation des membres et de la langue, avant d'être décapités.

Biographie

SAINT GALATION ET SAINTE ÉPISTÈME,

MARTYRS À ÉMÈSE, EN PHÉNICIE

Vers 253. — Pape : Saint Étienne Ier. — Empereur romain : Émilien et Valérien.

« Celui-là ne doit pas craindre le péril, qui est avide de la victoire. »

Saint Pierre Chrysologue.

Galation eut pour père Clitophon et pour mère Leucippe, tous deux des plus honorables de la ville d'Émèse en Phénicie (aujourd'hui Hems ou Homs, en Syrie, sur l'Oronte). Comme Leucippe fut longtemps sans avoir d'enfants, et que les idoles qu'elle adorait encore avec son mari n'écoutaient point ses prières pour la délivrer de sa stérilité, elle vivait dans une douleur et un chagrin mortels, d'autant plus que, pour cela, son mari n'avait pas grande affection pour elle, et qu'au contraire il la maltraitait souvent de paroles et lui faisait de sanglants reproches. C'était au temps où Second, gouverneur de la ville, député par l'empereur Alexandre Sévère, persécutait cruellement les chrétiens. Plusieurs avaient été mis à mort ; d'autres avaient pris la fuite et étaient allés se cacher dans les bois et dans des cavernes profondes ; d'autres enfin, qui ne pouvaient quitter leur maison, s'attendaient tous les jours à être saisis pour rendre raison de leur foi et finir ensuite leur vie par toutes sortes de supplices. Dans une si horrible tempête, un saint solitaire, nommé Onuphre, poussé du zèle de la gloire de Dieu et du salut des âmes, prit un habit de pauvre et se mit à demander l'aumône, pour avoir le moyen, d'un côté, de fortifier les fidèles, et, de l'autre, de convertir les idolâtres et de les attirer à la foi de Jésus-Christ. Il se présenta un jour à la porte de Clitophon, et y trouvant Leucippe, il la pria avec instance de lui faire donner la charité. Celle-ci, qui était alors accablée de mélancolie pour quelques injures que lui avait dites son mari, le renvoya sèchement et lui fit fermer la porte. Il ne laissa pas de prier, et, exposant sa misère d'une voix triste et lamentable, il conjura la dame d'avoir pitié de lui et de lui envoyer au moins un morceau de pain. Il savait bien qu'il ne demandait que pour lui donner lui-même un trésor plus précieux que toutes les richesses du monde. Leucippe en eut compassion ; elle le fit entrer, commanda qu'on lui apportât l'aumône, et, pendant ce temps, elle lui exposa elle-même la peine qu'elle souffrait, parce qu'elle était stérile, que son mari lui en faisait des reproches, et qu'elle n'avait pu obtenir sa guérison par une infinité de sacrifices qu'elle avait fait offrir aux dieux. Onuphre ne perdit point cette occasion de lui annoncer Jésus-Christ. Il lui dit qu'elle ne devait pas s'étonner si ses dieux ne l'avaient pas exaucée, puisque c'étaient des hommes qui, ayant vécu dans le crime, n'avaient point d'autre sort que de brûler avec les démons dans les enfers ; mais que si elle voulait reconnaître le seul Dieu tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, il l'assurait que dans peu de temps elle aurait un fils pour sa consolation et celle de son mari.

La grâce agit alors si puissamment dans le cœur de Leucippe, que,

reconnaissant la fausseté de sa religion et l'impiété de l'idolâtrie, elle crut en Dieu et en Jésus-Christ, et reçut même en secret le saint Baptême. Peu de temps après, elle conçut, et, se servant de cette occasion pour découvrir à son mari ce qui s'était passé, et pour lui communiquer les lumières qu'elle avait reçues, elle l'attira aussi au Christianisme. Onuphre, ce solitaire déguisé en pauvre, fut appelé. Il le catéchisa, le baptisa, et, par ce sacrement, il le revêtit de Jésus-Christ. Au bout de neuf mois, Leucippe mit au monde un fils qui fut aussi régénéré par le saint ermite et nommé Galation pour la blancheur spirituelle qui lui était conférée. La nature et la grâce furent si favorables à cet enfant, qu'on le vit plutôt croître en vertu et en sagesse qu'en âge. Son historien dit de lui une chose bien surprenante, s'il ne la dit point par exagération : c'est qu'il devint en peu de temps plus habile dans les sciences que les maîtres qu'on lui donnait pour l'instruire. À vingt-quatre ans, sa mère étant morte, il prit pour épouse, par l'ordre de son père, une jeune fille, nommée Épistème, que sa noblesse, sa beauté, sa prudence et sa chasteté rendaient extrêmement recommandable. Il avait l'intention de garder sa virginité ; sa femme lui en fit des plaintes, se persuadant qu'il ne l'aimait pas ; mais il lui dit que, comme elle n'était pas chrétienne, il ne pouvait avoir aucun commerce avec elle. Elle écouta cette proposition, et, étant touchée d'une lumière céleste, elle renonça aux idoles et embrassa le Christianisme, pour n'avoir plus qu'une même religion avec son époux et son beau-père. Galation la baptisa lui-même, parce que la persécution avait écarté tous les prêtres, et la grâce de ce sacrement agit si puissamment dans son âme, qu'elle y répandit l'amour de la pureté ; de sorte qu'elle ne pensa plus à voir son mari qu'en qualité de frère, de même qu'elle l'avait fait auparavant.

Ils étaient l'un et l'autre dans l'école du Saint-Esprit plutôt que dans celle des hommes, et cet Esprit saint leur inspira de vendre tous leurs biens, d'en donner le prix aux pauvres, de se séparer l'un de l'autre et de se retirer chacun à part dans une solitude où la persécution avait déjà fait fuir beaucoup de chrétiens. Ils exécutèrent ce dessein de point en point, et envoyèrent devant eux leurs richesses au ciel par les mains des pauvres. Galation se retira sur le mont Publie, près de Sina, avec dix solitaires, et il mit Épistème dans une petite communauté où quatre vierges ne s'occupaient que des choses célestes. Ils vurent trois ans en ces différents ermitages dans toutes les pratiques de la vie évangélique et monastique. Galation s'y exerça à la prière, au jeûne, au silence, à l'obéissance, à la mortification des sens et de l'esprit, et il était si austère, qu'un jour de chaque semaine il ne mangeait qu'un peu de pain.

Épistème, de son côté, n'avait presque point d'autre exercice que l'oraison, et elle y trouvait des douceurs extrêmes, parce qu'elle y jouissait des chastes embrassements de l'Époux céleste. Après ces trois ans, l'empereur ayant excité une des plus sanglantes persécutions qui aient jamais été dans l'Église, les archers, qui cherchaient les chrétiens, vinrent au monastère où était Galation et se saisirent de lui. Épistème avait eu, peu de jours auparavant, étant à minuit en oraison, une admirable vision dans laquelle on lui montra un palais magnifique, où son mari et elle recevraient une couronne de gloire. Informée qu'on emmenait son cher Galation pour être présenté au président, elle courut après lui et le suivit généreusement pour avoir part à ses supplices et à son bonheur. Dès qu'elle l'eut atteint, elle s'écria que, s'étant promis mutuellement de ne s'abandonner jamais, il n'était pas juste qu'il mourût ni qu'il s'en allât au ciel sans elle. On la

prit à l'heure même, et on les mena tous deux ensemble au tribunal du juge.

Il ne les interrogea pas sur leur pays ni sur leur religion ; mais, leurs habits les faisant assez connaître, il commanda d'abord qu'on les fouettât avec toute la force dont les bras des bourreaux étaient capables. Il arriva en cette occasion un miracle qui fut cause de la conversion de plusieurs des assistants : car, comme on dépouillait la Sainte, elle pria son divin Époux de lui épargner la honte de la nudité ; et, à l'heure même, cinquante-trois hommes, qui environnaient le gouverneur, furent frappés d'aveuglement. Cette punition leur donna la lumière de la vérité, ils reconnurent la puissance de Jésus-Christ, la confessèrent et recouvrèrent par là la vue qu'ils avaient perdue. Le juge, plus irrité que jamais de cet événement, après avoir fait fustiger les martyrs, ordonna qu'on leur enfonçât des pointes de roseaux entre la chair et les ongles. Ce fut dans ce tourment que nos Saints firent paraître une générosité invincible : plus la douleur semblait les devoir accabler, plus ils prêchèrent joyeusement le nom et la gloire de Jésus-Christ. Mais, pour leur ôter le moyen de publier ainsi ses louanges, on leur coupa la langue, les pieds et les mains. Enfin, ne diminuant rien de leur fermeté ni de leur allégresse spirituelle, ils eurent la tête tranchée le 5 novembre, et cessèrent ainsi de vivre pour aller régner éternellement dans le ciel. Ce fut en l'année 233 ou environ.

On les peint soit flagellés, soit torturés de diverses autres manières, comme nous l'avons rapporté. — On les trouve aussi représentés à genoux demandant à Dieu la force pour souffrir le martyre, puis couronnés par Jésus-Christ.

Leur vie et leur martyre ont été écrits par Métaphraste, et c'est de lui que Lipoman et Surius les ont rapportés. Le martyrologe romain en fait mention.

Date de fête

5 novembre

Époque

3ᵉ siècle

Décès

Vers 253 (ou 233 selon une mention du texte)