Saint Cyr (Cyrus)
Médecin, Moine et Martyr
Résumé
Médecin d'Alexandrie devenu moine, Saint Cyr fut martyrisé sous Dioclétien avec son compagnon Jean et quatre femmes (Athanasie et ses trois filles). Après avoir subi divers tourments pour avoir encouragé les jeunes vierges à la fermeté, il fut décapité. Ses reliques, d'abord à Alexandrie, furent plus tard transférées à Rome.
Biographie
SAINTS CYR ET JEAN,
SAINTES ATHANASIE, THÉODOSIE, THÉOCTISTE ET EUDOXIE, MARTYRS
Règne de Dioclétien.
Cyr ou Cyrus était d'Alexandrie même; il y exerçait la profession de médecin, guérissant les âmes des erreurs du paganisme, non moins que les corps de leurs maladies. Il fut dénoncé au gouverneur comme détournant les peuples du culte des idoles et leur persuadant d'adorer Jésus le crucifié. Le gouverneur donna ordre de l'arrêter. Le Saint se réfugia sur les frontières de l'Arabie, y changea de costume, se rasa la tête, prit l'habit de moine, et continua de guérir les corps et les âmes par la foi et la prière seules.
Jean était d'une naissance illustre et occupait un poste élevé dans la milice séculière. Ayant été faire un pèlerinage à Jérusalem, il vint en Égypte, et se joignit à Cyrus, attiré par le bruit de ses guérisons miraculeuses. S'édifiant l'un l'autre, ils faisaient tous les jours de nouveaux progrès dans la vertu.
La persécution ayant redoublé, trois vierges chrétiennes de Canope, consacrées à Jésus-Christ, furent arrêtées avec leur mère Athanasie, et présentées au gouverneur syrien. Saint Cyr, l'ayant appris dans sa retraite, crut beaucoup que ces enfants, intimidées à la vue des supplices, ne vinssent à renier leur céleste époux, surtout à cause de leur grande jeunesse. Car Théoctiste, l'aînée des trois, n'avait que quinze ans, Théodosie, la seconde, en avait treize, et Eudoxie, la dernière, était dans sa onzième.
Saint Cyr rentra donc dans Alexandrie, accompagné de Jean. Ils pénètrent dans la prison, ils exhortent les jeunes vierges à mettre leur confiance en Jésus-Christ, à qui elles se sont consacrées, et qui sera lui-même leur force au milieu des tourments ; ils leur inspirent ainsi un courage au-dessus de leur âge et de leur sexe.
Le gouverneur l'ayant su, les fit amener tous deux devant son tribunal, ainsi que les trois vierges et leur mère. Il comptait entraîner ces dernières dans l'apostasie des deux hommes, ou les effrayer par leur supplice. Il essaya d'abord de gagner Cyr et Jean par des promesses ; leur offrit de l'argent, des honneurs, des places s'ils voulaient revenir à la religion du prince. Sur leur refus, il leur fit endurer toutes les espèces de tourments, les coups de fouet, le fer, le feu. Voyant ces deux hommes insensibles, comme s'ils avaient souffert dans un corps étranger, il les fit mettre à part, et se mit à tourmenter les jeunes vierges et leur mère. Comme elles demeurèrent inébranlables, il fit trancher la tête à la mère et aux trois filles. Après quoi il essaya de nouveau sur les deux martyrs, Cyr et Jean, toutes les espèces de promesses et de tortures, et finit par les décapiter.
Les chrétiens transportèrent les corps dans l'église de Saint-Marc, et les placèrent, les trois vierges et leur mère dans un tombeau, les deux amis saint Cyr et saint Jean dans un autre. Plus tard, saint Cyrille, patriarche d'Alexandrie, transféra saint Cyr et saint Jean dans l'église des Évangélistes, sur le bord de la mer, où ils opérèrent une infinité de miracles.
Leurs corps furent plus tard transportés à Rome. Si donc Rome est citée dans la mention du martyrologe, c'est comme le lien où ils sont honorés, et non comme celui de leur martyre. Il y a, dit Barénius, sur la voie de Porte, dans la région ou quartier de la basilique Saint-Paul, au-delà du Tibre, une vieille église nommée communément Saint-Passars, mais que les anciens manuscrits appellent sainte Praxède ; on y lit ces deux vers graves sur le marbre.
Ici brillent les saints corps de Cyr et de Jean.
Alexandrie la Grande les a donnés à Rome.
Sophronie, évêque de Jérusalem, prononça un beau panégyrique de ces Martyrs ; il est cité dans l'acte deuxième du concile de Nicée et par saint Jean Damascène, troisième discours sur les images.
Acta Sanctorum.
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## SAINT JULES ET SAINT JULIEN,
## APÔTRES DES ÎLES DU LAC MAJEUR (commencement du Ve siècle).
Jules et Julien étaient frères : Jules était prêtre et Julien diacre. L'empereur Théodose ferma définitivement les temples des idoles, permit de les abattre ou de les transformer en églises, et fit appel aux hommes de bonne volonté pour aller évangéliser les contrées reculées de son empire, qui étaient devenues le dernier asile du paganisme. Les Îles dont sont semés les lacs de la Haute-Italie étaient dans ce cas.
Les deux frères Jules et Julien, originaires de la Grèce, se dévouèrent à ce genre d'apostolat : ils vinrent demander leur mission au Pontife de Rome, et se dirigèrent vers le nord de l'Italie.
Les représentations qu'on a données de ces deux Saints rappellent leurs actions les plus éclatantes : ainsi on les a peints supportant de la main des édifices sacrés, car ils passent pour avoir élevé une centaine d'églises ; — ils traversent le lac d'Orta sur leurs manteaux, pour montrer la puissance de la foi aux bateliers qui leur refusaient le passage ; — saint Jules chasse d'un signe de croix des serpents qui abandonnent l'île où il allait construire sa dernière église, et se précipitent dans les eaux d'un lac. On invoque les deux Saints contre les loups, dont ils passent également pour avoir débarrassé les contrées qu'ils évangélisaient. Saint Jules est le patron spécial d'Orta, dans le Novarais.