Bienheureuse Élisabeth de Waldsech
du Tiers Ordre de Saint-François
Résumé
Née en Souabe en 1386, Élisabeth de Waldsech entra à quatorze ans dans le Tiers Ordre franciscain. Sa vie fut marquée par d'intenses mortifications, des extases mystiques et des épreuves physiques comme la lèpre et la calomnie. Elle mourut en 1420 après avoir prédit la fin du Grand Schisme d'Occident.
Biographie
LA BIENHEUREUSE ÉLISABETH DE WALDSECH,
DU TIERS ORDRE DE SAINT-FRANÇOIS (1420).
Notre Bienheureuse, que la sainteté de sa vie avait fait surnommer la bonne Élisabeth, vint au monde l'an 1386 à Waldsech, pays de Souabe, diocèse de Constance. Prévenue, dès le berceau, des bénédictions célestes, et élevée dans la crainte du Seigneur par sa pieuse mère, elle croissait de jour en jour en sagesse. On la mit de bonne heure en pension chez les Religieuses du Tiers Ordre, et la jeune enfant fit en peu de temps d'admirables progrès dans la science des Saints. Elle n'avait encore que quatorze ans lorsqu'à force d'instances elle obtint la permission de revêtir les livrées franciscaines, que sa mère prit aussi plus tard, après la mort de son mari.
Dès lors, sa ferveur étonna les plus anciennes sœurs du monastère. On la voyait toujours la première dans tous les exercices de la communauté; ni la faiblesse de l'âge, ni la délicatesse du tempérament ne purent jamais lui servir de prétexte pour se dispenser des austérités de la Règle. Jamais on ne vit Religieuse plus humble et plus mortifiée; elle n'avait d'ambition que pour les plus vils emplois de la maison. C'était d'ailleurs un couvent très pauvre; chaque sœur vivait du travail de ses mains, et la supérieure ne s'occupait que de la direction des travaux. Les Religieuses n'avaient de commun que les exercices spirituels et l'habitation. Élisabeth travaillait, priait, jeûnait et avait à soutenir de rudes assauts de la part du démon.
Injustement accusée de vol, elle fut en proie au mépris de ses compagnes, et lorsque son innocence reconnue lui rendit l'estime dont elle jouissait, il lui survint une lèpre infecte qui couvrait tout son corps et la rendait insupportable à tout le monde. Sa patience pourtant ne se démentit jamais dans toutes ses épreuves.
Le Très-Haut, voulant attester la vertu de sa fidèle servante, la favorisa de grâces particulières. Dotée du don de prophétie, Élisabeth prédit la fin du schisme qui désolait alors l'Église, et la prochaine élection du pape Martin V. Ses fréquentes communications avec l'Époux céleste lui faisaient goûter ici-bas les plus pures délices. Son oraison était comme une extase, elle en sortait tout embrasée du divin amour. Ses paroles toutes de feu étaient accompagnées d'une douce suavité qui gagnait les cœurs. On ne l'appelait que l'ange tutélaire de la maison.
Élisabeth s'occupait sans cesse de la Passion de Notre-Seigneur; la méditation de ce grand mystère lui faisait verser, comme à son bienheureux patriarche, des torrents de larmes. Tous les vendredis, elle honorait les stations de la voie douloureuse par des mortifications et des souffrances volontaires. L'amour qu'elle éprouvait pour le divin Sauveur dans la sainte Eucharistie était sans bornes. Ce pain des anges était parfois sa seule nourriture de la journée; la communion, qu'elle faisait tous les jours, la réjouissait et la fortifiait tellement que, malgré ses pénitences, elle paraissait la mieux portante des sœurs.
Sa tendre dévotion pour la sainte Vierge répondait à l'amour ardent qu'elle avait pour son divin Fils. Cette digne enfant de saint François célébrait avec une vive ardeur les fêtes qui sont consacrées à la divine Mère. Tous les objets qui lui appartenaient, portaient le nom de Marie, car elle les lui avait tous dédiés. Sur ses instances, les religieuses et les pensionnaires de la maison s'unissaient à la bonne Élisabeth pour chanter des hymnes et des cantiques en l'honneur de la Vierge sans tache. Le chapelet, qu'elle ne quittait jamais, était sa prière favorite. Mais de tous les mystères de la très-sainte Vierge, celui de son Immaculée Conception faisait l'objet particulier de son culte. Elle ne tarissait point sur cette matière, et quand on voulait l'entendre parler avec plus de ferveur, on n'avait qu'à la mettre sur cette voie. L'historien de sa vie assure que cette Reine des anges lui apparaissait fréquemment, surtout au milieu des rudes combats qu'elle eut longtemps à soutenir contre l'esprit du mal.
Lorsque Dieu voulut enfin récompenser les vertus de cette âme séraphique, il lui fit connaître que l'heure de sa mort approchait. Le bruit s'étant répandu dans le monastère, qu'on était à la veille de perdre la bonne Élisabeth, on ne saurait dire quelle désolation causa parmi les âmes cette triste nouvelle; chacune s'empressait de prévenir cette perte par un accroissement de vénération et de respect. Une légère fièvre prouva bientôt que leurs craintes n'étaient que trop fondées. Notre Bienheureuse, se sentant de plus en plus pressée d'aller à Dieu, passa le peu de temps qui lui restait dans l'exercice continué du plus pur amour. Enfin, ayant reçu les derniers sacrements avec une nouvelle ferveur, ne cessant de prononcer les deux noms de Jésus et de Marie, elle se fit lire l'Évangile de la Passion, et à ces mots : « Jésus rendit son esprit », elle expira, et termina ainsi sa sainte vie par une précieuse mort, le 25 novembre 1420, à l'âge de trente-quatre ans. Son corps fut enterré solennellement dans son monastère. Le pape Clément XIII approuva le culte immémorial qu'on lui rendait; sa fête est fixée au 5 décembre.
Extrait des Annales du Tiers Ordre de Saint-François d'Assise.
Événements marquants
- Naissance à Waldsech en 1386
- Entrée en pension chez les Religieuses du Tiers Ordre
- Prise d'habit franciscain à quatorze ans
- Accusation injuste de vol
- Atteinte d'une lèpre infecte
- Prophétie sur l'élection du pape Martin V
- Mort à l'âge de trente-quatre ans
Miracles
- Don de prophétie (élection de Martin V)
- Extases et communications célestes
- Apparitions fréquentes de la Vierge Marie
- Vigueur physique malgré des jeûnes extrêmes
Citations
Jésus rendit son esprit