Vénérable Joseph Marchand
Prêtre et Martyr
Résumé
Missionnaire originaire du diocèse de Besançon, Joseph Marchand fut capturé en Cochinchine en 1835. Enfermé dans une cage de fer et soumis à d'atroces tortures par tenailles, il mourut dépecé pour avoir refusé d'abandonner sa foi. Ses restes furent broyés et jetés à la mer.
Biographie
PLUSIEURS MARTYRS DE COCHINCHINE
Le vénérable Joseph Marchand.
Notre Saint-Père le Pape Grégoire XVI, dans son allocution du 27 avril 1840, célèbre les triomphes de plusieurs prêtres et simples fidèles, tant européens qu'indigènes, qui confessèrent courageusement et au milieu des plus affreuses tortures le nom de Jésus-Christ. Le souverain Pontife pleure sur les maux causés par la persécution, mais il est en même temps fier de la gloire et heureux du bonheur de ses enfants, que Dieu daigne couronner dans sa miséricorde : « Il est heureux de louer devant ses vénérables frères, les princes de l'Église, Jésus-Christ triomphant dans ses soldats ».
« Et, pour commencer par l'année 1835, le missionnaire Marchand se montre en Cochinchine un courageux athlète de Jésus-Christ. Le fort où il était retenu par les séditieux ayant été emporté par les soldats du roi, il fut pris par eux, jeté comme une bête féroce dans une cage de fer et conduit à la ville capitale. Là, sollicité en vain par la violence des tourments d'abandonner la foi, il fut, sur la fin de novembre de cette année, mis à mort par ordre du roi, en haine de sa foi ».
Ce digne confesseur, Joseph Marchand, était de Passavant, au diocèse de Besançon. On ne peut lire sans horreur ce qu'il eut à endurer. Ce récit a été transmis par des témoins oculaires, et un tableau, apporté de Cochinchine et conservé à Paris, dans la chambre des martyrs, aux Missions étrangères, représente le saint prêtre entre les mains de ses bourreaux. À trois reprises différentes, cinq bourreaux, armés d'énormes pinces, lui déchirèrent les chairs des jambes et des cuisses.
Quinze jours après, lorsque les plaies commençaient à se cicatriser, on lui fit subir le même supplice avec des tenailles rougies au feu : des plaies ardentes du martyr s'exhalait une épaisse fumée. Au milieu de ce supplice infernal, le mandarin interrogeait le martyr sur les dogmes et les usages des chrétiens, et le martyr mourant retrouvait encore des forces pour défendre et confesser la foi de Jésus-Christ.
Enfin, le moment de la délivrance arriva. On attache M. Marchand à un poteau ; deux bourreaux, armés de coutelas, se placent à ses côtés ; le bruit du tam-tam se fait entendre ; les deux bourreaux saisissent avec leurs tenailles la poitrine du patient, la tirent, la tordent avec violence, la coupent d'un seul coup et en jettent à terre les lambeaux sanglants. Le missionnaire ne fait aucun mouvement. Les bourreaux saisissent d'autres parties du corps, et deux énormes morceaux de chair sont encore coupés : le patient s'agite, sa vue se porte vers le ciel : « Ô mon Dieu ! Ô Père ! » s'écrie-t-il. On descend aux jambes : deux lambeaux tombent sous le fer ; alors la nature épuisée succombe, la tête s'incline et l'âme du martyr s'envole dans le sein de Dieu.
Le corps de M. Marchand fut broyé et réduit en poussière, et cette poussière fut jetée à la mer. On n'a pu conserver de ses reliques.
Le pape Grégoire XVI, dans son décret du 19 juin 1840, l'a déclaré Vénérable.