Jacques Olier

Fondateur et premier supérieur du séminaire de Saint-Sulpice

Fête : 2 avril 17ᵉ siècle • venerable

Résumé

Jacques Olier fut le fondateur du séminaire de Saint-Sulpice et un réformateur majeur du clergé français au XVIIe siècle. Curé de la vaste paroisse Saint-Sulpice à Paris, il y lutta contre la misère et les désordres sociaux tout en formant des prêtres missionnaires. Sa vie fut marquée par une profonde dévotion eucharistique et mariale, ainsi que par de grandes épreuves physiques et morales.

Biographie

MOIS D'AVRIL

PREMIER JOUR D'AVRIL — ANNIVERSAIRES ET COMMÉMORATIONS.

Bouffochon, prêtre et religieux Capucin; se retira à Château-Chinon (Nièvre) après la suppression des cloîtres; conduit à Nantes et mort dans le fond de cale de la galiote hollandaise. 1794.

Jacques-Marie Chenau, prêtre du diocèse de Saint-Malo; ne prêta pas le serment de la constitution civile du clergé; condamné à mort par le tribunal criminel du département d'Ille-et-Vilaine, comme prêtre réfractaire. 1794.

Fromont, religieux Bernardin du diocèse d'Auxerre; déporté comme réfractaire; mort dans la galiote hollandaise. 1794.

Louis Hoyer, prêtre du diocèse de la Rochelle; domicilié à Niort; ne fit point les serments schismatiques et resta dans le Poitou lors de la loi de déportation; arrêté; condamné à mort comme contre-révolutionnaire, par le tribunal criminel des Deux-Sèvres, siégeant à Niort. 1793.

François-Marie Marchand, né en 1765 à Arras, jeune prêtre de cette ville; arrêté en 1794 par les ordres du proconsul Lebon; condamné à mort par le tribunal révolutionnaire d'Arras; exécuté à l'âge de vingt-neuf ans. 1794.

Le Père Antoine Vérillot, né dans le diocèse de Langres vers 1751; prêtre et religieux Capucin; fut banni de son cloître par la suppression des Ordres monastiques; ne fit aucun des serments révolutionnaires; arrêté à Autun en 1797, conduit à Rochefort; déporté au-delà des mers le 1er août 1798; mort à l'hospice de Sinnamari. 1799.

Bouchet, aumônier des Carmélites d'Angers; persécuté pour sa foi; transporté à Nantes en mars 1794; mort dans la galiote en avril même année.

Boulony, prêtre, chanoine de la cathédrale d'Angers; mis en réclusion comme prêtre insermenté en 1792; envoyé à Nantes; mort en avril 1794.

Bruneau, prêtre plus que sexagénaire du diocèse d'Angers; embarqué le 13 mars 1794 pour être dirigé sur Nantes; mort en avril même année.

Chapou, prêtre plus que sexagénaire d'Angers; envoyé à Nantes pour refus de serment, par les autorités révolutionnaires d'Angers; mort dans la galiote hollandaise en avril 1794.

Custode, prêtre et chanoine de Nevers; condamné à la déportation pour refus de serment; mort sur la gabarre à sel, au moment du débarquement à Brest, vers la fin d'avril 1794, à l'âge de soixante-six ans.

Deschamps, curé de Thianges (Nièvre, arrondissement de Nevers, canton de Decize); refusa le serment de la constitution civile du clergé; conduit à Nantes; mort à la fin d'avril 1794; son corps jeté à la mer.

Gilly, prêtre, chanoine de la cathédrale d'Angers; ne fit point le serment de 1791; mis en réclusion, puis transféré à Nantes en mars 1794; mort de misère dans le fond de cale de la galiote hollandaise au port de Nantes, vers le commencement d'avril de la même année.

Granjean, prêtre du diocèse d'Angers; mis en détention en 1793 pour refus de serment; envoyé à Nantes; embarqué pour la Guyane française; mort dans la galiote hollandaise au port de Nantes, vers le commencement d'avril 1794.

Le Père Joubert, religieux Récollet d'un monastère du diocèse d'Angers; ne fit point le serment de la constitution civile du clergé; se retira dans une maison de réclusion; arrêté en ce lieu dans la nuit du 12 au 13 mars 1793; conduit à Nantes; mort de faim et de froid dans la galiote hollandaise au commencement d'avril 1794.

Lempercur, chanoine de la cathédrale de Nevers, ecclésiastique renommé pour ses éminentes vertus; ne fit aucun des serments révolutionnaires; mis en réclusion dans la maison claustrale de Nevers; de là transporté à Nantes, le 14 février 1794; jeté dans l'entrepont de la galiote du port de cette ville; transféré à Brest; mort à l'âge de soixante-cinq ans vers la fin d'avril 1794.

Le Père Maximilien Papiau, prêtre, religieux Récollet au couvent de Saumur; éloigné de son cloître par les réformes de 1791; repoussa le serment de la constitution civile du clergé; mis en réclusion à Angers en 1792; conduit, ainsi que plusieurs autres prêtres, à Nantes, le 13 mars 1794; mis avec eux dans la galiote hollandaise; mort en ce lieu en avril 1794.

Pasquier, curé de la paroisse de Saint-Sauveur de Segró (diocèse d'Angers); refusa le serment de la constitution civile du clergé; mis en réclusion à Angers, puis conduit à Nantes; déporté le 13 mars 1794; mort au mois d'avril de la même année.

René-Pierre Pillon, né à Laval (Mayenne) en 1750, prêtre, curé de Saint-Mars-sous-Ballon (Sarthe); ne fit aucun des serments révolutionnaires; arrêté au Mans en 1793; conduit à Rochefort; déporté au-delà des mers le 12 mars 1798; mort de la peste dans le canton de Roura (Guyane française) à la fin d'avril de la même année, à l'âge de quarante-huit ans.

Pouligain, chapelain prébendé de la cathédrale d'Angers; ne fit point le serment de la constitution civile du clergé; arrêté en mars 1794; conduit à Nantes avec d'autres prêtres; enfermé dans le fond de cale de la galiote hollandaise; mort en ce lieu en avril 1794.

Freisence de la Remondie, né à Pézal (Dordogne, arrondissement de Bergerac, canton de Saint-Alvère), prêtre, vicaire à Sainte-Foy-de-Longas (diocèse de Périgueux); refusa le serment de la constitution civile du clergé; prêta celui de liberté-égalité en 1792; emprisonné en 1793; conduit à Rochefort dans les premiers mois de l'année suivante pour être déporté au-delà des mers; mis à l'hôpital de cette ville; mort en ce lieu à l'âge de trente-trois ans, en avril 1794.

Joseph-Louis Renault, né à Remiremont (Vosges) en 1724, prêtre du diocèse de Saint-Dié, un des plus anciens chanoines du chapitre de cette ville; ne fit point le serment schismatique de 1791; fut privé de son canonicat; resta à Remiremont malgré la loi de déportation; mis en réclusion le 29 avril 1793 dans l'ancien couvent des religieuses de l'Annonciade, à Épinal; ramené à Remiremont; mort dans cette ville à l'âge de soixante-neuf ans. 1793.

Saint-Syrée, prêtre du diocèse d'Angers; refusa le serment de la constitution civile du clergé; mis en réclusion; conduit à Nantes en 1794; mort de la faim, du froid et de la peste, dans le fond de cale de la galiote hollandaise du port de Nantes, en 1794.

Pierre Saint-Sarès, né à Angoulême en 1754, curé d'Assarts (Sèvre); ne fit point le serment de la constitution civile du clergé et demeura au milieu de ses paroissiens jusqu'en 1792; enfermé dans une maison claustrale; conduit à Nantes en février 1794; mort dans la galiote hollandaise au mois d'avril de la même année, à l'âge de quarante-deux ans.

Marie Teyssonnier (appelée communément Marie de Valence). Née à Valence, en 1576, de parents cuiviniers, elle fut baptisée au village de Soyons (Ardèche, arrondissement de Tonnneu, canton de Saint-Péray). Dieu l'éprouva pendant sa jeunesse par de fréquentes maladies, comme pour l'habituer de bonne heure à l'amour des souffrances, et lui inspira un goût particulier pour l'oraison. Orpheline de bonne heure, et sa mère s'étant remariée, son père adoptif la contraignit, à l'âge de douze ans, d'épouser un calviniste, nommé Matthieu Pouchelon, notaire à la Baume-Cornillane, distante de trois ou quatre lieues de Valence. Quelques années après, elle tomba dangereusement malade, et, sur l'avis des médecins, on la ramena à Valence, où elle eut le bonheur de se faire catholique, et de voir son époux, quelques mois après, entrer, à son exemple, dans le giron de la sainte Église romaine. Devenue veuve, Marie passa doucement sa vie à Valence, dans une petite maison que sa piété changea bientôt en paradis. Ses occupations ordinaires étaient la contemplation des choses éternelles; Dieu la récompensa en lui faisant goûter dans son service d'ineffables consolations et en répandant sur elle les dons les plus riches de son amour, entre autres celui de prophétie (elle prédit au Père Cotton, son confesseur, plusieurs événements qui se vérifièrent à la lettre, et lorsque le roi Henri IV eut été assassiné (14 mai 1610), elle assura qu'il était mort en état de grâce, parce que Dieu lui avait inspiré une grande contrition de ses fautes, mais que cependant il aurait beaucoup à souffrir en purgatoire). Ces merveilles attirèrent bientôt sur notre sainte veuve les regards et l'admiration de tous. On fit des démarches pour l'attirer à Paris; mais l'évêque et les notables de Valence s'y opposèrent, et ce fut alors que, dans l'espoir de la retenir pour toujours dans cette ville, on lui proposa d'y fonder, en sa considération, un établissement de religieuses Ursulines, où elle pourrait se retirer, sans néanmoins s'obliger à prendre le saint habit. Elle n'hésita point à accepter une proposition si avantageuse pour la gloire de Dieu; le couvent de Sainte-Ursule fut fondé à Valence, et l'on y destina une chambre particulière pour Marie, qui l'habita pendant deux ou trois ans. Elle était pour la ville un véritable trésor; ses vertus émerveillaient tout le monde; la puissance de ses prières et les prodiges qu'elle opérait excitaient une admiration générale. Elle s'éteignit doucement dans le Seigneur, à l'âge de soixante-douze ans. Elle fut ensevelie dans l'église actuelle du monastère de la Visitation, qui appartenait autrefois aux Religieuses Minimes, 1648.

Pierre-François-de-Paule Melmy (en religion le Révérend Père Elienne) fondateur et premier abbé de la Trappe, à Aiguebelle (bourg de la Drôme), au diocèse de Valence. Né à Reims, le 4 septembre 1744, il fit ses premières études chez les Frères de la Doctrine chrétienne, les continua au collège de l'Université et alla les achever au séminaire, où l'appelait sa vocation. Ordonné prêtre en 1769, il fut d'abord vicaire à Marenil-sur-Ay; son évêque l'appela ensuite à la cure de Perthes-les-Herins. Cependant le jeune prêtre se sentait attiré vers la vie religieuse: actif et dévoué, il redoutait dans les fonctions pastorales, non le travail, mais la responsabilité; il préférait un état dur à son corps mais rassurant pour son cœur. En 1778, il entra donc à la Chartreuse de Mont-Dieu, au diocèse de Reims; mais une maladie très-grave qu'il fit pendant son noviciat lui fut représentée comme un avertissement de la Providence, et il quitta le cloître. En 1781, il fut promu à la cure de Prauilly, et cette paroisse lui dut d'heureux changements. La Révolution française changea tout à coup son existence. Chassé de son presbytère en 1794, il vint chercher un asile à Reims; puis, quand il fallut quitter la France, il alla se fixer en Belgique; les Dominicains de Bruxelles lui prodiguèrent les soins les plus charitables. Il y resta jusqu'en 1794. À cette époque, trois religieux de la Trappe vinrent fonder à Westmal, près d'Anvers, le monastère du Sacré-Cœur. L'abbé Melmy s'empressa de les rejoindre et, le 15 juin 1794, il reçut l'habit de novice et prit le nom de frère Elienne. Jamais noviciat ne fut plus éprouvé. Traqués par les persécuteurs, les religieux du Sacré-Cœur furent contraints de chercher successivement un asile à Munster (Westphalie), à Marienfeld, à Darfeld, à Orcha (Russie-Blanche), à Dantaïca, à Hambourg, à la Val-Sainte (Suisse). Napoléon les chassa de cette dernière retraite; mais bientôt il succomba sous le nombre de ses ennemis: les Trappistes reparurent. Dom Augustin, ancien prieur de la Val-Sainte, songea aussitôt à rétablir son Ordre en France; il s'empressa de racheter la Trappe primitive, et, pour s'assurer dans le Midi une maison convenable, il fit l'acquisition d'Aiguebelle. Le Père Elienne (il avait prononcé ses vœux le 15 juin 1795) fut chargé de cette fondation. Quand il entra à Aiguebelle (1816), il avait soixante-douze ans. Malgré son grand âge, il sut mener à bonne fin la grande œuvre qu'il avait entreprise: Aiguebelle, qui n'était tout à l'heure qu'un triste amas de ruines, redevint florissante, et une nombreuse communauté se rassembla autour du vénérable vieillard; le 13 août 1824, obligé de céder au vœu de son supérieur et à l'impatience de ses frères, il fut élu abbé du nouveau monastère. Mais il ne devait pas édifier longtemps cette maison par le spectacle de ses éminentes vertus. Entré dans sa quatre-vingt-seizième année, il avait fourni sa course, et il ne lui restait plus qu'à recevoir la couronne de justice, que le juste Juge réserve à ceux qu'il aime: elle lui fut accordée dans le courant d'avril (le dimanche des Rameaux) de l'année 1841.

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## IIe JOUR D'AVRIL

Événements marquants

  • Naissance à Paris le 20 septembre 1608
  • Conversion spirituelle à Notre-Dame de Lorette
  • Ordination sacerdotale le 24 juin 1633
  • Missions en Auvergne et rencontre avec la Mère Agnès de Jésus
  • Refus de l'évêché de Châlons-sur-Marne
  • Fondation du séminaire de Vaugirard en 1642
  • Prise de possession de la cure de Saint-Sulpice en août 1642
  • Sédition et agression par la populace de sa paroisse
  • Démission de sa cure en 1652 après une attaque d'apoplexie

Miracles

  • Guérison miraculeuse de la vue à Lorette
  • Guérison d'une faiblesse de poitrine pour prêcher
  • Don de pénétration des cœurs et de prophétie

Citations

Nihil de his quæ videntur desiderare

— Cité par Jacques Olier (paroles d'un martyr)

Je suis content d'être dans l'état où Dieu me voudra, je ne désire ni ne veux autre chose

— Jacques Olier