Saint Anschaire (Apôtre du Nord)
Premier archevêque de Hambourg, évêque de Brême, apôtre de Suède et de Danemark
Résumé
Né en Picardie et formé à l'abbaye de Corbie, Anschaire devint l'apôtre infatigable du Danemark et de la Suède au IXe siècle. Premier archevêque de Hambourg puis évêque de Brême, il lutta contre le paganisme, racheta de nombreux esclaves et fonda les premières églises scandinaves. Malgré les invasions normandes, il maintint la foi par son ascétisme et sa charité jusqu'à sa mort en 865.
Biographie
SAINT ANSCHAIRE
PREMIER ARCHEVÊQUE DE HAMBOURG, ÉVÊQUE DE BRÊME, APÔTRE DE SUÈDE ET DE DANEMARK
Un auteur protestant, Münter, dit en parlant d'Anschaire : « Des églises et des couvents lui ont été dédiés ; des fêtes ont été instituées en son honneur, et quoique le protestantisme ait renversé ses autels, il ne serait pas juste que la mémoire d'un homme qui a été le bienfaiteur de tant de générations fût oubliée.
Anschaire naquit le 8 septembre 801 à Fouilloy, ancien faubourg de Corbie, près Amiens. Il perdit sa mère à l'âge de cinq ou six ans, lorsqu'on lui apprenait déjà les premiers éléments de la doctrine chrétienne et des lettres. Une nuit, s'étant endormi l'esprit plein des louanges qu'il avait entendues sur la piété de sa mère, il eut une vision dans laquelle la Sainte Vierge lui fit connaître que, s'il voulait être un jour avec sa mère dans le ciel, il devait éviter les vains amusements de l'enfance et s'appliquer aux choses sérieuses. Il suivit ce conseil à la lettre et employa tout son temps à l'étude et à la piété.
Lorsqu'il eut douze ans, son père, appelé souvent à la cour par ses hautes fonctions, le mit dans le monastère de Corbie. Saint Adelard, alors abbé, s'intéressa vivement à cet enfant et confia son éducation au célèbre Paschase Radbert. Il se fit tout d'abord remarquer par ses progrès dans les sciences et la vertu. Étant ensuite, par un effet de la fragilité humaine, un peu déchu de sa première ferveur, il se releva bien vite. Trois choses l'y aidèrent : l'avis que la Sainte Vierge lui avait donné ; la mort de l'empereur Charlemagne, qu'il avait vu cinq ans auparavant dans tout l'état de sa gloire, frappant exemple de la vanité des choses humaines ; et enfin, une autre vision où il lui sembla que Dieu lui promettait la couronne du martyre. Ne comprenant pas que cela devait s'entendre du martyre d'une mortification continue et des pénibles travaux de l'apostolat, il crut qu'il répandrait son sang parmi les infidèles et se prépara à une si grande grâce. Il s'acquitta parfaitement de la charge d'enseigner les lettres, d'abord dans l'ancienne Corbie, en Picardie, où il fut élève ; puis dans la nouvelle, en Saxe, fondée par saint Adelard, en 823. On voulut aussi qu'il instruisît le peuple et prêchât publiquement dans l'église. Il fut le premier qui exerça ainsi, dans le monastère, l'emploi de maître et celui de prédicateur.
Sur ces entrefaites, Harald, roi de Jutland, chassé de ses États par les enfants de Godefroi, roi des Danois du Nord, appelés Normands, s'étant réfugié à la cour de l'empereur Louis le Débonnaire, y reçut le baptême, et quand il fut près de rentrer dans ses États, il demanda quelques missionnaires zélés pour l'accompagner. C'était un poste difficile et périlleux. On ne trouva personne plus capable de le remplir qu'Anschaire, et il fut le seul qui voulut tout d'abord accepter (826). Il trouva pourtant un compagnon de son apostolat : ce fut Autbert, de famille noble et procureur de la vieille Corbie, qui tomba malade au bout de deux ans et fut obligé de revenir en France. Ces deux zélés missionnaires convertirent un grand nombre d'infidèles par leurs prédications et par l'exemple de leurs rares vertus. Ils ouvrirent une école à Haddeby, sur la Schley, en face de Sleswig, pour y former des missionnaires. Les premiers qui y furent élevés étaient des jeunes gens rachetés de l'esclavage ; il s'y joignit quelques jeunes hommes de condition libre : ce qui porta à douze le nombre des élèves. De cette sainte pépinière sortirent les premiers évêques de la Suède et du Danemark.
L'an 829, Birn ou Biorn, roi de Suède, fit demander à Louis le Débonnaire des prédicateurs pour évangéliser son peuple. L'empereur fit revenir Anschaire (qu'il remplaça en Danemark par un autre moine de Corbie, Gislemar) et le chargea de cette mission de Suède, en lui donnant pour principal collègue Witmar, religieux de Corbie. Dieu permit que le vaisseau qui les portait fût pris par des pirates, qui leur ôtèrent tout ce qu'ils avaient, les présents destinés par Louis le Débonnaire au roi de Suède et quarante volumes qu'ils regardaient comme un de leurs moyens d'instruction et de consolation dans ces terres barbares. Quelques-uns des missionnaires, presque désespérés, voulaient retourner en Saxe. Anschaire soutint leur courage en leur remontrant que leur dénomination les faisait ressembler aux Apôtres, et que c'était là ce que Jésus-Christ recommandait le plus aux prédicateurs de son Évangile. En effet, Dieu bénit leurs travaux, et d'ailleurs la moisson était prête. À peine avait-on le temps d'instruire tous ceux qui demandaient le baptême. Une des conversions les plus importantes fut celle d'Hérigard, gouverneur de Birca, près de Stockholm. C'est lui qui fit construire sur ses terres la première église élevée sur le sol de la Suède.
Cinq ou six mois après, Witmar revint en France avec des lettres du roi Biorn à l'adresse de Louis le Débonnaire : celui-ci, ravi des progrès que la foi de Jésus-Christ faisait dans le Septentrion, pour donner plus de stabilité à cette propagation, de l'avis des évêques qu'il avait assemblés, et ne faisant en cela d'ailleurs qu'exécuter le plan de Charlemagne, son père, établit un siège métropolitain à Hambourg. Notre Saint fut choisi pour le remplir et, malgré ce qu'il put alléguer pour s'en défendre, sacré par Drogon, frère de l'empereur et archevêque de Metz, qu'assistaient Ebbon, archevêque de Reims, Hetti, archevêque de Trèves, et Otgar, archevêque de Mayence.
Avant de prendre possession de son siège, le nouvel archevêque se rendit auprès du pape Grégoire IV, qui lui donna le *Pallium* et le fit légat du Saint-Siège dans le Danemark, la Suède, la Norvège, la Fionie, le Groenland, le Halland, l'Islande, la Finlande et les pays voisins, conjointement avec Ebbon archevêque de Reims, déjà honoré de cette dignité par le pape Pascal Ier. Grégoire IV confirma la mission d'Anschaire l'an 834 et unit à son église le monastère de Thurolt, en Flandre, afin que, si le Saint était chassé par la violence des Barbares, il eût une retraite assurée, et aussi pour assurer un revenu au siège nouveau de Hambourg. Ebbon ordonna évêque Gauzbert, son parent, et le donna pour collègue à saint Anschaire, dans les fonctions de la légation du Nord. Gauzbert, ayant eu la Suède pour son partage, y fit beaucoup de bien. Saint Anschaire se chargea des églises du Danemark et du nord de l'Allemagne. Il construisit à Hambourg une cathédrale sous le vocable de Saint-Pierre, forma une riche bibliothèque, créa un monastère qu'il peupla de religieux de Corbie et développa le bien-être matériel de ses diocésains. Il achetait des enfants danois et slaves, pour les délivrer de la captivité, les consacrait au service de Dieu et en envoyait un certain nombre à Thurolt pour les former à la prédication de l'Évangile. Un désastreux événement vint compromettre, en 845, le fruit de 15 années de travaux. Les Normands descendirent l'Elbe et vinrent piller Hambourg. Anschaire, abandonné par ses prêtres et ses religieux, ne continua pas moins au risque de sa vie, de consoler, de soutenir dans la vraie foi son troupeau dispersé par les Barbares. En 849, le siège de Brême étant devenu vacant, le pape Nicolas, sur la demande de Louis le Germanique, le détacha de la province de Cologne, le réunit à celui de Hambourg, confia à notre Saint le gouvernement des deux églises, et le fit son légat dans les provinces du Septentrion.
Anschaire, voyant son autorité ainsi affermie, fit de nouveaux prodiges de zèle ; il fit bientôt refleurir par tout le Danemark la religion qui y dépérissait ; il dut en grande partie ces succès à la bienveillance et à la protection de Horich, qui avait réuni sous sa domination les États de divers petits rois du pays. Gauzbert ayant été chassé de Suède par une émeute, Anschaire eut le courage d'aller lui-même rétablir cette mission. En vain ses amis lui exposèrent qu'il risquait sa vie ; lui, qui ne désirait que le martyre, commença par se présenter au roi Olaïs, ou Olaf, successeur de Birn. Ce prince le reçut fort bien, mais il voulut que le sort décidât, selon l'usage superstitieux du pays, si le libre exercice du Christianisme serait permis dans ses États. Le saint évêque voyait avec peine la cause de Dieu soumise au caprice du hasard ; il n'en demeura pas moins plein de confiance dans le secours du ciel, qu'il implora par le jeûne et la prière. Le sort fut favorable au christianisme, ainsi que le conseil du roi, espèce de parlement consulté sur ce sujet. L'Apôtre se mit aussitôt à l'œuvre, annonçant le royaume des cieux et la pénitence. Il prêchait le jour et travaillait des mains la nuit, comme saint Paul, pour n'être à charge à personne. Ce désintéressement fut aussi éloquent que ses discours. Les infidèles se convertirent en foule et, après avoir établi, aussi bien en Suède qu'en Danemark, diverses églises pourvues de bons ministres pour y continuer l'ouvrage du Seigneur, Anschaire revint à Brême. Là, il unit à l'inspection générale des provinces du Nord, le soin particulier du troupeau qu'il avait dans ce diocèse et dans celui de Hambourg ; l'évêque en lui n'avait point effacé le religieux, et les fonctions pastorales ne diminuaient point ses austérités. Il suivait en cela l'exemple du grand saint Martin, qu'il s'était proposé pour modèle. Il portait un rude cilice jour et nuit ; il ne se nourrissait ordinairement que d'eau et de pain, pris en petite quantité. Humble et se défiant de lui-même, il veillait sur tous les mouvements de son cœur et recourait sans cesse à Dieu, d'où il tirait ses lumières pour prêcher la vérité, et ses forces pour la pratiquer. Il savait, dans la prédication, mêler adroitement la terreur et la consolation ; il inspirait ainsi à ses auditeurs une crainte salutaire qui les éloignait du mal, et une dévotion tendre, un certain goût de la vertu. Aussi sage que zélé, il prenait toujours, pour résoudre une affaire importante, le temps de consulter Dieu. Il entendait régulièrement trois ou quatre messes avant d'offrir lui-même le saint sacrifice. Il avait extrait de l'Écriture Sainte et des Saints Pères une foule de passages propres à lui rappeler constamment sa propre indignité et enflammer dans son cœur l'amour de Dieu. Il avait écrit quelques-uns de ces passages après chaque psaume de son bréviaire. De toutes les lettres qu'Anschaire écrivit à des évêques, à des princes chrétiens, aux rois de Suède et de Danemark, il ne nous reste qu'une épître qu'il adressa à Louis le Germanique et à divers évêques, en leur envoyant son recueil des privilèges accordés par le Saint-Siège aux missions du Nord. Il y fait preuve d'une grande modestie en attribuant à Ebbon de Reims tout le mérite des conversions opérées dans les régions septentrionales ; car en réalité les deux voyages d'Ebbon en Danemark avaient été plus politiques qu'apostoliques, et leur résultat n'avait guère profité à la propagation de l'Évangile.
Ses aumônes étaient extrêmement abondantes et se déversaient de tous côtés. Les dîmes qu'il percevait étaient consacrées à secourir les indigents et les étrangers, dans un hôpital fondé par lui à Brême, et qui devait devenir par la suite une église collégiale placée sous son vocable. Presque tous ses revenus passaient entre les mains des veuves, des orphelins, des anachorètes ! Son aumônière s'ouvrait toujours à la demande des solliciteurs qu'il rencontrait. Pendant le Carême, il recevait tous les jours et servait à sa table quatre pauvres, deux hommes et deux femmes ; il lavait lui-même les pieds aux premiers et faisait rendre les mêmes soins aux deux femmes par une respectable matrone. Dans le cours de ses tournées pastorales, il ne prenait le repas de ses hôtes que lorsqu'il avait fait asseoir à une table spéciale un certain nombre d'indigents, auxquels il avait offert les ablutions des mains selon l'usage bénédictin.
Sa plus grande joie était de racheter des esclaves. Rembert raconte toute la joie que manifesta devant lui une pauvre veuve à qui le Saint avait ramené son fils, que des pirates suédois avaient longtemps gardé captif.
Sa confiance en Dieu fut souvent récompensée par des visions et la connaissance de l'avenir. C'est ainsi qu'il apprit que Reginaire, comte de Hainaut, qui employait à son service les enfants normands et slaves qu'on devait préparer à la vie monastique dans l'abbaye de Thurolt, serait un jour puni de ce détournement : ce qui se vérifia bientôt, puisque les intrus tombèrent dans la disgrâce de Charles le Chauve et perdirent la concession de l'abbaye faite antérieurement aux dépens d'Anschaire.
Le biographe contemporain de l'archevêque de Hambourg nous signale une autre circonstance où l'avenir lui révéla ses secrets. Trois ans avant sa promotion à l'évêché de Brême, il s'était senti transporté en songe dans un lieu fort agréable ; là, il vit le Prince des Apôtres auquel les habitants d'une ville voisine demandaient un pasteur. Saint Pierre leur proposa Anschaire ; et, en même temps, le sol trembla, et l'Esprit-Saint descendit du haut des cieux. Comme les mêmes postulants continuaient à réclamer un évêque, saint Pierre, indigné, s'écria : « Ne vous ai-je pas dit que ce serait Anschaire, et n'avez-vous pas vu l'Esprit-Saint illuminer son front ? Cessez donc toute opposition à cet arrêt ». — Anschaire sut dès lors qu'il était destiné à gouverner l'église de Brême et que diverses personnes s'efforçaient d'entraver sur ce point les vues de la Providence.
Plein de sollicitude pour son troupeau, il réalisait le portrait du bon Pasteur tracé par saint Grégoire. Ses éloquents discours, heureusement mélangés de douceur et de sévérité, épouvantaient les pécheurs, réchauffaient les tièdes et répandaient la consolation dans l'âme des affligés.
Un dimanche, qu'il prêchait dans un bourg de la Frise, il s'éleva principalement contre le travail servile des jours de fête. Plusieurs de ses auditeurs n'en voulurent pas moins, ce jour-là même, profiter du beau temps pour ramasser leur foin dans les prés et en faire des meules : mais, vers le soir, elles furent consumées par le feu du ciel, qui respecta celles qui avaient été amassées les jours précédents. Les habitants des villages voisins, en apercevant la fumée, s'imaginaient que c'était l'indice d'une invasion d'ennemis ; mais, après information, ils surent que c'était la juste punition du mépris qu'on avait fait de la parole d'Anschaire.
Parmi les Nordalbingiens, il en était qui, quoique chrétiens, ne se faisaient point scrupule de s'emparer des esclaves qui se retiraient dans leur pays ; ils les employaient à leur service personnel ou les revendaient aux païens. Les personnes les plus notables de la nation se rendaient coupables de cet odieux trafic, qu'Anschaire ne savait comment empêcher ; encouragé par une vision, il résolut d'affronter tous les dangers d'une telle entreprise ; il réussit si bien, en joignant la menace aux exhortations, que non-seulement la liberté fut rendue à tous les prisonniers, mais qu'il fut convenu que celui qui serait désormais soupçonné d'un tel crime devrait se purger de cette accusation, non point par un simple serment, mais en se soumettant à ce qu'on appelait le Jugement de Dieu. Ceux qui furent témoins de cette conversion se plaisaient à dire qu'ils n'avaient jamais rencontré un homme aussi excellent que l'archevêque de Hambourg.
Anschaire ne portait pas un pareil jugement sur lui-même : car, lorsqu'on lui parlait des miracles qu'il avait opérés par ses prières et l'onction de l'huile bénite, il s'écriait que, s'il avait quelque crédit auprès de Dieu, il ne lui demanderait qu'un seul miracle, celui de devenir un homme de bien.
Anschaire était âgé de soixante-quatre ans, et il en avait passé trente-quatre dans les fonctions épiscopales, quand sa santé déjà ébranlée fut tout à fait compromise par une maladie douloureuse qui lui dura quatre mois.
Notre Saint aurait désiré mourir le jour de la Purification. Le 1er février 865, il ordonna de préparer le repas plus copieux qu'on devait offrir le lendemain au clergé et aux pauvres, et de confectionner trois grands cierges de cire ; il les fit mettre, l'un devant l'autel de la Vierge, l'autre à celui de Saint-Pierre, le troisième à celui de Saint-Jean-Baptiste, voulant par là recommander l'heure de sa mort à l'intercession de ces trois protecteurs.
Quand ses forces l'eurent abandonné, il pria son disciple Rembert d'achever pour lui les versets des Psaumes qu'il avait commencés : c'est ainsi que, les yeux fixés vers le ciel, il rendit son âme à Dieu le 3 février de l'an 865.
Le corps du Pontife fut embaumé et inhumé dans la cathédrale de Saint-Pierre de Brême, devant l'autel de la Très-Sainte Vierge. Ses obsèques s'accomplirent au milieu d'un deuil universel.
Les écrivains protestants n'ont pu s'empêcher de rendre hommage à l'Apôtre du Nord.
## RELIQUES ET CULTE DE SAINT ANSCHAIRE.
Plusieurs églises d'Allemagne, de Suède et de Danemark obtinrent de Brême quelques reliques de saint Anschaire.
Adalbert, archevêque de Hambourg et de Brême, envoya à Foulques, abbé de Corbie, en 1048, un bras de saint Anschaire, et renonça, à cette occasion, à l'ancienne fraternité qui unissait les moines de Corbie au clergé de Hambourg. Cette précieuse relique fut reçue à Corbie le 1er mars ; le jour de Pâques de l'an 1198, on la mit dans un bras d'argent. Elle a été sauvée à la Révolution et se trouve, depuis 1865, à l'église de Foulley.
La prétendue Réforme a dispersé les reliques de l'Apôtre du Nord. Elles ont été précieusement recueillies depuis un petit nombre d'années ; on en conserve dans les églises catholiques de Brême, de Hambourg et de Copenhague.
Grâce à la bienveillante intervention de Mgr Tirmache, évêque d'Adras, Napoléon III a fait don, en 1864, à l'église de Foulley, d'une châsse destinée à contenir le bras de saint Anschaire. Depuis lors, un fragment en a été donné à la paroisse de Corbie.
Anschaire fut mis au nombre des Saints, peu de temps après sa mort, par saint Rembert, son successeur sur le siège de Brême. Cette canonisation fut bientôt confirmée pour toute l'Église par le pape saint Nicolas Ier.
Dès l'an 882, saint Rembert dédia à son prédécesseur l'église de Brême, qu'il y avait fait construire pour un chapitre de chanoines réguliers. Adolphe Cypress affirme que les luthériens ne purent jamais réussir à profaner ce sanctuaire par des entreprises mercantiles, et qu'ils se décidèrent enfin à en faire un hospice d'orphelins.
Jusqu'à la Réforme, Anschaire resta le patron le plus populaire, non-seulement de Brême et de Hambourg, mais de toute l'Allemagne septentrionale. Son culte était répandu dans divers diocèses de la Suède, de la Norvège, du Danemark, du Sleswig-Holstein, de la France, de la Belgique (Droges). Le souvenir de saint Anschaire ne s'est jamais éteint dans les régions septentrionales. Mgr Melchers, évêque d'Osnabrück, vicaire apostolique des missions du Nord, a entrepris de populariser son culte. Du 3 au 11 février 1865, il a célébré solennellement dans l'église catholique de Hambourg le millième anniversaire de la mort de saint Anschaire : à cette occasion, il a prescrit aux prélats des missions du Nord la récitation d'un office de saint Anschaire, tiré en grande partie de l'ancien bréviaire scandinave, et qui, l'année précédente, avait été approuvé par le Saint-Siège.
Mgr Melchers, évêque d'Osnabrück, nous écrit qu'on ne sait pas même aujourd'hui où se trouvait l'autel de Marie, dans l'église protestantisée de Saint-Pierre, autel qu'on détruisit en même temps que le tombeau de saint Anschaire. Sa Grandeur ajoute qu'il existe des statues de l'Apôtre du Nord dans les églises catholiques de Hambourg et de Copenhague, et qu'en 1863, le sénat de Brême fit ériger sur la place de cette ville une remarquable statue de son saint archevêque. — Il y en a une toute moderne à Saint-Pierre de Corbie. Saint Anschaire figure aussi dans les nouvelles verrières de l'église paroissiale de Villers-Bretonneux.
Une église catholique de Hambourg, une autre de Copenhague sont consacrées à saint Anschaire, et il est également patron de diverses églises de Suède.
A Hambourg, une rue, une porte et une chaussée portent le nom de saint Anschaire. Une église de Brême s'appelle *Ausgarius Kirche* ; un village voisin, *Wildenschwaren* (*silla Anschari*) ; un autre *Aschar-endorf*.
On célèbre solennellement la fête de saint Anschaire à Fouilloy, le lieu de sa naissance.
Le seul ouvrage qui nous soit resté complet d'Anschaire est une Vie de saint Willichald, premier évêque de Brême, mort vers 790. Le style en est remarquable pour l'époque : les meilleurs critiques en ont loué la simplicité et l'esprit judicieux.
La vie d'Anschaire lui-même a été écrite au IXe siècle par saint Rembert qui fut son disciple et son successeur.
Quant à nous, pour composer la vie que nous offrons ici, nous avons suivi Baillot, M. l'abbé Karup, autour d'une histoire de l'Église catholique, en Danemark, éditée en français, chez M. Guémar de Bruxelles, en 1861 ; et surtout M. l'abbé Corbet, hagiographe d'Amiens, dont le travail est tout ce qu'il y a de plus complet.
Événements marquants
- Naissance à Fouilloy en 801
- Entrée au monastère de Corbie à 12 ans
- Mission au Danemark avec le roi Harald en 826
- Évangélisation de la Suède à la demande du roi Biorn en 829
- Sacre comme archevêque de Hambourg par Drogon de Metz
- Nomination comme légat du Saint-Siège pour le Nord par Grégoire IV en 834
- Union des sièges de Hambourg et Brême en 849
- Rétablissement de la mission de Suède auprès du roi Olaf
Miracles
- Vision de la Sainte Vierge dans l'enfance
- Vision de la couronne du martyre
- Le sort favorable au christianisme devant le roi Olaf
- Feu du ciel punissant le travail servile le dimanche en Frise
- Guérisons par l'onction d'huile bénite
Citations
Si j'avais quelque crédit auprès de Dieu, je ne lui demanderais qu'un seul miracle, celui de devenir un homme de bien.