Saint Hadelin de Celles

Abbé de Celles

Fête : 3 fevrier 7ᵉ siècle • saint

Résumé

Originaire d'Aquitaine, saint Hadelin fut le disciple de saint Remacle à Solignac, Cougnon puis Maastricht. Il fonda le monastère de Celles près de Dinant grâce aux libéralités de Pépin le Bref. Il mourut en 696, laissant derrière lui une réputation de grande sainteté et de ferveur.

Biographie

SAINT HADELIN, ABBÉ DE CELLES AU DIOCÈSE DE LIÈGE (696).

Saint Hadelin, né en Aquitaine, quitta sa patrie et tout ce qu'il possédait dans le monde pour suivre Jésus-Christ ; il embrassa la pénitence dans l'abbaye de Solignac en Limousin ; il passa depuis dans celle de Cougnon, située sur la rivière de Sémoy, entre Chini et Bouillon, avec saint Remacle, son abbé. Quelques années après, il fut obligé de sortir de sa solitude, pour servir l'église de Maastricht, dont le gouvernement avait été confié à saint Remacle sur la démission de saint Amand. Le nouvel évêque l'éleva au sacerdoce, afin de donner à son zèle plus d'étendue et plus d'activité.

Lorsque saint Remacle se retira dans l'abbaye de Stavelot, saint Hadelin l'y suivit encore : ils se séparèrent cependant depuis. Hadelin alla fixer sa demeure vers la rivière de Lesch, à une demi-lieue de Dinant. Quelques autres solitaires se joignirent bientôt à lui. Tous servaient Dieu avec une grande ferveur par la prière, le jeûne et les veilles.

La réputation de sainteté dont jouissait Hadelin lui attira de fréquentes visites. Pépin, maire du palais, vint le voir avec Plectrude, sa femme ; et il leur donna à l'un et à l'autre des instructions sur les vanités du monde, sur la grandeur des biens du ciel et sur l'obligation commune à tous les hommes d'observer les saintes maximes de l'Évangile.

Les libéralités de Pépin et de quelques autres seigneurs le mirent en état de bâtir un monastère, où il rassembla ses disciples, qu'il continua d'édifier par ses vertus. Ce monastère prit le nom de Celles, à cause des petites cellules auxquelles il avait été substitué.

Hadelin étant tombé malade, se prépara avec une nouvelle ferveur à paraître devant Dieu, et exhorta ses disciples à s'occuper sans cesse de leur dernier moment. Il mourut vers l'an 696, après avoir reçu le saint viatique. Son corps fut enterré à Celles, où, par la suite des temps, on mit des chanoines à la place des religieux.

En 1338, le chapitre fut transféré à Viset, petite ville située sur la Meuse, entre Liège et Maëstricht ; on y porta aussi les reliques du Saint. Sa fête se célèbre le 11 octobre et le dimanche dans l'octave de la Nativité de la Sainte Vierge ; mais on la faisait anciennement le 3 février.

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## SAINTE BERLINDE OU BELLAUDE (702).

Sainte Berlinde était fille du comte Odelard et de Nona, sœur de saint Amand. Odelard possédait de très-grands biens. Son comté s'étendait d'Anvers à Condé ; le château d'Omberge, entre Gand et Ninove, et celui d'Asche, entre Alost et Bruxelles, lui appartenaient en propriété. Dieu ayant retiré de ce monde sa femme et un fils nommé Elégard, il restait seul avec sa fille Berlinde. Il n'employait plus son temps qu'à prier et à faire des bonnes œuvres.

Dieu, pour l'éprouver, permit qu'une maladie dont le nom seul inspirait la terreur, la lèpre, l'affligeât dans ses derniers jours. Or, il arriva que durant l'absence de ses domestiques, Odelard pria sa fille de lui donner à boire. Elle prit la coupe, la rinça et lui versa du vin ; mais, quand son père eut fini, avant de la porter elle-même à ses lèvres, elle la rinça de nouveau : Odelard l'ayant remarqué, en conçut un tel dépit, qu'il fit sur-le-champ atteler ses chevaux et courut d'un trait de Meerbeke à Nivelles pour offrir tous ses biens à sainte Gertrude et déshériter sa fille.

La répugnance de Berlinde était bien naturelle en pareille circonstance ; mais il paraît que répugner de boire après son père était, dans les idées du VIIe et du VIIIe siècle, un crime irrémissible. La pauvre Berlinde, bien marrie de sa faute, ne chercha pas à l'excuser ; elle la vit aussi énorme que la voyait le comte lui-même ; elle ne songea même pas à réprouver la dureté de son père ; elle se jugea une misérable qui méritait d'être ainsi traitée pour avoir oublié le respect dû à l'autorité paternelle.

Cette résignation héroïque la devait mener à une haute sainteté. Elle n'aimait plus que la prière, le jeûne et la mortification. Sur ses membres délicats elle portait un cilice de crins. Bientôt elle se fit religieuse au couvent de Sainte-Marie, à Moorsel, près d'Alost. Une nuit, comme on donnait le signal de Matines, Berlinde entendit un chœur d'esprits bienheureux qui portaient l'âme de son père au ciel. Elle demanda à l'abbesse de pouvoir aller à son service, et se rendit à Meerbeke, où ce noble comte fut enterré à côté de son épouse, dans un oratoire qu'il avait fait bâtir à cet effet. Elle pleura sincèrement son père, pria et fit prier pour lui. Quelle humilité ! quel respect de l'autorité paternelle !

Le couvent de Moorsel étant devenu si pauvre, qu'il n'y avait plus moyen d'y fournir du pain et de l'eau pour plus de dix religieuses, Berlinde resta à Meerbeke. La pieuse fille passa douze ans près des cendres de son père, vivant en austérité grande, veilles et oraisons, jeûnes et autres œuvres de pénitence, priant pour le repos de son âme. Elle ne sortait de l'église que pour aller dans les environs visiter les malades, les soignant et les servant en souvenir du comte, son père, sans que rien ne pût jamais la rebuter. Elle portait un âpre cilice qui la couvrait entièrement, couchait sur la terre nue avec une pierre pour oreiller, se nourrissait uniquement de pain bis et d'un peu d'eau fraîche, sauf les dimanches et fêtes où elle mangeait des légumes, du laitage et quelquefois du poisson. Dieu est bon pour les siens : un jour de Pâques, son pain noir se trouva changé en une nourriture succulente, et un autre jour, son eau fut transformée en un vin délicieux. Enfin, le jour arriva où le Seigneur voulut placer sa petite servante dans un palais plus riche que celui dont le comte Odelard l'avait déshéritée. Le 3 février de l'an 702 vit son dernier souffle se confondre avec un dernier soupir d'inénarrable amour.

Sa fête se célèbre à Meerbeke le 3 février, en même temps celle de deux autres saintes femmes, Nona et Ceisa.

Sainte Nona et sainte Ceisa, dont on ne sait rien de positif, sinon que leurs corps reposaient près de celui de sainte Berlinde, étaient probablement, l'une sa mère et l'autre sa nièce.

On invoque sainte Berlinde spécialement contre les épizooties ; aussi la représente-t-on avec une vache à ses côtés. On dit aussi qu'elle protège les arbres, surtout ceux plantés le jour de sa fête ; alors on lui donne pour attribut une serpe et un rameau.

Date de fête

3 fevrier

Époque

7ᵉ siècle

Décès

vers l'an 696