Vénérable Magdeleine du Japon

Martyre au Japon

Fête : 1er octobre 17ᵉ siècle • venerable

Résumé

Jeune tertiaire dominicaine japonaise du XVIIe siècle, Magdeleine se consacra à Dieu après le martyre de ses parents. Après une vie d'ermite, elle se livra aux persécuteurs pour soutenir son confesseur. Elle endura d'atroces tortures, dont le supplice du fossé, avant de mourir noyée en 1634.

Biographie

MOIS D'OCTOBRE

PREMIER JOUR D'OCTOBRE — ANNIVERSAIRES ET COMMÉMORATIONS.

Jacques Garnier, né à Chartres en 1765, prêtre du diocèse de Langres ; ne fit aucun des serments révolutionnaires et fut condamné à la déportation à la Guyane ; mort en exil à l'âge de trente-trois ans. 1798.

Thomas Van-Hersereych, né vers 1749 dans le diocèse de Gand, prêtre belge, oratorien et professeur de philosophie à Malines ; ne fit aucun des serments de la Révolution ; arrêté en 1797 par ordre des autorités du département des Deux-Nèthes, et déporté au-delà des mers ; mort de la peste à Konanama, à l'âge de quarante-neuf ans. 1798.

Pierre Aurelle, prêtre du chapitre de Saint-Pierre de Mâcon (Saône-et-Loire) ; mort en exil à l'âge de cinquante-deux ans, en octobre 1794.

Augustin Bécherel, né à Rennes en 1753, vicaire à Villepot (Loire-Inférieure, arrondissement de Châteaubriant, canton de Rougé) ; condamné à la déportation à la Guyane ; mort à Cayenne à l'âge de quarante-cinq ans, en octobre 1798.

Bernard, prêtre et religieux Cordelier de la maison de Varennes-en-Argonne (Meuse, arrondissement de Verdun) ; condamné à la déportation à la Guyane pour refus de serment ; mort en exil à l'âge de cinquante ans, en octobre 1794.

De la Burderie, curé de Peyrusse (Cantal, arrondissement de Murat, canton d'Allanche) ; condamné à la déportation maritime pour refus de serment ; mort à l'âge de cinquante-neuf ans, en octobre 1794.

Bourry, vicaire à Brabant-le-Roi (Meuse, arrondissement de Bar-le-Duc, canton de Revigny) ; condamné à la déportation maritime pour refus de serment ; mort à l'âge de trente-six ans, en octobre 1794.

Calixte Caithiot, prêtre du diocèse de Cahors, né dans cette ville en 1762 : déporté au-delà des mers pour refus de serment ; mort en exil à l'âge de trente-six ans, en octobre 1798.

Pierre-Hippolyte Cholet, chanoine de l'église collégiale de Montfaucon (Meuse, arrondissement de Montmoly), né à Damvillers ; condamné à la déportation maritime pour refus de serment ; mort à l'âge de soixante-deux ans, en octobre 1794.

Christiani, curé d'Inglange (Moselle, arrondissement de Thionville, canton de Metzervisse), né à Entrange en 1731 ; prêta, puis rétracta le serment constitutionnel de 1791 et celui de liberté-égalité de 1792 ; condamné à la déportation maritime ; mort en exil à l'âge de soixante-trois ans, en octobre 1794.

Nicolas Cordier, prêtre, ex-jésuite, aumônier des religieuses Annonciades de la ville de Saint-Mihiel (Meuse, arrondissement de Commercy) ; condamné à la déportation maritime pour refus de serment ; mort en exil à l'âge de quatre-vingt-quatre ans, en octobre 1793.

Jean de Cuni, prêtre et chanoine de Metz (Moselle), né à Lempire (Vosges, arrondissement de Mirecourt) ; déporté au-delà des mers pour refus de serment ; mort en exil à l'âge de soixante-deux ans, en octobre 1793.

Desgranges, né à Mâcon (Saône-et-Loire), prêtre et religieux de l'Ordre des Minimes ; déporté au-delà des mers pour refus de serment ; mort en exil à l'âge de quarante-quatre ans et inhumé dans l'île Madame, en octobre 1794.

Antoine Detire, prêtre du diocèse d'Autun ; déporté au-delà des mers comme non assermenté ; mort en exil à l'âge de cinquante-deux ans, en octobre 1794.

Dunaux, né à Vassy (Haute-Marne), curé de Neuville-les-Vaucouleurs (Meuse, arrondissement de Commercy, canton de Vaucouleurs) ; envoyé à Rochefort, comme insermenté, pour être déporté au-delà des mers ; mort en exil à l'âge de quarante-cinq ans, en octobre 1794.

La Vénérable Magdeleine, du Tiers Ordre de Saint-Dominique, martyre au Japon.

Née dans un petit village des environs de Nangasaki, elle était fille de parents si vertueux, qu'ils souffrirent pour la foi un martyre non moins glorieux que cruel. Elle avait vingt-deux ans à cette époque. Se voyant seule et sans appui dans ce monde, elle se prosterna aux pieds de la Vierge du Rosaire, et la supplia avec une tendre effusion de vouloir bien lui tenir lieu de mère. Pour l'y engager irrésistiblement, elle lui consacra sa virginité ; et craignant, d'un côté, de se perdre au sein du tumulte de la ville, de l'autre, de tomber entre les mains des tyrans qui persécutaient avec acharnement notre sainte religion, elle abandonna la maison paternelle, s'enfuit de Nangasaki, se retira dans la solitude des montagnes, où elle mena une vie de pénitence extraordinaire.

Elle ne pouvait, faute de missionnaires, recevoir fréquemment les sacrements ; mais comme elle s'y suppléait par des lectures spirituelles et d'incessantes oraisons, comme elle s'animait toujours davantage à la perfection, son confesseur, le saint martyr Frère Jordan de Saint-Étienne, demanda et obtint pour elle l'habit de tertiaire. Elle n'avait pas encore fait sa profession, et deux ans ne s'étaient pas écoulés depuis qu'elle habitait le désert par crainte des tyrans, lorsque ceux-ci firent arrêter son saint confesseur. À cette nouvelle, Magdeleine quitta la montagne, descendit à la ville, courut directement à la prison, et demanda avec instance qu'on l'incarcérât comme chrétienne et disciple du vénérable confesseur. Les geôliers résistèrent à ses supplications ; mais, enflammée de l'amour divin, elle alla se présenter à l'audience, y prêcha la religion avec une admirable liberté, déclara qu'elle désirait mourir pour sa foi, afin d'être la digne fille de ses parents, la digne élève de son maître ; et parla de telle sorte, que les juges ordonnèrent enfin qu'elle fût conduite en prison.

Ceux-ci, la voyant jeune et belle, mirent tout en œuvre pour la détacher de sa foi. Ils lui promirent des richesses, un mariage avantageux, des honneurs pour son mari ; mais la vertueuse vierge leur répondit avec constance et dignité : « Ne serait-ce pas folie d'abandonner les richesses et les honneurs célestes qui sont éternels, pour les richesses et les honneurs terrestres qui doivent finir, de quitter le divin époux Jésus-Christ pour un époux de ce monde ? »

Les juges, blessés de sa résistance, tentèrent la voie de la rigueur ; mais ne voulant pas répandre son sang, ils la firent suspendre par les bras. Durant plusieurs heures qu'elle passa dans cette cruelle position, elle ne poussa pas même un soupir ; au contraire, voyant que les cordes qui la liaient se lâchaient, elle en avertit les bourreaux, afin qu'ils l'attachassent plus fortement ; et comme ils n'en firent rien, elle tomba et frappa violemment le sol. Les juges, la croyant vaincue, lui demandèrent si elle voulait abandonner sa religion ; mais elle leur répondit avec un sourire modeste, qu'il était humiliant pour elle d'être traitée comme une enfant à qui on n'impose que des tourments légers. « Soyez certains », ajouta-t-elle, « que j'en souffrirais de beaucoup plus fortes sans me séparer de la foi et de l'amour de Notre-Seigneur Jésus-Christ ».

Les tyrans, irrités de cette courageuse réponse, résolurent d'épuiser contre cette invincible vierge toute leur fureur. Ils ordonnèrent qu'on lui enfonçât la pointe d'un roseau brûlant sous l'ongle de chaque doigt, et, comme si un aussi horrible tourment n'eût pas suffi pour effrayer une jeune fille, ils ordonnèrent encore qu'elle creusât la terre avec ces mêmes roseaux. Le juge principal, furieux d'être bravé par une aussi jeune fille, ne voyant dans la patience de Magdeleine qu'une raillerie à son autorité, honteux d'ailleurs de ne pouvoir tenir la parole qu'il avait donnée à l'empereur de soumettre les chrétiens, ordonna qu'on la suspendît par les pieds en lui plongeant la tête dans une chaudière pleine d'eau, et qu'on l'en retirât au moment où elle commencerait à être suffoquée, pour lui demander si elle persistait dans la profession de la foi chrétienne. On renouvela plusieurs fois cette cruelle épreuve, mais Magdeleine en sortit toujours victorieuse.

Cependant le tyran ne voulait pas se tenir pour vaincu ; il ordonna donc qu'on lui fît boire de l'eau jusqu'à ce qu'elle enflât comme une outre, puis qu'on l'étendît en cet état sur le sol, et qu'on lui posât sur le ventre une pierre très-pesante. Les bourreaux l'injectèrent avec une effroyable brutalité par la bouche, les narines, les oreilles et même les yeux ; mais en vain recommencèrent-ils à plusieurs reprises, notre héroïque vierge se montra chaque fois plus vaillante. Alors le tyran perdit tout espoir de triompher de Magdeleine, et il la condamna à l'horrible supplice du fossé. On la tira de sa prison, en compagnie de plusieurs autres confesseurs, et on la fit promener à cheval, avec une grosse corde au cou, les mains liées derrière le dos. Lorsqu'elle fut arrivée au lieu où l'attendait le plus épouvantable supplice,

on la pendit par les pieds à une potence, en lui plongeant la tête et tout le haut du corps dans un fossé ou trou profond, creusé au pied de son gibet ; on lui attacha deux énormes planches autour de la ceinture, on les serra fortement au moyen d'un écrou, et l'on posa sur ces planches deux grosses pierres, dont le poids, qui étouffait notre Sainte, fit couler son sang par la bouche, le nez et les yeux. Ce martyre si violent, Magdeleine le souffrit avec une patience admirable pendant trois jours et demi, sans boire ni manger, et chantant doucement les louanges du Seigneur avec une incroyable allégresse. Les juges, pensant que les sentinelles qui la gardaient sous peine de la vie avaient été subornées, et ne pouvant la croire vivante encore après tant de jours de tourments, se rendirent en personne auprès d'elle, et furent témoins du prodige qu'ils refusaient d'attribuer à la main du Très-Haut. Ayant demandé à la sainte martyre comment elle pouvait vivre un aussi long temps sans manger et sans boire, au milieu de semblables tortures, elle leur répondit : « Puisque vous m'interrogez, sachez que je ne suis pas morte de ces tortures, parce que le Dieu que j'adore et pour l'amour et la foi duquel je les souffre, me soutient ; je suis sous sa main, qui me soulage et daigne me caresser doucement ».

À ces mots, le juge principal, transporté de fureur, rompit la corde qui retenait Magdeleine ; notre Sainte tomba au fond du trou et s'y frappa si rudement la tête, qu'elle resta à demi morte. Il plut beaucoup la nuit suivante, le fossé se remplit d'eau, notre héroïque vierge y fut étouffée. Ce fut ainsi, qu'après avoir souffert tant et de si cruels tourments, elle termina sa carrière terrestre et passa dans la céleste demeure que le Seigneur lui avait préparée. Ce glorieux martyre eut lieu au commencement d'octobre, en 1634.

## IIe JOUR D'OCTOBRE

## ANNIVERSAIRES ET COMMÉMORATIONS.

François Després, né à Marcilly (Cher, arrondissement de Sancerre, canton de Sancerguès), chanoine de la collégiale de Dun-le-Roi (arrondissement de Saint-Amand-Mont-Rond) ; ne fit aucun des serments révolutionnaires ; arrêté en 1797 ; déporté à la Guyane le 13 mars de l'année suivante ; débarqué dans le port de Cayenne, puis relégué à Sinnamuri ; mort en exil à l'âge de soixante-quatre ans, et inhumé dans l'île d'Aix. 1798.

Jean-Baptiste-Joseph Exnoult, prêtre et religieux de l'Ordre des Chartreux, sous le nom de Dom Vincent, dans leur maison de Val-Dieu (diocèse de Séez) ; retourna, après la dissolution (1791) de son cloître, au diocèse de Chartres, son pays natal ; emprisonné pour refus de serment en 1793, puis déporté au-delà des mers ; mort en exil et inhumé dans l'île Madame. 1794.

Marion de Frémery, né à Nancy (Meurthe), chanoine de l'église cathédrale de Metz ; resta dans cette ville après la dispersion de son chapitre et refusa le serment constitutionnel de 1791 ; prêta, puis rétracta celui de liberté-égalité de 1792 ; arrêté en 1793 et jeté dans les prisons de Metz, puis déporté au-delà des mers ; mort en exil à l'âge de cinquante-huit ans, et inhumé dans l'île Madame. 1794.

Georges-Edme René, né à Vézelay (Yonne, arrondissement d'Avallon), prêtre et chanoine de l'église collégiale de cette ville ; ne fit aucun des serments révolutionnaires et resta dans sa ville natale après la suppression de son chapitre ; arrêté en 1793 et conduit à Rochefort pour être déporté au-delà des mers ; mort en exil à l'âge de quarante-sept ans, et inhumé dans l'île Madame. 1794.

Arnaud-François Wliegen, né à Montaigu (diocèse de Louvain) en 1753, membre de la Congrégation des prêtres de l'Oratoire ; ne fit aucun des serments antireligieux ; arrêté le 5 septembre 1797 ; conduit à Rochefort et déporté au-delà des mers le 25 mars de l'année suivante ; mort à Konanama, à l'âge de quarante-cinq ans. 1798.

PIERRE DE BÉRULLE, cardinal, fondateur de la Congrégation de l'Oratoire de France. 1629.

La Mère Anne-Victoire de Méjanès, fondatrice de la Congrégation des sœurs de Sainte-Chrétienne ; née le 11 mai 1765 à Distroff, près de Thionville, de Nicolas Tailleur et de Jeanne Roisseau ; morte en grande réputation de sainteté, dans la soixante-quinzième année de son âge, après trente ans de profession religieuse. 1837.

Date de fête

1er octobre

Époque

17ᵉ siècle

Décès

Début d'octobre 1634