Saint Prothade de Besançon
Évêque de Besançon
Résumé
Évêque de Besançon au VIIe siècle, Prothade succéda à saint Nicet et se distingua par sa piété et la rédaction d'un rituel. Il présida à la découverte miraculeuse des reliques de saint Étienne dans le Doubs. Ses restes, sauvés des profanations révolutionnaires, furent réinstallés solennellement en 1804.
Biographie
SAINT PROTHADE, ÉVÊQUE DE BESANÇON (624).
Saint Prothade, dit la nouvelle Vie des Saints de Franche-Comté, est nommé dans nos catalogues immédiatement après saint Nicet, et dans nos anciennes Litanies, il occupe le quatrième rang parmi les saints Confesseurs.
Né vers l'an 579, d'une illustre maison, il était le fils ou du moins le proche parent du célèbre Prothadius qui, selon Frédégaire, jouissait d'un crédit presque souverain à la cour de Thierry II, et qui finit par être égorgé par les soldats de ce prince, vers l'année 605.
Prothade s'était dépouillé de bonne heure de tout ce que le monde appelle fortune ou grandeur pour travailler avec saint Nicet au bien de l'église de France, et en particulier de l'église de Besançon. Saint Grégoire, pape, saluant les rois de France, les félicite des succès obtenus dans la Séquanie (Franche-Comté), par le ministère de Prothade. Saint Nicet, peu de temps avant sa mort, le désigna pour son successeur. Il fut élevé sur le siège de Besançon en 578. Prothade se montra irrépréhensible en tout : sa conduite était noble et digne ; sa conversation et ses démarches annonçaient un homme rempli de l'Esprit-Saint. Profondément humble, il perdait de vue ses titres pour ne songer qu'à ses devoirs ; ami de la sainte pureté, il prenait plaisir à crucifier sa chair par l'abstinence. Aussi doux pour les autres que sévère pour lui-même, il se plaisait à voir dans son diocèse une famille, et dans chaque fidèle un enfant bien-aimé.
Saint Prothade composa pour son église un rituel que nous avons encore, et qui offre de l'intérêt, non-seulement comme monument ancien, mais encore comme œuvre d'une haute sagesse. Sous son épiscopat, les reliques de saint Etienne, dérobées par des voleurs, furent retrouvées miraculeusement dans les eaux du Doubs, en un endroit que l'on appelle encore aujourd'hui le gouffre de saint Etienne.
Cet illustre pontife mourut, plein de jours et de mérites, au commencement de l'année 624. Il fut enseveli dans l'église de Saint-Pierre. En 1624, ses reliques furent mises dans une châsse nouvelle en argent; elles y restèrent exposées à la vénération des fidèles jusqu'à la Révolution française. À cette néfaste époque, un clerc de Saint-Pierre, Claude-François Guenot, les déroba à la profanation en les confiant à Jean-Claude Gurnaud, clerc semi-prébendé de Sainte-Madeleine, lequel les remit lui-même, quelques jours avant sa mort, à Philiberte Gurnaud, sa sœur. C'est entre les mains de cette dernière qu'on alla les reconnaître, le 3 juillet 1804. Le 17 juillet 1804, elles furent rapportées solennellement à Saint-Pierre par l'archevêque, suivi du chapitre métropolitain, d'un clergé nombreux, et d'une affluence considérable de fidèles. C'était le jour de la fête du Saint : on a continué à la célébrer le 17 juillet sous le rite double; précédemment, elle avait été fixée au 10 février.
*Vie des Saints de Franche-Comté, par les professeurs du collège Saint-François-Xavier, de Besançon.*