Saint Odon de Beauvais

Évêque de Beauvais

Fête : 11 fevrier 9ᵉ siècle • saint

Résumé

Ancien soldat et homme marié, Odon devint abbé de Corbie puis évêque de Beauvais au IXe siècle. Grand défenseur de l'autorité pontificale et conseiller des rois carolingiens, il réforma son diocèse et protégea sa ville des invasions normandes.

Biographie

SAINT ODON, ÉVÊQUE DE BEAUVAIS (880).

Odon était né dans le Beauvaisis. Homme d'un esprit éminent, après avoir été dans les liens du mariage, après avoir porté les armes au service des rois de France, il se tourna vers Dieu de tout son cœur, et alla faire à Corbie son apprentissage de la vie monastique, auprès de l'abbé saint Paschase, lequel, ayant abdiqué le gouvernement de l'abbaye, le lui remit à cause de sa fermeté d'âme et de sa grande sainteté. Il sut concilier la vigueur d'un chef avec la tendresse d'un père, et ramener la paix et l'union parmi ses frères. Ayant d'abord réformé et sanctifié son monastère, il l'enrichit ensuite de privilèges obtenus du roi et du souverain Pontife, puis il le défendit vaillamment contre les Normands.

Rimbert, qui avait succédé à saint Hildeman sur le siège de Beauvais, étant mort, et l'élection déloyale de Frimold ayant été annulée, Odon fut jugé, par les évêques de la province, digne de régir cette Église veuve ; car il était habile et éloquent, et non moins recommandable par sa piété que par sa science. Il fut mêlé dans la suite aux affaires de l'Église et du royaume, et remplit très-glorieusement plusieurs missions, soit apostoliques, soit royales.

Odon jouissait d'un grand crédit à la cour, et les princes se levaient pour faire honneur à son éminente vertu. Il reçut du roi Charles le Chauve et de ses successeurs la charge soit d'élever les jeunes princes, soit de partager le royaume entre eux et de défendre leurs droits contre les frisons. Il assista à plus de quinze conciles. Il aida d'autres prélats par des conseils et par des actes ; plus d'une fois il fut chargé d'examiner les élus de l'épiscopat, de corriger les clercs, d'affermir les privilèges des monastères et de traiter les affaires les plus importantes auprès du roi et du souverain Pontife. Tout en s'occupant des affaires publiques, il ne manqua pas à son église : il la délivra des ravages des barbares, qui assiégeaient sa ville épiscopale, et de ses discordes intestines. Il agrandit le monastère de Saint-Lucien ; il fit restituer à son église les ruines des abbayes de Flay (Saint-Germer), et de l'Oratoire (Oroër), tombées dans des mains séculières ; il porta le nombre des chanoines de sa cathédrale au nombre de cinquante, en attribuant à chacun des revenus suffisants ; il soumit les pêcheurs à la pénitence canonique ; il développa le culte de saint Pierre et de saint Lucien, soit en érigeant des basiliques, soit en composant des actes. Par ses soins se tint au monastère de l'Isle (aujourd'hui Saint-Pierre-aux-Bois), auprès de Beauvais, un synode pour la consécration du bienheureux Jean, évêque de Cambrai.

Il travailla fortement à assurer au siège de Rome l'honneur et l'obéissance qui lui sont dus. Ce n'est pas seulement pour tout ce qu'il exécuta d'important dans son église qu'il demanda l'assentiment et les conseils du Siège apostolique, mais il usa encore de tout son crédit auprès du roi et du métropolitain pour que les ordres du pasteur suprême fussent religieusement observés, il fut médiateur, et excellent médiateur, entre Hincmar et le pape Nicolas Ier au sujet de Rothade de Soissons, que trente évêques avaient déposé par sentence synodale. Lorsque Ansegise, prêtre de Beauvais et abbé de Saint-Michel, fut élevé à la dignité d'archevêque de Sens et de légat apostolique, il joignit ses efforts aux siens pour revendiquer les droits du pontificat romain en France ; il avait l'habitude, lorsqu'il émettait un avis, de l'accompagner de cette condition : « Sauf en tout le jugement du Siège apostolique ».

Il défendit aussi par écrit la même autorité, et mérita si bien du Saint-Siège, que saint Nicolas le qualifia de « fidèle autre tous ».

Enfin, après avoir fondé des prières pour lui et pour ses parents, nous laissant un illustre exemple de piété envers Dieu et la sainte Église, notre Mère, accompagné des louanges et des bénédictions des peuples, il s'en alla vers le Seigneur à un âge avancé, l'an 880, et fut enseveli à Saint-Lucien. Sa fête, par la grâce et la permission spéciale de Pie IX, a été étendue à tout le diocèse de Beauvais.

Saint Odon est l'auteur de ces belles paroles sur les prérogatives du souverain Pontife :

« D'où est donc venue à certains hommes la présomption de ne pas respecter l'Église romaine ? ... L'antiquité parle pour elle. Nous voyons l'autorité du Pontife romain dominer entièrement toutes les autres Églises, en sorte que les évêques le tiennent pour leur chef, et que, dans les affaires ecclésiastiques, tout dépend de sa décision et qu'il est l'arbitre de ce qui est à réformer ou à sanctionner. Nous voyons les autres évêques gouverner exclusivement leur diocèse, mais le Pontife romain a été chargé, dès l'origine, du soin de toutes les Églises. C'est vers lui que toutes doivent tourner leurs regards ; à lui qu'il appartient de régler les questions religieuses, et les décrets qu'il adresse à toutes les Églises du Christ, soit en Orient, soit en Occident, sont reçus et observés par tous comme des lois.

« Par conséquent, conservons le respect en toute chose pour la grande Ville, et attachons-nous avec plus de soin que jamais à ne pas laisser diminuer de notre temps ce qui a été si bien gardé dans les temps anciens... Car la ville de Rome doit être plus honorée qu'aucune autre, et le Pontife romain a la suprématie sur tous les évêques. En sorte que, si la ville est la reine des peuples, l'évêque qui la gouverne est, en vertu de la constitution primordiale, le prince de toutes les Églises, et qu'il en a la sollicitude incessante, comme celle de tous leurs chefs ».

Le nom d'Odon est resté attaché à la paroisse d'Hendainville, que les chartes latines nomment *Hudonix Villa*, campagne d'Odon. Ce Saint y avait fait bâtir une église en l'honneur de saint Lucien.

Propre de Beauvais.

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## SAINT ARDAING OU ARDAN, ABBÉ DE TOURNUS (1056).

Ardaing ou Ardan, troisième abbé du monastère de Tournus, succéda à Bernier, mort l'an de Notre-Seigneur 1028. Il était bien digne de cette haute fonction, lui qui avait méprisé la gloire terrestre pour s'attacher à Dieu, et qui, par l'éclat de sa doctrine et la pureté de sa vie, mérita d'être appelé astre d'or et miroir des bonnes œuvres. Une famine de trois ans, qui commença en 1030, étendant partout ses ravages, il distribua aux pauvres des secours de toute nature, et il en sauva un grand nombre d'une mort certaine. Tout en faisant fleurir, par une sollicitude vigilante, l'observance régulière dans le monastère, et en travaillant à l'œuvre de sa sainteté, il sut aussi s'employer à restaurer l'abbaye et à en accroître les bâtiments et les biens.

Enfin, comblé de mérites et ayant dirigé très-sagement ses frères pendant vingt-huit ans, il émigra vers le Seigneur le 11 de février. Il fut enseveli dans le cloître septentrional, du côté de l'église. Ses saintes reliques furent levées quatre-vingt-cinq ans après sa mort, le 13 de juillet ; elles furent illustrées par de nombreux miracles. Les Calvinistes étant entrés à Tournus en 1562, les anéantirent. Néanmoins, quelques ossements du bienheureux abbé, apportés jadis à l'abbaye de Saint-Symphorien, à Autun, conservés avec soin pendant les orages du XVIIIe siècle, et plus tard reconnus dans les formes, sont honorés tant dans l'église cathédrale d'Autun que dans l'église Saint-Philibert de Tournus.

Propre d'Autun.

Date de fête

11 fevrier

Époque

9ᵉ siècle

Décès

880