Saint Julien l'Hospitalier (le Pauvre)

dit vulgairement le Pauvre

Fête : 12 fevrier • saint

Résumé

Après avoir tué ses parents par méprise, accomplissant ainsi une prophétie qu'il fuyait, Julien se retire avec son épouse pour servir les pauvres et les pèlerins près d'un fleuve. Sa pénitence s'achève lorsqu'il accueille un lépreux transfiguré qui lui annonce son pardon. Il est depuis le patron des voyageurs et des hospitaliers.

Biographie

SAINT JULIEN L'HOSPITALIER,

DIT VULGAIREMENT LE PAUVRE

Ne négligez pas l'hospitalité, car par elle quelques-uns ont reçu chez eux des anges sans les connaître.

Héb., XIII, 2.

On ignore le lieu et le temps auxquels vécut saint Julien l'Hospitalier, ou le Pauvre. Les Espagnols le réclament pour leur compatriote et font ses parents originaires d'Aragon. D'après eux, ils se seraient mariés à la suite d'un enlèvement, et ceci expliquerait la fatalité dont cette famille fut poursuivie : notre Saint aurait vu le jour à Naples, où son père et sa mère s'étaient retirés.

Nous emprunterons à saint Antonin, archevêque de Florence, les détails qui suivent.

Vivant encore sous la conduite de ses parents, et poursuivant un cerf à la campagne, Julien entendit une voix, comme sortant de la bouche de cet animal, qui lui dit : « Pourquoi me poursuis-tu, toi qui ôteras la vie à ceux qui te l'ont donnée ? » Ce jeune homme, extrêmement affligé de cette prédiction, résolut dès lors de s'enfuir bien loin de la maison de son père, de crainte de tomber quelque jour dans le malheur dont il se voyait menacé. Il sortit donc secrètement, et se retira en un pays éloigné, chez un seigneur qui, reconnaissant la prudence de ce serviteur volontaire, le prit en grande affection, et, pour le retenir toujours à son service, lui fit épouser une jeune veuve, et leur donna une maison champêtre à gouverner, où ils vurent en bonne intelligence et dans une exacte observance des commandements de Dieu et de l'Église.

Il arriva un jour que le père et la mère de Julien, qui vivaient encore, ne pouvant plus supporter la longue absence de leur fils, dont ils n'entendaient point de nouvelles, résolurent de voyager eux-mêmes par le monde et de le chercher. Après quelque temps, ils rencontrèrent enfin sa maison, d'où, par hasard, il était alors absent. Sa femme reçut avec beaucoup de courtoisie ces deux pauvres vieillards, comme elle avait coutume de le faire pour tous les autres passants ; et, s'informant des causes de leur voyage, elle apprit par leurs discours qu'ils étaient le père et la mère de son mari : c'est pourquoi elle les reçut le mieux qu'il lui fut possible ; et, n'ayant pas de lieu plus commode pour les mettre coucher, elle leur donna son propre lit. La nuit étant passée, elle s'en alla de grand matin à l'église pour y faire ses prières, selon sa coutume.

Cependant Julien, qui ne savait rien de ceci, revint chez lui et entra dans sa chambre : apercevant un homme dans son lit avec une autre personne, il s'imagina qu'il avait devant les yeux deux adultères ; saisi de douleur, il tira son couteau et le plongea dans le sein de l'un et de l'autre, qu'il laissa raides morts. Cela fait, il sortit tout effrayé ; mais il le fut encore bien plus, quand il aperçut sa femme qui revenait de la messe, et qu'il apprit le funeste accident qui lui était arrivé, et comment il était tombé dans le malheur qu'il avait fui avec tant de diligence. Il ne voulut plus rentrer dans sa maison, mais résolut d'aller sur l'heure en quelque désert pour y faire pénitence.

Sa femme ne put qu'à peine l'arrêter pour avoir le loisir de vendre le peu de bien qu'ils possédaient. Lorsqu'ils eurent fait quelque argent, ils allèrent à Rome se faire absoudre par le Pape, puis se retirèrent auprès d'une rivière dont le passage était extrêmement dangereux, et firent bâtir sur le bord un hôpital en faveur des pèlerins. Là, ils vécurent l'un et l'autre dans une pénitence continue et au service des pauvres ; surtout Julien, qui leur faisait passer le fleuve par charité, et leur donnait ensuite l'hospitalité en son hôpital. Une nuit, au milieu de l'hiver, il entendit comme la voix d'un pauvre qui l'appelait pour passer le fleuve. À cette voix, il se réveilla, sauta de son lit, et alla promptement passer ce pauvre, qui paraissait tout malade et tout chargé de lèpre ; il l'amena en sa maison et le mit auprès du feu ; mais, voyant qu'il ne le pouvait réchauffer, il s'avisa de le coucher dans son lit. Alors le malade parut brillant comme un soleil, et, prenant congé de son hôte, il l'assura que son péché était expié par ces pieux devoirs d'hospitalité qu'il exerçait envers les pauvres. À quelque temps de là, saint Julien et sa femme, chargés de bonnes œuvres et de mérites, passèrent de cette vie de misères à une plus heureuse.

En mémoire de sa vie charitable et de son soin pour les pauvres, on l'a surnommé saint Julien le Pauvre ou l'Hospitalier. C'était autrefois une dévotion fort répandue que les voyageurs embarrassés récitassent un Pater en son honneur pour obtenir un bon gîte. Il était aussi en beaucoup d'endroits le patron d'hospices où l'on n'avait qu'à se présenter comme voyageur pauvre, pour être hébergé pendant trois jours. Cet ancien et louable usage subsiste encore à Anvers.

On le peint : 1° passant Notre-Seigneur dans un bateau ; 2° tenant une petite barque sur la main et accompagné du cerf qui lui prédit son malheur ; 3° recevant les lépreux, à la porte de son hospice.

Les ménétriers de Paris l'avaient choisi pour leur patron ; ce qui explique la présence d'un masque dans quelques tableaux modernes. Les verrières, celles de Chartres, par exemple, ont développé cette légende. Elle a également été peinte sur un vitrail du XIVe siècle, à la cathédrale de Rouen.

L'Église de Saint-Julien le Pauvre, à Paris, possédait un curieux bas-relief du XIVe ou XVe siècle, représentant saint Julien et sa femme, passant l'eau avec Jésus-Christ qu'ils ont pris pour un lépreux. Saint Julien a été choisi pour patron spécial, par les voyageurs, les pèlerins, les hôteliers, les passeurs en bac, les couvreurs de Liège, les bergers.

Nous avons déjà dit que les ménétriers, jongleurs et saltimbanques ont fait de même ; non pas que saint Julien ait été rien de pareil, mais parce que sa charité aura plus d'une fois trouvé l'occasion de s'exercer envers les gens

de cette profession qui voyagent beaucoup et sont très-exposés à rencontrer un mauvais logis.

La mémoire de saint Julien est marquée le 13 février par Ferrarius, en son catalogue des Saints ; il est omis au martyrologe romain, bien que les tables de l'Église d'Aquilée marquent sa fête le 29 janvier.

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## SAINT GALACTOIRE, ÉVÊQUE ET MARTYR (307).

Galactoire assista au concile d'Agée (566), dont les canons furent autrefois adoptés dans toutes les églises de France ; il y souscrivit avec le titre d'évêque de Bénéarnum, ville que l'on croit être celle de Lescurre ou Lescar. L'année suivante, il fut pris par les Wisigoths ariens, près d'un lieu nommé Mimisan ; ils le tourmentèrent longtemps pour lui faire abjurer la foi catholique, et finirent par le massacrer cruellement. Les évêques, ses successeurs, et tout le peuple de son diocèse, le regardèrent de tout temps comme un martyr.

Conformément à l'ancien bréviaire de Lescar, sa mémoire est honorée deux fois tous les ans : le jour de son trépas et le jour de la translation de ses reliques du lieu où il fut mis à mort dans la ville de Lescar. Les ossements du Saint furent conservés en grande vénération dans l'église cathédrale de cette ville, jusqu'en 1569, époque à laquelle ils furent brûlés par les soldats du comte de Montgomery, chef des novateurs, et la chasse qui les contenait fut pillée.

Propre de Turbes.

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## SAINT RIOC, ERMITE EN BRETAGNE (VIe siècle).

Il était fils du roi d'Eloro, qui demeurait dans le pays de Léon, au lieu appelé maintenant Trzon-Eloro. En reconnaissance d'un service reçu, le roi permit à saint Dorien et à saint Noventer d'instruire dans la religion chrétienne les membres de sa famille qui y consentiraient. La reine et son fils Rioc furent de ce nombre. Mais Eloro, loin de leur bâtir une église, comme il l'avait promis, les persécuta, et ils se retirèrent au château de Joyeuse-Garde. Sa mère y passa le reste de ses jours, mourut fort pieusement et fut ensevelie par son fils. Il était alors âgé d'environ seize ans. Ayant vendu tout ce dont il pouvait disposer, il en donna l'argent aux pauvres. Il choisit pour sa retraite un rocher dans la mer, à la côte de Cornouaille, vers l'embouchure de la baie de Brest, au rivage de la paroisse de Kamlet, lieu entièrement désert et écarté, ceint de la mer de toute part, hormis aux marées basses.

Il entra en cette solitude environ l'an 552, et y demeura quarante et un ans, tout le temps que Conan Mérisdec conquit et subjugua l'Armorique, jusqu'au règne du roi Gralion, qui donna le gouvernement du comté de Léon à Fragon. Celui-ci étant venu résider en son gouvernement, amena avec lui son fils Guénolé, abbé de Landevenec. Ayant oui parler de l'ermite Rioc, l'abbé l'alla visiter dans sa grotte, et, l'ayant salué, il apprit de lui qu'il y avait quarante et un ans qu'il faisait pénitence en ce lieu, vivant d'herbes et de petits poissons qu'il prenait sur le sable, au pied de son rocher ; son origine et son extraction, et toutes les autres particularités de sa vie ; que, quand il était monté sur ce rocher, il était vêtu d'une simple soutane, et que ce vêtement s'étant usé à force de temps, Dieu lui avait couvert le corps d'une certaine mousse roussâtre qui le garantissait de l'injure du temps.

Saint Guénolé, ayant oui le récit de ces merveilles, fut étonné et en rendit grâce à Dieu ; et voyant saint Rioc vieux et cassé d'austérités et de macérations, il le pria de venir avec lui en son monastère de Landevenec, à quoi l'ermite consentit. Saint Guénolé lui donna l'habit des moines de son monastère. Il vécut encore quelques années ; après sa mort, il se fit de nombreux miracles à son tombeau, et saint Budoc, troisième archevêque de Dol, en ayant été dûment informé, le déclara Saint, environ l'an 630. Comme un grand nombre d'autres saints bretons, saint Rioc est censé avoir tué un dragon : image des efforts qu'a dû faire le christianisme pour déblayer le sol de la Bretagne de toutes les superstitions druidiques.

Tire d'Albert le Grand et de M. de Garaby.

Date de fête

12 fevrier

Décès

Inconnue