Saints Martyrs de la Charité d'Alexandrie

Martyrs de la charité

Fête : 28 fevrier 3ᵉ siècle • saint

Résumé

Sous le règne de Gallien, alors qu'une peste dévastatrice frappait Alexandrie, un groupe d'ecclésiastiques et de laïques se dévoua au service des malades. Par leur charité héroïque, ils contractèrent la maladie et moururent, un sacrifice que l'Église honore comme un martyre. Leur exemple est cité par saint Denis d'Alexandrie pour encourager ceux qui assistent les pestiférés.

Biographie

PLUSIEURS SAINTS ECCLÉSIASTIQUES ET LAÏQUES

QUI MOURURENT EN ASSISTANT LES PESTIFÉRÉS

Secours vos frères au jour de la tribulation ; la miséricorde que vous aurez exercée envers eux sera votre salut. Eccles., xx.

Nous rapporterons seulement ici ce que saint Denis, patriarche d'Alexandrie, écrivit à un autre évêque d'une église d'Égypte, nommé Hiérax, touchant ces saints Ecclésiastiques, martyrs de la charité; nous avons cru être obligé de le dire pour la consolation de tant de personnes généreuses, qui s'exposent encore tous les jours, pour assister leurs frères dans le funeste embrasement des maladies contagieuses.

Au temps de l'empereur Gallien, il s'éleva, dans la ville d'Alexandrie, une sédition si horrible, qu'il eût été plus aisé de parcourir toutes les parties du monde, que d'aller d'un bout de la ville à l'autre sans danger pour sa vie : les meurtres et assassinats y furent si fréquents, que les rues et les

places publiques semblaient être une nouvelle mer Rouge; il s'ensuivit une furieuse peste qui moissonna la plus grande partie des habitants, et le fleuve du Nil en fut plus infecté qu'il ne l'avait été du temps de Pharaon; l'air y devint si contagieux par les vents qui soufflaient du côté de la mer, et par les vapeurs qui s'élevaient des rivières, que la rosée qui tombait le matin ressemblait absolument au sang corrompu qui découle des cadavres jetés à la voirie. Cependant plusieurs ecclésiastiques, suivis de quelques laïques, embrasés du saint zèle de la charité chrétienne et de la direction fraternelle, s'excitèrent tellement l'un l'autre à aimer Dieu, et à travailler au salut des âmes, qu'ils se donnèrent de très-bon cœur au service des malades et des morts, prenant également soin des uns et des autres. Ils servaient assidûment les premiers, tant qu'ils voyaient encore en eux quelque espérance de guérison; et, en effet, ils en sauvèrent plusieurs qui revinrent en parfaite santé. Pour ceux qui décédaient, après les avoir assistés jusqu'au dernier soupir et aidés à faire une bonne mort, soit en les portant à la contrition de leurs péchés, soit en leur administrant les derniers Sacrements, ils avaient soin d'ensevelir leurs corps avec tout l'honneur qu'il leur était possible.

Il n'en était pas ainsi des païens et des idolâtres; ils ne découvraient pas plus tôt quelqu'un des leurs attaqué de la maladie, qu'ils le chassaient de leur maison, et même, s'ils le pouvaient, de l'enceinte de la ville. Les amis abandonnaient leurs amis, les enfants leurs pères, les pères leurs enfants, et les exposaient à demi morts dans les rues et sur les grands chemins, laissant dévorer leurs corps par les chiens, au lieu de leur donner la sépulture.

Aussi les fidèles qui, par cette œuvre de miséricorde, attirèrent sur eux-mêmes la maladie de leurs frères, et qui, ensuite, y perdirent la vie, remportèrent tant de gloire de cette action héroïque, que leur mort fut estimée approcher du martyre; aussi l'Église en a toujours fait mémoire en ce jour dans son Martyrologe, comme des autres martyrs, suivant ce que notre divin Sauveur a dit dans son Évangile : « Que personne ne peut témoigner une plus grande charité que d'exposer sa vie pour ses amis ». Car qui sont nos plus grands amis, sinon nos frères, pour lesquels le Fils de Dieu a donné son sang et sa vie, « lors même que nous étions ses ennemis ? »

Ce n'est pas qu'il faille croire que ceux qui meurent de la peste dans l'assistance des pestiférés, aient à la mort le privilège des véritables martyrs, qui sont justifiés par la vertu de leur action, et exempts de toute peine, comme s'ils sortaient des fonts de baptême; un auteur l'a fort bien démontré dans un traité spécial du martyre par la peste; mais ce que l'on veut dire, c'est que l'ardeur de la charité, qui paraît dans leur mort, peut suppléer à la vertu du martyre, et leur donner, ex opere operantis, comme parlent les théologiens, c'est-à-dire par l'excellence de leur mérite, ce que les vrais Martyrs ont, ex opere operato, c'est-à-dire par l'efficacité de leur action.

---

LA BIENHEUREUSE ANTOINETTE OU ANTONIA, CLARISSE (1472).

La bienheureuse Antoinette naquit à Florence en l'année 1400. Mariée jeune par la volonté de ses parents, elle eut un fils et devint veuve de bonne heure. On chercha, mais en vain, à lui faire contracter de nouveaux engagements. Elle entra dans une maison de sœurs tertiaires de Saint-François, nommée Sainte-Omophré, alors gouvernée par la bienheureuse Augèle de Feligno. Ayant été nommée supérieure du couvent d'Aquila, dans l'Abraxse, après quelques années de séjour dans cette ville, elle sollicita des habitants le couvent du Corpus Domini, pour y établir la règle de

Sainte-Claire, ce qui lui fut accordé. Elle eut à partir de ce jour beaucoup à souffrir; Dieu permit qu'elle fût éprouvée par des tentations qui troublèrent son âme sans altérer sa piété. Son fils, qui avait compromis sa propre fortune, ne lui donna que des chagrins. Saint Jean de Capistran, qu'elle avait trouvé à Aquils lors de son arrivée, et qui l'avait fort soutenue de son crédit, s'était éloigné. Les confrères ne partagèrent pas sa sollicitude pour le nouveau monastère de Clarisses: la vertueuse abbesse se soutint seule avec le secours de Dieu. Au bout de sept ans, de douloureuses infirmités l'obligèrent de renoncer à sa charge. Malgré ses souffrances, cette digne épouse de Jésus-Christ passait un temps considérable à l'église, même pendant la nuit. Plusieurs fois on vit un globe de feu suspendu au-dessus de sa tête et qui, dans l'obscurité, remplissait le saint temple de lumière; plusieurs fois aussi on la vit suspendue entre le ciel et la terre pendant qu'elle priait.

Depuis longtemps elle ne soupirait qu'après le ciel: le Seigneur exalta enfin ses vœux ardents. Elle avait 74 ans quand elle remit son esprit entre les mains de son Créateur, le 28 février 1472. On l'inhuma dans le cimetière du monastère; mais quelque temps après, son corps ayant été trouvé sans corruption, on le transporta dans l'église. Pie IX a approuvé, le 11 septembre 1847, le culte qu'en avait commencé à lui rendre dès le jour de sa première translation.

Date de fête

28 fevrier

Époque

3ᵉ siècle

Décès

Temps de l'empereur Gallien