Saint Abdalong

Évêque et Confesseur

Fête : 1er mars 8ᵉ siècle • saint

Résumé

Évêque de Marseille au VIIIe siècle et contemporain de Charles Martel, saint Abdalong succéda à Sérénus. Il fut reconnu pour son érudition sacrée et ses vertus éminentes avant de s'éteindre après une vie de sainteté.

Biographie

SAINT ABDALONG, ÉVÊQUE DE LA MÊME VILLE (VIIIe siècle).

Pendant que la persécution de Dioclétien et de Maximien sévissait contre l'Église de Dieu, Marseille fut rougie du sang de nombreux martyrs. Outre saint Victor, dont le culte est très connu dans tout l'univers, on conserve encore la mémoire de saint Adrien et de saint Hermès, qui présentèrent très courageusement leurs têtes aux bourreaux, après avoir résisté à divers tourments pour la foi de Jésus-Christ. Plusieurs autres, sur le nombre et le nom desquels on n'est pas d'accord, souffrirent avec eux. On honorait autrefois leurs corps dans l'église de Saint-Victor. Un bras de saint Adrien, renfermé dans une châsse d'argent, a été conservé jusqu'à la Révolution française.

Il existe actuellement à Marseille, sur la belle promenade du Prado, une église paroissiale érigée en 1855 sous le vocable des saints Hermès et Adrien.

Le martyrologe gallican ajoute, dans quelques vieilles éditions : « Le même jour, et dans la même ville, la fête de saint Abdalong, évêque et confesseur, qui, ayant succédé à Sérénus, illustre le siège sur lequel il avait été placé pour son érudition sacrée, et pour les éminentes vertus d'une vie

épiscopale. Après avoir donné à son troupeau des exemples admirables de sainteté, il passa enfin dans l'éternité bienheureuse qu'il avait toujours désirée ». Saint Abdalung fut contemporain de Charles Martel.

Voir l'Histoire des évêques de Marseille, par l'abbé A. Ricard, et la Vie de saint Séréons, au 9 août.

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## SAINT SUITBERT, APÔTRE DES FRISONS (713).

Saint Suitbert l'Ancien naquit en Angleterre. Saint Egbert, son maître, qui voyait avec douleur qu'une première mission et les travaux apostoliques de Wigbert, traversés par le prince Radbod, avaient échoué à peu près complètement chez les Frisons, envoyés, pour prêcher de nouveau l'Évangile à ce peuple, douze missionnaires, du nombre desquels était Suitbert. Ils commencèrent l'exercice de leur ministère à Utrecht. Ils furent puissamment soutenus par Pépin d'Héristal, qui avait fait de Radbod son tributaire.

Le pays qui portait le nom de Frise s'étendait depuis l'embouchure du Rhin jusqu'au Danemark et à l'ancienne Saxe ; mais notre Saint exerça principalement son zèle dans la Frise citérieure, qui comprenait la partie méridionale de la Hollande, la partie septentrionale du Brabant et les pays de Goeldres et de Clèves. Il eut la consolation de voir une multitude innombrable d'hommes abjurer le paganisme et renoncer à leurs désordres. Il fut sacré évêque en Angleterre, par son compatriote Wilfrid d'York, quelque temps après l'année 697. Il reparut au milieu de son peuple avec une autorité plus grande et un zèle non moindre. Il établit le meilleur ordre dans les églises qu'il avait précédemment fondées. Puis, confiant ses brebis aux soins de Willibrod et de ses compagnons, il pénétra dans le pays des Boructuariens, connu aujourd'hui sous le nom de duché de Borg et de comté de la Mark, et il en convertit un grand nombre à la foi. Malheureusement, le succès de ses travaux fut arrêté par une irruption des Saxons, qui s'emparèrent de tout ce pays après y avoir exercé les plus affreux ravages.

Le saint évêque, pour se préparer à la mort, se retira dans une petite île dont Pépin lui avait fait présent, et située au milieu des eaux du Rhin. Il y fonda un monastère, où il mourut dans l'exercice de la pénitence, le 1er mars 713. Ce monastère a été fort célèbre pendant plusieurs siècles ; il s'est formé autour une ville, longtemps nommée Saint-Suitbert, mais qui a repris son ancien nom de Keiserswerdt ; nous avons un panégyrique en l'honneur de ce Saint, par Radbod, évêque d'Utrecht, qui mourut en 917. En 1026, on trouva les reliques de saint Suitbert à Keiserswerdt ; elles étaient renfermées dans une châsse d'argent avec celles de saint Villeic, son successeur dans le gouvernement de l'abbaye. Elles sont encore au même endroit, à l'exception de quelques petites parties, que l'archevêque de Cologne a données à plusieurs églises.

On faisait autrefois sa fête avec une grande solennité dans la Hollande et les autres pays dont il avait été l'apôtre.

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## SAINT GERVIN, ABBÉ DE SAINT-RIQUIER (1075).

Gervin naquit au commencement du XIVe siècle, dans le pays Rémois. On croit que sa famille était parente de Brunon, qui, après avoir occupé le siège de Toul, devint pape sous le nom de Léon IX. Il fit ses études dans l'école épiscopale annexée à la métropole de Reims. Séduit par la lecture des poètes de l'antiquité, il laissa son imagination tellement s'enflammer, qu'il ne fut pas loin de mettre en pratique les maximes licencieuses dont il avait reçu son esprit. La grâce de Dieu le fit cependant triompher de ces tentations, et renoncer complètement aux mauvaises lectures.

D'abord chanoine de l'église de Reims, puis religieux à Saint-Vannes de Verdun, il se fit remarquer dans le monde comme dans le cloître par l'abondance de ses connaissances, la douce éloquence de ses paroles, son obéissance, son dévouement, son humilité. En 1027, il alla avec le bienheureux Richard, abbé de Saint-Vannes, et six cents autres pèlerins, visiter les Lieux saints. La pieuse caravane passa par la Hongrie. Elle reçut un cordial accueil de la part du roi saint Étienne.

En 1045, Henri Ier, roi d'Angleterre, le nomma abbé de Saint-Riquier et le donna comme successeur au vénérable Enguerran, qui était devenu infirme. Le moine de Verdun ne voulut accepter cette charge qu'autant qu'il en serait investi par les suffrages des religieux.

Il signala son administration par la construction de plusieurs chapelles et sanctuaires, par une gestion digne et soigneuse à la fois des biens temporels de l'abbaye, et surtout par le zèle qu'il mit à enrichir la bibliothèque d'un grand nombre de manuscrits grecs et latins.

Les pèlerins affluaient dans l'église du monastère : Gervin passait des journées entières à recevoir leurs aveux. Entraîné par son zèle, il allait prêcher et confesser non-seulement à travers la Picardie, mais en Normandie, en Flandre, en Aquitaine, et jusqu'en Thuringe et en Hongrie.

En 1050, il fit le voyage de Rome en compagnie de saint Léon IX, qui était venu à Reims consacrer l'église de Saint-Remi et présider un concile. Il se rendit aussi plusieurs fois en Angleterre, où l'abbaye de Saint-Riquier possédait des biens considérables. Chaque fois il sanctifiait son voyage en visitant les sanctuaires renommés et semant partout la parole de Dieu. Dans un de ces voyages, il apaisa une horrible tempête qui, quinze jours de suite, empêcha les passagers de s'embarquer.

Ses vertus lui méritèrent, même avant sa mort, le nom de saint abbé. Tandis que ses moines, après l'office de nuit, allaient compléter le temps réservé au sommeil, il reprenait ses méditations. Il avait grand soin de cacher aux yeux de tous ses dévotions extraordinaires. Pendant le Carême, il redoublait ses austérités. Affaires, voyages, indispositions, rien ne pouvait lui fournir prétexte d'abréger la récitation des psaumes et des canons. Il s'abstenait de toute nourriture et chantait le Graduel en entier la veille des grandes fêtes.

Dieu récompensa par des miracles une si grande ferveur religieuse. Un jour, une pauvre malade fut guérie en buvant l'eau dans laquelle le moine qui l'accompagnait avait fait tremper sa crosse.

Pendant les quatre dernières années de sa vie, Gervin fut en proie à une horrible lèpre. Bénissant Dieu de lui avoir envoyé cette épreuve, il n'en remplissait pas moins tous les devoirs de la vie monastique.

Le 2 février de l'an 1075, il dit sa dernière messe dans la chapelle souterraine de Notre-Dame-de-la-Voûte, qu'il avait fait bâtir. C'est à peine s'il put achever les saints mystères ; quand on l'eut transporté dans sa cellule, il dit à ses religieux consternés : « Apprenez, mes enfants, que la Sainte Vierge m'a, aujourd'hui, donné congé de la vie ». Puis il voulut, à l'exemple de saint Germain l'Auxerrois, faire l'aveu public de ses fautes.

Sentant les approches de l'agonie, il se fit transporter à l'église, où il expira, étendu sur son cilice, devant l'autel de Saint-Jean-Baptiste, auquel il avait toujours eu une grande dévotion. C'était le 3 mars 1075.

Lorsque, selon l'usage monastique, on lava le corps du défunt, on n'y trouva aucune trace de lèpre. Une suave odeur s'exhala de ses membres purs et polis. L'inhumation eut lieu dans la crypte de Notre-Dame.

On a perdu la trace des reliques de saint Gervin : il fut honoré du culte des Saints peu après sa mort.

M. l'abbé Corblat, *Hagiographie d'Amiens*.

Date de fête

1er mars

Époque

8ᵉ siècle

Décès

VIIIe siècle